MINO DE FIESOLE
Il faut respecter le nom de Mino de Fiesole que lui donne la postérité, mais on ne peut expliquer ce nom que par sa résidence à Fiesole, où il aura acheté une résidence, car il figure à Poppi, dans le Casentino, sur les listes de la corporation des maîtres de pierre; et il est certainement né dans cette petite ville.
C’est dans cette Florence, si riche en artistes originaux, un sculpteur tout à fait à part, un maître d’une originalité complète et qu’on ne peut rattacher à aucun de ses devanciers ; il a su se faire une manière et ses expressions sont à lui; mais, par contre, sa grâce devient monotone car Mino est toujours un peu le même. Il est surtout remarquable par une tendresse, une douceur infinie, exquise et une délicatesse achevée. A dix pas c’est un maître qui disparaît; il faut l’avoir immédiatement sous les yeux, ses expressions sont toutes de nuances, ses plis charmants, légèrement anguleux, et l’agencement des lignes, se complètent par des intentions d’une pureté virginale dans les yeux et dans les traits du visage. L'un des exemples les plus parfaits de sa manière, est le bas-relief commandé par l’évêque Saliitati placé à Fiesole dans l’église, en face d’un sarcophage qui est une des œuvres les plus admirables du maître. Ce retable, que nous reproduisons ici, est divisé en trois compartiments; au milieu, un groupe de la madone à genoux avec l’enfant Jésus et saint Jean ; et de chaque côté, saint Laurent et saint Remy. Sur l’entablement, l’artiste a singulièrement placé un buste très-vivant du Christ; mais cette figure a peut-être un caractère trop réel. L’enfant Jésus, aux pieds de la Madone, tend la main vers le petit saint Jean. Mino,' dans ces gestes enfantins est certainement sans rival.