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HOMME DE LETTRES

Telle fut la fin du malheureux Florian : « Il sera compté au nombre des victimes de la Terreur, sinon de celles qu'elle a tuées, au moins de celles qu'elle a fait mourir » (2).

de la commune de Sceaux l'Unité, élu officier public de ladite commune par délibération du 30 décembre 1792, {sfyle esclave),

sont comparus en la dite commune lesquels ont déclaré

que J. P. C. Florian, homme de lettres, est mort aujourd'hui 27'= jour du présent mois de Fructidor (13 septembre 1794), en son domicile à l'heure de midi, âgé de 39 ans .

signe : François Mercier, — Courtois, — Mouîle, — Putois, officier public.

(1) Cailhava cl'Estandoux (Jean-François), né en 1720, auteur d'un grand nombre de pièces de théâtre et d'un traité de la Comédie, avait ouvert une école réputée de déclamation. Il fut nommé membre de l'Institut, et mourut à Sceaux en 1813.

(2j Laharpe, Cours de littérature.

La mort de Florian survenue à une époque terrible de notre histoire, au lendemain de thermidor, fut a peine mentionnée par les journaux.

Il n'y avait place alors que pour les grands intérêts qui absorbaient l'opinion publique. Les larmes que tant de malheureux avaient à essuyer, les cris de joie des victimes désignées pour regorgement et rendues à la liberté et à leur famille, attiraient seuls l'attention.

Dans tout autre moment, la mort de Tauteur ([''Estelle et de Galatée eût fait éclater d'unanimes regrets dans le monde des lettres.

Avec ses titres littéraires, on aurait rappelé la vie trop courte de cet homme dont le commerce élait sûr et aimable, dont l'existence fut si digne et dont les mœurs furent si douces, obligeant envers tous, doué des quaUiés qui inspirent l'amiiié et qui en promettent la durée, étranger k toute espèce d'animosité : «Jamais, disait-il un jour, je n'ai pu garder du fiel conlre qui que ce soit plus de 24 heures; le sommeil a toujours mis fin a mes inimitiés. »

Laharpe, toutefois, rendit a la mémoire de Florian un public hommage. Dans son Cours de littérature, il eut des paroles attendries sur le sort du malheureux poète et fit partager son émotion a ses nombreux auditeurs, « Aimable et malheureux jeune homme, dit-il, que j'ai chéri comme

mon enfant, depuis le temps où je dirigeais tes premières études jusqu'à celui où j'aplanis h ta jeunesse déjà célèbre la route des honneurs littéraires ! un attrait personnel se joignit pour toi seul U ce que le seul intérêt pour le talent me fit faire aussi pour d'autres, et ton inviolable reconnaissance m"a consolé plus d'une fois de leurs fréquentes ingratitudes. Je me repose dans celte confiance, que le Dieu juste et bon, qui fa si sévèrement éprouvé, aura reçu dans sa miséricorde le tribut de tes souffrances.» (1)

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