COSME I
la Toison d’or; mais l’histoire dit qu’en lui donnant cette distinction, suprême alors, il récompensait plutôt le riche Médicis qui lui avait prêté de l’argent que le souverain législateur qui avait pacifié ses Etats.
Cosme fut un homme politique considérable et un législateur qui devait laisser sa trace; mais ce n’est plus aujourd’hui un mystère pour personne que la plupart des historiens ont fardé la vérité en se taisant sur ses crimes : l'homme privé fut certainement un monstre. L’histoire officielle a enregistré ses actes comme prince et, si elle a pu en faire un grand souverain, c’est en cachant soigneusement et ses vices et ses crimes; il n’est cependant que trop vrai que, dans un accès de colère, il tua de ses propres mains don Garcia, son fils, et le cardinal Giovanni, son frère.
La duchesse Eléonore, leur mère, épouvantée de cette double tragédie, en mourut de douleur, et on alla répétant par Florence que la fièvre putride qui sévissait à Pise les avait enlevés tous les trois. On reproche aussi à Cosme L‘' le meurtre de Sforza Almeni, un gentilhomme de Pérouse, qui aurait révélé ses méfaits dont il avait les preuves.
La première femme du premier granc-duc fut Eléonore de Tolède, la fille de don Pedro de Toledo, vice-roi de Naples ; elle lui donna sept fils et trois filles. Plus tard, après avoir causé la mort de leur mère, il épousa Cammilla Martelli, jeune fille d’une grande maison de Florence qu’il avait séduite et dont il avait eu une fille naturelle, Virginie, qui épousa plus tard don César d’Este. C’est le pontife Pie V qui voulut, ayant reçu à Rome même la confession de tous les crimes de Cosme, qu il prît en mariage la fille de Martelli. Elle vécut à la cour, mais ne prit jamais le titre de grande-duchesse. Cosme est mort le 21 avril 1574 atteint d’une fièvre maligne dans sa maison de campagne de Castello. Indépendamment du buste de Cellini qui nous le représente, nous avons à Florence, sur la place du Grand-Duc, sa statue équestre par Jean de Bologne ; mais il faut remarquer que cette belle statue, ornée de bas-reliefs qui ont trait à l'instoire de Cosme I" n’a été élevée qu’après la mort du prince, car Jean de Bologne ne l'exécuta qu’en 1594, c’est-à-dire vingt ans après la disparition de Cosme. Ses portraits sont très-nombreux ; le Bronzino s’est constitué son peintre ; un très-joli panneau de la galerie de S. A. la Princesse Mathilde le représente entouré des jeunes princes ses fils.
Camille Martelli, deuxième femme de Cosme I". Par le Pastorino.
(Cabinet de Paris.)
Martelli.