‹ Florence et ses vicissitudes, 1215-1790Chapitre 6 sur 16 · II. a · texte numérisé non relu

II. a

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Origine de Florence.— Armes de celte ville. — Le Lis et le

Lion. — Le vieux Palais.

Que Florence ait été orîgînaîriètttont une Vîïlé étrusque, qu'elle soit passée ensuite sous la donâiinatîon romaine, et qu'après avoir été détruite de fond en comble par Attila elle ait été rcbâlîè par les Romains, ce sont des faits à peu près certains, mais qui, pour être affirmés, exigeraient des recherches archéologiques auxquelles on n'a pas l'intention de se livrer ici. Quelque fondées nue puissent être la plupart des savartles liypothèses formées sur ces importantes questions^ elles reposent cependant sur des documents si peu nombreux et qui donnent mat'ièrc à tant de contestations parmi lesérudîls que l'on s'abstien* dra de prendre part aux discussions que fait naître la première origine de Florence.

Le nom de Ftorence d'ailleurs est à peine cité par les historiens de l'antiquité, tandis que Flo-

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rence moderne, depuis le siècle de Charlemagne, est une des villes de notre Europe dont le nom rctenlit avec le plus d'éclat dans riiistoirc, soit par le souvenir des étranges et terribles événements politiques dont elle a été Fânie et le théâtre ; soit à cause de la précocité de ses efforts pour perfectionner la civilisation , soit enfin par Tincroyable ardeur et le rare talent avec lesquels ses citoyens ont su cultiver, honorer et répandre la philosophie, le commerce, les lettres, les arts et les sciences.

La vallée où repose Florence est située géographîquement à 28 degrés Sg' 5'' de longitude, et à 43 degrés 46' 3o'' de latitude. Cette vallée, dans laquelle coulent TArno et un autre torrent plus petit, leMugnone, passe pour avoir toujours produit des lis sans culture. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'il en croît encore et qu'il n'est pas très rare d'en voir les vieux murs couverts. De là: Fiorenza, Firenze^ dont nous avons fait Florence , la ville fleurie ; de là les armes de la République de Florence, un lis blanc sur un champ rouge.

L'étude delà science héraldique , qui ne fournit ordinairement qu'un appât à la curiosité et parfois des détails précieux pour l'histoire, a cela de particulier à Florence, qu'elle donne encore des enseignements profonds que les observateurs peuvent mettre à profit pour apprécier tout à la fois ce qu'il y a de fort et de frivole dans le caractère de l'homme et des nations.

Parmi les édifices qui concourent à former ce que l'on appelle à présent à Florence la place du Grand Duc , le voyageur remarque d'abord , et

malgré lui, le vieux palais bâti en 1298, C'est là où se tenait le siège du gouvernement au temps de la République.

Au-dessous de Tespèce d'entablement qui couronne cette citadelle , on aperçoit une suite d'écussons dont le nombre s'élève à neuf, et qui témoignent des différents gouvernements, princes et tyrans qui ont successivement régi à leur guise et selon leurs passions les intérêts de la ville de Florence.

Après récusson au lis blanc sur fond rouge, on en voit un autre dont le lis est rouge et le champ blanc. En 1261, les Florentins étant divisés en deux factions, les Guelfes et les Gibelins, ces derniers , pour consacrer leur victoire , modifièrent ainsi les armes de la ville. Puis, suivent les armes du duc d'Anjou et de Robert, roi de Naples , celles des Guelfes avec les clefs du Saint-Siège, les armoiries du duc d'Athènes, les outils des cardeurs de laine qui ont été maîtres de Florence pendant quelques jours, les six balles des Médicis , et enfin les armoiries de Napoléon et des grands ducs de la maison d'Autriche.

Parmi cesécussons, il en est un encore sur lequel on ne découvre pas sans surprise le monogramme qu'il renferme; c'est celui de Jésus- Christ. En effet, malgré le mélange de sacrilège et de ridicule que présente un tel fait , il est certain; .en l'an 1627, au premier de juin, Nicolas Capponi , alors gonfalonier de Florence , eut l'idée, pour calmer l'effervescence des citoyens et les rappeler à des idées d'obéissance, de proclamer Jésus -Christ roi des Florentins. Cepen-

6 FLQREVGE.

dant il voulut que cette nomination fût soumise à rélection du grand conseil , composé de mille votants, dont vingt s'opposèrent à ce que le fils de Dieu fût roi de Florence ; car nul peuple ne tombe plus diflicilemcnt d'accord sur la même opinion que les Florentins. Voici Tinscription que le gonfalonier fit mettre sous le monogramme:

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