‹ Foe koue ki ou relation des royaumes bouddhiquesChapitre 26 sur 112 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Royaume de Tcliü cha chi lo. — Le tigre affamé.

A l’orient de Kian tho weï, à sept journées de marche, il y a un royaume nommé Tcliü cha chi lo. Tcliü cha chi lo signifie en chinois Tète coupée (i) . Dans le temps où Foé était Phou s5 (a), il fit en ce lieu l’aumône de sa tête (3), et c’est pourquoi on a donné ce nom au pays.

Plus à l’orient encore, on vient au lieu où (Foé) a abandonné son corps à un tigre affamé tt). Dans ces deux endroits, on a élevé de grandes tours, ornées de toutes sortes de choses précieuses. Les rois de ces contrées, les grands et le peuple rivalisent entre eux dans les dévotions qu'ils y pratiquent; on ne cesse d’y répandre des (leurs et d’y brûler des parfums. Ces tours, et les deux autres dont il a été parlé plus haut , sont appelées par les gens du pays les quatre grandes tours (5).

(i) Tchü cha chi to. ] Il faut lire vraisemblablement tchyoulasira (fête tombée), mot sanscrit qui aurait h peu près la signification indiquée par FA bian. La sifflante remplaçant la dentale à la seconde syllabe, ne doit pas arrêter dans une transcription chinoise. On a déjà vu un exemple de cette substitution . et on en verra encore d'autres par la suite. Au reste, il n'est pas étonnant qu'une dénomination fondée sur une pareille aventure . ait complètement disparu avec le Bouddhisme dans la localité à laquelle on l'avait appliquée. Les renseignements nous manquent pour fixer précisément la place de ce canton sur nos cartes : il ne devait pas être trèséloigné de Shorawak et du canton actuel de Sarawan.

(a) Foé était Phou sd.] Voyex X, 4.

(3) L'aumône de sa tête.] Cette circonstance, ainsi que celle de l'iutmdne des yeux

indiquée précédemment, se trouve rapportée dans les légendes que Hiouan thsang a recueillies.

(il Abandonné son corps à nn tigre affamé.] Voyez ci-dessus, X, i Jadis Bouddha étant prince sous le nom de Sa tho (Sattwa), se promenait dans les montagnes; il vit un tigre qui mourait de faim, et jeta au-devant de lui son propre corps, pour lui sauver la vie*. [Dans sa Grammaire mongole, imprimée à Saint-Pétersbourg en 1 83 1 , M. J. J. Schmidt a donné cette légende bouddhique, extraite du a G* chapitre1 du livre intitulé Alton gerel (en sanscrit Somrama prabhâsa) ou l'Éclat

de l'or. Il la accompagnée d’une analyse grammaticale et d’une traduction aile mande. ] — Kl.

(5) Les quatre grandes tours, } savoir : la tour du pays de &ï ho to, où le Bodhisattwa avait racheté la vie des colombes aux dépens de sa propre chair; celle du Gandhdra, ou de l'aumône des yeux; et les deux qui sont indiquées dans ce chapitre.

' Santsanij/t mm. I. XXXVIII , p. i r.

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