‹ FlorenceChapitre 11 sur 28 · L'ÉTAT DAME DES ARTISTES FLORENTINS · texte numérisé non relu

L'ÉTAT DAME DES ARTISTES FLORENTINS

le portrait équestre de Niccolo da ïolentino, fut accusé, selon Vasari, d'avoir assassiné, dans un guet-apens, son collaborateur Domenico Veneziano, après lui avoir arraché le secret de la peinture à l'huile. Ce nest heureusement qu'une légende, Domenico étant mort quatre ans après son prétendu meurtrier. Mais la légende devait être rappelée. Il se peut que Vasari ne se soit trompé que de cadavre.

Léonard de Vinci était toscan par sa naissance et sa première édu-

Auiionciation d'AiiJrca dcl Saito. Palais Piiti.

cation. Mais il se détacha de bonne heure de Florence : il appartint à Milan, à Rome, à la France où il mourut. Cependant il garda cette indépendance toute florentine de l'esprit, ironie ou malice chez les uns, légèreté de la morale ou perversité chez d'autres, tous les instincts naturels que la gravité chrétienne n'avait point comprimés et qui se réuniront, avec une intensité surprenante, en Benvenuto Cellini. Les dernières lignes de sa biographie, en Vasari, donnent à réfléchir :

<< Devenu \'iru.\, il fut de longs mois malade cl. se \'oyant proche dv la mort, il se ht instruire diligemment des choses de la loi catholique, de la bonne voie, et se confessa avec beaucoup de larmes. » Ces paroles de l'historien font penser à la révélation qu'il nous a transmise de la parfaite

indifFérence religieuse du Pérugin. S'il est vrai que, dans sa jeunesse. Léonard ait été sept années renégat en Egypte, près du Soudan, le témoignage de Vasari prend une valeur singulière. Mais, en face du CcMûcoIo de Milan, comme au Pitti, devant la Déposition du Pérugin. quelle absolution l'Art aussi bien que l'Église ne donneront-ils pas toujours à ces deux peintres de foi fragile, dont cependant l'Kvangile avait formé et ennobli la conscience !

David de Donatello. Bargello.

Le Tribut de saint Pierre, par Masaccio. L'hapelle d-js Brancacci dans l'église del Carminé.

Page 1