SAINTE-MARIE-DES-FLEURS
E document par lequel le conseil de la municipalité de Florence décida l’érection de son église cathédrale , en 1294, est un monument historique où se reflète le généreux esprit de la nation florentine.
« Considérant que tous les actes et les œuvres d'un peuple qui se vante d’une origine illustre, doivent porter le caractère de la grandeur et de la sagesse , nous ordonnons à Arnolfo, directeur des travaux de notre commune, de faire le modèle ou le dessin de la construction qui doit remplacer l’église de Santa Reparata. Il devra y déployer une telle magnificence que l'industrie et la puissance humaines ne le pourront point surpasser... Un gouvernement ne doit jamais rien entreprendre, si ce n’est avec l’idée de répondre au désir d’un cœur d’autant plus généreux, .qu’il exprime à lui tout seul les battements du cœur de tous les citoyens unis dans un seul vœu : c’est ù ce point de vue que devra se placer l’architecte chargé de l’édification de notre cathédrale. »
Il faut avouer qu’il est difficile d’exprimer une idée plus noble et des sentiments plus élevés.
La désignation est évidemment une allusion à la fleur de lys symbolique des armes de la ville de Florence. La cérémonie de la première pierre eut lieu le 8 septembre 1298; le pape Boniface VIII s’y fit représenter par son légat le cardinal Pietro Valeriano. Arnolfo dessina une croix latine à trois nefs, et divisa chaque nef en quatre arcades à cintre aigu. Au centre de la croix, sous la voûte du dôme, on réserva une partie ceinte par une ringhiera à pans coupés avec un autel dans l’axe, et, dans chacun des petits bras, on disposa cinq chapelles rectangulaires. Les murs sont nus, et l’architecture seule fait les frais de la décoration; l'effet cependant est tout à fait grandiose.
Arnolfo ne put achever son œuvre; il mourut vers 1330 et l’église ne montait encore qu’aux chapiteaux destinés à recevoir les voûtes. En r332,onnommaGiotto pour lui succéder et, pendant près de deux cents ans on travailla sans interruption sous la direction des hommes les plus habiles.
C’est à Giotto qu’on doit cette annexe extraordinaire du dôme, si célèbre dans le monde entier, sous le nom de Campanile; on en jeta les fondements en 1334, en renversant la petite église de San Zanobio. L’élévation est de 85 mètres; Giotto, dans son dessin, avait prévu une hauteur de 94 mètres et terminait le carré par une pyramide, comme au campanile de Saint-Marc de Venise, mais il ne parvint pas à achever son œuvre et son successeur, TaddeoGaddi, supprima cet appendice. Le campanile se partage en six divisions; la première et la seconde, qui sont à portée de l’œil, sont ornées de sculpture dont les sujets sont inventés par Giotto, mais exécutés par André Pisano. Il y a une grande analogie, comme