‹ Flore médicaleChapitre 36 sur 86 · ANGUSTURE · texte numérisé non relu

ANGUSTURE

(86) Le tronc est droit, cylindrique, divisé à son sommet en un grand nombre de rameaux alternes. L'écorce, d’une couleur grisâtre , n’a que deux à trois lignes d'épaisseur; elle est quelquefois gercée. Le bois d’un jaune clair, a de a rapports avec le buis par sa couleur, et par le poli qu'il est susceptible de recevoir. Toutes les jeunes branches sont revêtues d’une écorce lisse, d’une belle couleur verte, et couverte de petits tubercules grisâtres. + Les feuilles sont alternes, longues d’un à deux pieds, comosées de trois folioles supportées par un péliole commun, cylindrique, long de dix à douze pouces, offrant, comme les jeunes rameaux, de petits tubercules grisâtres: les folioles sont oblongues, aigués à l’uue et l’autre extrémité , membraneuses , parsemées de points glanduleux, comme les feuilles de millepertuis : la foliole du milieu est plus longue d’un sixième que les deux latérales. "1 Les fleurs sont blanchâtres, disposées en grappe terminale 4# longue de quatorze à dix-huit pouces, supportée par un édoncule de même longueur à peu près que les pétioles : chaque fleur présente un calice infère, campamiforme, per: sistant, divisé à son limbe en cinq dents égales, couvert extérieurement d’un duvet tomenteux; une corolle en forme de tube, composée de cinq pétales s1 exactement unis dans leurs deux tiers inférieurs , qu'ils semblent n’en faire qu'un, k lorsqu'on les observe sur une fleur récemment cueillie; cinq étamines , un peu plus courtes que les pétales, auxquels elles sont atiachées; un pistil formé de cinq ovaires supères , \\h distincts, du centre desquels s'élève un seul style terminé par cinq stigmates charnus, verts, réunis en un seul corps. Le fruit est composé de cinq capsules ovales, bivalves ; dont chacune renferme une graine.

D'après cette description, puisée dans l’ouvrage du célèbre naturaliste Humboldt (4) , la bonplandia vient se ranger dans la cinquième classe de Linné (pentandnie monogynie), CE dans l’ordre 15 de la classe 15, de Jussieu (magnoliers). 4 Les feuilles du cusparé sont d’un beau vert; elles exhalent y une odeur aromatique très-agréable. La dureté du bois Ct “4 la finesse de son grain le rendent propre aux ouvrages de charpente et de menuiserie. Mais c'est à son écorce, géné" ralement connue sous le nom d’angusture, que le CUSparÉ doit presque toute sa renommée. Cette écorce nous est aps portee en fragmens un peu convexes, ayant communément

(4) Le cusparé est indiqué sous le nom de cusparia febrifuga dans la Géographie des plantes, du savant voyageur prussien:

C8) dr G Û sr

plus de largeur et d'épaisseur que celle du quinquina. J’épiderme qui la recouvre, dit le docteur Albert, est blanchâtre, inégal, parsemé d’aspérités : la substance recouverte par cet épiderme est d’un brun fauve et d’une texture dense et ferme; réduite en poudre, elle a un aspect très-jaune. La saveur de l’angusture est très-amère ; Son odeur est un: peu nauséabonde quand l’écorce n’a pas vieilli,

M. Planche, pharmacien de Paris, a signalé deux autres espèces d’écorce qui sont débitées dans le commerce sous le nom d’angusture, et proviennent d'arbres inconnus jusqu'à présent. L’une doit à sa couleur le titre de ferrugineuse. (5); elle est d’une amertume si prononcée , qu'on ne peut Ja goûter sans éprouver des nausées. L'autre (6) diffère de la Yéritable angusture par la couleur intérieure de l'écorce qui üre sur le rouge, par son amertume peu sensible, et par la

teinte particulière de sa poudre, qui présente une analogie très-marquée avec celle du quinquina gris.

Le professeur Vauquelin, qui s’est occupé de l'analyse chimique de l’angusture, à trouvé qu'elle ne précipite pas la gélatine, mais bien le tartrate de potasse antiionié , le fer, le cuivre, le plomb, et l’infusion de tan. M. Planche a déterminé l’action diverse des réactifs chimiques sur les deux sortes de fausse angusture.

Les propriétés médicinales de l’'angusture ont été singu- Mièrement exaltées par les docteurs anglais qui l'ont intro- ‘duite en Europe. Ils ne se sont pas bornés à la comparer tau quinquina ; ils l'ont mise audessus de ce remède héroïque, Sous prétexte qu’elle produit plus sûrement le même effet ; administrée à moindres doses. S'il faut les en croire, l’aniguslure est un puissant tonique, un antiseptique assuré, un lfébrifuge infaillible. Chisholm et Seamen lui donnent la fée sur l'écorce du Pérou. dans le traitement de la

évre jaune. C’est au moyen de l’angusture que Jean Wilkinson parvint à se délivrer d’une fièvre tierce fort rebelle : ‘et vainement combattue par le quinquina. On ajoute que la diarrhée chronique et a dysenterie adynamique résistent bien rarement à l'emploi judicieux de l'angusture, qui se donne tantôt en substance à la dose de douze à vingt grains Plusieurs fois par jour, tantôt en infusion ou en décoction, tantôt sous forme de teinture vineuse ou alcoolique. Humboldt nous apprend que les religieux capucins catalans qui Souvernent les missions de Carony préparent avec beaucoup

Le .

, (5) M. Planche la nomme encore Jausse angusture, et les droguistes. Vappellent angusture fine.

(6) Augnsture plate où commune, des officines,

(88) de sou l'extrait d’angusture, qu'ils distribuent aux convens de la Catalogne... ie JE * Au milieu de ce concert en quelque sorte unanime de louanges’, deux médecins exempts d'enthousiasme et guidés PTT + à : . ?4 ! . . .

ar-le ‘seul ämour de la vérité ;soumirent à un examen impartial l'écorce si fastueusement vantée. Le docteur Gemello Villa, qui pratique avec distinction l’art de guérir à Lodi, n’a retiré aucun succès dé l’émploi de l’angusture dans le traitèment des fièvres interniittentes, de la diarrhée, du scorbut , tandis que ces'affections diverses ont été prompteineñt guéries par les remèdes'ordinaires. Le savant Alibert, dontje ne puis invoquer trop souvent le témoignage, n’a pas été plus heureux. Voici la manière dont il s'exprime : & J'ai administré l’angusture én substance à plusieurs fébricitans, etes effets que j'ai obtenûüs n’ont répondu ni à la renommée de cette écorce ; hi à mon attente particulière. Je la donnais à la dose de‘huit décigrammes de trois en trois heurés dans l’apyrexie ». 4 C'est par de nouvelles tentatives faites avec la même candeur que l’on parviendra à dissiper les doutes qui règnent encote-sur les propriétés de l’angusture, et à lui assigner sa véritable place dans la matière médicale.

PE ; ever (r. À. A), De cortice angusturæ , Diss. med. therap. ütaug.. in-80s :Gottiñigæ, 13: decembr. 1590- L L'auteur a traduit en 1793 (in;80. Gouingue) sa Thèse en allemand et l’a enrichie de nouyelles-Observations et de bonnes Notices bibliographi= ques. Il réclame, et mérite la gloire, si gloire y a. d’avoir propagé la cons naissance et accrédité Pusage dé l’angusture en Allemagne. " FILTER (Francois! Ernest), De corlice angustur? ; ejusque ‘USU MEAICO y Diss,.inaug. in-49. Jenæ ; 18, febr. 1791. — Trad.,, en allemands" en 1798 (im-80: Leipsic ),; avec la Dissertation de C. G. G. Amelungs.u sur lé mercure soluble de Hahnémann.. À et SAS A | xtAupr (Christophe théophile), De corticis angusturæ charactere botanicos - Dissinaug: pres. Petr: Emmanuel. Hartmann ; in-4°. Francofurti ad #" V'iadrum , 24 septembr. 1591 +, : 110 Le candidat présume, sans l'affirmer , que l'écorce d’angusture appartient à la magnolia glauca, dont il trace la descripüon. : PRANDE ( Auguste Evrard), Zxperiménts and observations on the angusturæ = Dark; c’està-dire ; Expériencesiet observations sur. l'écorce d'angustareÿ . in=80. Londres, «1791: à | 20% La seconde édition, considérablement augmentée ; de cet opuscule intés\\ ressant, a été publiée en 1793. me: ET. | Sornirz (vréderic Auguste ), De corticis angusturæ patrit, principisy * usuque medico, Diss: inaug: præs. Bernard. Christian. Otto ; n1-B25\

Trajeoti ad Piadrum, 12 januanr. 1804.

(La plante est réduite au tiers de sa grandeur naturelle)

+ Calice et pistil.

- Corolle ouverte, dans laquelle on apercoit cinq étamines, dont trois

ayortées.

Page 1