LE PONTE VECCHIO
usqu’a la fin de 1080, le Ponte Vecchio se composait de lourdes charpentes assemblées les unes aux autres; ces estacades massives, sans s’opposer aux efforts constants du fleuve, qui a ses jours d’impétuosité, partageaient le courant des flots boueux de l’Arno en mille petits courants brisés et désormais sans force. Mais, en 1177, une crue plus forte que les autres détermina une de ces inondations, si fréquentes, que de nos jours encore on en voit les traces indiquées sur les murs des quais. C'était une des plaies de Florence ; on y remédia, dans la partie habitée de la ville, par la construction de quais superbes faisant au fleuve un lit infranchissable. Cependant, il nous estarrivé souvent de voir, du côté des Cascines, un lit de sable déposé par les eaux du fleuve qui sortent de leur lit, et le dessin de M. Filippo Liardo que nous donnons ici, a été fait d’après nature. On voulut donc, dès le xii^ siècle,
Les Sables de l’Arno. — Dessin de Filippo Liardo.
parer à cet inconvénient par la construction d’une estacade en pierre ; en 1333 elle fut encore emportée. C’est alors que, la commune chargea Taddeo Gaddi, peintre et architecte qui avait donné déjà les preuves de sa science consommée, de faire un pont définitif qui pût résister aux plus fortes crues. Il le construisit en 1345, lui donnant une longueur de cent un