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jusque dans l'Inde. On ne saurait nier d’ailleurs l'analogie qui existe entre les opinions des docteurs de la Raison et celles des Bouddhistes; analogie qui porte sur le fond des doctrines, comme sur les détails de la croyance populaire, et qui s’écarte trop de ce cercle de vérités et d’erreurs qui ramène constamment les hommes au même point, pour qu'on puisse croire qu’elle se soit formée spontanément dans les deux pays, indépendamment de toute communication, ou de quelque influence traditionnelle.
Un Samanéen, nommé Che li fang, parait être le premier missionnaire bouddhiste qui soit venu des contrées occidentales à la Chine pour y répandre sa religion.- Il arriva dans le Chen si l’an 217 avant notre ère; ainsi, cette province qui passe pour avoir été le siège du gouvernement des premiers souverains de la Chine, et où l’on a des raisons de croire que la civilisation chinoise a pris naissance, fut aussi celle qui, la première, connut le Bouddhisme. Che li fang était accompagné de dix-huit religieux et avait avec lui des livres sacrés. Sous ’Aï ti, de la dynastie des Han, la première année youun cheou (deux ans avant J. C.), d’antres livres furent apportés par I tsun keou, envoyé des Gètes; et vers le même temps, le roi de ce pays ordonna à un savant disciple de la secte de Bouddha, nommé Ring lou, de se rendre dans llnde pour y étudier les préceptes. A cette époque, disent les historiens chinois, les sectateurs de Bouddha étaient répandus partout sur nos frontières ; leur doctrine était connue dans l’empire, mais on n’y croyait pas. Ce qu’on peut appeler son adoption officielle n'eut lieu qu’une soixantaine d’années plus tard. Bouddha lui-même s'étant manifesté dans un songe à l'empereur Ming ti, ce prince chargea plusieurs lettrés d’aller recueillir dans l’Hindoustan des informations sur la religion bouddhique, d’en copier les préceptes, d’en dessiner les temples et les images. Ils
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revinrent accompagnés de deux religieux. Ce fut alors que le royaume du Milieu commença à posséder des Samanéens, et que leur culte fut professé publiquement. Des communications fréquentes et régulières, établies de la Chine à l'Inde, le portèrent chez presque toutes les nations de l’Asie intérieure. Les unes le recevaient par l’entremise de aélés missionnaires, tandis que d’autres envoyaient de pieux pèlerins pour le chercher dans les contrées où on le savait depuis longtemps en honneur.
Avant la fin du second siècle de notre ère, beaucoup de Sa ni a néens étrangers étaieut venus de Bokhara, du pays des Gèles et de l'Hindoustan, former à (a Chine des établissements religieux où ils prêchaient leurs doctrines et enseignaient les langues de l’Inde. L’an 207, un Bouddhiste chinois parcourait la petite B011kharie, et eu 365, un Gétc, qui avait recueilli dans les contrées occidentales une nombreuse collection de livres saints, était venu les traduire à la Chine. La notice que M. Bémusat a consacrée à Fo thou tchhing, dans la Biographie aniverseHe, fait connaître l’influence que ce Samanéen, venu de l'Hindoustan, exerça, au commencement du iv* siècle, dans le nord et à l'occident de l’empire. Les disciples qu’il réunissait en foule autour de lui portèrent au loin sa renommée ; les peuples accouraient pour profiter de ses prédications, pour être témoins de ses miracles; beaucoup de personnes embrassèrent la vie religieuse et contemplative, et on peut regarder celte époque comme celle des plus grands progrès de la religion bouddhique à la Chine. Sangadeva, Fo tho ye ho. Tan ma ye ho, et surtout Kieou ma lo chi, originaires, le premier de la Cophène, les autres de l'Hindoustan, continuèrent à s'avancer dans la roule que Fo thou tchhing avait frayée, et comme lui contribuèrent puissamment ù étendre l'influence de la religion nouvelle.
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Le prêlre bouddhiste auquel nous devons le FoË kouë ki appartient à cette^ école samanéenne dont Kieou ma lo chi est le chef. Son nom de famille était Koung; ses ancêtres étaient originaires de Ping yang, dans le Chan si. Consacré dès sa naissance à la vie monastique, il reçut à l’âge de trois ans, avec le degré de Cha mi, c'est-à-dire, de disciple ou d’aspirant, un de ces noms de religion dont la forme est imitée de celle des noms indiens et qui désignent quelque idée morale ou ascétique. Celui qu’il prit alors, le seul sous lequel il soit connu, est Chÿ FX h us , ou plus simplement Fa hian, ce qui signilie Manifestation de la loi. Le savoir et la sainteté de Kieou ma lo chi ne cessaient d’attirer à Tchhang an, aujourd'hui Si 'an fou, un grand concours de religieux ; ce fut là que Fa hian vint compléter son instruction théologique , et qu’après avoir été initié à tous les mystères de la doctrine ésotérique, il reçut les préceptes suffisants et obtint la qualité de Samanéen. Cependant les guerres qui enlevèrent à la dynastie impériale presque toute la partie septentrionale de la Chine, pour la diviser entre plusieurs petits princes de race tibétaine et tartare, avaient été fatales au Bouddhisme. A la fin du iv* siècle, les textes sacrés se trouvaient mutilés ou dispersés, les préceptes étaient négligés ou abandonnés, toute ferveur s’éteignait, et la foi, manquant de lumières et d’appui, devenait indifférente. Profondément allligé de cet étal de choses, FX hian quitte sa patrie; il se dirige vers les contrées qu’arrosent les rivières saintes; plusieurs de ses coreligionnaires se joignent à lui, et l'an 3qq leur petite troupe était hors des frontières chinoises. Ils traversent toute la Tartarie, s'engagent dans les montagnes du Tibet, où sont les plus liantes chaînes du globe, franchissent, à l’aide de cordes et de ponts volants, des vallées inaccessibles et des précipices profonds de huit mille pieds, passent deux fois
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l'Indus et suivent les bords du Gange jusqua son embouchure, [.à, Fâ hian, resté seul de tous ceux .qui étaient partis avec lui, s’embarque pour Cevlan, d’où, après avoir navigué pendant près de trois mois sur la mer des Indes et relâché à Java, il revient à Tchhang ’an, l’an 4 1 4 . ayant fait environ douze cents lieues par terre et plus de deux mille par mer. II avait parcouru trente royaumes, visité tous les lieux consacrés par les traditions, et partout, dit-il, il n’avait eu qu'à admirer les vertus, la piété, la conduite régulière des religieux.
Des spectacles moins édifiants l’attendaient dans sa patrie. Depuis son départ, la cause des Bouddhistes ne s’était pas améliorée; une violente persécution se préparait contre eux dans le nord de la Chine. FJIe éclata vers le milieu du v* siècle, et pour un temps arrêta leurs progrès. Ils furent obligés de fuir ou de se cacher et leurs livres devinrent la proie des flammes. Mais dès les premières années du siècle suivant, on les voit tenter d’autres efforts, recommencer de nouvelles courses pour populariser leur croyance et rétablir la tradition religieuse sur l’autorité des originaux. L’an 5oa, Soung yun et Hoeï seng parcouraient le pays de Badakkhan, l'Oudyâna, le Kandahar et la Perse orientale. Quinze ans après, l’empereur Ming ti envoyait Yun, surnommé le Samanéen, Fa li et d’autres, dans les contrées occidentales, pour y étudier les livres de Bouddha. En 65o, Hiuan thsang était de retour en Chine, après une absence de près de vingt années employées à visiter le Tokharestan» f Afghânistan, le Sind et presque toutes les parties de l'Hindoustan. C’est lui qui a porté le plus loin ses pas; ou du moins, le récit de son Voyage, qui contient la description de cent quarante pays différents, est-il de beaucoup le plus étendu et le plus détaillé de tous ceux que nous connaissons. Vers le même temps, le souverain du royaume de Kaschgar