‹ FlorenceChapitre 70 sur 102 · ANDREA PISANO · texte numérisé non relu

ANDREA PISANO

Andréa était l’ami de Giotto, ainsi s’explique sa collaboration au Campanile dont il a sculpté les bas-reliefs de l’étage inférieur dessinés par son ami; on lui doit aussi quelquesunes des statues des niches de la façade du Dôme.

Il était architecte aussi, il a fortifié le Palazzo Vecchio pour Gaultier de Brienne, que ce refuge ne devait pas sauver de la fureur populaire. On lui doit encore le Baptistère de Pistoia; et il est mort, en 1349, Capo Maestro de la cathédrale d’Orviéto où son maître Giovanni a sculpté /« Création^ une des œuvres qui devaient faire faire à la sculpture les rapides progrès

La Création, Bas-relief de Jean de Pise. — Cathédrale d'Orviéto.

qu’on signale bientôt après la venue des Pisans. Si on considère la date à laquelle des hommes comme les Pisans produisirent leurs œuvres, on verra qu’ils ont fait faire un pas de géant à la sculpture. C’est une révélation et un enseignement. Plus tard on aura plus de liberté d’allure, on s’affranchira de ces liens qui semblent encore enchaîner le sculpteur du xiip siècle; mais les plus fiers et les plus grands ne dépasseront pas, dans la conception, ces admirables précurseurs. Les bas-reliefs du Campanile et ceux de la fontaine de Pérouse ont une évidente analogie, le geste épique, la pensée symbolique, la forme synthétisée leur donnent un caractère de grandeur et de noble simplicité digne des beaux temps de la sculpture antique. Il semble même que chez ces premiers sculpteurs italiens du xni® siècle, la pensée ait été plus' profonde et la conception plus géniale que chez ceux de la grande période du xv'h La forme, plus tard, sera plus harmonieuse, plus belle et plus sympathique, jamais l’idée ne sera aussi grandiose et si simple.

ANDRÉA ORGAGNA

On le surnommait Cione, du nom de son père Matteo Cione. Nous l'avons déjà rencontré parmi les grands architectes et les grands peintres de son temps, nous maintenons ici son nom pour établir le développement chronologique de la sculpture. Il était aussi orfèvre, et on lui devait un ouvrage incomparable qui est arrivé jusqu’à nous, mais tellement modifié, qu’en le voyant aujourd'hui, c’est l’œuvre de ses successeurs qu’on est forcé de louer : c’est le fameux autel d'argent conservé à \ Opéra dclDuomo^ exécuté ou plutôt commencé en 1366, que nous avons voulu reproduire dans son ensemble. Détruit dans quelque sédition sans doute, on en recomposa un nouveau en conservant quelques parties seulement, et cette fois ce furent Ghiberti, Michelozzo, Pollaiolo et Verocchio qui y collaborèrent.

Son frère, qui était peintre, l’aida dans ses fresques de Santa Maria Novella. Orgagna aborda enfin les fameuses décorations du Campo Santo qui ont fait son nom immortel : h Triomphe de la mort et le Jugement dernier. Le fameux sanctuaire d’Or San Michèle qui, de son temps, n était encore quune loge ouverte, une sorte de portique voûté sous lequel on se réunissait pour vendre le grain; fut transformé par ses soins en une chapelle, et c’est là qu’il donna toute sa mesure comme sculpteur en exécutant le fameux tabernacle goüiique en marbre blanc où il représenta 1 histoire de la Madone. [Voir la gravure hors textei)

Si on ajoute à cela la Loggia dei Lanzi, si célèbre à Florence et où il donna encore des preuves de son génie et de sa hardiesse dans la conception, on conçoit que le nom d’Orgagna soit un de ceux qui brillent le plus à Florence. Il y a là une surabondance extraordinaire, un certain don d ubiquité artistique qui ne seront jamais dépassés même aux époques où l'art se dégage encore davantage et atteint son apogée. Et cependant je n’ai pas encore parlé d Orgagna poëte; on sait qu’il a laissé de nombreux sonnets, et on trouve encore de ses manuscrits dans la bibliothèque du palais Strozzi et à la Magliabecchiana de Florence. On ne s’accorde point sur le fait de la construction de la Chartreuse, près Florence, par Orgagna : cependant, comme le tombeau du fondateur Niccolo Acciaioli est bien de l’époque de 1 artiste, on a été porté à l’attribuer, sinon à lui, au moins à un de ses élèves.

Avec Orgagna s’éteint l’École pisane ; nous n’avons pas craint de comprendre les Risans dans 1 Ecole florentine à cause du rôle qu’ils ont joué à Florence même, sans compter cette circonstance de l’inscription de la plupart d’entre eux parmi les citoyens de Florence. C’est d ailleurs le classement adopté par tous les historiens de l'art depuis Vasari jusqu’à Perkins.

Andréa Orgagna.

JACOPO DELLA OUERCIA

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