UXOR
PREMIÈRE SALLE TOSCANE
1195. — Zuccheri (Federigo). — LAge d'or.
Dans un paysage montagneux, sur les bords d'un ruisseau, des groupes d'hommes, de femmes et d'enfants. Dans les airs, deux nymphes déroulant une banderole sur laquelle on lit : 0 Bell' anni deW oro.
H., 0,48; L., 0,36. B. — Fig., 0,15.
1198. — Il Pontormo. — Naissance de saint Jean-Baptiste.
A droite, au pied du lit de sainte ÉUsaheth, Zacharie écrit le nom du nouveau-né que lui présente une jeune femme; à gauche, deux servantes.
H., 0,17; L., 0,48. — Fig. à mi-corps. — Tableau peint dans un bassin pour Lisabetta Tornaquinci, femme de Paolo Aldighieri.
1203. — École toscane du XVIP siècle. — Portrait de Pétrarque.
* 1204. — Piero délia Francesca. — Portrait de femme.
De profil tournée vers la gauche; dans sa chevelure blonde, un diadème ; sur son oreille, un voile de gaze ; robe blanche à fleurs d'or, manteau grenat, colher de perles.
H., 0,70; L., 0,34. B. — Fig. en buste, gr. nat. — M. Bode attribue ce portrait, comme un certain nombre d'autres profils de jeunes femmes (musée Pitti, n^ 37; musée Poldi, à Milan), à un peintre florentin, vers 1460 ou 1470, dont la manière aurait une étroite parenté avec l'art de Domenico Veneziano et de Piero del PoUaiuolo. (B. 557.)
1205. — École toscane au XVP siècle. — Martyre de saint Sébastien.
Le Saint est attaché dans les hautes branches d'un arbre, au pied duquel des archers lancent des flèches; au ciel, Dieu le Père et des anges portant une couronne.
H., 0,99; L., 0,83. B. — Fig. 0,40.
1207. — École toscane au XVP siècle. — Portrait de Dante.
* 1208, — École toscane du XV^ siècle. — Trois dominicains. 1209. — Bronzino (Angelo). — Le Christ mort.
* 1211. — Bronzino (Angelo). — Allégorie du bonheur.
Au milieu, une femme figurant le Bonheur, couronnée de fleurs, est assise, tenant dans ses mains une corne d'abondance et un caducée; à droite, la Justice; à gauche, la Prudence au double visage ; dans les airs,
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la Renommée et la Victoire; au premier plan, les Vices terrassés; à droite, la Fortune appuyée sur une roue.
H., 0,38; L., 0,29. B. — Fig., 0,25.
* 1217. — Lorenzo di Credi, — Portrait d'un jeune homme.
Tourné de trois quarts vers la gauche, le visage vu de face ; longue chevelure blonde sous un bonnet bleu foncé . Pourpoint brun .
H, 0,37; L., 0,26. B. — Fig. en buste, pet. nat. — Gravé par Bettazzi (Uf.). — Ce portrait très restauré passe pour être celui d'Alessandro Braccesi, secrétaire du Comité des Dix. « Parmi les œuvres les plus intéressantes de Lorenzo di Credi, un jeune homme rêveur des Uftizi, rappelant Leonardo. » (B. 55.) « C'est une œuvre d'une exécution sérieuse et d'une merveilleuse intensité d'expression. Tout y porte la marque d'une volonté persistante. Il y a dans ce portrait de jeune homme autant et plus de sentiment peut-être que dans un Raphaël. La vie y rayonne avec la pensée, et l'on sent dans l'accentuation souveraine des reliefs la main d'un maître qui sait la sculpture. » (Paul Mantz.)
* 1220. — Il Pontormo. — Portrait d'inconnu.
* 1227. — Bronzino (Angelo). — Portrait de Biaîica Capello.
* 1230. — Andréa del Sarto. — Portrait de femme.
De trois quarts tournée vers la droite; robe en brocard rouge, guimpe blanche plissée, collier en or; dans sa chevelure blonde, des plumes blanches. Elle prend des fuseaux dans une corbeille placée sur une table.
H., 0,54; L., 0,34. B. — Fig. en buste, gr. nat.
1238. — Botticini. — Triptyque.
A droite, V Entrée de Jésus à Jérusalem; à gauche, Jésus et la Samaritaine'^ au milieu, le Christ chassant les marchands du temple.
H., 0,27; L., 1,72. B. — Fig. 0,13. — Predella du n^ 1283. D'après un document cité par Cr. et Cav. (II, 454) en août 1504, Raphaël aurait été chargé par le conseil de la Pieve d'Empoli de terminer ce tableau.
* 1241. — Il Rosso. — Ange jouant de la guitare.
1244. — Manzuoli. — Portrait d'Elena Gaddi, femme d'Andréa Quaratesi,
Tournée de trois quarts vers la gauche ; robe blanche en brocart, chaîne autour du cou ; diadème sur sa chevelure blonde ; dans sa main gauche, un livre.
H., 0,24; L., 0,16. — Fig. en buste, pet. nat.
LA TRIBUNE
* 1248. — Bdindinelli. — Son portrait.
De trois quarts tourné vers la gauche, le visage vu de face ; longue barbe blanche, manteau et bonnet noirs; dans sa main droite, des gants.
H., 0,60; L., 0,43. B. — Fig. en buste, gr. nat.
* 1312. — Piero di Cosimo. — Persée délivre Andromède.
Au second plan, sur le bord de la mer, à gauche, Andromède est attachée à un arbre, gardée par le monstre que Persée s'apprête à frapper de son glaive ; au premier plan, à gauche, les parents de la jeune fille aux genoux de Diane ; à droite, Andromède rendue à sa famille ; au milieu, deux musiciens; dans les airs, Persée se dirigeant vers le monstre.
H., 0,68; L., 1,19. B. — Fig., 0,25. — Gravé par de Vegni (Uf.). Peint pour Filippo Strozzi le Vieux.
SALLE XXV
LA TRIBUNE
Cette salle où, par une sélection qui peut prêter à la critique, ont été réunis, comme dans le salon carré du Louvre, quelques spécimens de maîtres des diverses écoles, renferme cinq sculptures antiques placées en cercle. — La Vénus de Médicis, — Le Remouleur. — Les Lutteurs, — Le Faune dansant. — L'Apolloîi enfant,
* 197. — Rubens. — Portrait d'Isabelle Brandt, sa femme.
Vue de face, en robe noire et manteau noir qu'elle retient de sa main gauche. CoUier de perles, chaîne d'or au corsage, manches et col de dentelles; dans sa main gauche, une chaîne; un hvre d'heures dans sa main droite. Derrière elle, une colonne et une draperie rouge.
Daté 1625. — H., 0,85; L., 0,62. T. — Fig. en buste, gr. nat. Le musée de Nantes possède une copie de ce tableau. « Le mouvement est si naturel, qu'on est tenté de croire que le présent tableau donne l'attitude primitive du modèle, et que le portrait de la galerie de Windsor, où la main est posée de la même façon, mais ne tient rien, a été peint en second lieu. » (Max Rooses, L'œuvre de P. P, Rubens, IV, 133.)
* 1104. — Ribera. — Saint Jérôme,
Debout contre un rocher, il tourne la tete vers la gauche, où Ton
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aperçoit une trompette ; il tient, dans la main gauche , une pierre ; dans la droite, un crucifix; devant lui, une tête de mort et des papiers. Fond de paysage.
H., 1,25; L., 0^98.— Fig. à mi-corps, gr. nat.
* 1107. — Daniele da Volterra. — Massacre des Innocents.
Sur les marches d'un temple, les soldats arrachent les enfants des bras de leurs mères et les égorgent. Au fond, à gauche, Hérode sur un trône.
H., 1.41 ; L., 1,41. B. — Fig., 0,60. — Gravé dans VEtr. piL, pl. XL. Ce tableau fait par le peintre durant son séjour dans sa ville natale et qui, d'après Vasari, était regardé comme une do ses très belles œuvres, resta dans l'église San Piero, à Volterra, jusqu'en 1782. A cette époque, le grand-duc Pierre Léopold l'acheta à la commune et le fit placer aux Uffi'-ii. D'après Bottari, la figure du bourreau principal aurait été peinte d'après un modèle d'Hercule tuant Cacus, fait par Michel-Ange pour être placé devant le Palazzo Vecchio. (Vas. VIT, 64.) « C'est une composition d'un dessin savant et ferme, et qui, malgré sa coloration terne et effacée, demeure remarquable par la vigueur des raccourcis et l'énergie toute florentine des attitudes. » (Paul Mantz.)
* 1108. — Tiziano Vecellio. — Titien. — Vénus couchée ou
Vénus et VAmour.
Sur un lit couvert d'une draperie grenat, une femme est couchée toute nue, portant des fleurs dans sa main gauche; la tête tournée de trois quarts à droite vers l'Amour debout à son chevet, qui la caresse; à ses pieds, un chien, un carquois et des flèches. Au premier plan, à droite, sur une table, un vase de fleurs et un rideau rouge relevé. Fond de paysage; un hibou sur une balustrade.
H., 1,36; L., 1,93. T. — Fig. gr. nat. — Peint vers 1547 pour François-Marie de la Rovère, duc d'Urbin, cette Vénus, ainsi que le n» 1117, passa par héritage dans la collection des Médicis. « Même perfection de formes que dans la Danaè de Naples. Ce tableau qui, par les lignes de la figure, rappelle la première Vénus, présente cependant un autre type, et le tapis de velours rouge, au lieu du fin linge blanc, ainsi que le fond de paysage, lui donnent un sens nouveau. » (B. 736.) Cr. et Cav. (II, 103) remarquent dans le visage une certaine ressemblance avec un Portrait de femme du musée de Dresde, passant pour le portrait de Lavinia, la fille du peintre. Une répétition intéressante du même sujet se trouve au musée de Madrid. Plusieurs copies sous le nom de Titien se voient dans des collections publiques ou privées. « Simple courtisane, bornée et forte, elle est étendue sur le dos et caresse un petit Amour avec le sérieux vide et l'immobilité d'âme d'un animal au repos qui attend. » (Taine, Voyage en Italie, II, 205.)
* 1109. — Zampieri (Domenico). — Le Dominiquin. — Portrait du
cardinal Agucchia,
Assis dans un fauteuil, de trois quarts tourné vers la droite, chevelure blonde et moustaches brunes. Rochet blanc, camail et robe rouges; il appuie sa main droite qui tient une toque sur le bras du fauteuil, et de
LA TRIBUNE
la gauche il prend une sonnette posée à côté d'une lettre sur une table couverte d'un tapis rouge. A droite, sur le fond, on lit : Hieronymus S. R, E. Card. Agucchia,
H., 1.41; L., 1,11. — Fig. à mi-corps, gr. nat. — Gravé par Bonajuti (Uf.). — Transporté à la Galerie en 1794.
* 1110. — Alfani. — Sainte Famille.
A droite, la Vierge, en robe rouge et manteau bleu, sa chevelure blonde dans une lenza dorée, est assise, de profil tournée vers la gauche, tenant sur ses genoux l'Enfant Jésus. Celui-ci bénit le petit saint Jean que lui présente sainte ÉHsabeth, agenouillée à gauche, en robe verte et manteau grenat. Fond de paysage; à droite s'avance une sainte femme.
H., 1,10; L., 0,75. T. — Fig, pet. nat. — Gravé par Bigola (Uf.).
* 1114. — Il Guercino. — Le GuERcmN. — La Sibylle Samie,
Debout, de trois quarts tournée vers la droite, la tête à gauche levée au ciel; robe rouge à doublure bleue, manteau jaune, turban vert, des perles dans sa chevelure blonde ; elle appuie ses deux mains sur un volume ouvert, posé sur un piédestal et sur lequel on lit : Salve Casta Syon per multaque passa puella Sybilla Samia, A droite, au second plan, sur une table, un livre, un encrier et une plume.
H., 1,10; L., 0,75. T. — Fig. à mi-corps, gr. nat. — Gravé par Perfetti (Uf.), Levillain et Blanchard père (W.). Peint en 1651 pour le prince Mathias de Médicis; donné à la Galerie en 1777 par M. Albergotti d'Arezzo.
* 1115. — Van Dyck. — Portrait de Jean Montfort.
Le corps tourné de trois quarts vers la droite, le visage de face ; nutête, chevelure brune, moustaches et barbe blanches; pourpoint noir, manchettes et fraise blanches; dans la main droite, des gants; à sa ceinture, une clef; autour du cou, une chaîne d'or.
H., 1,12; L., 0,86. T. — Fig. à mi-corps, gr. nat. — Gravé par de Jodo. — Il en existe une réplique au musée impérial de Vienne. « Dans un coin, un gros chevalier de Van Dyck, tout en noir, avec une large fraise, semble aussi grandement et glorieusement d'aplomb dans sa vie que dans ses membres, d'abord par l'habitude d'une ample nourriture, ensuite par la possession incontestée de l'autorité et du commandement. » (Taine, Voyage en Italie, II, 204.)
* 1116. — Tiziano Vecellio. — Titien. — Portrait du prélat
Beccadelli,
Assis sur un fauteuil, de trois quarts tourné vers la droite, en camail noir et rochet blanc, il tient dans ses mains une lettre sur laquelle on lit : JULIUS. P. P. III. Venerabili fratri Lodovico Episcopo Ravellen
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apud Dominum Venetorum nostro et apostolicœ sedis Nuntio, cum aanum ageret LII^ TUianus Vecelliiis faciebat Venetiis MDLll ?nese Juin.
Ce tableau fut peint par Titien en juillet 1552, à Venise, où Beccadelli venait d'arriver en qualité de légat, dans le but d'obtenir l'indulgence du prélat en faveur d'un moine, confesseur de Titien et de l'Arétin, emprisonné et poursuivi pour avoir nié l'origine^ divine de la confession. {Aretino, Lettere, V, 198.) « C'est un des portraits de Titien les plus achevés; ce qu'il y a de remarquable dans cette peinture, ce sont en particulier les mains qui sont très belles et en accord parfait avec le reste de la personne, et le coloris chaud et ambré qui se trouve dans toute la peinture. » (Cr. et Cav., Tiziano, il, 178.)
* 1117. — Tiziano Vecellio. — Titien. — Vénus couchée^ dite la
Vénus au petit chien.
Dans une chambre, une femme blonde est couchée, nue, sur un lit rouge recouvert d'une draperie blanche; la tête est inclinée vers la gauche, le bras droit tombe le long du corps; dans la main gauche, elle tient des fleurs; à ses pieds, un petit chien; en haut, une draperie verte relevée. Au fond, à droite, deux servantes, dont l'une est debout, et l'autre, agenouillée, fouille dans un coffre. Sur une balustrade ornée de colonnes, un vase à fleurs.
H., 1,18; L., 1,67. T. — Fig. gr. nat. — Gravé par Strange, Massard, van Croys Piroli, Lasinio (Uf.), etc. — Peint en 1537 pour le duc Francesco Maria d'Urbin et passé, par le mariage de Vittoria délia Rovere avec Ferdinand II, dans la famille des Médicis. Exposé aux Uffizi depuis J646 — Il en existe d'anciennes copies en Angleterre (ancienne collection Munroë. — Château d'Hampton-Court). « Certes, le duc n'était pas à plaindre, s'il avait auprès de lui de tels modèles et s'il croyait pouvoir placer dans leurs portraits le petit chien, symbole de fidélité. » (Marcotti, Guide de Florence.) Rien ne prouve cependant que la duchesse d'Urbin ou qu'une maîtresse du duc ait servi de modèle pour ce chef-d'œuvre; on peut reconnaître, en tout cas, dans le visage un type favori du peintre à cette époque. (V. la Bella du musée Pitti, n» 18.) — « Cette belle étude est d'une exécution exquise et noble ; les chairs et les draperies sont peintes et modelées avec une délicatesse et une perfection admirables ; les transitions dans les demi-teintes d'une extraordinaire vérité; le tout serait d'un accord parfait, si quelques restaurations et retouches n'avaient un peu altéré cette harmonie séduisante qu'on sait lui avoir été donnée par le peintre. » (Cr. et Cav., Tiziano, I, 367.)
* 1118. — Correggio. — Le Corrège. — Le Repos en Egypte.
Dans une forêt, au miheu, la Vierge, en robe jaune et manteau bleu, est assise, de trois quarts tournée vers la droite ; elle porte sur ses genoux l'Enfant Jésus, auquel saint Joseph, debout à gauche, présente des dattes qu'il vient de cueillir ; à droite, saint François en adoration. Fond de paysage.
H., 1,21; L., 1,03. T. — Fig., 0,85. — Gravé par Guttenberg, sous le nom de la Sainte Famille avec le moine (W.). — Si l'on en croit Lanzi, ce tableau formait le morceau central d'un triptyque, peint par le peintre dans sa jeunesse pour un couvent de Correggio, son pays natal, et dont les volets représentaient saint Barthélémy et saint Jean. Le
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duc François de Modène, fou de ce tableau, envoya dans le couvent le peintre Boulanger qui en fit une copie et la substitua à l'original. Lorsque le duc fut en possession du tableau, il aurait d'ailleurs réparé l'indélicatesse de son procédé vis-à-vis des moines en leur faisant une donation de terrains. Cette peinture semble avoir été ensuite échangée avec les Médicis contre un Sacrifice d'Abraham, par Andréa del Sarto. Quoi qu'il en soit, elle est exposée dans la Galerie depuis la fin du xvii« siècle. La copie de Boulanger se trouvait encore à Correggio, dans le couvent de Saint-François, du temps de Lanzi. — « Œuvre bien authentique de la première époque, première esquisse de la Madonna délia Scodella (musée de Parme). Ici, pour la première fois, la scène est traitée comme un gracieux tableau de genre. Il y a quelque embarras dans l'expression indiff'érente de la Mèro et dans l'irrésolution de l'Enfant qui prennent des dattes cueillies par Joseph. La couleur encore inégale a des parties d'un fini merveilleux^ » (B. 714.)
* 1119. — Baroccio. — Portrait de François-Marie II de la
Rovère^ duc d'Urbin.
Debout, de trois quarts tourné vers la droite, couvert d'une brillante armure, une écharpe rouge à fond d'or en sautoir, la main gauche sur la hanche, il prend -avec la droite son casque posé sur une table. A droite, au second plan, un bouclier et des gantelets.
H., 1,10; L., 0,84. T. - Fig. à mi-corps, gr. nat. — Gravé par D. Testi (Uf.). — Apporté en 1785 du Garde-meuble du palais Pitti.
* 1120. — Raffaello Sanzio. — Raphaël. — Portrait d'une in-
connue.
De trois quarts tournée vers la gauche, le visage de face encadré par une chevelure blonde retenue dans une résille brune dite lenza ; robe verte, avec des crevés blancs aux manches; corsage décolleté bordé d'une ganse rouge; des bagues aux doigts. Fond de paysage.
H., 0,63 ; L., 0,48. B. — Fig. à mi-corps, gr. nat. — Gravé par J. Scotto sous le nom de Maddalena Doni. — Ce portrait a passé pour être celui de la mère de Raphaël, puis celui de Maddalena Doni. En réalité, on ne sait rien ni du nom de la femme ni de l'origine du tableau, qui fut apporté en 1713 de la villa de Poggio a Cajano aux Uffizi — BuRCKHARDT (p. 671), qui le considère « comme un portrait de Maddalena Doni» ressemblant à celle du Pitti « comme une sœur aînée un peu souffrante », en placerait volontiers l'exécution à une époque antérieure, lorsque le maître était encore sous l'influence de Pérouse. M. Eugène Mïïntz le regarde au contraire « comme un peu postérieur ». — « Il y a là une liberté, une science et une énergie qui manquent encore à ses œuvres timides du musée Pitti... Au point de vue de l'exécution, c'est une merveille. Malgré les nombreuses restaurations, on y reconnaît la main d'un coloriste de premier ordre qui, pour produire des effets chauds et vigoureux, n'a plus besoin de couleurs éclatantes... Nous avons affaire à un maître accompli, digne rival do Léonard. » (E. Mûntz, Raphaël, 224, 226.) Lermolieff-Morelli n'y voit point un ouvrage de Raphaël, mais, néanmoins, « une peinture très noble et magistrale qui ne peut être que l'œuvre d'un maître florentin, et d'un maître excellent. » M. Enhico Ridolfi, résumant, dans un travail récent des plus intéressants, toutes les discussions antérieures, donne résolument cette belle peinture à Léonard de Vinci. {Arch. deW Arte, 1892, p. 488-489.)
*1121. — Mdintegndi {kmm\) i'i) —Portrait d'Élisabetta Gon-
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zaga, fenwie du duc d'Urbin^ Guidobaldo da Monte feltro.
Vue de face ; chevelure blonde ; robe bleue ornée de rubans jaunes et grenats; autour du cou, des chaînes d'or; sur le front, une ferronnière. Fond de paysage.
H., 0,51 ; L., 0,36. B. — Fig. en buste, gr. nat. — Cr. et Cav. attribuent ce portrait à Bonsignori et Burckhardt à Lorenzo Costa. M. Gustave Frtzzoni l'attribue à un maître de l'école véronaise et pense que, « s'il était débarrassé des fâcheux repeints qui le couvrent, la figure reprendrait son aspect primitif sur un fond de ciel limpide et clair, d'un caractère 'essentiellement véronais. » {Arch. delV Ârle, 1891, p. 164.)
* 1122. — Pietro Perugino. — Le Pérugin. — La Vierge et deux
Saints,
Sous un portique, la Vierge, assise sur un trône, de trois quarts tournée vers la droite, en robe rouge et manteau bleu, tient sur ses genoux l'Enfant Jésus qui regarde, à droite, saint Jean-Baptiste. Celui-ci se tient debout, de trois quarts tourné vers la gauche, un manteau rouge jeté sur une peau de bête, appuyé sur une croix; à droite, de face, les mains bées derrière le dos, les yeux au ciel, saint Sébastien percé de flèches. Fond de paysage. Sur le, piédestal du trône, on lit : Petrus Perusinus. Pinxit, an. mcccclxxxxiii.
H., 1,73; L., 1,67. B. — Fig. pet. nat. — Gravé par Steinla (Uf.) et dans l'Etr. Pit., pl. XXX. — Ce tableau, exécuté à Florence pour l'église Saint-Dominique de Fiesole (Vas. III; p. 84j, fut acquis en 1786 par le grand-duc Pierre-Léopold 1er et transporté à la Galerie.
* 1123. — Raffaello Sanzio? — Raphaël. — Portrait de femme,
dite la Fornarina.
Vue de face, le visage tourné à gauche; dans ses cheveux châtains, une couronne de lauriers. Guimpe blanche, corsage bleu à brassières ; sur l'épaule gauche, un manteau à col de fourrure qu'elle retient de la main droite. Fond vert foncé. Daté à gauche :
H., 0,66; L., 0,53. T. — Fig. en buste, gr. nat. — Gravé par Morghen. — « Ce bel ouvrage a été successivement attribué à Raphaël, au Giorgione, et enfin avec plus de vraisemblance, à Sébastien del Piombo. » (E. MiiNTz, Raphaël^ 629.) — M. Bode, néanmoins, dans ses notes au Cicérone^ « ne peut se décider à reconnaître le tableau , comme on l'admet généralement, pour une œuvre de Sebastiano del Piombo. « La grandeur de la conception, la maîtrise du dessin, certains détails, dit-il, m'inclineraient plutôt à y voir une œuvre de Raphaël sous l'influence immédiate de Sebastiano. » (B., 686.) — Représente-t-il la Fornarina, Vittoria Colonha, ou Béatrice de Ferrare ? Est-ce le portrait dont parle Vasari qui appartint à Matteo Botti ? Aucune dus conjectures faites jusqu'à présent ne s'appuie sur des preuves assez certaines pour qu'on puisse l'adopter. En tout cas, « c'est une superbe tête de femme couronnée, radieuse comme le plein midi d'un jour d'été, au regard droit et ferme, avec cette forte carnation méridionale que les émotions n'altèrent point; sorte de muse romaine en qui la volonté est encore plus grande que l'intelligence et dont l'énergie vivace transpire dans le repos comme dans l'action. » (Taine, Voyage en Ilalie, II, 204.)
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Cliché Alinari frères. l'ypogravure lioussod, V:Uadon et G".
1124. — Francesco Francia.
Portrait (T EvangelMa Scappi.
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1124. — Francia (Fràngesgo). — Portrait d'Évangélista Scappi.
Yu de face, le visage encadré par une chevelure brune; toque, pourpoint et manteau noirs; la main droite gantée; de la gauche, il tient une lettre avec l'inscription : S. Evangelista Scappi in Bolo, Fond de paysage.
H., 0,52 ; L., 0,41. B. — Fig. en buste, gr. nat. — Gravé par Dalco ^Uf.). — Transporté en lus de la galerie Pitti. — « Le sentiment, le style, les détails de paysage, tout dans ce portrait est inspiré du Pérugin ; mais on n'y retrouve pas la puissance de ce maître. » (Cr. et Cav., ni., L, 570.)
* 1125. — Franciabigio. — La Vierge, dite au puits.
Dans une prairie, la Vierge, en robe rose et manteau bleu, assise, de trois quarts tournée vers la gauche, soutient de son bras droit l'Enfant Jésus et tend la main gauche au petit saint Jean qui lui offre une banderole. Fond de paysage; à gauche, des ruines et plusieurs personnes devant un puits.
H., 1,02; L., 0,80. B. — Fig. pet. nat. — Gravé par Marri (Uf.). — « Tableau autrefois attribué à Raphaël, considéré maintenant comme l'œuvre de Franciabigio. » (Cr. et Cav., III, 501.) Passavant ne l'avait d'ailleurs pas fait figurer dans son catalogue.
* 1126. — Fra Bartolommeo. — Le Prophète Isa'ie.
Vêtu d'une tunique rose à manches jaunes, d'un capuchon bleu et d'un manteau orange, coiffé d'une toque bleue, il est assis dans une niche, de trois quarts tourné vers la droite, la tête inclinée à gauche. De la main gauche, il tient un cartouche sur lequel on lit : Ecce Deus Salvator meus. — Sur le socle, on lit : Esaïas,
H., 1,68; L., 1,08. B. — Fig. gr. nat. — Gravé par Le Vilain (W.). — Cette figure avec celle de Job (n» 1130) formait le complément du grand tableau le ClirUt et les EvangélisteSy commandé par le négociant florentin Salvator Belli et payé au peintre 100 ducats d'or. Toutes ces peintures restèrent dans l'église de l'Annunziata jusqu'au commencement du xviie siècle. Achetées alors par le cardinal Carlo de Medici et remplacées par des copies de l'Empoli, elles furent divisées après la mort du cardinal, en 1663. La collection des dessins desUffizi possède des études pour ce prophète (n» 110) ainsi que pour le Job (no 127). — « C'est encore à Michel-Ange que Fra Bartolommeo pensait, quand il peignit les figures assises de Job et d'isaïe grandes comme nature... Isaïe a de la vivacité dans son attitude, mais sa coiffure est bizarre. L'exécution en est d'ailleurs plus soignée que celle du Job et le coloris a plus de chaleur. Malgré la science déployée par le Frate, les deux prophètes nous semblent être au-dessous de leur réputation. Leur grandeur n'a qu'une majesté d'emprunt qui impose sans toucher. » (Gust. Gruyer, /^Va Bart., 70.)
* 1127. — Raffaello Sanzio. — Raphaël. — Saint Jean dans
le désert.
Dans un paysage désolé, saint Jean, ceint d'une peau de bête, est assis, de face, sur un tronc d'arbre; dans sa main gauche, une banderole
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sur laquelle on lit : DEI ; de la main droite, il montre, à gauche, une croix.
H., 1,63; L., 1,46 T. — Fig. gr. nat. — Gravé par Bervic (Uf.). — « H fit un saint Jean-Baptiste, sur toile, pour le cardinal Colonna, qui aimait beaucoup ce tableau à cause de sa beauté. Comme il était tombé malade, Messire Jacopo da Carpi, son médecin, l'ayant guéri, le lui demanda, et le cardinal s'en priva parce qu'il lui avait de grandes obligations ;. maintenant il se trouve à Florence, entre les mains de Francesco Benintendi. » (Vas., IV, 8*1.) — Ce tableau était déjà, en 1589, dans la collection des Médicis. — La collection des dessins des Uffizi possède une étude du saint Jean au crayon rouge. — On connaît un certain nombre de répétitions ou de copies anciennes avec ou sans variantes (V. Passavant, II, 352), entre autres celle du Louvre, n» 1500.
* H28. — Van Dyck. — Portrait de Charles-Quint.
Monté sur un cheval blanc qui s'avance vers la droite, nu-tête, armé en guerre, une écharpe rouge en sautoir, il porte dans sa main gauche le bâton de commandement. Dans les airs, un aigle, tenant une couronne de lauriers dans le bec. Au fond, sur la mer, voguent des galères.
H., 1,87; L., 1,23. T. — Fig. pet. nat. — Gravé par Guttenberg (W.) et Chissone (Uf.). Transporté à la Galerie en 1704.
* 1129. — Raffaello Sanzio. — Raphaël. — La Vierge au char-
donneret.
Dans un paysage, la Vierge, en robe rouge et manteau bleu, la tête à droite, est assise de face sur un rocher, portant dans sa main gauche un livre ouvert, la main droite posée sur l'épaule de saint Jean-Baptiste qui otfre un chardonneret à l'Enfant Jésus. Celui-ci se tient debout devant sa mère, le bras gauche tombant le long du corps, la main droite levée vers l'oiseau ; au fond, un pont sur une rivière.
H., 1,06; L., 0,75. B. — Fig. pet. nat. — Ce tableau, peint à Florence en 1506, fut donné par Raphaël à son ami, Lorenzo Nasi, à l'occasion de son mariage. Il faillit être anéanti en 1547, lors de la destruction du palais de Nasi, par suite d'un tremblement de terre. Les morceaux en furent heureusement retrouvés et purent être rejoints ; depuis, il subit de nombreuses restaurations. Il existe plusieurs dessins pour ce tableau ; à l'Université d'Oxford, un croquis de l'Enfant Jésus et un autre des trois personnages, exécutés à la plume ; au musée Wicar de Lille, une figure de la Vierge à la pointe d'argent. — « Raphaël eut une grande amitié pour Lorenzo Nasi, et, comme il prit alors femme, il lui peignit un tableau dans lequel il plaça, entre les jambes de la Vierge, l'Enfant à qui le petit saint Jean tout joyeux offre un oiseau, avec grands signes de fête et plaisir de l'un et de l'autre. Il y a, dans l'attitude des deux, une certaine simplicité enfantine et pleine de tendresse, et ils sont si bien peints et si diligemment exécutés qu'ils semblent plutôt de chair vive que^de couleur et de dessin ; et semblablement la Notre-Dame a un air vraiment plein de grâce et de divinité ; en somme, l'ordonnance, le paysage, tout le détail de l'ouvrage est très bien. » (Vas., IV, 321.)
* 1130. — Fra Bartolommeo. — Le Prophète Job.
Assis de face dans une niche, en robe rouge, manteau et capuchon
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Cliché Aliuiin frères. 'lypogravure ijoussod, Valadon et C".
1180. — Fra Bartolommeo.
Le Proiihele Joh.
LA TRIBU NE
verts, il déploie une banderole sur laquelle on lit : Ipse eril Salvator meus. — Sur la toile, on lit : Job.
H., 1,19; L., 1,03. B. — Fig. gr. nat. — Gravé par Le Villain (W.) et Paradisi (Uf.).
* 1131. — Raffaello Sanzio? — Raphaël. — Portrait du pape
Jules IL
Assis dans un fauteuil, de trois quarts tourné vers la droite, la main gauche appuyée sur le bras du fauteuil, un mouchoir dans la main droite. Rochet blanc, aumusse et bonnet en velours rouge garnis d'hermine.
H., 1,08; L., 0,81. B. — Fig. à mi-corps, gr. nat. — Gravé par Morace (Uf.). — Ce tableau appartint successivement à la famille de ■ La Rovère et à la grande-duchesse victoire, femme de Ferdinand II de Médicis. Les répétitions en sont nombreuses, et, à vrai dire, on ne sait encore d'une façon certaine quel est l'original. Toutefois, c'est entre les deux exemplaires conservés à Florence, celui-ci et celui du musée Pitti, n» ~9, que le débat semble devoir se restreindre. Passavant regardait, sans hésiter, le tableau de Pitti comme l'original. Burckhardt (p. 677), au contraire, n'y voit vraisemblablement « qu'une copie vénitienne », et admire celui-ci sans réserves. « L'exécution pittoresque est d'une beauté merveilleuse et d'une grande richesse dans sa simplicité; le caractère est rendu avec tant de force qu'on ne comprend bien l'histoire du puissant vieillard qu'après avoir vu ce portrait. » Quel qu'il soit, l'original fut peint vers 1511. « Il peignit en ce temps le pape Jules II sur un tableau à l'huile, si vivant et si véridique, que le portrait faisait trembler rien qu'à le voir, comme s'il avait été l'homme lui-même. Cet ouvrage se trouve dans l'égliso de Santa Maria del Popolo, avec une très belle Vierge faite à la même époque qui couvre l'Enfant d'un voile (Vas. VI, 338). — 11 s'agit de la Vierge dite de Loreto, dont l'original est perdu et dont on connaît d'innombrables copies, une, entre autres, au musée du Louvre.
* 1132. — Correggio. — Le Gorrège. — La Tête de saint Jean-
Baptiste.
Posée dans un plat placé sur une table, elle est tournée de profil vers la gauche, les yeux regardant au ciel; sur la table, une croix avec une banderole portant l'inscription : Ecce Ag.
H., 0,31 ; L., 0,38. T. — Fig. gr. nat. — Provient de la Villa del Poggio Impériale. — Fausse attribution et indigne du maître. (B. 714.)
* 1133. — Carracci (Annibale). — Annibal Carraghe. — Une Bac-
chante.
Couchée sur une draperie rouge, vue de dos, elle tourne la tête de profil à gauche vers un satyre, qui lui présente une coupe remplie de raisins; un Amour vole au-dessus de sa tête, un autre embrasse ses cuisses. — Fond de paysage.
H., 1,09 ; L., 1,39. T. — Fig. à mi-corps, gr. nat. — Gravé par Raimondi (Uf.). — Acheté à la famille Bolognetti.
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1134. — Correggio. — Le Corrège. — La Sainte Vierge adorant V Enfant Jésus,
Sur les marches d'un temple, la Vierge, en robe rouge et manteau bleu à doublure verte, est agenouillée, de profil tournée à gauche vers l'Enfant Jésus, couché sur une botte de paille et dans une draperie bleue. Fond de paysage; à gauche, un portique.
H., 0,81 ; L., 0,67. T. — Fig. pet. nat. — Grave par Deligaon (W.) et Errani (Uf.). — Donné par le duc de Mantoue à Cosme III de Médicis, et placé, en 1617, dans la Galerie.
— « De la première époque, une Madone, en plein air, à genoux devant l'Enfant couché dans du foin, non plus pour l'adorer, mais pour lui sourire avec un geste de la main; merveilleusement peint, le raccourci de l'enfant d'une grâce achevée et la mère déjà traitée avec toute la grâce propre au maître. » (B. 714).
* 1135. — Luini (Bernardino). — Décollation de saint Jean
Baptiste.
A droite, un bourreau, de trois quarts tourné vers la gauche, tient par les cheveux la tête de saint Jean, vue de face, et la dépose dans une coupe que lui présente Hérodiade; celle-ci, vue de face, sa chevelure blonde tombant en boucles sur ses épaules, vêtue d'un corsage grenat à rayures noires et d'une guimpe blanche, se tourne de trois quarts à gauche vers une servante.
H., 0,44; L., 0,57. B. — Fig. à mi-corps, pet. nat. — Gravé par Blanchard père (Uf.).
— Apporté du Garde-meuble royal en 1793; longtemps attribué à Léonard de Vinci,. « bien que la forme des mains, la beauté un peu générale des deux femmes, l'exécution trop glacée et superficielle des nus trahissent clairement l'élève. » (B. 722.)
* 1136. — Paolo Veronese. — Sainf^ Famille et sainte Cathe-
rine.
Devant un bosquet, au milieu, l'Enfant Jésus est endormi dans un berceau; au second plan, la Vierge, vue de face, en robe rose, voile gri& et manteau bleu, regarde à droite le petit saint Jean qui embrasse le pied du Sauveur, et saint Joseph qui s'incUne; à gauche, sainte Catherine, de profil, tournée vers la droite, sa chevelure blonde entremêlée de perles flottant sur une brillante robe à rayures jaunes, noires et blanches, une palme dans la main gauche, contemple le divin Enfant. Fond de paysage.
H., 0,97; L., 1,20. T. — Fig. à mi-corps, gr. nat. — Gravé par Guadagnini (Uf.). — Appartint successivement au comte Vidman et à Paolo del Sera, qui le vendit en 1654 au. cardinal Léopold de Médicis. Dans la Tribune depuis 1798.
1137. — Il Guercino.— Le Guerchin. — Endymion endormi. Nu, les jambes couvertes d'une draperie jaune, il est assis, la tête
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LA TRIBUNE
appuyée sur sa main gauche, accoudé à un rocher. Fond de paysage éclah'é par la lune.
H., 1,18 ; L., 0,99. F. — Fig. gr. nat. — Acquis en 1795.
* 1138. — Cranach. — Eve.
De profil tournée vers la gauche, elle présente une pomme de la main droite ; de la gauche, elle tient une branche d'arbre ; autour de l'arbre est enroulé le serpent. — Signé du dragon ailé, et daté : 1528.
H., 1,68; L., 0,60. B. — Fig. gr. nat. — Gravé par Spagnoli (Uf.). — Pendant du no 1142. — Le musée de Bruxelles possède une Eve de L. Cranach le. Vieux, qui offre quelques différences. Elle tient également de la main gauche une pomme, et derrière elle est couché un cerf.
^ 1139. — Michel Angiolo Buonarroti. — Michel-Ange. — Sainte Famille.
Sur une terrasse, la Vierge, en robe rose et manteau bleu à doublure verte, est assise, les genoux rephés; elle se retourne vers la gauche pour prendre l'Enfant Jésus que lui tend saint Joseph, debout derrière elle, drapé dans un manteau gris. Au second plan, à droite, le petit saint Jean. Au fond, appuyés sur un parapet, plusieurs jeunes gens nus.
Diam. 1,18; B. — Fig. gr. nat. — Ce tableau, peint à la détrempe, fut exécuté pour Agnolo Doni par le maître, probablement en 1503, au retour de son premier voyage à Rome, alors qu'il était sous l'influence de Luca Signorelli qu'il avait étudié à Orvieto. « Dans le mouvement de tête de la Mère du Christ et dans sa façon de fixer ses yeux sur la beauté suprême de son Fils, Michel-Ange nous fait connaître sa merveilleuse joie et son désir d'en faire à ce très saint vieillard ; celui-ci n'éprouve pas moins d'amour, de tendresse, de respect, comme on le voit très bien sur son visage, sans avoir à regarder longtemps. Mais cela ne suffit pas à Michel-Ange pour montrer pleinement la grandeur de son art; il fit encore dans le fond un grand nombre de figures nues, appuyées, droites ou assises, et travailla cet ouvrage avec tant de soin et de netteté, que certainement de toutes ses peintures sur panneau, bien qu'elles soient rares, c'est la plus achevée et la plus belle. Lorsqu'elle fut terminée, il l'envoya enveloppée à la maison d'Agnolo, avec un billet dans lequel il demandait pour son payement 60 ducats. Il parut étrange à Agnolo, qui était un homme serré, de débourser autant pour une peinture, bien qu'il sût qu'elle valait davantage, et il dit à l'envoyé que c'était assez de 40, et il les lui remit. Mais Michel-Ange les renvoya, lui faisant dire qu'il eût à lui renvoyer ou la peinture ou 100 ducats. Et Agnolo, à qui la peinture plaisait, dit : « J^en donnerai 60. » Mais Michel- Ange refusa, et, à cause de la mauvaise foi d'Agnolo, en voulut le double de ce qu'il avait demandé d'abord ; et, pour avoir la peinture, Agnolo fut forcé de lui en envoyer 120. » (Vas. VII, 159.)
* 1140. — Rubens. — Hercule entre le Vice et la Vertu.
Dans un paysage, au miheu, le Héros est assis, un Amour à ses pieds ; il se tourne de trois quarts à gauche vers Vénus assise qui cherche à le retenir; à droite, Minerve, debout, lui prend la main et cherche à attirer son attention vers un cheval que lui amène un page. Dans les airs, le
Temps et un Amour ; à gauche, au second plan, deux femmes regardant le groupe central.
H., 1,44; L., 1,91. T. — Fig. pet. nat. — La Minerve rappelle la figure allégorique de la France dans le tableau du Louvre l'Echange des deux princesses. (N» 2098.)
* 1141. — Durer. — L Adoration des rois.
A gauche, près de l'étable, la Yierge, en robe bleue et voile blanc, est assise, de profil tournée vers la droite, tenant sur ses genoux TEnfant Jésus auquel un des rois mages, drapé dans un manteau rouge bordé de fourrure, à genoux, sa couronne à ses pieds, présente un coffret d'or. Au second plan, debout, les autres rois portant des présents; à droite, dans une cour, un serviteur fouillant dans une besace et une escorte de cavaliers. Fond de paysage; des ruines à gauche, un château fort à l'horizon. Sur une pierre, devant la Vierge, on lit : A. D. yI504.
H., 0,98; L., 1,12. B. — Fig., 0,62. — Gravé par Nochi (Uf.). Premier grand tableau exécuté entièrement de la main du maître. Commandé par l'électeur Frédéric de Saxe; donné par Christian II à l'empereur Rodolphe II, en 1603; il passa en 1798 dans la galerie de Florence, qui donna en échange la Présentation au Temple de Fra Bartolommeo. (Musée Impérial de Vienne.) « Les effets de perspective aérienne et linéaire laissent beaucoup à désirer, mais l'exécution matérielle rivalise de perfection avec celle des meilleurs tableaux que Durer fit plus tard. On est frappé de la fermeté des contours et de la limpidité des couleurs appliquées certainement a tempera et couvertes de glacis à l'huile. L'ensemble de la gamme est extraordinairement vif, clair et brillant. » (Thausing, p. 229.)
* 1142. — Cranach. — Adam.
Debout près d'un arbre, tourné de trois quarts vers la droite, la tête appuyée sur sa main droite, il tient de sa gauche une branche d'arbre. Signé du dragon ailé, et daté : 1528.
H., 1,69; L., 0,60. B. — Fig. gr. nat. — Gravé par Spagnoli (Uf.). Pendant du n» 1138. On voit, au musée de Bruxelles, uu Adain de même grandeur, mais avec quelques différences.
* 1143. — LncdiSâeLeYiel — Jésus-Christ couronné d'épines.
Debout dans le tombeau, uae draperie blanche autour des reins, la tête couronnée d'épiues, le sang coulant de ses blessures, les mains liées sur la poitrine. Autour du Sauveur, les instruments de la Passion; à gauche, près de la colonne, chante le coq.
H., 1,29; L., 0,85. B. — Fig. à mi-jambes, pet. nat. — Gravé par Damele (Uf.). Apporté à la Galerie en 1795.
SaLLS des MAITRES ITALIENS.
SALLE XXIV
DITE