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CHAPITRE XIX

Manuscrits laissés par Florian. — Contes. — Guillaume Tell. — Lettres anglaises. — Pièces fugitives ou inédites. — Editions diverses de ses œuvres.

Nous avons donné un aperçu des œuvres de Floi'ian, il convient d'y ajouter, au nombre de ses œuvres posthumes, Rosalba, nouvelle sicilienne et Guillaume Tell, qu'il avait composé dans la prison de Port-libi^e.

Il avait espéré, dans ce dernier travail, trouver une diversion aux douleurs de la détention, comme aussi attendrir ses persécuteurs , en racontant les exploits du fondateur de la liberté helvétique. Il faut reconnaître toutefois que ce poème est une de ses œuvres les plus faibles ; le plan en est incomplet et sans vigueur.

Dans un volume intitulé Mélanges, les éditeurs ont placé un éloge eu prose de Louis XII envoyé par Florian à un concours académique, en 1785. Il n'obtint qu'une mention; l'Académie n'approuva pas la forme donnée k son éloge.

Il renferme, en outre, quatre contes en vers : le Cheval d'Espagne, le Tourtereau, la Poule de Caux, le Chien de chasse, d'une versification faci-

le ; dans chacun, comme dans tout ce qui sort de sa plume, il y a de la grâce et de la sensibilité.

On y a joint des imitations et des traductions anglaises ou espagnoles, notamment du Camoens àQ Monte-Mayor ; une anecdote intitulée Léocadie, imitée de Cervantes, et Moctader, conte oriental, terminent le recueil.

Florian laissa en outre un manuscrit sous le nom de : Lettres anglaises.

Ce recueil, d'une certaine importance, se compose de 35 lettres, les unes échangées entre sir Henri Belford et lord Belton sur des faits peu intéressants de la vie domestique anglaise, et entre lady Belton et son amie Mistriss Charlotte ClifFord, où elle se plaint du délaissement dans lequel la laisse son mari pour une nommée Sophie, placée parce dernier auprès d'elle. Elle acquiert la certitude que Sophie csî, la maîtresse de son mari et qu'elle a un passé honteux. Le mari repentant renvoie cette intrigante qui finit par se marier et retourner dans le pays de Galles ; et le bonheur paraît revenir enfin dans le ménage.

Un jour lord Belford annonce que des intérêts graves l'appellent en Irlande ; il part, mais sa femme, impatiente de son tardif retour, va le rejoindre et constate qu'il est auprès de Sophie. Elle meurt de chagrin. Belton est tué en duel par le

mari. La tombe reçoit ainsi sa double proie; Sopliie elle-même est punie : en traversant la ville de Dublin, elle est un jour reconnue par la foule, accable'e d'injures et poursuivie. Le cheval s'emporte, on ne retrouve la misérable que renversée sous les débris de la voiture, mutilée, défigurée, et privée à jamais des charmes qui la rendirent si dangereuse. L'auteur veut montrer, parcelle œuvre morale, que l'oubli des devoirs est la voie du crime.

Florian a composé en outre des pièces fugitives nombreuses, telles que romances, madrigaux, portraits, etc., dédiés pour la plupart a des personnages importants ou h ses connaissances; plusieurs accompagnaient l'envoi de ses ouvrages.

Généralement, lorsque Florian écrivait a une femme, il aimait à user du langage poétique. C'est ainsi qu'il dit h la fin de sa lettre k M""" *** sur un portrait donné deux fois :

Vous me l'aviez repjris, mon cœur vous le pardonne, Je sais que les amants se rendent leurs portraits ; Les amis, bien plus sûrs, le gardent à jamais : L'amour prête, l'amitié donne.

II écrit en vers a M""' de Fontenay, en lui adressant son poème de Gonzalve; à M"" Gonthier, de la Comédie Italienne, en lui faisant cadeau d'une béquille en bois de rose, dont elle se servait dans

un rôle de vieille écrit pour elle, et il dit k M"** ***, en lui envoyant un perroquet :

Vous l'aimiez tant mon perroquet :

Il est à vous, je vous le donne ;

N'oubliez pas du moins que s'il dit mon secret,

Il faut quà son babil sa maîtresse pardonne.

Je me suis expliqué devant lui sans retour ;

Ne soyez donc point étonnée

Si tout le long de la journée

Il ose vous parler d'amour.

Il a été fait plusieurs éditions des œuvres complètes de Florian ou de ses ouvrages séparés. Nous citerons les suivantes :

— Firmin- Didot, ^mhliée à Paris en 1784-1786, 24 vol. in-18, ornée de 125 figures, édition des œuvres complètes.

— Briand, 1823-1824, 13 vol. in-18.

— Renouard, Ant. et Aug., 1820, 16 vol.

— Guilbert de Pixérécourt. Paris, 1824, 4 vol. in-18 orné de 31 grav. Jolie édition correcte et la plus complète.

— Ponthieu, Paris, 1825, in-8.

— A. Delcdain, Paris, 1825, in-18, avec fig.

— Ch Froment, Paris, 1828, in-8 avec portrait .

— Ledentu, Paris, 1824, in-8 avec fig.

Voici la date des éditions des ouvrages séparés.

— Eliêzer et liep/Uali , imprimé pour la première fois en 1803.

— Galathea, romanzo pastorale. Parigi, Debure, 1788. Traduction italienne.

— La même, trad. par Casiano Pellicier.

— Perpinan. Alzine, 1817-1821.

— Novelas nuevas, trad. par G. de Zavala.

— Perpinan, Alzine, 1800, 1819.

— Gonzalve, en danois, par/.-Â'. Ilost. Copenhague, 1800,2 vol. in-8.

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