‹ FlorenceChapitre 86 sur 102 · BOTTICELLI · texte numérisé non relu

BOTTICELLI

généralement de grandes personnes, longues, minces, effilées, pâles, et même un peu vertes, — les peintres me comprendront, — qui marchent languissantes et gracieuses dans leurs robes aux plis contournés. Les bras sont généralement noués dans deux ou trois endroits entre l’épaule et 1 avant-bras, et le pli, compliqué et difficile, rappelle ceux que plus tard les Valois mirent en usage dans le costume. Nous reproduisons ici, une figure : l’ Abondance qui donne une très-juste idée de ce que nous voulons décrire. Vasari cite aussi, parmi ses toiles de

Filippo Lippi. — Coupole de la Cathédrale de Spoleto. — Le Couronnement de la Vierge.

chevalet, un profil de femme qui a toujours passé pour la maîtresse de Julien, de Médicis, frère de Laurent, tué lors de la conjuration des Pazzi. Le doute subsiste; si c’était vraiment l’amie de Julien, ce serait alors la mère du pape Clément VII, qui s’appelait la Gorini. Ou se rappelle l'histoire; Julien mort, le fameux architecte San Gallo, qui se trouvait être le voisin de la Gorini et le confident de Julien, vint trouver Laurent et lui révéla l’existence d’un enfant né de la Gorini et de Médicis. Laurent alla aux informations et accueillit l’enfiint, qui, plus tard, devint cardinal à vingt-cinq ans, puis souverain pontife. Ceci est une hypothèse, mais si ce n’est pas la Gorini, puisque la tradition veut que ce soit une maîtresse de Julien, — et il faut toujours la respecter pour ces attributions — ce serait alors la fameuse Simonetta, née à Porto Venere, Génoise d'origine, mariée à Florence à un membre de la

ROSSELLI

noble famille Cattani et morte très-jeune. Bernardo Pulci, en 1494, publia une élégie sur la mort prématurée de la Diva Simoneita; et l’élégant Politien, dans les stances écrites pour la

Le Centaure. — Sandro Botlicelii. — Collections de Florence (Pitti).

fameuse joute imaginée par Julien, a écrit des vers charmants en son honneur. On se rappellera que la vente de la collection Reiset promettait un portrait de la Simonetta, donné, si je ne me trompe, à Pierro Délia Francesca; c’était en vérité son portrait héroïque, tandis

que celui que nous avons publié au chapitre Julien de Médicis représentait la Simonetta dans sa vie privée.

Nous publions encore une fantaisie du maître, le Ccntatire, conception singulière de lun

des plus singuliers esprits de celli, en effet, plein de génie a souvent dans ses compoduisible et d’incompréhenrébus indéchiffrables. C’est commenter les singuliers ro- Poîiphile ou le Combat d'a- II a tout abordé, l’histoire.

Testament, l’Ancien, les ques, et, par dessus toiit, la du pathos dans son génie; c’est la grâce charmante et Si les sujets sont nébuleux et figures sont touchantes et alanguie. Il a illustré la

Sandro Botticelli.

la peinture florentine. Bottiet d’un tempéramentde poète, sitions, quelque chose d’intrasible qui fait penser à des bien l’homme capable de mans du temps, le Songe de moiir en songe de Colonna.

la philosophie, le Nouveau grandes compositions épifantaisie. On a dit qu’il y a mais, ce qui rachète tout, XJmmanité de ses créations, difficiles à comprendre, les douces, pleines d’une grâce Divine Comédie, et jamais

peintre, même le Giotto, n’a été aussi nourri des œuvres de Dante. Il l’avait même annoté et il a emprunté nombre de ses compositions aux épisodes du Convito. Savonarole aussi le passionna et, à la fin de sa vie, il était si hautement son disciple qu’il souffrit pour sa cause et en aurait été volontiers le martyr.

C’était un rêveur qui s’en allait fixant sa fantaisie sur les murs des palais et sur des panneaux, très-appréciés alors, sans se soucier du prix qu’ils pourraient lui apporter; aussi mourut-il pauvre, et c’est la maison Médicis qui dut soutenir ses vieux jours.

Ses œuvres sont très-nombreuses dans les musées d’Angleterre ; la France est moins riche, mais Florence, aux Offices et à Pitti, offre une suite d’un haut intérêt. Ses peintures religieuses sont très-nombreuses ; nous aimons mieux, quant à nous, ses toiles de fantaisie, où souvent il atteint à la plus pénétrante poésie.

Nous le représentons ici par ‘deux toiles, le Centaure du palais Pitti, et la Vierge et r Enfant entourés des Samts, de l’Académie des Beaux-arts de Florence. Cette dernière toile

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