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COSME III

ouRRi à la cour de Ferdinand II, Cosme, après tout, était élevé à bonne école; mais il ne devait point savoir en profiter, malgré des dons naturels réels et des qualités qui en auraient pu faire un prince distingué. Sa mère lui avait légué un certain penchant à l’ascétisme ; c’est peut-être jusque-là le seul des Médicis qui ait eu une tendance au fanatisme religieux. On dit que les voyages qu’il entreprit en Europe à sa majorité, alors que son père vivait encore, ressemblaient plutôt à une procession qu’aux excursions d'un jeune prince avide de voir et d’apprendre. Il était accompagné du comte INIagalotti, qui faisait partie de l’académie du Cimento; mais cette société d’un savant ne lui fut point aussi profitable qu’on aurait pu l’espérer.

Cosme III a été toute sa vie la proie d’une ambition très-particulière : il voulait à tout prix figurer et jouer un rôle parmi les princes de l’Europe, sans avoir ni le génie nécessaire, ni l'audace d'entreprise qui auraient rendu cette ambition légitime. Il aimait les honneurs, les titres, la pompe des cortèges, tout l’apparat des cours; et, pour relever sa couronne par un lustre nouveau, il aurait fait les plus lourds sacrifices. Comme l’empereur d’Allemagne était mal dans ses affaires, il acheta, par un prêt d’argent qu’il fît, et qui ne'devait jamais lui être remboursé, le droit d’ajouter à son titre de Sérénissime celui d’ Altesse Royale. Florence, à cette époque, était le paradis des étrangers, car le souverain cherchait toutes les occasions de les recevoir et les traiter avec magnificence, afin de répandre son nom au dehors de ses Etats. Il avait l’argent facile, et sa largesse se manifestait par des dons somptueux aux ministres et aux princes.

La cour de Rome profitait largement de ces dispositions, tout ce qui tenait au Vatican en abusait un peu, et l’ordre des Jésuites et les missionnaires avaient si souvent recours à sa générosité, qui ne se lassait point, qu'on vit le grand-duc assez dépourvu pour ne pouvoir plus payer ses troupes. Les constructions religieuses avaient absorbé aussi de fortes sommes. Frappé de voir que certaines congrégations avaient perdu l’austérité de mœurs qui les recommandait autrefois le prince avait fait venir d'Espagne des pères franciscains de Saint-Pierre

Mus(ic des Offices

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