Il Cigoli. — Déposition de croix
Au milieu, trois disciples descendent de la croix le corps du Christ dont, adroite, saint Jean, tourné de profil vers la gauche, drapé dans un manteau rouge, soutient les pieds; à gauche, au premier plan, vue de face, la Vierge en robe violette et manteau bleu, debout et en larmes; à ses pieds, les clous et la couronne d'épines; derrière elle, Marie Cléophas, les mains jointes, Nicodème et un vieillard. Au pied de la croix, vue de dos, Marie-Madeleine agenouillée, en robe grise et manteau jaune ; au ciel, des anges. Au fond, la ville de Jérusalem.
H., 3,15; L., 2,04. B. — Fig. plus gr. nat. ~ Gravé par Guadagnini (G. P.). — Autrefois dans l'église de la Confrérie dalla Croce, à Empoli, dont les membres le cédèrent en 1689 au grand-duc Cosme 111 pour la somme de 600 écus florentins et une copie faite par Domenico Gabbiani.
* 52. — Pordenone. — Sainte Conversation.
Au milieu, la Vierge, en robe rose et manteau bleu, sa chevelure blonde cachée par un voile blanc, assise sur un gradin, de trois quarts tournée vers la gauche, tient dans ses bras l'Enfant Jésus et le présente à sainte Catherine agenouillée près d'une roue, les mains croisées sur sa poitrine, de profil tournée vers la droite, en robe rouge à ramages d'or. Au second plan, Marie-Madeleine debout, portant un vase de parfums, regarde le groupe divin; à droite, saint Joseph en tunique cerise, accoudé sur une balustrade, près d'une draperie verte relevée; au milieu, une colonne. Fond de paysage à gauche.
H., 1,32; L., 1,65. T. — Fig. à mi-corps, gr. nat- — Gravé par A. Calzi (G. P.).
* 54. — Tiziano Vecellio. — Titien. — Portrait de Pierre Arétin
Debout, de trois quarts tourné vers la droite, cheveux courts, longue barbe grise. Tunique jaune, manteau rouge, dont il retient les pHs de sa main gauche gantée ; autour du cou, une chaîne d'or.
H., 0,08; L., 0,76. T. — Fig. à mi-corps, gr. nat. — Gravé par Rosaspina (G. P.), Petrucci, etc. — «Titien fit plusieurs fois le portrait de l'Arétin. On a perdu la trace de celui qui fut envoyé en 1527 au duc de Mantoue et dont l'esquisse fait partie de la
SALLE D'APOLLON
collection Giustiuiani, à Padoue. » (Cr. et Cav., Tiziano, I, 287.) Celui-ci fut envoyé par l'Arétin lui-môme au duc Cosme P»*^ le 11 octobre 1545, avec une lettre injurieuse pour le grand artiste dont il se disait l'ami et dont il était l'obligé. «... En attendant, voici ma propre image rendue par son pinceau. Certes, elle respire, elle palpite, elle émeut de la même sorte que je fais moi, vivant; et si les écus que je lui ai donnés avaient été plus nombreux, les étoffes seraient brillantes, souples ou rigides, comme doivent l'être du satin, du velours, du brocart; de la chaîne, rien à dire, il n'y a que cela de peint; sic transit gloria mundi. » — L'Arétin, on le voit n'avait rien compris à cette libre puissance d''exécution qui fait, au contraire, de ce portrait, où l'ignoble pamphlétaire est représenté dans toute l'insolence de sa fatuité, un des chefs-d'œuvre de la peinture. « Ce que l'Arétin prend pour une ébauche, disent avec raison Cr. et Cav. (II, 42), est au contraire une merveille de franchise et de modelé, d'une pâte solide et d'un coloris brillant. »
* 56. — Murillo. — La Vierge au rosaire.
La Vierge est assise sur un gradin, de face, en robe rouge et manteau bleu, portant sur ses genoux l'Enfant Jésus qui joue avec un rosaire.
H., 1,65; L., 1,09. T. — Fig. gr. nat. — Gravé par Mancini (G. P.). — Autrefois propriété du négociant romain Cartoni, vendu à Ferdinand III, par Acciai, pour 900 écus.
* 57. — Giulio Romano. — Jules Romain. — Vierge au lézard.
Copie dont l'original par Raphaël est au musée de Madrid.
* 58. — Andréa del Sarto. — Déposition de croix.
Au milieu, le Christ est étendu sur une pierre recouverte d'une draperie blanche, de profil tourné vers la droite; à gauche, saint Jean agenouillé, en tunique verte et manteau rouge, soutient le corps du Sauveur dont, au second plan, la Vierge, en robe grenat et voile blanc, porte le bras gauche. Entre ces deux personnages, debout, saint Pierre drapé dans un manteau jaune, les clefs à la main; à droite, aux pieds du Christ, tournée de trois quarts vers la gauche, la Madeleine agenouillée, les mains jointes, en robe rose et manteau vert, un vase de parfum à ses côtés; sainte Catherine, en robe verte et manteau jaune, les bras croisés sur la poitrine, la roue emblématique près d'elle; et saint Paul, debout, drapé dans un manteau rouge, étendant la main droite en avant. Au premier plan, une hostie sur un calice. Fond de paysage; un château fort à l'horizon. Signé sur la pierre, où est étendu le Christ, des initiales du peintre.
H., 2,39; L., 1,98. B. — Fig. gr. nat. — Gravé par Pauquet, Forster (W.) et G. Marri (G. P.). — Exécuté en 1523, en même temps qu'une Visitation^ au prix de 80 florins, pour le couvent de San Pietro, à Luco, dans le Mugello, par le peintre qui avait été se réfugier dans cette contrée pour y fuir la peste; « et comme les religieux l'accablaient de prévenances, il apporta toute l'application imaginable à un tableau qu'il leur destinait. Par la manière merveilleuse avec laquelle sont rendues les affections des divers personnages, il est permis de juger combien Andréa del Sarto recherchait la perfection de l'art. » (Vas., V, 39). — Transporté plus tard à Bologne, dans l'église San Michèle in Bosco, il fut acquis par Ferdinand 1er, qui le plaça aux Uffizi. Ferdinand III le lit entrer au palais
GALERIE PITTI
Pitti. La collection des dessins aux Uffizi possède une étude à la sanguine de la tête de la Madeleine (161). — « Sans avoir la grandeur sévère de Fra Bartolommeo, ni la douce sérénité du Pérugin, dans cette scène si souvent traitée par ces deux peintres, Andréa del Sarto montre une grande habileté à composer un tableau. Les attitudes hardies de ses personnages, Texpression réaliste de leur visage doivent être également admirées. » (Cr. etCAV., m, 571.) Paris (1799-1815).
59. — Raffaello Sanzio. — ^kmkY.L, — Portrait de Maddalena Boni,
Elle est assise, tournée vers la gauche, le visage de face, encadré par une chevelure blonde qui s'échappe d'une sorte de résille [lenza] retenue par une ferronnière noire, et tombe en boucles derrière le cou. Robe rose, corsage bordé d'une ganse en velours bleu à manches bleues et crevés blancs. Les mains portant des bagues sont croisées sur la ceinture. Fond de paysage.
H., 0,62; L., 0,44. B. — Fig. à mi-corps, pet. nat. — Gravé par Delfini et Marches! (G. P.). — Peint à Florence en 1504, ce portrait et celui d'Angelo Doni restèrent dans la famille, à Florence, jusqu'au commencement du siècle. A cette époque, ils passèrent par succession dans la branche des Doni établis à Avignon, chez la marquise de Villeneuve, qui les vendit, le 28 mars 1826, au grand-duc Léopold II pour 5,000 écus. — Le musée du Louvre possède une belle étude à la plume pour ce portrait. Passavant et M. Eug. Mûntz ont jugé cette œuvre de jeunesse avec quelque sévérité. « On a peine à croire que le noble sang des Strozzi circule dans les veines de cette bourgeoise. » (E. Muntz, Raphaël, 210). « Quoique dans ce portrait le dessin soit mieux soigné que dans celui de son mari (no 61), Oïl n'y reconnaît cependant pas encore un artiste exercé dans ce genre de peinture, et tout y accuse la timidité de son pinceau. Néanmoins, cette peinture a un charme extraordinaire et elle est faite avec beaucoup d'amour. » (Passavant.)
* 60. — Rembrandt Van Ryn. — Son portrait.
De trois quarts tourné vers la gauche, le visage de face; hausse-col d'acier, vêtement brun; sur l'épaule gauche, manteau brun, retenu par une chaînette. Toque noire d'où s'échappe sa chevelure en longues boucles blondes.
H., 0,62; L., 0,52. B. — Fig. en buste, pet. nat. — Gravé par Guadagnini (G. P.). — Acquis en 1818, de la famille Gerini, par le grand-duc Ferdinand III. Paris (1799-1815).
*61. — Raffaello Sanzio. — Raphaël, — Portrait d'Angelo Doni.
Assis, de trois quarts tourné vers la droite, coiffé d'une barrette noire d'oii s'échappent en longues boucles ses cheveux châtains. Pourpoin noir retenu par une agrafe d'or. Manches rouges, chemisette blanche. Le bras gauche est appuyé sur une balustrade en marbre; bagues à la main gauche ; la main droite est étendue en avant. Fond de paysage.
H., 0,62; L., 0,44. B. — Fig. à mi-corps, pet. nat. — Gravé par Giuseppe Rossi, Pierraccini, Capelli (G. P.)- — « Agnolo Doni, qui, très serré en toute autre chose, dépensait volontiers, avec le plus d'économie qu'il pouvait néanmoins, pour les choses de peinture et de sculpture auxquelles il se plaisait beaucoup, fit faire à Raphaël le portrait de sa femme et le sien, comme on les voit chez son fils dans le Corso diTintori. » (Vas., IV, 325.)
GALEKIE PITTI
SALLE D'APOLLON
* 62. — Andréa del Sarto. — Samte Famille.
Au milieu, la Vierge, assise à terre, en robe rose et voile blanc, sa chevelure tombant sur les épaules, tournée de profil vers la droite, regarde le petit Jésus assis sur un sac, qui lève les yeux vers elle ; au second plan, debout, saint Jean montrant du doigt le Sauveur, et, à gauche, saint Joseph endormi.
H., 1,25; L., 1,01. B. — Fig. gr. nat. — Gravé par L. Paradisi (G. P.). — Peint vers 1521 pour Zanobi Bracci. 11 en existait une réplique dans la collectiou Pommersfelden, près de Bamberg.
* 63. — Murillo. — La Vierge et V Enfant Jésus.
Assise de face sur un gradin, en robe rouge et manteau bleu, elle porte sur ses genoux l'Enfant Jésus debout.
H., 1,55; L., 1,05. T. — Fig. gr. nat.