‹ Florence et TurinChapitre 4 sur 30 · X PREFACE · texte numérisé non relu

X PREFACE

j'admirais naguère dans le grand citoyen de la république \énitienne. J'aurais voulu comprendre la politique de M. de Cavour comme je croyais avoir compris la politique de Manin. « Vous devriez voir le comte de Santa-Rosa, me dit un jour un Italien' avec qui je causais de la cession de Nice. Il est l'ami, le contident du comte de Cavour. Personne n'est plus avant dans le secret des affaires. » Ce nom de Sanla- Rosa n'était pas nouveau à mon oreille. J'avais lu, dans ma jeunesse, la notice éloquente de M. Cousin sur le comte Santorre. Très-souvent, je me représentais les scènes de cette insurrection chevaleresque dont il avait été le héros, et cette tombe solitaire, ce rocher de Sphactérie, où il tomba les armes à la main en combattant pour la Grèce. Théodore de Santa-Rosa avait pour la mémoire de son père un culte ; il fut touché des sentiments qu'il trouva en moi et ne me traita point en étrangère. Il était pourtant, comme presque tous ses compatriotes, ombrageux à l'excès ; mais il avait, comme son père, « une âme grande et à la fois une âme tendre. » Il allait mourir, il le savait; une phthisie à sa dernière période ne permettait plus d'espérer. Il regrettait la vie, y laissant des affections chères, des devoirs, des inquiétudes sacrées. Avec la claire vue des mourants, il lut dans mon cœur et n'hésita pas à m'ouvrir le sien. Presque chaque jour, en des

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