‹ Foe koue ki ou relation des royaumes bouddhiquesChapitre 29 sur 112 · Biija Gra misüan dtrtp · texte numérisé non relu

Biija Gra misüan dtrtp

Dorona Oulamtizi beyetoi i dtp.

Djambou dp.

Oaroana Cher edlektchi dp.

IM dôhtoù dp \ — Kl. )

Le Djambou dwîpa représente évidemment, dans cette cosmographie, l'Inde avec ce que les Hindous ont pu connaître des autres parties de l'ancien continent. J'aurai par la suite une occasion d’expliquer ce que sont les rois de la roae ( tcha kravarti râdja ) ou monarques universels. Dans l'intervalle de la domination que ces rois ont exercée sur une ou plusieurs des grandes îles dont je viens de parler, le l)jambou dwipa était partagé entre quatre seigneurs : i° A l’orient, le roi des hommes; on l'appelait ainsi à cause de la grande population de cette partie du monde. Les mœurs y sout raffinées : on y cultive l'humanité, la justice et les sciences. Le pays est doux et agréable, a* Au midi, le roi des éléphants. Ce pays est chaud et humide; il convient aux éléphants, et c'est d'où lui vient son nom. Les habitants sont féroces et violents; ils s'adonnent h la magie et aux sciences occultes, mMs ils peuvent aussi purifier leur cœur, et, se dégageant des liens du monde, se dispenser des vicissitudes de la vie et de la mort. 3* A l'ouest , le roi des choses précieuses . Ce pays touche à la mer qui produit beaucoup de perles et d’objets précieux, et c'est ce qui lui a fait donner son nom. Les habitants ne connaissent ni les rites , ni les devoirs sociaux, et ils ne font cas que des richesses. 4# Au nord, le roi des chevaux. La terre est froide et dure ; elle convient à la nourriture des chevaux. Les habitants sont braves et cruels ; ils savent endurer la mort et les dangers fc.

[Je crois qu'il est ici question des quatre chefs qui se partagèrent l’empire de l’Inde après le démembrement de l'ancienne royauté de Delhi, et que la tradition nomme Narapati (le .chef des hommes), Gadjapati (le chef des éléphants), Tchatrapati ( le chef du parasol ) , As'mpati ( le chef des chevaux). — E. Bcrnouf. ]

(8) Le pot de Foë.) Le pot est une des six choses indispensables au religieux mendiant. C'est avec le pot que le mendiant demande l'aumône, et c’est là qu'il met sa nourriture. Sa forme est celle d'une petite marmite basse, étroite par en haut et large du ventre. La matière doit en être simple et de vil prix, comme l’argile ou le fer ; il peut contenir un boisseau et demi au moins, et trois boisseaux au plus. On peut en voir une figure dans la petite Encyclopédie japonaise #lé-

Pallas, ibidem Compare* d'autre* dénomination» sanscrite* et tibétaine» , dans le Focaiakure penliiglalic . «cl. xltii . ainsi que dans fiW-

tain do P Gcorgi, pa« 473, et 478. Celles qu’on trouve dan» l'ouvrage de Patina, intitulé Sammlungen

zur Kenntniu der Mongoliichen ïfiïkenchaften , t. Il, p. »5, ainsi que dons Bergman n's Strtÿertien tinter den kalmùkm. L III, p. 3i, sont défigurées

k Fi rouan tekn Un lia Forêt de perles du jardin de la loi) , cité dans le San Uangfa ton, liv. XVI, p. 1 s ».

mentaire *, Celle de la grande Encyclopédie b est trop ornée et représente un vase d'apparat de quelque riche couvent du Japon. Le pot et les vêtements de Foë sont considérés comme de précieuses reliques, qui doivent être conservées religieusement et passer de main en main ; de sorte que l’expression chinoise i po ( vêtement et pot) est devenue synonyme de ce mode de transmission1. On prétend que le pot et les habits de Foè ont été apportés en Chine, dans le v* siècle, par Bodhidharma , le dernier des patriarches bouddhistes nés dans l'Hindoustan d. On verra, dans la suite de ces relations, beaucoup d’autres faits relatifs au pot de Bouddha. Le mot chinois po (pot) est l’abrégé du sanscrit po lo lo (Pàtra) : les Mandchous en ont formé leur mot badiri. Eu barman QoSooé \

(9) Le roi des Youei chi.] Les Yaë chi, Yaë tchi, ou, comme M. klaproth pense que l'on doit lire ce nom , les Yuë ii ou Youtti r, sont une des nations les plus célèbres de l’ancienne Tartarie. Selon les Chinois, ils menaient primitivement une vie errante dans le pays qui est entre Than hoang (Cha tcheou) et les monts khi lian. Une guerre que leurs voisins septentrionaux, les Hioung non, leur firent dans la première moitié du 11* siècle avant J. C. , les obligea de fuir vers l’occident. Ils allèrent s'établir dans la Transoxane, au delà du Fargana; et, ayant vaincu les Ta hia, ils s'arrêtèrent sur la rive septentrionale du fVtl (Oxus), soumettant aussi les An szu, qui, dans ce temps-là, n'avaient pas de chef suprême. Ils occupaient, lorsque Tchang khian alla chez eux en ambassade*, cinq villes dont les noms ne sont pas tous faciles à reconnaître , attendu la disette de renseignements géographiques relatifs à cette contrée et à cette époque : ces villes étaient Ho mé, capitale delà tribu de Hieou mi; Ckouang mi, habitée par la tribu du même nom; Hou tsao, soumise au prince de Aooeî chouang h ; Po mao, habitée par la tribu de Hi t un ; et Kao fou (Caboul), où vivait la tribu de ce nom. La ville de Lan chi est donnée comme la résidence de leur roi. Dans le premier siècle de notre ère , le prince de Koueï chouang subjugua les quatre autres, devint très-puissant, et s’empara de tout le pays des An szu, de Caboul, de Han tha (Candahar), de Ki pin (Cophène). Son successeur accrut encore cette puissance en s’emparant de l’Inde. Les rois des Yuë ti continuèrent d’exercer l'autorité dans ces diverses contrées jusque dans le in* siècle. Au commencement du ve siècle, on parle encore de leurs incursions dans l’Inde, et on indique les points où s'étendaient leurs habitations. Pho lo (BaJkh), à l’occident; le Gandhâra, au nord ; cinq royaumes, au midi de ce dernier, reconnaissaient leur puissance. Ce furent des marchands de cette uation qui , vers ce temps, apprirent aux Chinois à faire du verre avec des cailloux fondus. Une

* Ifian mtny (Aon leui, liv. XI , p. 6.

* Encyclopédie japonaise. H». XIX, p i3.

* Khâng Ai Tua tait ». au mot Po. r*d CLXVII, lin. 5.

* U. iM.

* Jadson, Fiurman Dicûnnary. pag. 36 J 1 TuMeaux hùtorujuet Je l'Asie, p. 369.

* Voyes ci-dessus, VII, 4.

Cf. Ssinl-Martin, Additions d r Histoire du lUis- Empire, t. III, p. 386.

84 FOË KOUË Kl.

branche des Yuë ti, qui était restée en arrière lors de leur émigration, habita le N. E. du Tibet, sous le nom de Petits Yuë ti. Une autre branche, qui porta le même nom, mais qu’il faut bien distinguer de celle-là, se détacha plus tard (dans le v* siècle) du gros de la nation, et habita la ville de Foé leoa cha , située au S. O. de Pho lo (Balkh), et qui doit être le Pa ha cha de Iliouan th&ang* ou le pays des Beloutches. On rapporte qu’à l’orient de cette ville, à dix li de distance, était une tour de Foë, qui avait trois cent cinquante pas de circonférence et quatre-vingts toises (a A4 mètres) d’élévation. Depuis l'époque où ce monument gigantesque , nommé la tour de cent toises, avait été construit, jusqu'à la huitième anuée Wou ting (55o de J. C. ), on compte huit cent quarante-deux ans, ce qui en place l’érection à l’an 591 avant J. G., et par conséquent à une époque plus ancienne que l’émigration des Yuë ti.

On ne saurait douter que les Yuë ti ne soient une de ces nations venues de la haute Asie dans la Bactriane, qui ont dominé sur les provinces orientales de la Perse , l’Afghanistan moderne , le Béloutchistan et la partie occidentale de l’Inde. Leur nom, dont il reste tant de traces dans toutes ces régions, donne lieu de penser qu’ils appartenaient à la race gothique, malgré leur origine orientale. Il est très-remarquable de voir une nation de cette race aussi attachée à la religion de Bouddha que l’annoncent le fait cité ici par ChJ fa hian, et d’autres traits qui seront relevés dans la suite de nos relations.

(10) Aux trois précieux. ] Voyez ci-dessus, VII, 6.

(1 1) La destinée da pot. ] Le mot yuan, que je rends par destinée, signifie non pas peut-être ce qui a été irrévocablement arrêté d’avance par un être tout-puissant et libre , mais l’enchaînement inévitable de toutes les causes et de tous les effets. Quant à la destinée du pot de Bouddha , on verra à ce sujet une tradition curieuse dans le chapitre de la relation de Fâ hian sur Ceylan.

(1 a) Scng kia lan.] Voyez ci-dessus, III, 5.

( 1 3) Deux boisseaux. ] Le teoa ou boisseau contient dix livres de riz , ou cent quatre-vingts onces de notre poids commun.

(1 4) Grandes mesures. ] Hou, le décuple du boisseau.

( 1 5) Le pays de Thsin. ] Les deux textes ont une variante en cet endroit; celui du Foi kouê ki porte : retournèrent immédiatement dans la terre de

Thsin , ou à la Chine. L’extrait du Pian i tian présente retournè-

rent immédiatement pour rendre compte d temperear. Mais cette formule officielle n’a pas ici d'application, et je n’hésite pas à préférer la première leçon.

* Voyez XII, 1.

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