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CHAPITRE III

CE aUH RACONTENT LliS VIITLLES PIERRES

Les Florentins créèrent donc leur cité selon leur génie propre. Jusqu'au jour où la fortune politique fit de Florence la capitale provisoire de l'Italie et obligea la ville à jeter bas une partie de ses vieux remparts, à s'étendre sur la rive droite de l'Arno, à percer de larges avenues i)arcourues aujourd'hui par les tramways électriques, le voyageur put goûter le charme d'une cité souverainement élégante et riante, où le mouvement joyeux de la vie moderne s'encadrait sans disparate dans le décor historique édifié par quatre ou cinq siècles de civilisation supérieure. Cependant, les plus nobles de ces vieilles pierres demeurent encore et perpétuent la beauté d'art de E'IonMK^c Tl (>si temps de les visiter et de les interroger.

FLORI- NCE

Partons de la hautaine Porta Romana qui veille, flanquée de tours massives, sur la route qui vient de Rome, de la métropole de l'Eglise, du Saint-Père, patron de la Florence guelfe, un ami aux tendresses suspectes, mais un client des banques florentines, dont le compte courant importait à la politique nationale. Passons en vue du Palais Pitti à l'emphatique soubassement d'appareil cyclopéen. Voici le Ponte Vecchio, le

Cour du Palais-Vieux.

pont des Orfèvres, œuvre de Taddeo Gaddi, monument qu'il faut se hâter de saluer, car, dit-on, ses jours sont comptés. C'est un pont comme on en voyait dans le Paris du moyen âge, chargé d'une double file de masures branlantes, qui font miroiter, aux étalages de leurs boutiques, bracelets, chaînes d'or et fausses pierreries. C'est là que les jeunes paysans de Toscane viennent acheter les bijoux de leurs fiancées. A l'issue du pont, nous touchons à l'antique Florence communale, à la région laborieuse de la marchandise, aux tables des changeurs, aux échoppes de la boucherie, à tout un réseau de ruelles étroites et noires, qui débouchent sur l'Arno. A notre droite, une voûte ténébreuse, où se rattachent

d'autres vicoli qui aboutissent à la place de la Seigneurie. Çà et là, un étroit carrefour, favorable aux industries en plein vent, une petite place irrégulière, une cour où l'on voit une église presque toujours close. Jadis, le cœur de ce quartier était le Mc-rcato Vccchio, une place d'aspect

sauvage, sinistre la nuit, admirable rendez-vous de guet-apeus ou d'émeute, d'où pouvaient fuir en un clin d'œil et sans bruit, par vingt défilés, les CJompi, les cardeurs de laine, qui marchaient nu-picds. Ici. la ruche tîorentine bourdonna joyeusement ou iurieusement, selon les caprices de son humeur mobile. J.e Mt/wi/o Ww/i/o a disparu, et c'est grand dommage, mais ses alentours ont gardé la ]ih\si(>nomie un ])eu

FJ.OREXCE

farouche des temps anciens. Il faudrait lire ici quelc^ues contes du bon Franco Sacchetti, ce contemporain de Boccace, qui n'eut pas la grâce sensuelle et légère de (Tiovanni, mais qui sut peindre la vie extérieure des petites gens et fut vraiment, en prose toute populaire, le poète épique

des Arts mineurs, le ïéniers du

Mer cal o Vccchio. Sacchetti fut bourgeois florentin jusqu'aux moelles, ami des bons tours, des aventures grotesques, des histoires salées, charmé par le mouvement, la rumeur, le vacarme du JSIcrcato, mais, véritable virtuose, heureux de noter et de décrire l'effet esthétique produit par l'accumulation , l'accélération des mouvements, des gestes et des bruits.

Je ne connais que Rabelais qui ait eu, à ce degré, le sens et l'art du crescendo dans la peinture des choses visibles. Sacchetti excella, comme Rabelais, dans l'imagerie des paniques.

Un jour, le vieux cheval du vieux chevalier Rinuccio di Nello, rompant son entrave, se mit à courir derrière une cavale qui précipite sa retraite vers Sainte-Marie- Majeure. Rinuccio, tout éperonné.

s'élance à la poursuite de l'impudent animal, accompagné par les enfants et les gens de loisir. On arrive au Mercato. C'est alors un torrent de foule. Les fripiers, croyant à une révolution, fermèrent précipitamment leurs boutiques. Les deux bêtes se ruent contre l'étal d'un boucher dont elles bousculent les viandes. Le boucher s'enfuit chez le pharmacien. Rinuccio courait toujours et crieiit : a Saint Georges ! » Le maître de la jument, survenu à son tour, bâtonnait, mais en vain, les deux héros de la fête. Le quartier de la draperie, à l'approche du tourbillon, s'émeut; les marchands lancent leurs pièces de drap au fond des

Dante, par Andréa del Castagne.

Musée deSant'ApoUonia.

sombres échoppes. Le long de la ruelle qui mène à l'Or San .^lichele et qu'occupent les comptoirs de grains, le ravage est formidable : bètes et gens passent sur le corj^s des grainetiers et les sacs de denrées. Les aveugles, groupés à la porte de l'Oratoire, ne comprennent rien au tumulte, se mettent sur la défensive et reçoivent à coups de cannes la multitude. L'orage atteint la place des Prieurs. Les maa;istrats reo-ardent de leurs fenêtres, ferment le Palais, arment les sbires, la milice du capitaine. Déjà le peuple en venait aux mains, les couteaux luisaient, le sang coulait.

Autre panique, une veille de Pâques, toujours au Mcrcato. Un corbeau, habitué du quartier, cribla de coups de bec l'échiné d'un mulet chargé de pièces de drap, abandonné parmi les tables, en plein air, des bouchers. Le mulet regimbe, rue, bouscule les viandes destinées au festin pascal, piétine les morceaux succulents. Les bouchers font pleuvoir coups de bâtons ou de couteaux sur les flancs de la bête, lacèrent les pièces de drap, les roulent dans la boue. Les tisseurs de la laine sortent de leur quartier, envahissent, furieux, le Marché Vieux. La querelle tourne à la bataille, prend la mine d'une révolution. Tisseurs contre bouchers, le drap contre la viande, c'est la guerre séculaire, la guerre

sociale qui recommence, le peuple i,'/'<).v et le peuple nuigre (\\\\ se prennent à la gorge. Le Podestat n'ajjaise l'émotion tiu'en frapjiant le corbeau d'une sentence d'inquisition et d'un exorcisme. Le noir oiseau n'était-il pas le diable en personne, venu jiour troubler la paix tics Pâques florentines?

Les tumultes coiiii([ucs de carrefours et de rues contés par Sacchetti aboutissent à la ])lace de la Seigneurie, battent les murailles du Palais- Vieux aussi naturi>llement que les alertes entre Ci ibelins et Guelfes ou les

Farinata degli Ubcrti. par Andréa Jcl Castagno. Musée de Sam' Apolloiiia.

mouvements révolutionnaires de la démagogie : cette place et ce Palais sont bien le centre vital de Florence.

Le Palais Communal, ou de la Seigneurie, commencé par Arnolfo di Lapo aux derniers jours du xiii" siècle, magnifico c grande (Vasari), selon le projet premier de l'architecte, demeure, par les irrégularités de

Le Palais du Podestat. (Bargello.)

son plan, comme un symbole des surprises de la vie publique sur les bords de l'Arno. Les Gibelins, après une domination de quelques années, avaient été, à la mort de l'empereur Frédéric II, battus et proscrits. Les maisons de la grande famille des Uberti, que Dante glorifia en la personne de Farinata, avaient été rasées. Les Guelfes maîtres de la cité ne permirent pas à Arnolfo d'établir, sur l'emplacement maudit de ces maisons, tout un côté de son édifice : on démolit une nef d'église, on retou-

cha le plan de la façade, afin d'y encadrer en son milieu la tour des Foraboschi, haute de cinquante brasses, v pour l'usage de la grosse cloche » et d'utiliser en outre quelques maisons achetées par la Commune. De là, selon Vasari, le dessin « louche et hors d'équerre » du Palais. Quarante années plus tard, Gautier de Brienne, duc d'Athènes, tyran éphémère de Florence et grand bâtisseur de tours et de murs, afin de rendre le Palais « aussi fort qu'un château », en étendit les murailles

(^oiir du liargcllo.

sur le quartier des Filiperti et des Amidei. Il munit les fenêtres basses de grilles en fer d'une extraordinaire solidité, ouvrit une large porte dans les bossages de l'un des flancs, pratiqua, dans l'épaisseur du mur. un escalier secret, en prévision d'une fuite précipitée, accrocha son écusson féodal aux pierres augustes de la citadelle républicaine. Plus tard encore le Palais fut couronné par les lourds créneaux de la faction guelfe.

Tel qu'il est, irrégulier, farouche, le Pûla^^o VcccJiio a sa beauté. Il ne mérite point l'impertinente opinion du président de lirosses qui n a vu l'Italie qu'à tra\ers les préjugés esthétiqui's du xvill" siècle. « Vieille bastille, surmontée d'un grand \ilain donjon, » écrit dédaigneusement le

spirituel bourguignon, qui ne voit point raustérité du vieux Pillais adoucie par le voisinage de l'élégante Zo^;^/^ de Lan^^i. Or, l'histoire démocratique de Florence avait imposé au château bâti pour abriter la vSeigneurie ce rôle de bastille. Autour de ce roc inébranlable gronda trois cents ans l'orage des passions civiles et le souvenir de ces tempêtes ennoblit singulièrement la rudesse des murailles. Je prends, au hasard, en Dino Compagni, le contemporain de Dante, un tableau de révolution, l'éternel conflit de Gibelins contre Guelfes.

Palais Strozzi.

" .. Les Cavalcanti se plaignaient. Les gens s'armèrent et commencèrent à se battre. Les délia Tosa et les Medici vinrent au Mercato Vecchio armés d'arbalètes et tirèrent vers le Corso des Adimari et le quartier de la Laine. Rossellino délia Tosa, avec son monde, se jeta sur la maison des Sassetti, pour y mettre le feu ; les Cavalcanti vinrent à la rescousse. Nerone Cavalcanti aborda messer Rossellino et, du bout de sa lance, le frappa à la poitrine et le précipita de son cheval. Les chefs de la faction Noire avaient préparé un feu d'artifice (matières incendiaires), pensant bien qu'on en viendrait aux mains. Ils s'entendirent avec un Ser Neri Abati, homme criminel et débauché, ennemi de sa propre famille, à qui ils donnèrent l'ordre d'allumer le premier incendie... Les maisons

de ses parents à rOrto San Michèle brûlèrent ainsi ; du 3Iercato Vecchio. le feu fut lancé à la Calimara, se répandit sans obstacle et brûla beaucoup de palais et de boutiques. ))

Une moitié de la ville.

Cour du palais Strozzi.

I QOO

maisons, fut ainsi détruite autour

du Palais (1304). Le vent de Tramontane, dit Villani. propagea l'incendie

jusqu'à l'Arno. cf Les voleurs.

ajoute Compagni. pillaient

ouvertement dans le feu et

emportaient leur butin tout

à leur aise. Celui qui voyait

enlever son bien n'osait pas

le réclamer, parce que la

ville en toute chose était

mal disposée. Ce jour-là les

Cavalcanti perdirent le cœur

et le sang, en vo}'ant brûler

leurs maisons, palais et boutiques, dont la location élevée

les enrichissait. » Ser Neri

Abati portait l'incendie en

une marmite et s'attaquait

aux maisons que désignaient

les (iuelfes noirs. « Le Podestat, avec sa police etlieaii-

coup de soldats, \-int jus(iu"au

iMercato Xuovo, mais il ne fit

ni aide ni défense. Ils regardaier.l le i^w. tranquillenuMit à cheval. » Ce

.lis Ivicv-MiJi ancien p. il.

jour vit la ruine du parti Gibelin, qui reprit, vers Sienne, le chemin de l'exil.

Le Palais-Vieux fut le témoin de scènes plus tragiques encore, dont le souvenir demeure attaché à ses pierres et aux pavés de la place Seigneuriale. Le jour où les Pazzi, encouragés par Sixte IV, attentèrent à la cathédrale, à la vie de Laurent et de Julien de Médicis, l'un des conjurés, Salviati, archevêque de l'ise, fut pendu, revêtu de ses ornements pontificaux, côte à côte avec plusieurs de ses complices, aux fenêtres du premier étage. D'autres furent jetés vivants par les fenêtres.

Quelques années plus tard, cette place illustre servait de théâtre au supplice de Savonarole (23 mai 1498. Un curieux tableau de Pollajuolo, conservé au couvent de Saint-Marc, nous a gardé la naïve imao-e de cette journée. Savonarole avait été l'implacable adversaire de Laurent le Magnifique. Les Médicis chassés, il consacra la Commune à Jésus Christ, devint, par l'éloquence et la terreur, le maître de Florence. Il épouvantait l'Italie, annonçant la venue des Barbares, missionnaires de Dieu, qui abattraient les princes et les emmèneraient enchaînés « comme bêtes de cirque ». Puis, se tournant contre le pape, il déclarait que ce Borgia, cette « vieille ferraille » ferra rot ta, ne cro3^ait pas en Dieu. Une coalition se forma contre lui, dirigée par les Augustins et les Médicéens. On le prit à Saint-Marc, au pied de son autel, on le traduisit en tribunal d'Eglise pour hérésie. Il fut condamné à la potence, mais à la potence dressée sur un bûcher.

Le tableau de Pollajuolo retrace, en ses trois phases principales, le supplice du réformateur et de ses deux compagnons. Devant le Palais- Vieux est l'autel, à côté trône l'évêque président, les trois dominicains

Palais Guadagni.

sont agenouillés à ses pieds, les mains liées au dos. Puis, escortés des Frères de la Miséricorde, ils vont au bûcher; enfin on les voit se balançant à la haute potence entourée de flammes. Quelques Augustins. dans leurs robes noires, regardent tranquillement de la Loge des Lan;i\ quelques bourgeois causent de leurs affaires, çà et là, sur la place ; un cheval passe monté à la fois par deux cavaliers ; des enfants apportent des

Le Bigallo.

fagots, afin que le feu flambe plus jo3'eusemcnt sous les pieds des mar tyrs. Mais l'artiste a manqué de génie ou de courage. Il n"a montré ni la joie cruelle des ennemis de Savonarole, ni la désolation de sc^s iiarlisans. ni la lâcheté de la populace (|ui lançait des pierres à la face de la victime, ni le délire des femmes qui, au retour, tnirent des visions et {irophéli sèrent. Il a été impuissant à peindre l'agonie de Tapôlre et son bras tendu pour bénir la ville et le n^gard suprême ([u'il abaissa sur la multitude furieuse ou désespérée, au moiuenl où jaillit île la fournaise son dernier cri : o florence ! MonMicc ! Ou"as tu fait ? » Li> cri de jeanni> d'Arc au'onisanl(v

Les palais florentins témoignenl, comme le Palais-Vieux, par la sévérité de leur aspect, la solidité de leurs assises, de cette histoire tourmentée. On sent quils ont été construits pour abriter les grandes familles gibelines contre les émeutes guelfes, le choc brutal des Cioinpi. Ils peuvent défier l'assaut des Piagnoni, des Pleureurs, que Savonarole soulevait contre les riches. « Peuple, quand tu entends sonner la cloche, lève-toi, tire l'épée et dis : Que nous veut-on?... Si quelqu'un des Seigneurs demande le Parlement (l'assemblée légale , qu'on lui coupe la tête. Quant aux autres, qu'on les déclare rebelles et qu'on leur confisque tous leurs biens et que tous les gonfaloniers entrant en charge jurent qu'au son de la cloche du Parlement, ils courront

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Le palais Pitti.

d'abord mettre à sac les maisons des Seigneurs ; pour le gonfalonier, on réservera un quart du butin, le reste pour les compagnons... Voilà ce qu'il te faut, peuple 1 » Ainsi parlait le moine qui avait sacré Jésus-Christ roi de Florence.

Alors les palais se fermaient, se barricadaient : le palais Strozzi, couronné par Simone PoUajuolo de la plus élégante corniche (via Tornabuoni). la maison de Cosme de 3Iédicis, palais Riccardi via Larga), dont la cour garde des médaillons sculptés par Donatello. et qui logea Charles VIII ; le palais du Podestat, sorte de forteresse, dans la cour duquel le Bargello présidait aux exécutions capitales ; le palais Ruccellaï 'via délia Vigna), œuvre de Léo Battista Alberti, d'une élégance plus raffinée ; le palais Pitti, étrange et presque extravagante demeure bâtie par Brunelleschi pour un marchand riche et dont le plan primitif fut modifié à la fin du xv" siècle, énorme bâtisse nue, dépourvue du plus modeste

ornement, dressée sur un entassement de blocs à peine équarris, fantaisie babylonienne et réminiscence archéologique de l'art étrusque, qui semble un défi à l'esthétique florentine.

Tous ces palais ont leurs légendes populaires où les fées, les génies familiers, les sorcières et les diables jouent un rôle dominant. Il n'est -point d'ailleurs, à Florence, de rue, de carrefour, d'église, de pont qui ne soit marqué de quelque souvenir fantastique. Parfois aussi les mœurs violentes de la Renaissance ont laissé çà et là, sur les murs ou les pavés de l'aimable ville, comme une tache de sang. Écoutez cette aventure, historique en ses lignes principales, d'une poésie farouche, qui plane encore sur deux palais, le Salviati et le Canacci.

Une nuit, le duc de San Giuliano, Jacopo Salviati, époux de laitière Veronica Cibo, surpris par un orage, se réfugia sous le portique du palais Canacci. Une jeune fille vint l'inviter à monter au salon du vieux Giustino Canacci. Salviati vit alors Catarina Canacci et fut ébloui par sa grâce. Désormais il multiplia ses visites. Veronica, avertie par une courtisane, médita une atroce vengeance. Elle acheta un vase magnifique de Luca délia Robljia, sur lequel était peint, en lettres gothiques, le mot Tradimcnto. Elle y plaça un bouquet des fleurs les plus rares et, dans le bouquet, une carte portant le mot : Sorprcsa. Le duc demanda ce que signifiaient cette irahi'son et cette s iwprisc. Elle répondit que, dans peu de jours, le 27 mai, elle donnerait une fête joyeuse et qu'il connaîtrait le sens de l'énigme. Au jour fixé, elle pria Salviati de rester chez lui, afin d'accueillir ses hôtes et dépêcha à Catarina un billet anonyme où elle l'invitait à éloigner son mari et ses serviteurs afin de recevoir la visite de Jacopo. Les assassins trouvèrent donc Catarina seule et rapportèrent sa tète enveloppée dans une serviette, Veronica l'ensevelit parmi les fleurs. Cependant, le duc, étonné de ne voir aucun invité, demande à sa femme quelle surprise elle lui réserve et quelle mystérieuse visite elle attend :

— Ne devinez-vous pas, mon ami ? C'est votre bien-aimée Catarina. Regardez. La voici 1

Et, dans la pourpre et le parfum des fleurs, A'eri^nica fit \-oir à Jacopo la tète pâle de Catarina.

— Mon cher mari, murmura-t-elle à l'oreille du malheureux, je vous aimais et vous m'avez trahie. Je me suis vengée. {Ligciufs of Florence by Godfrey Leland. Londres et Florence, 1896.)

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