‹ Foe koue ki ou relation des royaumes bouddhiquesChapitre 19 sur 112 · CHAPITRE Y · texte numérisé non relu

CHAPITRE Y

Royaume de Kië tchha.

Le roi de Kiê tchha célèbre le pan tche yuë sse (i). Pan tche yuë sse signifie en chinois grande assemblée gninguennale. Au temps fixé pour cette assemblée, on invite de tous les côtés les Samanéens. Ils viennent tous et s’assemblent comme des nuages, avec pompe et gravité. Au lieu où les religieux prennent séance, on suspend des tentures, des bannières, des dais. On dresse un trône garni de fleurs de nymphéa en or et en argent, cl d’étoffes de soie; et dans le fond on dispose des sièges élégants. Le roi et ses officiers y viennent faire leurs dévotions conformément h la loi. Cela dure un mois, ou deux, ou trois : généralement la cérémonie a lieu dans le printemps (a). Qmmd le roi a levé l’assemblée, il exhorte ses officiers à faire à leur tour leurs dévotions. Les uns y mettent un jour, les autres deux, trois ou cinq jours. Quand tout le monde a terminé ses dévotions, le roi fait une distribution (3) du cheval qu’il a monté , de sa selle et de sa bride; des chevaux qu’ont montés les principaux officiers du royaume et les autres personnages de distinction, ainsi que de toutes sortes d’étoffes de laine et d’objets précieux, et de toutes les choses dont les Samanéens peuvent avoir besoin. Tous les officiers s’engagent par des vœux et font des aumônes ; ensuite on rachète des religieux tous ces objets.

Ce pays est froid et montagneux. 11 n’y mûrit pas d’autre grain que le blé. Aussitôt que les religieux ont reçu leur provision de l’année, le temps, de serein qu’il était, devient neigeux : aussi le roi a-t-il coutume d’ordonner que les religieux ne reçoivent leur provision annuelle qu’ après que le grain est parvenu à sa maturité.

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