‹ Florence et TurinChapitre 5 sur 30 · PREFACE. XI · texte numérisé non relu

PREFACE. XI

entretiens intimes, il me fit connaître tout ce qu'une longue expérience des hommes et des choses lui avaient appris. Par ses traditions de famille , Théodore de Santa-Rosa pénétrait au cœur de la révolution piémontaise; ses souvenirs personnels dataient du lendemain de Novare.

Avec quelle vivacité il me peignait ces temps désastreux et cette heure, tragique entre toutes, où l'on vint l'avertir (il était alors gouverneur de Nice), d'aller à la rencontre du roi fugitif! Quel destin que celui qui remettait au fils du proscrit Santorre Santa- Rosa le soin de consoler l'affliction et de guider les premiers pas vers l'exil du prescripteur Charles-Albert de Carignan! Le 27 mars 1849, sur les hauteurs de la Turbie, à mi-chemin du sanctuaire de Laghetto, où le roi avait passé en prière la première nuit qu'il s'élait arrêté après la bataille, les voitures se rencontrèrent. Du plus loin qu'il aperçut celle de Santa- Rosa, le roi se jeta hors de la sienne et vint tomber dans les bras de son fidèle serviteur. Quand ils furent ensemble et seuls dans la voilure du roi, un long silence se fit ; Charles-Albert pleurait ; il cachait son visage sur l'épaule de Santa-Rosa. — « Sire, relevez vos esprits; votre cause est juste; des jours meilleurs viendront. » — A ces mots, le roi tressaillit; puis, se redressant tout d'un coup, pâle, le regard

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