‹ Florence et TurinChapitre 9 sur 30 · PREFACE. XIX · texte numérisé non relu

PREFACE. XIX

devant lui un homme égal aux plus hautes entreprises. A l'estime qu'il fit de sa capacité, se mesura, pour notre bonheur, l'intérêt qu'il voulut prendre à la cause italienne. »

En parlant de Victor-Emmanuel, le comte de Santa- Rosa était plus réservé. Comme son père, avec toute la noblesse libérale du Piémont, Théodore de Santa- Rosa avait en politique les idées anglaises et n'attribuait pas au souverain une grande part dans la chose publique. Je vis aussi chez lui comme un doute sur l'impression que pourrait lecevoir une étrangère, une femme accoutumée aux raffinements de la société française, d'un prince savoisien, soldat et chasseur.

L'aristocratie, toute fiére qu'elle est de la valeur de son roi, et touchée comme malgré elle de sa grande popularité, regrette cependant la cour de Charles- Albert, les pages, les chambellans, la messe officielle, toute l'ancienne étiquette. Elle semble craindre qu'en voyant le roi ailleurs que sur les champs de bataille on ne prenne de lui une opinion moindre. A la surprise, à la joie que je lus sur les visages, lorsque je le peignis, tel que je l'avais vu, royal dans sa cordiaUté, délicat dans les marques de sa bienveillance, je compris combien de tendresse se mêlait aux murmures de la noblesse piémonlaise, et quelle loyauté se cachait sous son mécontentement.

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