ACONIT
Ve ACONIT NAPEH.
Grec...,.. æxoViToy , Théophraste, Dioscoride ? NAPELLUS; NAPELLUS VERUS; vulg. ; ACONITUM CÆRULEUM seu NAPELLUS ; Bauhin, Tlvaë , lib. 5, sect. 4, Tournefort, clas. 11, anomales. ACONITUM NAPELLUS ; foliorum laciniis linearibus supernë latioribus , line& exaratis ; Linné, clas. 13, polyandrie trigynie. Jussieu, clas. 13, ord. 1, renonculacées. Lialien...... NApPEtLo.
Espagnol... NAPELO; MATALOBOS DE FLOR AZUL.
ee ACONIT NAPEL; ACONIT BLEU; COQUELUCHON; CA— PUCHON DE MOINE; MADRIETTE.
Anglais... TARGE BLUE MONKSHOOD ; LARGE BLUE WOLFSBANE. Allemand... À P2AUES EISENHUETTLEIN; BLAUE MOENCHSKAVPE ; BLAUER STURMHUT; BLAUE WOLFSWURZ. , 5 Hollandais. . BLAAUWE MONNIKSKAP; BLAAUWE WOLFSWORTEL.
Laiin..…...
Français...
L'histoire de l’aconit présente de nombreux problèmes, d'autant plus difficiles à résoudre, que cette plante affecte dans sa forme une variabilité singulière. On a fait jusqu'ici d'inutiles efforts pour déterminer, avec précision, les espèces
| mentionnées par les anciens , on n’est pas même d’accord . sur celle dont notre contemporain Stærck a célébré si fastueusement les vertus. On cherche vainement une étymologie satisfaisante du mot wxoyiroy , parmi celles qui ont été proposées, et la moins ridicule est encore celle qu'admet
Ovide (1):
Que , quia nascuntur durd vivacia cote, ; Ægrestes aconita vocant.
Ge n’est point ici le lieu d'approfondir ces diverses ques tions; mais il importe de tracer une description, exacte de Vaconit napel. | de |
Cette plante vivace croît dans la plupart des pays mon- ‘taeux ; la Suisse et l'Allemagne sont les contrées de l’Eu-
trope qu’elle semble érer; on la rencontre aussi dans les lieux couverts et humides des montagnes de la Provence.
Sa racine, noire en dehors, blanchâtre en dedans, ressemble pour la forme et le volume, à un petit navet qui serait garni de ramuscules : il est probable que le zape/ doit vSa dénomination à cette ressemblance.
Sa tige, qui s'élève jusqu'à la hauteur d'environ trois tpieds, est droite, lisse et ferme.
(1) De cxoyn, caillou, rocher.
2°, Livraison.
Ses feuilles sont palmées; arrondies ou à cinq angles ; multifides, à découpures profondes, étroites, linéaires ; sillonnées à leur face supérieure d’une cannelure courante: elles sont glabres, luisantes, d’un vert foncé, et celles de la moitié supérieure de la tige sont portées par des pétioles plus courts qu’elles.
Les fleurs, qui s’épanouissent communément au mois de mai ou de juin, forment un épi assez dense au sommet de la ge; elles sont de couleur bleue ou violet foncé, grandes, solitaires sur leur pédoncule , composées de cinq pétales inégaux, dont le supérieur représente un casque très-obtus, en manière de capuchon. :
Le fruit consiste en trois, quatre ou cinq capsules ovales, lisses, renfermant chacune plusieurs graines menues , noires , anguleuses et chagrinées.
Les poètes ont fait naître l’aconit de l’écume de l’affreux Cerbère, et ont prétendu qu'il était le principal ingrédient des poisons formidables que préparait Médée (2). Quelques historiens ont mis cette plante au nombre de celles dont se servaient les anciens, pour empoisonner leurs flèches , lorsqu'ils allaient à la guerre, et l’on assure que certaines hordes de sauvages-emploient encore aujourd’hui le même moyen.
Eclairons-nous maintenant du flambeau de l’expérience, pour déterminer les véritables propriétés du napel. Cette plante, qu'on a l’imprudence de cultiver daus les jardins, est d'autant plus dangereuse, que ses effets délétères sont : cachés sous un voile trompeur. Elle attire les regards par la beauté de ses fleurs imodores. La racine, qui exhale une très-légère odeur vireuse , simule d’abord la douceur du navet, comme.elle en imite la forme. Mais à cette douceur fallacieuse succède bientôt l’engourdissement, puis l’ardeur de la langue, des lèvres, des gencives, du palais, suivis d’une espèce d'horripilation. Ces accidens s’aggravent de plus en plus à mesure qu'on augmente la dose du napel, et s’accompagnent de vomissemens, dewvertiges , de syncope, et d’autres symptômes effrayans , qÜi se terminent par la mort, comme on l’a observé sur plusieurs criminels soumis à cette épreuve, par l’ordre du pape Clément VIx, et sur divers animaux. | |
Il importe de remarquer quela dessiccation diminue considérablement les qualités nuisibles dont toutes les parues du napel sont imprégnées. | |
(2) Hujus in exitium miscet Medea quod olim /ttulerat secum scythièis aconiton ab oris.