‹ Foe koue ki ou relation des royaumes bouddhiquesChapitre 24 sur 112 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Royaume de Sü ho to.

Dans le royaume de Su lio to (»)> la loi de Foc est également trèsflorissante. Anciennement, Chy, f empereur céleste (a), éprouva le Phou sà (3). 11 se changea en épervier et en colombe (4). [Le Phou sa] déchira sa chair pour racheter la colombe. Après que Foé eut accompli la loi, il passa par cet endroit avec ses disciples, et il leur dit : Voici le Heu où j’ai jadis déchiré ma chair pour racheter la colombe. Les gens du pays apprirent par là cette aventure, et ils élevèrent dans cet endroit une tour qui est enrichie d’ornements d’or et d'argènt.

(i) Le royaume de Su ho to.] La forme de ce nom semble bien annoncer une origine indienne ; niais il est tout à fait inconnu d'ailleurs. Tout ce qu’orç sait de la position du pays qu'on appelle ainsi, c’est qu’il était au midi de VOudyâna, et à cinq journées à l’ouest du Gandhâra de Fâ hian. L’aventure fabuleuse qui y est rapportée, pourra faire retrouver la dénomination sanscrite originale ; mais il y a sans doute longtemps que cette dénomination a disparu dans la contrée à laquelle elle a appartenu, par l’effet de l’influence persane et de celle du musulmanisme.

(a) Chy, empereur céleste.] C’est Indra qu’on désigne ainsi dans les livres bouddhiques de la Chine, quand on ny transcrit pas son nom, In iho lo“. On l’appelle aussi Ti chy, le seigneur des dieux, et Chy ihi houan in (vraisemblablement Shatamanyou ) , ce qui signifie, dit-on, en sanscrit, puissant roi des dieux b. On sait que, dans l'ordre des divinités bouddhiques, Indra passe pour le seigneur du Trayastrinsha , ou du séjour des trente-trois dieux (comparez XVII, a), le second des Bhouvanas du monde des désirs, en montant. On lui donne eu tibétain le nom

* .Va»i liant} fâ ms. lin. XLVI, p. 11. — k Ibid, liv, XXXIII, p. 4.

Ho dVang po, seigneur, et beaucoup d'autres dénominations qui ne sont que des épithètes*. En mongol, on l’appelle Khormoasda; et ce nom, aussi bien que la circonstance des trente-trois dieux auxquels* il sert de chef, a été, pour M. Schmidt, l’occasion d'un rapprochement curieux avec Hormuzd et les trente-deux amschaspands b. Il est difficile de contester cette analogie, et plus difficile encore de l’expliquer jusqu'ici, puisque la nomenclature mongole est la seule qui la présente, et qu’il n’y en a pas de trace chez les Hindous, lesquels ont dû, plus que tout autre peuple d'Asie, avoir occasion de faire ou de fournir des emprunts aux Persans.

(3) Phoa .«!) ou Ihdhisallwa. Celui dont il s'agit ici est Shâkya mouni, dans une de ses existences antérieures, où il n’était encore parvenu qu'au rang de Bodhisattwa. (Voy. X, 4 ) Ces personnages sont caractérisés, dans leur vie humaine, par une bonté extrême, une bienveillance universelle, un détachement qui les porte à se sacrifier pour le salut de tous les autres êtres, comme dans l’exemple cité ici.

(4) U se changea en épervicr et en cobmbc. ] Cette double transformation n’a rien d’impossible dans les idées bouddhiques. Les dieux et les saints peuvent revêtir plusieurs corps à la fois, ou créer plusieurs apparences existant simultanément : c’est ce que signifie la phrase chinoise. Voyez pag. 55.

* Voyn le DirliMMirf de Schroctrr, fwuim. — * For*chung«n, u. s. w.

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