‹ Flore médicaleChapitre 53 sur 86 · Fleuron hermaphrodite · texte numérisé non relu

Fleuron hermaphrodite

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ARNIQUE.

Grecs cher &AIS4e , Mattioli. | DORONICUM PLANTAGINIS FOLIO ALTERUMS Bauhin, [lipaE, lib. 5, sect. 4, Tournefort > Clas. 14 ,radiées: ET ARNICA MONTANA; foliis ovatis integris, caulinis geminis

oppositis ; Linné, clas. 19; syngénésie polygamie super- ) fi Jossieu, clas. 10, ord. 3 > Cory mbifères. æ DORONICUM OPPOSITIFOLIUM ; Lamarck: 00 Ses.

Lialien, ..... Arnica. 3 Fe

: Espagnol... AnnicA; roraco DE monTA$A.

Français. . … ARNIQUE ; ARNICA; TABAC DES VOSGES; LÉTOINE DES .

\ MONTAGNES. # Anglais... ARNICA; GERMAN LEopARD’S BANE.

Allemand... AnnikA: wow, VERLEIH; WOLVERLEY; FALLKRAUT; LU- ZIANSKRAUT. 4 |

Hollandais …. ARNIKA; WOLVERLEY; VAL-KRUID; GROOT LUCIAEN KRUID.

Il est très-incertain, Pour ne rien dire de plus, que Pansua des Grecs, et notamment de Dioscoride , soit notre arnique, comme le pense Mattioli, dont l'autorité est en général peu imposante, Conrad Gesner, qui en à parlé un des premiers , la nomme plarmica, que Jean Michel Fehr a probablement transformé en-armica. Quoi qu'il en soit, cette plante vivace aime les lieux élevés , froids, humidés et ombragés; elle croît abondamment en Europe, sur les montagnes, dans les bois et les pâturages montuéux de la La-

onie, de la Suède, de la Bohème, de la’Suisse et de la Eten: Le docteur Gilibert, qui a fréquemment recueilli l’arnique en Pologne, et sur le mont Pila , dansle Lyonnais a observé plusieurs variétés ; il a trouvé des individus feuilles étroites, à üge de huit Pouces, uniflore ; d’autres larges feuilles, à tige de trois pieds, multiflore, etc. Je dé

. crirai celle qui étant la plus commune, ‘doit, en quelque sorte, servir de type, et j'emprunterai au professeur Lamarck Les principaux traits de cette description. a

La racine, ir Lière, brune en dehors, blanchätre en dedans, ne plonge point perpendiculairement dans le sol ; mais elle rampe obliquement à une petite profondeur » jetant de nombreuses fibres.

. La tige est cylindrique, légèrement velue, s'élève jusqu’à la hauteur de deux pieds, et porte ordinairement trois fleurs.

Les feuilles radicales sont ovales, entières, longues de deux à trois Pouces, nervées comme celle du plantain, le Plus souvent au nombre de quatre, couchées sur la terre,

10°, Livraison. c,

à “I ( 124 ) | emb gspaile bas de la tige parune gaïne courte. Les feuilles s ï sonttopposées, lancéolées, plus petites que les radicales. + later terminale est grande, fort belle, d’un jaune d’or, et présente Membre de deux pouces au moins ; lorsqu'il existe, des fleurs latérales, elles sont un peu plus petites. Chacune ;d’elles a un calice commun, formé de deux rangs. d’écailles linéaïres , égales, aiguës, ouvertes :élle est radiée, composée de fleurons hermaphrodites, tubuleux, quinquéfides place dis son disque, et de demi-fléurons femelles à languette linéaire-lancéolée, situés à sa circonférence. M Le fruit consiste en plusieurs graines ovales, légèrement . comprimées, et toutes couronnées d’une aigrette plumeuse et sessile (1). 4 | :

: Le professeur Lamarck a cru, non sans des motifs très="h plausibles, devoir réunir le genre de l’arnique à celui dun : doronic. En effet, Linné donne pour caractères distinctifs de l’arnica , toutes les semences aigrettées, et cinq filamens stériles dans les demi-fleurons. Or , lepremier de ces caractères est trop peu important pour établir une distinction générique ; le second n'existe pas dans l’arnique montanière; selon Hallen,Jussieu et Turpin; le docteur Gilibert dit seule ment qu'on ne le trouve pas toujours. rm, :

On préfère généralement l’arnica recueillie sur les mons, tagnes de la Bohème. Elle exhale, surtout quand on l’écrasey une odeur vive, aromatique, assez agréable, et imprim sur la langue un sentiment d’amertume et d’âcreté qui ne | déplaît pas4 Ces qualités. remarquables dans toutes les pare ties de la plante, sont néanmoins plus prononcées dans les fleurs que dans les feuilles et dans la racine. Cette dernière{ longtemps regardée comme ineflicace, et condamnée à un injuste oubli, a été depuis célébrée avec une sorte d'en= thousiasme. On a principalement exalté sa vertu antiseptis » que; Althof na pas craint de lur donner la préférence sur l'écorce du Pérou dans les maladies putrides, et l'illustre Stoll n'hésite point à lui accorder le titre de -quinquina des *| pauvres, de: spécifique de la dysenterie,; titres qu’elle est loin d'avoir complétement justifié. On la donne pulvéris

(x) Si pour les fruits des plantes à fleurs compesées dont le sommet s’alonges l comme dans ceux des laitues , des pissenlits, des helminties , des chondrilés,

les botanistes enésent donné à cette partie un nom spécial , comme ils Î fait pour la prolongation des ovaires, à laquelle ils ont attaché celui de styles, EI ils auraient évité la distinction vicieuse d'aigretle sessile et d'aigrette péd eulée , distinction qui donne une idée tout-à-fait fausse de cet organe, pusqu l'aigrette est toujours immédiatement assise sur le sommet du fruit. (T°

| (125 ) F4 te < à la dose de six gros par jour; les diarrhées coll; QE exigent que cette dose soit portée à ane onge cit à une* once et demie. On peut aussi ent | S formé d’infusion aqueuse ou vineuse, l’incorporer dans un éléetuaire, dans un sirop. - | .

De tous les animaux qui habitent les mon l'arnica , les chèvres seules la recherchent et Æünourrissent. … Lespaysans de quelques départemens de ladf ice , Surtout decelui des Vosges, ceux de diverses provinCestde la Suède,

tels que lés Smalandais, font dessécher les. fleuré t les feuilles, dont ils se servent en guise de c. Outre cet usage économique, les feuilles: d’arnica infusces dans l’eau ou dans le vin, partagent les propriétés médicales de la racine, Appliquées en cataplasme: sur des tumeurs douloueuses,, elles en.ont puissamment favorisé la résolution, s'il Jaut en croire Scopoli. Toutefois ce sont: les fleurs qui ont été spécialement préconisées. avec une exagération ridicule. On a célébré sans réserve leur merveilleuse efficacité contre une foule de maladies dont il serait fastidieux: de retracer “la longue énumération. Tâchons de saisir la vérité à travers des nuages dont elle a été :obscurcie par la rédulité, l'iguorance ou la mauvaise foi. | js û + Les fièvres muqueuses, adynamiques, putrides ; pétéchiales , Yeulent être combattues par des stimulans, des excitans, - propres à rendre aux fibres l'énergie, lé. ton qu'elles ont perdus. Fréquemment on a vu l’arnique remplir cette in d1= Cation, et je puis joindre ici les résultats de mon expérience à ceux obtenus par Stoll, Collin, Kausch, Crichton, Gili- . Dert. Je ne proclamerai point avec læ même confiance les pc de l’arnica dans le traitement des fièvres' intermit- tentes, parce queles téntatiyes de Donald Monro , de Bergius, le Wauters, ont été, comme les miennes, trop souvent infructueusés. J'ajouterai moins de confiance encore à la ertu antiphlogistique de cette plante, et je ne la prescrirai 1 avec Mueller, Buechner et Lamarche, dans la périp- »Heumonie, la néphrite ; le rhumatisme et la goutte. … Si l'extrême anomalie qui caractérise la plupart des né- » Moses est un sujét inépuisable d’étonnement et de méditation pour le sage observateur, cette anomalie: devient en * quelque sorte un instrument d’érréur pour le praticien vulaire. Certaines affections nerveuses disparaissent quelquetout-à-coup, à l'instant même où e les inspitaient des | Grarntes graves, Cette disparition peut coïncider avec l'emploi Û d’un médicament auquel on attribue bien gratuitement le mérite de la guérison, Je, n'hésite point à rapporter ici les

gnes où croît

lui ÿ É

Jante sur ‘deux gros de ces fleurs; on peut aüssi les admi-

- éozuin (xrenri foseph), Florum arricæ vires ; etc.; in-80. V’ienræ Austriæ,

%observ tions “#Eschenbach, Col

( 126 ) Rules sans discernement par Junker, in, sur les hémiplégies, les apoplexies, les épilepsies, auroses, que l’arnique a, suivant eux, merveilleusement dissipées. Ce serait, dit M. Biett, se bercer d’une vaine érance que de compter sur ce seul moyen dans les diverses espèces de paralysies ; il ne peut être avantageux queomme auxiliaire de remèdes plus héroïques. Svulnéraires de l’arnica , beäucoup trop exalalu'à cette plante le nom de panacea lapsorum ; qui lui a d’abord été imposé par Febr , celui de fu//kraut et valkrdid., qu donnent les dpese et les Hollandais. Les effets de l’arnica se manifestent pour l’ordinaire assez rapidement par des démangeaisons à la peau, des nausées, des anxiétés, des étourdissemens, quelquefois même par des tremblemens, des secousses analogues aux commotions électriques. Loin d'apercevoir dans ces effets des symptômes alarmans, Collin se plaît à les envisager comme les avantcoureurs d’une guérison prochaine. Si pourtant ils se développaient avec trop d'énergie, ce qui w’est pas fort rare, il conviendrait de les calmer à l’aide de boissons acidulées. Stoll presérivait la décoction de fleurs d’arnique; Finfusion théifofme est préférable : on verse une livre d’eau bouil-

tions ac

uistrer en poudre, ou bien en préparer un extrait, qui se donne à la dose d’un gros.

LAMARGHE (George Auguste de), De arnicæ veræ usu, Diss. inaug. præs. Mich. Alberti; in-4o. Halæ, 1519. — Id. 1744.

MEISNER (Léonard rérdinand), Panacea lapsorumt, Seu arnica , Diss. inaug. resp. Andreides ; in-4°. Pragæ, 1756: | } BuEGuNER (andré éhie). De genuinis principuis et effectibus arnicæ, Diss. inaug. resp. Hornschuk ; m-4°. Erfordiæ, 1941 — Id. in-40. Lipsiæ ,

27732010 GE, SE à F LE — Je in fébribus et aliis! morbis puiridès vires, sive : Observalio- "\ num, etc.;in-80. Vienne Auslriæ®., 1779. éSito À Ces Observations qui remplissent plus de 800 pages, ont été prônces dans une foule de journaux, traduités en allemand, et men sont pas plus recom— 3 mandables. | ; scmuerr (ricrre André), De viribus arnicæ, Diss. in-40. Gottins@ ; 197$: Baldmger a'inséré.cette Dissertation dans le tome Tv de son Srilage. La DOELLINGER (Joseph rgnace), Dissertatio inauguralis sistens fasciculuns M observaliorum cürcù arnicäm

, etc. resp. J. F. C. Mueller; in-4°.-B bergæ , 15 'april 1776. 10

| enxen (1gnace), De vuibus ebusu arnicæ ; Diss. m-80. Fiennæe Austiæ ; A |

1760 à nie: ; 2 He mRKHozz (Adam michel), De arnicæ virtute propriâ atque specificä, Diss

inaug. resp. Aug. Ferd. Wüke; in-4°. Lipsiæ, 1780.

2 4 (Graz) D mr xucHozz ( cuillaume Henri sébastien), J’ersuche ue die antiseptischen " Kræfie des Wolferley , etc.; c'est-à-dire, Essais sur les propriétés antiseptiques de Parnica; etc. in-4°. Erford', 1785. na Rp ” % 2 L: 8

ds -: (La plante est de grandeur naturelle.

1. Écaille détachée de la rangée extérieure du calice commun. 2. Fleuron hermaphrodite du. entre. ÿ "* 3. Demi fleuron dela circonfe , ligulé, tridenté , femelle.

… 4 Trois soies détachées d’une aigrette, grandies afin de faire voir qu’elles |

# sont plumeuses.

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ARRETE-BŒUr.

% La saveur de la bugrane est douceâtre, et presque nau-

Les fleurs sont axillaires, solitaires ou géminées, soutenues par des pédoncules fort courts, et leur couleur varie du pourpre au blanc. Chacune d’elles présente : un calice velu, monophylle, campanulé, partagé en cinq dents longues: et linéaires uñe corolle papilionacée , formée d’un étendard plus ample h les autres pétales, et agréablement varié , de deux ailes plus courtes que l’étendard , et d’une carène pointue; dix étamines dont les filets sont tous réunis dans leur partie inférieure; un ovaire supérieur , ovale, verdätre, surmonté d’un style filiforme, que términe un stigmate simple et obtus. à ñ

Le fruit est un légume court, renflé, velu, uniloculaire, bivalve, contenant des graines réniformes:

séeuse. Son odeur est désagréable; les moutons, les che= vaux et les cochons refusent de s’en nourrir, tandis que les vaches ét les chèvres la broutent, ainsi que lés ânes qui; dit-on, aiment en outre à se vautrér sur cette plante (4) Les pauvres habitans de certains pays mangent les jeunes pousses en salade, ou aprêtées comme les autres herbes potagères. Dioscoride regarde cés pousses marinées comnign un mets, où plutôt comme un assaisonnement très-agréablen Les médecins de lantiquité employaient fréquemment la räcine d’arrête-bœuf, mises ile son écorce, et Jui attris à buaient de grandes vertus; Galien la place au premier rang des diurétiques et dés lithontnptiques ; elle est encore aus jourd’hui une des cinq racines apéritives. Lentilins prétend qu'administrée dans un cas de dysunie, elle a non-seuleme LE rempli Findication curative, mais déterminé une inconti nence d'urine. Simon Paulli ne connaît pas de merlleur re mède contre le calcul des reins et de la vessie. Bergiusy savant professeur et praticien habile de Stockolm, confirme par son expérience et par celle de son illustre collègue Acr Paction puissante de la racine dé bugrane sur les organes urinairés et génitaux. il atteste avoir vu des dysuries calcusk leuses , des sarcocèles, des hydrocèles , des hydrosarcocèlesgs | totalement dissipés ou très-notablement diminués par ce. moyen. Meyer et Gilibert la recommandent dans les obs=, tructions viscérales et glanduleuses , dans les cachexiesy dans la chlorose. Elle se donne communément pulvérisée

(4) Télle est probablement l'étymologie de omortis (090$, âne); car je ne be admettre, je n’ose même citer celle de antonis , proposée par quelques érit % La bugrane porte encore dans certaines provinces les noms tulgarres chaupoint, tenon, etc. :

CU à la dose d’un gros, et à celle de trois infusés dans une livre d’eau, ou digérés dans une égale quantité de vin.

. … Bien que la propriété diurétique réside plus particulièrement dans l'écorce de la racine, elle n’y est pas exclusivement concentrée. De Haen rapporte l'exemple k une guérison opérée par la décoction des feuilles.

On distillait autrefois la bugrane, dit Fourcroy, et l’on | employait cette eau distillée dans les hémorroïdes internes. | On s’en est servi avec succès Pour gargariser les gencives t et laver les ulcères scorbutiques; elle a même été utile dans iles ulcères vénériens. Les Hongrois, pour apaiser le délire ide la fièvre maligne, fomentent la tête et les membres du {malade avec la décoction vineuse de cette plante, à laquelle lils ajoutent un ognon, et quelques clous de girofle. F

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(La plante est de grandeur naturelle)

… 7. Feuille avec sa stipule.

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