‹ Flore médicaleChapitre 32 sur 86 · ANCOLIE · texte numérisé non relu

ANCOLIE

AQUILEGIA SYLVESTRIS, etc. Bauhin, TlvaË ; lib: 4, sect, 3. Pournefort ; clas. 11, anomales.

Latin. .....{ Aouirecra VULGARIS; nectarits incurpis; Liuné, clas. 13, polyandrie pentagynie. Jussieu , clas. 13, ord. 1, renonculacées.

Lialien..….... AQUILEGIA ; AQUILETA ; AQUILINA. spagnol.... PAXARILLAs

Fraïicais...: ANGOLIE ; ANCOLIE VULGAIRE.

“Anglais. ... COLUMBINE ; CoLoMBINE.

Allemand... AGLEY; ACKELEY. .

Hollandais .. AkELEI.

Cette plante a-t-elle été connue des anciens ? Est-ce l’ancolie que Théophraste a désignée sous le nom de IA51@VN , et Dioscoride sous celui de ssorupor, comme le pense Gaspard Bauhin ? Mattioh, dont l'autorité n’est pas comparable à celle de Bauhin, rapporte l’aguilegia au xexd'ovsov Eya de Dioscoride. Au reste, la solution, extrêmement difficile , de ces questions onomatologiques , n’offre pas une. utilité ma- : jeure. AS | L’ancolie croit spontanément dans les bois et le long des aies de la plupart des régions de l'Europe.

. La racine est vivace, fibreuse, blanchâtre, et produit plusieurs rameaux, LÉ Rd : ÿ.:

La tige s'élève à deux ou trois picds : elle est grêle, rameuse, feuillée , légèrement velue, rougeâtre vers sa base. . Les feuilles sont grandes, pétiolées, composées, trois fois ternées ; elles ont leurs folioles arrondies , trilobées , crene- Îées , d’une couleur verte foncée en dessus , et glauques en dessous : les feuilles qui naissent sur la tige sont disposées alternativement , peu nombreuses , €t vont en diminuant de grandeur à mesure qu’elles approchent du sommet de la. plante , de sorte que les supérieures sont petites , sessiles ,

et simplement ternées , ou trilobées.

. Les fleurs sont terminales, pendantes , soutenues par des Jédoncules assez longs et axillaires ; elles présentent : un caice de cinq pièces ovales-lancéolées , planes, ouvertes y CO

orées; cinq pétales en cornets recourbés (1); trente à qua-

(1) L’ancolie doit certainement > à la forme singulière de ses pétales erochus, ! son nom générique aquilegia, aquilina , de Lécluse (dont nous avons fait , par Lcorruption, ancholie on ancolie }; par allusion au bec reconrbé ou bien aux » serres crochues de l’aigle , aquila, Les Anglais ont mieux aimé comparer 6es

L#0rtes d’ergots à ceux de l’innocente colombe. - Quelques étymologistes traduisent aquilegia par réservoir d'éau ; c’est eflec-

(72) fante Ctamines; cinq ovaires oblongs, rapprochés, pointus, : se terminant chacun par un style en alène.

Le fruit se compose de cinq capsules droites, presque cy- | Bndriques, pointues, uniloculaires, univalves, et polyspermes. Les graines sont ovales, et attachées. aux deux bords de la suture de chaque capsule. |

. Les jardiniers recherchent l’ancolie pour la beauté de ses

eurs, aussi remarquables par leur figure que par leurs nuances variées. Le savant professeur Lamarck observe à ce sujet, que si la couleur de Pa cole vulgaire varie aisément par la culture , cette variation a pourtant des limites trèsconstantes. Ainsi, cette fleur, de bleue qu’elle est par sa nature , peut devenir dans nos jardins violette, purpurine , rouge, couleur de chair, ou tout à fait blanche; mais elle n’y acquiert point une couleur jaune, tandis qu'on chercherait vainement à cbtenir de l’aguilegia lutea une variété à fleurs bleues. | … Les brebis et les chèvres broutent l’ancolie, que les autres bestiaux négligent; les abeilles percent le tube des pétales (mectaires, de Linné), pour en extraire le suc mielleux ;» dont elles sont très-avides. ( ARR °

On a prodigieusement exalté les propriétés médicales des Pancolie: ses racines ,ses feuilles ,ses fleurs et ses graines ont" été regardées comme apéritives , diurétiques , diaphorétiques, antiscorbutiques. Les vétérinaires prescrivent laracme en pou dre à la dose d’une once, pour faciliter la sortie du claveaus Les médecins préfèrent l'emploi des semences pour favoriser Péruption des pustules varioleuses et morbilleuses. Mais cette D. - vertu , tant célébrée par Simon Pauli, par Scopoli, admise

. mêmepar Linné, n’a point été constatée par des observa= tions assez nombreuses , assez authentiques. -"#

S'il faut en croire Le Bouc (Tragus), l’ictère ne résiste point à l’usage dé l’ancolie, et le docteur Eysel prétend

qu’elle guérit merveilleusement le scorbut. L On prépare avec les fleurs de l’ancolie un sirop d’une belle £. couleur bleue, qui décèle mieux que celui de violette, es acides et les alcalis. Ses grainés, qu’on admimistre, tantob en poudre, tantôt sous formed’émalsion, communiquent aux mortiers dans lesquels on les pile, une odeur forte, et tel=. lement tenace, qu'il est presque impossible de la dissiper selon la remarque dé Fourcroy.

je,

(FD) ScHurART (rean Adam), De aquilegiä scorbuticorum asylo, Diss. inaug. pres. Joan. Philip. Eysel; in-4°. Erfordiæ, 1716.

(La plante est réduite à la moitié)

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