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PREMIÈRE SALLE DU BOTTICELLI

nation, et il associe l'exagération do la sveltesse et la désinvolture de Fra Filippo Lippi au réalisme et à la passion ornementale de Pollaiuolo et aux types accentués de Verrocchio, avec une précision et une finesse dans toutes les parties, principales ou accessoires, qui attesteraient à elles seules l'influence des orfèvres sur leurs contemporains

On y peut trouver le souvenir de ces figures, à la taille mince, aux jambes grêles, aux longs pieds qui viennent de Fra Filippo, avec des réminiscences du David de Verrocchio dans les airs de tête et cette sécheresse un peu vieillotte des traits que l'école de Léonard devait perpétuer en Lombardie. La précision des orfèvres s'y retrouve avec leur richesse luxuriante d'ornements et l'abondance des joailleries et des perles. La peinture est exécutée suivant les méthodes des Poliaiuoli, dont la fraîcheur ne s'est pas entièrement maintenue ; mais elle est d'un grand intérêt commj exemple du développement et des progrès de la manière du peintre et comme morceau caractéristique de la façon de toutes ces scènes demi-païennes si fort à la mode du temps de Lorenzo de Medici. » (Cr. et Cav., II, 418-419.) Le titre donné à ce tableau célèbre est dû à Vasari. On a pensé aussi que le sujet était une allégorie philosophique plus compliquée, ou simplement un Jugement de Paris. (Voir Silvio Buccellato dans le journal Pietro Thouar, III, 1878.)

*81. — Pacchiarotto. — La Visitatio7i.

Sur une place, au milieu, sainte Élisabeth, de trois quarts tournée yers la gauche, retenant avec sa main gauche les plis d'un manteau gris, donne son autre main à Ja Vierge qui s'avance vers elle, en robe rouge et manteau bleu. A gauche, deux moines debout et saint Jean-Baptiste un genou en terre, portant une banderole et une croix; à droite, saint Nicolas de Bari, en costume épiscopal, trois bourses à la main, parlant à un dominicain, et k genoux un martyr tenant un livre et un instrument de supplice. Au fond, un arc-de-triomphe au-dessus duquel vole le Saint-Esprit. La mer à l'horizon.

H., 2,57; L., 1,84. B. — Fig. pet. nat. — Primitivement dans l'église de San Spirito, à Sienne, transporté successivement à la galerie de cette ville, puis à la galerie des statues à Florence en 1821, et enfin, en 1853, à l'Académie,

* 82. — Lippi (Fra Fuappo)! — La Nativité.

Dans une prairie, l'Enfant Jésus, couché sur les pans de la robe de la Vierge, de trois quarts tourné vers la droite, pose un doigt sur ses lèvres. A droite, la Vierge, en robe rose, manteau bleu et voile blanc, est agenouillée, vue de face, les mains jointes. A gauche, saint Joseph, en tunique bleue et manteau jaune, assis sur une pierre, est plongé dans la méditation. Au second plan, la Madeleine appuyée contre un pan de mur, et, à droite, saint Jérôme agenouillé se frappant la poitrine d'une main, tandis qu'il porte de l'autre une croix ; devant lui, saint llarion, dont OQ ne voit que le buste, de profil tourné vers le groupe divin. Au fond, dans un paysage, l'âne, le bœuf et les bergers. Au ciel, des anges déroulant une banderole sur laquelle on lit : Gloria in excelsis Deo,

H., 1,35; L., 1,34. B. — Fig. pet. nat. — Gravé par Ferretti (A.). Provient du couvent d'Annalena. D'après Richa (églises de Florence, X, 145), sous les traits du moine, le peintre aurait représenté Robert Malatesta, frère d'Annalena.

GALERIE ANTIQUE ET MODERNE

SALLE IV

DITE

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