‹ Flore médicale (volume 5)Chapitre 79 sur 81 · QUINQUINA A GRANDES FEUILLES · texte numérisé non relu

QUINQUINA A GRANDES FEUILLES

CINCHONA MAGNIFOLIA ; folits ovalibus, glabris;ereciis, AD in axillis nervorum pilosis ; panicul& brachiatd, fléri- PARA > HE bus suôcorymbosis, corollis albis, glabris , caducis, e : Humboldt et Bonpland. SE | Français....,' QUINQUINA À GRANDES FAUILLESe Espagnol. ... CASCARILLA BOVA. ,

Ce quinquina a été observé dans les forêts des Andes, à Cinchao, dans le Pérou, le long des torrens. C’est un grand et bel arbre, terminé par une cime touffue. | Son tronc est revêtu d’une écorce lisse, d’un bruñ cendré, roussâtre en dedans, amère et un peu acide sans être rebutante. | : ! |

Les rameaux sont rougeâtres, quadrangulaires; les feuilles amples, opposées, ovales, entières , luisantes en dessus, plus

Les capsules sont longues d’un pouce et demi, à peine striées ; elles renferment des semences ovales, entourées d’un rchord membraneux. | Œ:

L’odeur suave et analogue à celle des fleurs d'oranger, que les fleurs de cet.arbre exhalent, pourrait peut-être les faire employer avec avantage. Mais on ne fait usage que de son écorce. On la distingue facilement de toutes les autres écorces du méme genre, à sa couleur rouge d’ocre, qui devient trèsfoncée lorsqu'on l’humecte, Elle est inodore, et d’une amertume austère, dans laquelle l’amer est faible et la qualité astringentetrès-prononcée, Son infusion aqueuse est d’un rouge foncé ou couleur de sang, |

En rapprochant les résultats de l'analyse chimique de ce quinquina et de celui de Saint-Domingue, l’illustre Fourcroy avait cru reconnaître que le quinquina rouge contenait moins

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de matière extracto-résineuse, et une plus grande quantité d'oxigène que ce dernier ; circonstance à laquelle il attribuait . sa faible amertume, son extrême astringénce et sa grande solu-

bilité. Mais les recherches ultérieures des chimistes n’ont point confirmé cet aperçu, et cette écorce paraît contenir les mêmes principes que les. autres quinquina. J’oyez QUINQUINA GRIS. . L'introduction de cette écorce, dans l’usage médical, a immédiatement suivi celle du quinquina orangé. Elle constitue le quinquina astringent par excellence. Elle occasione rarement la purgation, mais elle provoque le vomissement plus souvent que les quinquina gris et orangé. Même à petite dose, elle occasione fréquemment , suivant Schwilgué, de l'anxiété à l’épigastre, un sentiment de pesanteur dans l’estomac, le Vomissement, et quelquefois même la syncope; accidens qui peuvent être prévenus, toutefois, en lui associant quelque substance aromatique ou opiacée.

En vertu de sa stypticité dominante, ce quinquina est regardé comme préférable aux autres espèces, dans les fièvres pütrides, dans le scorbut, dans la gangrène, et contre la pourriture d'hôpital. Je crois aussi qu'on doit lui donner la priorits dans le traitement des affections locales, fongueuses et ques, dans le relâchement et le prolapsus de certaines mem= branes muqueuses, et dans les écoulemens blancs et atoniques qui réclament la médication tonique avec astriction. Ce quinquina a été également signalé, d’une manière spéciale, contre les fièvres putrides ou adynamiques. Mais, jusqu’à ce qu’on ait distingué les fièvres putrides qui tiennent à l’altération primitive des humeurs ct à la faiblesse directe des solides (si de semblables fièvres, toutefois, peuvent exister) de celles où la prostration des forces et la fétidité des excrétions sont le résultat de l'atteinte portée au principe de la vie, par l’ritation violente et persévérante de l'appareil digestif, je ne pense pas que le quinquina en général y soitutile, et que le rouge, par conséquent , y soit préférable aux autres espèces.

Les praticiens ont reconnu qu’il convient spécialement aux tempéramens lymphatiques , aux constitutions molles, aux personnes dont la sensibilité est obtuse. Mais, en revanche, 11 est peu favorable aux jeunes gens, aux tempéramens bilieux, sanguins et nerveux, aux sujets secs, maigres el très-irritables. Ilest, de tous les se , le moins convenable dans les névroses , et le plus dangereux dans les maladies inflammatoires et d’irritation. M. Mutis observe même qu'il est celui dont l’administration, longtemps continuée, dispose le plus aux engorgemens des viscères, à l’ictère et à l’'hydropisie. )

” On peut l’administrer, en substance, en décoction et en tein-

ture acoolique, comme les autres espèces ( J’o°ez QUINQUINA cris). Mais c'est de tous les quinquina celui dont l’extrait a le plus d'énergie. Celui que Joseph Jussieu avait préparé, en Amérique, avec l'écorce fraiche de cet arbre, était si puissant, qu’il a conservé toutes ses propriétés jusqu’à nos jours. Cet extrait peut se donner depuis vingt-cinq centigrammes jusqu'à quatre grammes ét plus par jour.

( La plante est représentée moitié de sa grandeur naturelle)

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