GIOVANNI VILLANI
E sont deux écrivains, l’im de la première, l'autre de la seconde moitié du xiii® siècle, Ricordano Malispini et Dino Compagni, qui ont fondé non-seulement la chronique historique, mais, on peut même dire, l'histoire à Florence ; et cela un siècle et demi avant Philippe de Comines. Mais Giovanni Villani, qui est contemporain de notre Froissait, peut être regardé comme le type des chroniqueurs, non-seulement florentins, mais italiens.
II était banquier; et c’est à une circonstance connue, à une occasion célèbre qu’il dut cette révélation qui le poussa à écrire. Il avait voulu, comme Dante, et comme un million de ses contemporains, assister â ce fameux jubilé de l’an 1300 dont Boniface VIII avait eu l’initiative. Rome offrit alors un spectacle extraordinaire ; Villani fit un retour sur lui-même et, comme il le dit dans la préface de son œuvre, « considérant que la cité de Florence, fille et créature de Rome, est dans sa période ascendante, et destinée à de grandes choses ». il lui parut convenable de fixer dans ces deux volumes tout ce qu’il pourrait retrouver et rechercher relativement à l’origine de cette cité. « Et c'est ainsi, avec la grâce du Christ, que