BANANIER
. (192) du Sud (4). Nulle part ils ne végétent avec plus de vigueur que dans les plaines deJava, dont la température est chaude et humide, le sol mou, gras et argileux (5).
La racine est une sorte de bulbe oblong, obtus, garni de fibres.
La tige, toujours simple, est formée par les gaînes des pétioles des. feuilles, qui se recouvrent et s’enveloppent. Aussi, quoique cette tige parvienne souvent jusqu’à la hauteur de plus de quinze pieds, et soit grosse comme la cuisse, elle est tendre et facile à couper. Son sommet est couronné par un faisceau de huit à douze feuilles simples , qui, roulées en cornet dans leur jeunesse, se développentsuccessivement, et acquièrent une longueur de six à neuf pieds sur plus d’un
ied de large; les unes étendnes presque horizontalement, 1e autres obliques, légèrement penchées, obtuses à leur extrémité, traversées dans le milieu par une côte longitudinaletres-saillante en dessous: elles sont d’un joh vert satiné , et ornées d’une grande quantité de nervures latérales trèsfines , et très-regulièrement parallèles. .
“Du centre de cette couronne de feuilles, sort un gros et long pédoncule, analogue à la hampe d’une jacinthe ; il sert d'axe, de spadice à de nombreuses fleurs sessiles, cachées sous des écailles spathacées, embriquées, formant un épi écailleux, conique et rougeâtre. Chaque écaiïlle de l’épi est ovale-pointue, d’un rouge brun, recouvre environ cinq fleurs, et tombe peu après leur épanouissement. Ces fleurs présentent : un calice profondément bipartite, dont le lobe extérieur plus grand se divise au sommet en cinq dents, et l’intérieur plus court est entier , concave, à peu près cunéiforme; six étamines dont les anthères sont linéaires, adnées däns la moitié supérieure des filamens, et dont cinq avortent presque toujours dans les fleurs de la base du spadice, tandis qu'il n’en avorte ordinairement qu’une $eule dans les fleurs qui terminent lépi commun; ‘un ovaire inférieur , oblong, triangulaire, surmonté d’un style cyhndrique, terminé par un stigmate ovoide muni de six angles peu saillans.
Les fruits sont des baies longues-de cinq à huit pouces, un peu courbées, obtusémenttriangulaires , analogues à nos concombres, devenant jaunâtres à mesure que leur maturité approche, disposées par paquets, et comme verticillées autour du pédoncule, qui porte alors le nom de régime. Le nombre de bananes que soutient chaque pédoncule s'élève communément de quatre-vingt à cent.
(4) Harmonies de la nature , page 63. : ; (5) Thouin, dans le Dictionaire des sciences naturelles, tom. 4, pag. 4.