‹ Florence et TurinChapitre 11 sur 30 · XXII PREFACE · texte numérisé non relu

XXII PREFACE

Mestiatis? Ma surprise ne fut pas petite, à l'une de ces soirées philodramatiques (c'est ainsi qu'on les nommait), en voyant le président du conseil, engagé à ce moment-là même dans une crise politique, et qui soutenait à lui seul au parlement tout l'effort d'un violent débat, assister sans en vouloir rien perdre à la représentation de Y Amour à l'aveuglette, puis, le rideau tombé, offrir à la comtesse Mestiatis, qui jouait le principal rôle, l'hommage énorme, éclatant, prodigieux, d'un de ces bouquets de Gênes, qu'on dirait inventés pour éprouver la main d'Hercule plutôt que pour s'effeuiller sous les doigts de Vénus. Ma voisine me fit remarquer que le comte de Cavour n'en avait point offert un semblable à la comtesse d'Aglié, qui venait de jouer avec le plus grand succès un rôle de Scribe. Elle m'en dit la raison. Étant encore fort jeune, Camille de Cavour, touché des grâces de cette aimable personne, l'avait demandée en mariage. La famille repoussa, non sans dédain, les prétentions de ce cadet de famille. Qu'en pensait-elle à cette heure? Le célibat de l'homme d'État, sa réserve, étaient-ils l'effet d'un souvenir trop présent? Ce souvenir était-il de ressentiment ou de regret? La tendresse italienne inclinait vers cette dernière conjecture.

En dehors de mes relations politiques, j'eus l'occa-

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