‹ Florence et TurinChapitre 13 sur 30 · XXIV PRÉFACE · texte numérisé non relu

XXIV PRÉFACE

connue comme tout le reste dans ce pays où le mérite a plus de réalité que d'éclat et ne sait point se vanter. Sacrifiée en ce moment à la politique, envahie par les bureaux du Sénat, la galerie du palais Madame a des œuvres de premier ordre : un Lavement des pieds, par Véronèse ; les Enfants de Charles ['% le prince Thomas de Savoie^ par Van Dyck; un portrait de Louis XV, chef-d'œuvre de Vanloo ; le fameux Rabbin de Rembrandt, etc. Charles-Albert semble avoir affectionné surtout les Hollandais (était-ce encore en haine de la maison d'Autriche?) Il en a rassemblé un choix exquis et qui m'a révélé plus d'un maître.

A la bibliothèque, on me montra des manuscrits très-beaux ou très-rares (entre autres les Évangiles avec des miniatures où sont tigurés les supplices de l'enfer dantesque), des 'dessins, à la plume ou à la sanguine, de Léonard, de Raphaël, de Michel-Ange; la Circoncision de Mantegna, etc.

La fatigue de ces journées de tourisme par une chaleur excessive m'ayant fort éprouvée, je voulus consulter le docteur Riberi, dont je connaissais par ouï-dire l'esprit singulier. Le docteur Riberi, médecin du roi, était le chef de cette école piémontaise devenue trop fameuse par sa méthode de la saignée à outrance appliquée à tous les cas, à tous les tempéraments, à tous les âges. En le voyant, je compris tout

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