‹ Foe koue ki ou relation des royaumes bouddhiquesChapitre 18 sur 112 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Royaume de Tseu ho. — Monta Tsoung ling. — Royaume de Yu hocï.

Après la 4e lune, la cérémonie de la procession des Images étant terminée, Seng chao partit seul à la suite d’un prêtre barbare {■) qui se rendait dans le Ki pin (a). FS hian et les autres se dirigèrent vers le royaume de Tseu ht 5 (3). Ils furent en route pendant vingt-cinq jours, après quoi ils arrivèrent dans ce royaume. Le roi est fermement attaché à la religion (4). Il y a dans ce pays environ mille religieux, appartenant pour la plupart à la grantle translation. On y séjourna quinze jours. Les voyageurs se dirigèrent ensuite an midi, et, après avoir marché quatre jours, ils entrèrent dans les monts Tsouug ling (5), et parvinrent au royaume de Yu boei (6), où ils se reposèrent. Après s’être reposés, ils reprirent leur route, et, eu vingt-cinq jours, ils atteignirent le royaume de Kiê tcha (7), où ils rejoignirent Hoeï king et les autres.

(1) Un prêtre barbare.] Le mot du teste que je rends par celui de prêtre est Tau jin, littéralement, homme de la raison.

[ f\. Tan jin est un synonyme de Taos$e‘, nom qu'on donne aux sec-

tateurs de Lao tsea et de la doctrine du Tao ou de la Raison suprême. Je ne vois pas pourquoi M. Abcl-Rémusat a traduit ce terme par prêtre barbare. — Kl. ]

(a) Ki pin, j la Cophène ou le pays arrosé par le Cophès V Rennell a cru que

’ [Voyez le dictionnaire chinois On tekkr ynn mi i de Ling i toang. sect. XVI, fol. 1 $ teno. et le dictionnaire japonais-chinois Wo teU yt sifj liât dot zen. édition de iH»6, fol. 3* irrto. — Kl. )

h Strab. lit. XV, trad. fir., tons. V, pag. 33.— Plin. lit. VI» éd, Hard. . pag. 3»7, 3»i, 3*4. 3>5; Emcnd. pag. 35â. — Slepban. de Urb. pag. g£ — F est. Avicnos, v. i354.

celui des affluents de l’Indus qui est ainsi nommé par les anciens , était le Cottima// * ; Sainte-Croix pense que c’est plutôt le Afcrham-hir b. Le nom de Cow est probablement un reste de l’antique dénomination. Le Ki pin, que quelques auteurs chinois ont confondu avec le Kachemire * , et que Deguignes a pris pour Samarcande, parce qu’il avait pris Samarcande pour le Kaplchak d, répondait à la contrée où se trouvent les villes de Ghizneh et de Kandahar. H est assez célèbre dans les géographies chinoises *, et le Bouddhisme paraît y avoir été très -florissant.

[Le Gâmal, et non pas Cowmnll, prend son origine à DourtcheUy, dans le pays de Ghizneh, au sud de Sirefza, et coule d’abord au sud-ouest; bientôt il tourne vers le sud, et continue de suivre cette direction jusqu’à Domandi, où il reçoit la rivière de Mammye et le Kondour, qui a sa source dans le voisinage de Tirwa. D’ici le cours du Gômal se dirige à l’est sur Sirmâgha, où il est joint par le Zhobi. C’est une rivière presque aussi considérable que le Gômal même : elle sort des montagnes de Kend à l’est de Derchori, et coule dans un canton auquel elle donne son nom. Un peu à l’est de Sirmâgha , le Gômal traverse la chaîne de montagrtes de Soliman, passe devant Raghzi, et fertilise le pays habité par les tribus de Daniel khaü et de Gandehpoar. Il se dessèche au défilé de Pezou, et son lit ne se remplit plus d’eau que dans la saison des pluies; alors seulement il rejoint la droite de l’Indus , au sud-est du bourg de Paharpour. — Kl. ]

(3) Tsen ho. ] Ce pays est placé par Fà hian à vingt -cinq jours de marche de Khotan, mais il n’indique pas la direction. C’est en considérant la route que les voyageurs ont dû naturellement suivre, et les poiuts connus où ils arrivèrent plus tard , que j’ai tracé cette partie de l’itinéraire au S. O. de Khotan. Les géographes de la Chine identifient le nom de Tsen ho, qui semble signifier union des fils, avec ceux de Tcha kia pho ou Tchu kin phan, qui paraissent empruntés du sanscrit. A défaut d'autres renseignements, je transcrirai ici les détails qui se trouvent à ce sujet dans les collections chinoises f.

a Le pays de Tseu hû a été connu dans le temps des Ilan postérieurs (au in* siè- « clc). Il formait autrefois un seul royaume avec celui de Si ye (nuit occidentale). « Les deux états ont maintenant des rois particuliers. La demeure de celui de m Tseu hô s'appelle la vallée de Kian ; elle est à 1000 U (100 lieues) de Sou lé « (Khachgar). On y compte 35o familles et 6000 soldats (.

« Sous les ’We! du nord, la 3* année King ming (5oa), à la ia* lune, il vint « un tribut du pays de Te As kin jdum. Ce pays est à l’ouest de la thian (Khotan).

Descr, de THindoaettui. trad franç, , tom. Il, pag. 319-30.

* Examen des historiens d A lexandrt , pag.

* PiaA i tian, Ut. LUI.

* H'ut. des Hans. tom. II, pag. Ixxxix.

* Vote* la notice sur ce pay», traduite du Wen

kian thoaiuj khan, dans me* jYoomcu» Mélanges «suttiques, tom. I, pag. aoS.

1 Pian i tian. liv. LX.

S Notice sur les contrées de l'occident, citée là même, pag. 1.

24i FOË KOUË Kl.

« Scs habitants vivent au milieu des montagnes. Il y a du blé et beaucoup de fruits « sauvages. Tout le monde y pratique la loi de Foê. La langue est la même que v celle de Rhotan. Cet état est soumis aux Ye iha (Gètes). 11 vint un nouveau tribut « la 4* année Yountj phing ( 5 1 1 ) , à la 9* lune \

« Le Tchu kiu pho, aussi nommé- Tcha kiu phan, envoya payer le tribut dans « les années fVou të (618-626); c’est le pays qu'on nommait Tseu hô sous les « Han. 11 y a quatre pays (connus du temps des Han) qui sont réunis à celui-là : u Si ye, Phou li, Y naï, Te jo . 11 est à 1000 K précisément à l’ouest de Rhotan, « et à 3oo li au nord des monts Tsoung ling. A l’ouest, il touche au pays de Kho « phan tho; au nord, à 900 li, il est frontière du Sou lë (Rhachgar). Au midi, à « 3ooo H, est le royaume des Femmes; il renferme 2000 soldats. La loi de Feou « thou y est honorée. Les caractères sont ceux des Brahmanes h. »

Tou chi ajoute à ces détails que le roi de Tchu kiu pho était originaire de Rhachgar, qu'il paya le tribut dans les années Yoang phing de Siouan ti; que la langue d^cc peuple ressemble à celle de Rhotan, avec quelques légères différences; que la figure des habitants ressemble à celle des Chinois , et aussi à celle des habitants de Sou le. Ils ont payé le tribut sans interruption au temps de la grande dynastie Thang*.

On trouve ailleurs * que les différentes sortes de grains sont en abondance dans le pays de Tchu kiu pho; qu'on n’y mange que du blé, qu’on n’y voit pas de boucheries; que ceux qui se nourrissent de chair, ne mangent que de celle des animaux morts naturellement; que les mœurs des habitants ainsi que leur langue sont analogues à celles de Rhotan ; que les lettres sont les mêmes que celles des Brahmanes ; qu’enfin , le pays peut avoir cinq journées de chemin de circonférence.

On voit que ces différents rapports placeraient le pays de Tseu hô à l’ouest de Rhotan, à une distance de cent lieues, par conséquent à 37* de latitude et 71* de longitude orientale du méridien de Paris, vers le point qu’occupe sur les cartes modernes la ville de Ycrkiyang*. 11 faut remarquer que cette position est assignée au pays nommé Tchu kiu pho, et que l’identité de celui-ci avec le Tseu ho de la géographie des Han et de Fâ hian ne repose que sur l'autorité de la géographie des Thang. D’ailleurs le pays de Yerkiyang est décrit par les géographes de toutes les époques, et ne saurait être confondu avec Tseu hô. Une autre raison qui m’a empêché d’admettre sans restriction cette position , c’est quelle amenait Tseu hô trop loin à l’ouest. De ce point, quatre jours de route au midi, vingt-cinq jours

4 HiiL du Kiu Lu ( monastère ) de Loyang. citée là même.

* [M. Abel-Rc musât , n'ayant à sa disposition d autres cartes que celles qui ont été publiées en Europe . ne pouvait savoir que la véritable latitude de Yer~ kiyang est de 38° ao*. et sa longitude E. de Paris, de 73* 56'- ] - ki..

* Hist. des ‘Wei du nord, vie de l’empereur Siouan non ti. citée danrlc LX* livre du Pian i üan, pag. 1 reno

h Voycx lu Description des contrées de l occuUnt annexée à IHistoire des Tbang, citée là même, pag i.

' Thcnng lien, cité là même, pag 5 v.

de plus dans une direction qui n est pas déterminée, un mois de chemin à l'ouest au travers des montagnes de l’Oignon, quinze jours encore vers le sud-ouest pour atteindre le haut Indus, sont une série de distances qu'il est difficile de compter en prenant Yerkiyang pour point de départ.

[La position du royaume de Tseu hô se trouve déterminée dans la der-

nière édition du Tai tksing J thoung tchi (sect. 619). Cest le canton actuel de Kouke yar (rivage escarpé bleu), situé au sud de Yerkiyang par 7 o° 60' E. de Paris, et 37* 3o' lat. N. sur la droite de la rivière Karà sou, qui coule au nord et se réunit au Tiz âb ou Tingsa âb osteng , affluent de droite du Yerkiyang daria. Ce canton se trouvant presque à 5" de longitude ouest de khotan, et les routes qui y conduisent n'étant pas directes, il n'est pas étonnant que Fâ hian ait mis vingt-cinq journées pour y arriver. Le royaume de Tcha kiù pho s'étendait depuis Ingachar ou Yanghi hissar, dans le territoire actuel de Kachghar, jusqu’à Yoularik, dans celui de Yerkiyang. 11 n’est donc pas identique avec le royaume de Tseu hô. — Kl. ]

(à) Fermement attaché à la religion . ) L'auteur emploie une expression particulière et prise dans le vocabulaire ascétique de sa religion : c’est jj|â tsing tsin, qui signifie proprement efforts vers la pureté , progrès dans les choses subtiles (saintes), en sanscrit vîrya. C’est un des dix moyens d'arriver à la perfection absolue , ou , comme disent les Bouddhistes, d 'atteindre l'autre rive. «T ai déjà eu bien des occasions de parler de ce moyen ou pâramitd \ On trouvera de nouveaux détails à ce sujet dans le Commentaire sur le Focabalaire pcntaglotte, que nous préparons, M. E. Burnouf et moi, sect. xii, n. à.

(5) Les monts Tsoung ling. ] On a déjà vu (chap. III, note 17) que cette chaîne de montagnes, détachée du massif de l'Himâlaya, court, selon les Chinois, dans une direction à peu près septentrionale. 11 s’agit' sans doute ici de quelque rameau détaché de la chaîne du côté de l’orient. Les voyageurs, partant de Tseu hô, le rencontrèrent après s’être dirigés vers le midi pendant quatre jours; ils furent cinquante-cinq jours à le traverser; sur ce nombre, il y eut trente journées de marche vers l’ouest, et au milieu même de ces montagnes se trouve, ainsi qu’on le verra plus bas, un royaume appelé Kië tchha.

(6) Royaume de Yu hoeï. ) Ce mot paraît offrir la transcription de quelque nom local ; mais il est tout à fait ignoré d’ailleurs fc, et le pays où les voyageurs se trouvent est encore trop peu connu pour nous fournir des moyens de comparaison.

(7) Royaume de Kiè tchha , ] autre pays sur lequel les géographes chinois ne nous fournissent non plus aucun renseignement*. Voyez ci-dessous, chap. V, note 7.

* Voyez en particulier le \oavcau Journal asiatique. loin. VU, pag. ]5o. — k Cf. Pian t fiait, lir. LXfll, sect 3; lit LIV, articles Ou tchha et Kiuanyu mo — - * Cf. Pian i tian, liv. LXI1I, sect. 3.

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