TOMBEAU DE FRA FILIPPO LIPPI, A SPOLETO
Conditus hicego sum picturœ faraa Philippus;
Niilli Ignota ineæ est gratin mira inaiius. Artifices potui digitis aiiimarc colores, Sperataquc aiiimos fallere voce diu.
Ipsa mds stupiiit natura exprcssa figuris, Moque suis lassa est artibus esse parem. MannoreotumuioMedices Laurentiushicme Condidit auto humili pulvere tectus cram,
tombe digne de l’artiste et chargea le cardinal di Napoli den surveiller 1 exécution. Il pria même Politien de lui rédiger une épitaphe ; c’est celle qu'on lit au front du monument
FLOKENCE
Nous reproduisons ici h Couronnement de la Vierge^ qui figure au Musée de l’Académie des Beaux-Arts de Florence ; Filippo Lippi s’y est peint lui même dans le personnage agenouillé près de la légende. C’est un sujet qu’il afiectionnàit, car il l’a répété à Spoleto ; mais on voit par la gravure que nous donnons ici qu'il a varié sa composition.
J’ai signalé à plusieurs reprises le nom d’ANDRÉA del Castagno (1390-1457); c’est lui qui fut chargé de peindre dans le Bargello, les figures pendues par les pieds, des divers condamnés à mort lors de la conjuration des Pazzi.
On l'appela pour ce fait André des Pendus [Andrea Degt Impiccaii). Nombre d’églises de Florence offrent des fresques de lui qui sont d’un dessin ferme et d’une tonalité sombre qui rappelle Mantegna et quelques Lombards; la galerie Pitti contient de lui un portrait du temps que nous reproduisons ici, mais sous lequel il nous sera difficile de mettre un nom.
Il faut nous arrêter sur le nom de Benozzo Gozzoli, né à Florence en 1420 et mort en 1498 ; c’est un élève de Fra Angelico de Fiesole et Couronnement de lu Vierge, par Fra Filippo L
il lui a servi d’aide et de collaborateur dans quelques-unes de ses fresques de la cathédrale d’Orvieto. Embarrassé d’abord dans les liens de l’école, sa personnalité se dégage bientôt et il devient le plus
original peut-être des peintres florentins. Sa grande œuvre est au Campo-Santo de l-’ise, où en 1469 il commença l’exécution de vingt-quatre scènes tirées de l’Ancien Testament depuis Noé jusqu’à la visite de la Reine de Saba. La peinture avec lui se dégage tout à fait, ii appelle toutes les ressources de la nature, il place ses épisodes dans de beaux et larges paysages, ou dans des compositions architecturales ; tout lui sert des éléments qui l’entourent ; animaux variés, chevaux, chiens, oiseaux aux brillants plumages.
Il est certain que le Masaccio l’avait vivement influencé pour la conception de la figure humaine, mais ses silhouettes de femmes sont bien à lui et surtout aussi ces arrangements d’étofTe ingénieux et délicats, ce tour des cheveux qui rei.ombent en se divisant en mèches, cette élégance des extrémités. On n'énumère pas toutes ses œuvres ; la plus connue de toutes celles qui sont à Florence se trouve au palais Riccardi,dans l’ancienne chapelle des Médicis. Il a représenté l'adoration des Mages; les Princes, suivis de leur cour, se sont mis en voyage ; ils traversent à cheval les val-
• Collection de Florence (Académie des Beaux-Arts). lllOntagneS pOUr Se
rendre à Bethléem. Ce qu'il y a de piquant dans cette mile peinture c’est que l’artiste, suivant une habitude qui fait de ses œuvres un document historique important, a pris, pour
Faillis Pilti. — Inconnu, par Andréa del Castagne.
avec l’inscription suivante : « Hic Tumulus est Benotii Florentini, qui proxime bas pinxit historias : liimc sibi Pisanor : donavit humanitas îMCCCCLXXVIII. » 147S est la date de l’érection du tombeau, mais Gozzoli ne mourut qu’en 149S.
Cet artiste est encore un de ceux pour lesquels la génération d'aujourd'hui s’est passionnée. On vient pour ainsi dire de le découvrir, les peintres du xvi“ siècle avaient jusqu’à ce jour obscurci sa gloire.
CosiMO Rosselli et Saxdro Botti celui sont du même temps ; mais, entre ces deux, Botticelli est le vrai chef d’école, c’est la grande personnalité.
Sandro est le diminutif d'Alessandro, il était fils de INIariano Filipepi; élevé d’abord en apprentissage chez un orfèvre du nom de Botticello, il prit son nom, selon la mode de l’époque. Ses fresques sont nombreuses à Florence et il eut de son temps une haute renommée. C’est un peintre profondément original; il a créé un type de femme qui lui appartient : ce sont
représenter chacun des rois mages, les traits d’une des personnalités de la cour de Cosme le Vieux. C’était même en réalité la réunion des personnages qui avaient assisté au concile qui eut lieu à Florence. On devrait y voir ISIanuel Paléologue, le patriarche de Constantinople, Jean II, portant la robe lamée, d'or derrière lui viennent Cosme de Médicis, son fils, Pierre le Goutteux et Salviati. C était son habitude de peindre ainsi ses contemporains ; Au Campo-Santo, dans la Vjsz^e de. îa reine de Saha, il avait déjà placé Marche Ficin
au milieu des prélats, avec Argiropoulo, le fameux helléniste, et Bartolommeo Platina.
E Benozzo Gozzoîi a dû avoir une influence énorme sur son temps, car, en feuilletant les manuscrits à miniature du xv° siècle, on est étonné de voir ses types reproduits, copiés, accommodés selon les nécessités du sujet. On lui prend toutes ses compositions, ses costumes, jusqu’à la marque indélébile du peintre, son habitude d’introduire des animaux dans sa composition. Les moines du Campo-Santo de Pise avaient été si satisfaits de son œuvre qui attirait des étrangers venus de toute l’Italie, qu’ils lui élevèrent, de son vivant, dans leur cimetière un monument funéraire