‹ Foe koue ki ou relation des royaumes bouddhiquesChapitre 35 sur 112 · au iieu de 4" Cette orthographe paraît fautive · texte numérisé non relu

au iieu de 4" Cette orthographe paraît fautive

(20) Mou liait.] Il s’agit d’un autre disciple de Shàk)a, également rangé parmi les dix plus considérables; aussi lui donne-t-on habituellement l’épithète de Grand. 11 a le titre de Tsun tche, qui équivaut à celui d’/mt. Voyez ci-dessus, pag. 68, note a.

(21) A mm.] C’est-à-dire Ananda. Voyez ci-dessus, chap. XII, note 2.

• fa yuan icku Un, cité dans le San Uang fd tou liv. XIX, pag- h r.

* Pi J» tan teka kintj. cité dan» l'Encyclopédie ja ponam*, liv. CV, pag. i5.

c Ta tcki (on lan, cité dan» le San tuny fd tou. liv. VIII, pag. i3-

4 Fan i ming y, cité dan» le San tsang Jâ tou , liv. XLI, pag. i3.

(a 2) L'A pi ikan, ] cl plus correctement A pi tha mo ( Abhidharma) , est le nom qu'on donne à la dernière des trois classes sous lesquelles on range les livres sacrés, i celle qui contient les discours ou entretiens. Ces trois classes sont appelées les trois contenants, en chinois San Isang, en mongol Ooûrban aïmak saba\ en tibétain sl)e snod gsoum. Les mots de ces diverses langues qu'on emploie en cette occasion désignent un vase, un contenant quelconque, et sont l’équivalent du sanscrit Pit’akah ou Àiu che ( Kocha)*\ on leur donne ce nom parce que chacune d'elles contient, renferme, embrasse les différents écrits religieux qui se rapportent aux trois genres suivants.

i° Sicou to lo (Sou Ira). Ce sont les principes ou aphorismes qui font la hase de la doctrine, les textes authentiques et invariables (en chinois King) : en tibétain ce sens d'immobilité sc rend par hGyour. Ces textes renferment, en haut, la doctrine des Bouddha», et en bas, les devoirs ou les facultés de tous les êtres vivants.

2* Pi naiye (l'inaya). Ce mot désigne les préceptes, les règles, les lois ou ordonnances, ou littéralement le bon gouvernement, ce qui doit régler les mauvaises qualités des êtres vivants, comme les lois du monde servent à redresser les fautes soit graves, soit légères. Le mot tibétain bKâh exprime cette signification, et joint au titre tibétain des livres sacrés, il forme le composé b Kàh- hGyour qui est le litre d'une collection très-célèbre communément appelée Gandjour*. On appelle aussi dans la même langue les préceptes hDoul-ba , livres pour convertir, pour changer du mal en bien; en mandchou fj emboure nomoan, et en mongol Dzinaï.

3* A pi tha mo ( Abhidharma ). Ce mot signifie discours, entretiens; ce sont, suivant un ouvrage bouddhique (le lu kia lun ), des traités où, par le moyen de demandes et de réponses, on fait un choix arrêté entre les divers procédés indiqués parla loi. Les Abhidharnias se nomment en tibétain Tsios mdon pa ou loi manifestée , cil mandchou Iletou nomoun \

On distingue les ouvrage» de ces trois classes en deux espèces, selon qu'ils appartiennent i la grande ou à la petite translation f. Parmi les Soùtras de la grande translation, on cite le lloayan et d'autres textes sacrés qui, 11e traitant que de la doctrine du Bodhi ou de Y Intelligence conçue dans le monde de la loi , enseignent et montrent les bonnes actions des Bodhisaltwns du Mahâ ranci, et rendent manifestes les fruits de leur conduite morale. Les f'inayas appartenant à la même translation, sont, comme le Fan kang (Bramadjâla, filet de Brahma), des livres où sont rapportées les règles qui ont été observées et gardées par les Bodhisathvas de la grande translation. Enfin,

* (ifschicie Jrr Oti-Hongolen, pag. |i, 355. k Vocab. pentaglatte . sert, xlui, n* i.

* Santsang Ja jou, liv VIII , pag. 99 r.

11 O» voit que ce lilrc ne signifie pas f mJuction Jet f*t ml* j an Jes enlrei , comme la cru M Schmidt. Yoyei îVotej iur Thitteire Je Sanang Selieri, pag. 4 18

et suivante*. — Journal asiatique, tom. X, pag- i38- • Fan i ming f, cité dan» le San (sang Ji tou. liv. VIII , pag. a8 *. — Fscol. prntaglottc. sert. XL11I, n" 9 el 1 o.

' Voyei ci-dessus, cbap. Il, note 4.

NOTES Sun LE CHAPITRE XVI.

parmi les / Ibhidharmas du même ordre, on cite le Khi sin hui ( Discours pour faire naître la foi) et d’autres ouvrages de discussion sur la conduite suivie par les Bodliisattwas du Mahâ yanâ*.

On cite parmi les Soûtras de la petite translation, YAgama et d’autres livres sacrés oit il n’est parlé que de la nature du véritable vide (l'esprit) et du repos ou de l’anéantissement (extase), pour faire voir les procédés suivis par les Shrârakas et les Pratyekas, et les fruits qu'ils en ont retirés. Affama est un mot sanscrit quoi» rend par sans pair. Au nombre des Vinayas, on désigne les règles pour les quatre sections (Sse fen lia), c’est-à-dire pour la conduite des mendiants, pour celle des mendiantes, pour Yobsenation des préceptes et pour l’extinction des querelles k. Les discours intitulés Km che ( Kâcha , ce qui embrasse, ce qui comprend; en chinois Tsang) sont cités comme appartenant à la classe des Abhidharmas de la petite translation; on y discourt sur la conduite et les mérites des Shrâvakas et des Pratycka Bouddhas \

Un autre ouvrage, après une définition du mol Tsang (qui contient ou renferme une loi et un sens immenses), en distingue cinq. i° Les 5cm ta lan ( Soutram ) ou Sieou to lo, doctrine immuable à laquelle tout se conforme à la fois dans les dix mondes, et de laquelle rien ne change dans les trois temps, a" Les Pi naiyc ( Vinaya ) ou règles. 3° Les A pi t ha mo ( Abhidharma ) ou discours. 6° Pan jo fio lo mi to ( PradjnA pâramita ); ces deux mots signifient Y arrêtée à l’antre rive pour la science. Les hommes égarés loin de la science et retenus dans le cercle de la vie et de la mort, sont désignés comme étant sur cette rive; les Bodliisattwas cpii pratiquent le PradjnA et parviennent au NirvAna, sont sur l'autre rive. Suivant les livres sacrés, l’être doué de sensibilité qui s’applique à la vraie et solide science du Mahâ y and, s’éloigne de la condition du moi, et les distinctions qui lui servent à cet objet constituent le Pradjnâ pâramita. 5* Vio lo ni ( Dhârani), c’est-à-dire ce qdon prend, invocation, formule mystérieuse. On désigne ainsi, suivant les livres sacrés, ce qui, quand ou ne peut observer ou comprendre les Soûtras, sert à régler et peut diminuer la gravité des péchés commis , procurer tôt ou tard la délivrance, et conduire au Nirvân’a l’homme sans lumières aussi bien que l’homme éclairé 4.

Généralement, on ne compte pas les Pradjnâ pâramita et les Dhârani parmi les collections des livres sacrés dont on désigne l'ensemble par les mots de San tsang, les trois collections. Cette expression revient fréquemment et se retrouve dans le titre de l’un des ouvrages où sont puisés la plupart de ces éclaircissements, le 5cm. tsang fi sou, littéralement les nombres de la loi des trois contenants, parce que la substance des livres sacrés y est distribuée d’après le nombre des subdivisions attribuées à chaque notion psychologique , religieuse ou my thologique. Ce titre pourrait

* Iloa ron triiuj. Sonï son yn i tchuo. cité dans le San tuuvj/a to a. liv. VIII, pog. *9.

k Voyex, sur 1rs préceptes bouddhiques, la note 1 a du chapitre XVI.

* Th tan thaï su hiao i tsj te ha. cilé dans le San fuuiy fi sou, liv. VIII, pag. 99.

4 Livre sacre des six Pho to mi ( Para mita ) , cité dans le Son Uang fi jou, liv. XX, pag- 19 p.

FOË KOUË Kl.'

être en sanscrit Tri pit'aka dharma sankhya. Au reste, on verra beaucoup d‘autres classifications plus spéciales des livres religieux, dans les notes relatives aux passages où les voyageurs bouddhistes parlent de ceux qu’ils ont recueillis dans leurs courses.

L'usage d’élever des tours pour y renfermer l'original d’un livre sacré , aussi bien que pour y déposer une relique, ou pour conserver le souvenir d‘uu prodige, est constaté par le passage qui a donné lieu à cette note. 11 y avait à Mathoura la tour des Abdhidharmas , celle des Vinayas, celle des Soutras.

(a 3} Des préceptes. ] C’est-à-dire des l mayas. Voyez la note précédente. On compte trois sortes de préceptes, i* Pi ni ( l inaya ) ; ce mot signifie bonum regimen. Il s'applique à ce qui est capable de régler les désirs, la colère, l’ ignorance et les autres imperfections. Il exprime l’idée de tempérer et de soumettre, parce qu’avec le secours de ces préceptes on peut tempérer et contenir les trois actes, c’est-à-dire ceux du corps, de la bouche et de l’intention, et gouverner ou subjuguer les mauvaises dispositions, i* Cki lo ( Shila ), ce qui arrête ou restreint (le mal) et rend capable (du bien) , ou simplement défense, obstacle qui arrête les actes vicieux du corps, de la bouche et de l’intention. 3" Pho lo thi moii tcha (Para adhi moksha) ou délivrance, parce que ces préceptes écartent les liens des mauvaises inclinations et rendent l’homme maitre de lui \

(2 à) Des livres sacrés.] Le mot King en chinois désigne ce qui est invariable; on s’en sert pour rendre l’idée d’une doctrine constante, d'un texte révélé. Chacune des sectes qui se sont introduites à la Chine a emprunté ce terme à l’école des lettrés, qui le réservent aux seuls livres rédigés par Confucius. Les Bouddhistes l’appliquent particulièrement aux Soùlnis (voyez la note 2 a ), parce que, scion l’explication donnée dans un de ces livres mêmes, ils font loi et sont invariables . On s’y conforme dans les dix mondes, et les trois temps n’y changent rien. Les dix mondes sont les mondes des Bouddhas, des Bodhisattwas, des Pratyeka Bouddhas, des Shrnvakas, des dieux, des hommes, des Asouras, des démons de la faim (Prêtâh), des brutes et des régions infernales. Les trois temps sont le passé, le présent et l’avenir.

(a5) [M. Rémusal avait laissé cette phrase en blanc dans son manuscrit. Le texte porte ce qui signifie a toutes les familles, ou tous les geiis qui

« espèrent le bonheur. » Celte expression parait désigner ceux qui suivent la loi de Bouddha. — Kl.]

(a 6) Due collation extraordinaire.] On a vu (note 18) l'explication de cette manière de parler; rilais ici elle semble moins bien A sa place. On ne conçoit pas aisé-

' Tel ttany y /an. Pt CcmmrnUurr tw U lloe yen king. cités dans le San Ututgjé son , Ht ÏX. pas .5

ment pourquoi les voyageurs , invités par des personnes dévotes à reprendre leurs exercices pieux, se seraient préparés à une sorte de conférence théologique ou de prédication , par une infraction aux observances de leur profession , telle que serait l'acte de faire une collation hors des heures fixées pour les repas monastiques. Le passage a peut-être besoin de correction , mais il est le même dans les deux textes que j’ai sous les yeux.

(a 7) On discourut sur la loi. ] Dans l'original , il y a Vè On nomme ainsi les assemblées que tiennent les Sangas, et dans lesquelles on explique les livres sacrés, eu développant les principes de la religion et en répondant aux diilicultés dont ils peuvent devenir l'objet. Les Samanéens chinois devaient assister avec beaucoup d'intérêt à ces conférences, eux qui avaient entrepris un si long voyage et tant de travaux pénibles pour s'instruire à fond de la doctrine intérieure du bouddhisme. On emploie la même expression pour désigner les prédicatious de Sliâkya, et l’on dit qu'il parla de la loi en faveur de sa mère, ou des peuples, ou des dieux. Voyez ci-dessous.

(a 8) Par d'autres personnes.] C’est encore un passage difficile; il y a dans le texte On ne voit pas à quoi se rapporte cette phrase, qui ne se lie ni avec ce qui précède, ni avec ce qui suit, mais qui est sans différence daus les deux éditions.

(29) Qui vint auprès de Foé.] Peut-être faudrait-il lire gui. demanda la per mission, au lieu de ’sjgj gai vint auprès. Cette phrase serait mieux en rapport avec ce qui suit.

(3o) Les Pi khieou ni. j Pi khieou ni est le féminin de Pi khieou (Bhikshou, Bhikshoani), religieux mendiaut (voyez chap. VIII, note 5). Après que Shàkya eut accompli la loi, sa tante Maha pho che pho thi ( Mahâpradjâpatî) Ta ‘ai tao (l'amie de la religion ) demanda la permission d’embrasser la vie religieuse et d etudier la doctrine. Shàkya n'y voulait pas consentir; ce fut Ananda qui insista auprès de lui pour l’obtenir. Bouddha répondit : « Prenez-y garde ; ne faites pas entrer les femmes « dans ma loi pour y devenir samanéennes. Quand dans une famille il y a beau- « coup de filles et peu de garçons, vous savez quelle tombe en ruine et ne peut «1 recouvrer sa splendeur. » Ananda renouvela ses instances , alors Bouddha exposa ce qu’on appelle les huit procédés respectueux. « Si elles peuvent les garder, ajoutait t-il, je consens à ce quelles deviennent religieuses. » L'amie de la religion porta la main à sa tète (en signe de respect ), et les reçut avec confiance. Elle fut convertie et devint religieuse. Voici les huit procédés respectueux imposés aux femmes par Bouddha :

FOË KOUÈ Kl.

i° Une religieuse, eut-elle cent ans, doit le respect à un religieux, celui-ci fût-il au premier été de sa profession.

i* Une religieuse doit montrer son respect aux mendiants, ne jamais les insuller ni les calomnier.

3* Si un religieux vient à pécher, la religieuse ne doit pas lui donner d'éloges; mais si une religieuse pèche et quelle entende les éloges d’un religieux , elle doit faire un retour sur elle-même et s’examiner.

à® Elle doit recevoir les préceptes d’un Sanga, ou de quelque mendiant d’une haute vertu auquel elle se sera adressée pour les obtenir.

5° Si une religieuse a péché et qu’elle se sente indigne de résider dans l’assemblée des mendiants*, elle doit s’humilier et confesser sa faute, afin d’éloigner d'elle l’orgueil et la négligence.

6° Elle doit recevoir, durant la moitié d’un mois, les instructions des Sangas, et s’adresser deux fois par mois à un mendiant de grande vertu, afin d’obtenir de lui une instruction qui la mette en état de faire des progrès dans la doctrine.

7° Elle doit, durant les trois mois d’été, s'interdire le repos et s’attacher aux mendiants, sans les quitter ni jour ni nuit; les interroger sur le sens de la loi, et augmenter son instruction pour la mettre en-pratique.

8° Quand les trois mois d’été sont écoulés, depuis le i5 de la à* lune jusqu'au i5 de la y*, elle doit suivre les mendiants pour s’exercer par les exemples des autres, et si elle commet des fautes, s’en repentir et les confesser à tous \

Bouddha avait annoncée Ananda, qu’attendu l'admission des femmes dans la vie religieuse, la loi des témoignages (c’est-à-dire, la première période de la loi durant laquelle elle devait porter tous ses fruits) qui devait durer mille ans, serait réduite de cinq cents ans. Mais quand il eut expliqué les huit procédés respectueux aux religieuses et qu elles les eurent acceptés, la durée de mille ans fut rétablie pour la loi des témoignages h.

Il y a huit péchés par lesquels les religieuses montrent quelles ont abandonné les préceptes et quelles méritent elles-mêmes d’être abandonnées de tout le monde , parce quelles sont hors de la loi de Bouddha; ce sont : i" Oter la vie à un être sensible qui, comme tous les êtres de cette espèce, tient à son corp6 et à son existence; le faire souffrir et le tourmenter au lieu de lui montrer de la compassion, a® Dérober ce qui appartient à autrui, s'abandonner à la cupidité, prendre au lieu de donner. 3® Commettre des impuretés. La religieuse qui ne sait pas se défendre par les rites et se garder par les préceptes , conçoit des désirs et souille la pureté qui doit présider à sa conduite. 4° Mentir, cacher la vérité, et tromper autrui par des paroles artificieuses. 5° Souffrir le contact: cela se dit d’une religieuse qui se laisse toucher par le corps d’un homme, et qui par là fait naitre des désirs impurs. 6° Les

* Fan i mingÿ. In koel Ictiinj l.i. ci ifs dans le San b X an yo Ijou tse Ja yuan teen. cité dans le San

Uany fâ tou, liv XXXII, pog. 17. tsangfâsoa, liv. XIII, pag. 1.

hait. Il s'agit dos huit actions suivantes : prendre les mains d'un homme par l’effet d'un désir -déshonnête, toucher ses vêtements, entrer avec lui dans un lieu retiré, s’y asseoir ensemble, y faire la conversation, y marcher ensemble, s'appuyer l’un sur l’autre , s’y donner des rendez-vous criminels, y* Couvrir ou cacher : cest quand, dans l'assemblée où l’on discourt sur les préceptes et où l’on pratique la loi, la religieuse cache les péchés des autres ( }|^ ) et ne veut pas révéler les siens à

Rassemblée. 8* Suivre ou supputer, c'est-à-dire, dans les grandes assemblées des Sangas, ne pas faire l'office en commun et suivre quelque société particulière

(te-*)--

(3 1) L'honorable du siècle.] C’est l’un des dix surnoms que l’on donne aux Bouddhas humains, et par conséquent à Shâkra inouni comme aux autres. Un Bouddha, par la science sublime ( pradjnâ ) et par les autres perfections qu’il a acquises, détruit les désirs, la colère, l’ignorance et les autres imperfections; il éteint les douleurs de la vie et de la mort ; il obtient une intelligence supérieure à tout. Les dieux et 1rs hommes, tous les saints, dans le monde comme hors du monde, le reconnaissent et l’honorent comme vénérable. Cest le sens de ce surnom, dont la forme originale en sanscrit est Lokadjrcshlha. La traduction tibétaine est nDjig rten gyi gtso bo k.

Deguignes a commis, sur le sens du mot chi (siècle), une méprise très-extraordinaire * : il a cru que le siècle ou le temfis était pour les Bouddhistes un objet d’adoration; que Chi ban, l'honorable da siècle, signifiait honorer le siècle, et que ces idées avaient du rapport avec les opinions attribuées aux Persans et aux autres peuples orientaux sur le culte du Zerouan et des Æons. J’ai eu occasion de relever cette erreur *.

(3a) [Selon la Chronologie japonaise intitulée IVa Iran kwô M fen nen gakf oanno tsou, conservée à la Bibliothèque du Boi, Che lifoè et Mou lion embrassèrent la vie monastique l’an 995 avant J. C. D’après le même ouvrage, A nan ou Ananda fut instruit par Shàkya mouni, et se fit moine fan 975 avant la même époque, et en 970 il pria son maître de permettre aux femmes de se faire religieuses. — Kl. )

(33) Les Cha mi.] C’est le nom qu’011 donne aux disciples ou aspirants à la profession religieuse. On le rend par deux mots qui signifient calmer et compatir: calmer les passions nées des souillures du siècle ; compatir aux souffrances de tous les êtres

* l.tn/j yan i ttai. cité dans le San Uany fi «ou,

liv. XXXli. pag. ift*.

fc Focafr. pentagl sert- 1 , n* 1 1 ,

* Halo ire des Huns. loin. Il, pag. 2*6. — Mém.

de [Acad, des inuript. ri belUs-Utirrs . tom XXVI, psg. 802.

* Oise nations tur tfntUjtus points de la doctrine tamanienne, pag. 43

FOË KOI' R Kl.

vivants et y porter assistance J. La forme la plus régulière de ce mot est Che li ma li ta kia k; mais on n’emploie jamais que la forme abrégée Cha mi. Les Chami doivent observer les dix préceptes (voyez ci-dessus, note i a); et c’est quaud ils ont reçu le» préceptes suffisants, c’est-à-dire les deux cent cinquante préceptes , qu’ils sont réputés Bhikshou, On donne aux Cha mi différents noms selon leur âge. Entre sept et douze ou treize ans, on les nomme chasseurs de corbeaux; de quatorze à dix-neuf, on les appelle disciples propres à la loi; à vingt ans et au delà , on dit qu’ils ont un nom ou uu titre (comparez chap. I , note i ). Us peuvent alors faire cesser toutes les mauvaises inclinations et pratiquer toutes les vertus : ils méritent donc le nom de Chami; ce sont des Cha mi proprement dits *. Le mot de chabi, qui signifie disciple en mandchou , parait formé du chinois Cha mi. Les femmes portent le nom de Cha mi ni ou plus exactement CJie li ma li kia, ce qui exprime leurs efforts pour faire des progrès dans la doctrine de Bouddha. C’est une étrange méprise de la part d'un auteur qui a publié une traduction des Règles des Cha mi, que d’avoir toujours donné ce dernier mot pour un équivalent de Cha men (S'mmana), même sur le titre de l’ouvrage4.

(34) Ma ho Vrtfi.] C’est la transcription du terme sanscrit Mahdyâna, la grande translation (chap. II, note 4). Les religieux qui s’adonnent à la petite translation sont nommés Moksha < leva (dieux délivrés) ; et ceux qui se livrent à la grande, Mahdvdna dera \

(35) Phan jo pho lo mi.] Transcription incomplète du sanscrit Pradjnâ pdramita , l’action d'atteindre à l’autre rive par la science. C'est l’un des dix moyens de délivrance finale appelée Pdramita f. Plusieurs titres de livres religieux où celte science divine est enseignée portent le titre de Pradjnâ pdramita. C’est à Mandjousri Avalokitcs’wara (voyez la note suivante) qu’on en fait honneur.

(36) IV en tchu sse li,] en sanscrit Mandjousri. Les Chinois prétendent qu’il y a trois manières d’écrire et d’interpréter ce nom; savoir ; i° li en tchu sse li, vertu merveilleuse; l’étre qu’on désigne ainsi étant doué démérites admirables, subtils, infiniment variés et innombrables, a* Man tchu chi li, télé ou chef admirable, parce que par ses mérites merveilleux, subtils, infinis, il est au-dessus de tous les Bodliisattwas. 3° Man tchu che li, admirable bénédiction ( formule de louange, d'adoration . d’heureux augure), parce qu’à raison de ces mêmes mérites, son nom est le plus heureux des augures «. Mais il est probable qu’eri transcrivant avec des caractères

* San Uaïuf fi j mi. Uv. VII, pag. 16 ».

k Jin uvuiÿ hou kouê kùy. Pradjan paramitn. dernier chapitre, cité lit. XXIX, pag. a* r

* Fanf minÿ i, li» XI, pag r

* ft* Caire hum oj fA* Shamant, pag 36 «I |w*v

’ Iktcaun in r ta rrlaûon de Il tuu n Itany, nté dan* le Pian i iian, li». XLIV, pag. 9.

1 Vocab. penta/jl. sec!. XII.

* Fan ÿ mmij i, cité dans le .San Isantj Jd tou . liv. XI, pag 3 v.

chinois différents un même mot sanscrit, on s'est plu, comme on l'a fait souvent, à chercher des allusions à des sens divers, que l'étymologie autorise ou suggère à titre de jeux de mots ou de rapprochements fortuits. Mandjousri signifie proprement en sanscrit l'heureux «SV/, et Sri est l’expression par laquelle on bénit les dieux, les saints. On nomme aussi le même personnage Maiidjoa ghôcha, l'heureux son , l’heureuse voix. Les Tibétains lui donnent le nom de hDjam dfyang, C'est, dans la mythologie, le dieu de la sagesse*. Il a jadis animé la grande tortue d’or, avant le commencement de l'univers dont les fondements reposent sur cette tortue, et il doit, dans une période future du monde, reparaître comme en étant le dominateur b. C’est le grand Deiniourgos, le Vis va karma, l'architecte qui, par les ordres du Bouddha suprême, a construit les divers étages, tant célestes qu'infernaux, dont se compose on univers *. Ce peu de mots suffirait pour établir le rôle théologique assigné k Mandjousri, si mon objet actuel était de tracer une esquisse du Panthéon bouddhique: mais les extraits des livres chinois qu'il s’agit surtout de faire connaître et de livrer à la discussion, montreront à quel point les idées philosophiques sont dénaturées dans la mythologie et perdues de vue par les auteurs légendaires.

« Bouddha (Shôkya mouni) parcourait un jour les montagnes Khi tche khiu du •i pays de Isoyué khi (Hâdjagriha) avec une grande multitude de mendiants, formée « de 1 i5o mendiants et de 3a,ooo Bodhisattwas. L’honorable du siècle était en- « touré d'un nombre infini de scs adhérents, par centaines et par milliers. Dans « l’assemblée siégeait alors un fils des dieux (Devapoutra) nommé Tsi chun lia in ( In « guieie ohsegaens prœceptoram voci, vel ear gaieté prœccptis obseguens ) , lequel se levant « de son siège, arrangeant ses vêtements, faisant une longue génuflexion et joignant «i les mains, s'adressa à l’honorable du siècle en lui disant : Où est l'habitation « actuelle de Mandjousri? — Toute l’assemblée, tous ceux qui composaient la mul- « titude des quatre classes, c’est à-dire les mendiants, les mendiantes, lesOupasika » et les Oupayi-, aussi bien que les dieux, les nagas , les bons et les mauvais génies, « Brahma, Indra et les quatre rois des dieux, souhaitaient ardemment d’entendre « les discours merveilleux du véritable maître, et de recevoir ses explications sur u les livres sacrés. Bouddha dit alors que du côté de l’orient, à dix mille terres « bouddhiques de ce monde, c'est-à-dire à dix mille fois l'espace du monde où « s'étendent les heureuses influences de la prédication d’un Bouddha, il y avait un i< monde appelé Pao chi (famille précieuse, peut-être Ratneya) et un Bouddha « nommé Pao ing joa lai (pretiosi terminus Tathâgata), intelligence pure et hors de «• rang, qui prêchait actuellement la doctrine, et que Mandjousri était là à écouter u les leçons du grand maître de tous les Bodhisattwas, lequel leur enseignait à

* Schrocter, fioolan Dicttonury, h. v. — Jlpkab Tibet pag. 779-181.

11 Siimmlnng hitiortukrr \ackrickt loni II, p. 85, pl. IX. fig. 3.

* Hodgson, Sketch oj Pmhlhism. dans 1rs Trant. of tke royal asiat. Society, tom. II, pag. a34-

4 San hant [ fi sou, liv. XVI, pag. i4 v. Vote* cidessus, pag. G7, note 4.

FOÉ KOUË Kl.

« connaître leurs imperfections. Le fils des dieux s'adressa de nouveau à Bouddha : a Je voudrais seulement, ô grand saint, que par un acte de votre bonté puissante, « vous fissiez venir ici Mandjousri; qu’il nous enseignât les moyens à l'aide desquels « il explique la doctrine des livres sacrés et les éclaire d’une vive lumière , quelque « difficulté qu'il s’y trouve, de manière à dépasser tous les Sliravakas et tous les « Pratyéka Bouddhas. Lorsque Mandjousri prêche la grande loi, tous les démons « ( .l/ara) sont subjugués; aucune erreur ne peut plus tromper les hommes; il n’est

« point d'hérétique qui ne rentre dans le devoir Déjà, ô Tathàgata, tous

« exaltent la vérité suprême; si ce saint enseignement vient fortifier vos leçons, la a durée de la vraie loi en sera accrue. Jamais Tathàgata n'aura été secondé par un u auxiliaire aussi versé dans le Pradjnâ, doué d’aussi grandes facultés, aussi capable « de répandre et de publier la doctrine, que le sera Mandjousri. — D'après l’invi- « tation du fils des dieux Tst chan lia in, l'honorable du siècle fit jaillir, du duvet qui « était entre ses sourcils, un rayon de lumière qui éclaira les trois mille millions « d’univers et de terres bouddhiques, et fit le tour de dix mille de ces terres, répan- « danl une éclatante clarté sur le monde Pao chi. Les Bodhisattwas de cette terre u bouddhique demandèrent à leur Bouddha d’oii provenait l'apparition de cette « lumière et quelle pouvait être la cause de ce prodige. Le Tathàgata Pao ing leur « répondit : Du côté de l’ouest, après qu'on a passé dix mille kshrna de Bouddhas, u il y a un monde qui s'appelle monde de la ptUiencc (Savaloka); son Bouddha se « nomme le Tathàgata capable de bonté (Shàkya). Cest une intelligence pure, par- « venue au suprême degré de la vérité. Il prêche en ce moment la loi. Un rayon « s’est détaché de l'intervalle de ses sourcils, et en illuminant dix mille terres « bouddhiques, est parvenu jusqu’à ce kshma. — Et ce LokaJjreshlha, reprirent les b Bodhisattwas, quelle est son intention P — Des centaines de milliers et des millions « sans nombre de Bodhisattwas sont assemblés avec ce Bouddha, répondit le « Bouddha, avec f Indra et le Brahma de ce monde et les quatre tribus, et tous u désirent ardemment que Mandjousri veuille se montrer à eux et leur expliquer la « loi. Ils ont fait part de leur désir au Bouddha, tpi, par ce rayon de lumière, a u engagé Mandjousri à venir. — Et toi, continua le Tathàgata Pao ing en s’adressant o à Mandjousri, va dans cette terre où le Tathàgata capable de bonté t’attend, et où « d'innombrables Bodhisattwas soupirent après ta présence. — J’avais aussi , reprit « Mandjousri, reconnu la cause de ce rayon merveilleux. — Et là-dessus il présenta « scs hommages au Bouddha Pao ing, et, accompagné de dix mille Bodhisattwas, « il passa trois fois à sa droite, puis étendant les bras comme un général valeureux, « il disparut tout à coup du kshma Pao chi. En moins de rien il se trouva dans la « terre de la patience, et se tenant dans l’espace sans se faire voir, il laissa tomber « une pluie de fleurs célestes sur l'assemblée, qui en eut jusqu’aux genoux. Émer- « veillés de ce prodige, tous ceux qui formaient l’assemblée demandèrent à Bouddha u ce que présageait cette pluie de fleurs. Bouddha avertit ses parents et scs proches

« que c’était Mandjousri avec dix mille Bodhisattwas, qui venaient d'arriver confor- « mément à ses ordres, et qui, du haut des airs où ils étaient placés, faisaient pleu- « voir des fleurs pour honorer sa dignité. — Que nous souhaiterions, reprit l’assem- « hléc, de voir Maridjousri et les Bodhisattwas ! Quelle félicité de contempler ce « véritable maitr&, tel qu’on ne saurait en rencoutrer! — Ils n'avaient pas fini de » parler que Mandjousri et les Bodhisattwas se montrèrent et vinrent se prosterner « devant les pieds de Bouddha. Ils firent sept fois le tour à droite, et par le pouvoir « surnaturel dont ils étaient doués, ils firent éclore de grands nymphéas sur les- « quels ils se placèrent. Ensuite, le fils des dieux, Tsi chan lia in, dit à Bouddha « qu’il désirait demander à Mandjousri des éclaircissements relatifs au saint en- « seignement, qui fussent propres à aider la marche incertaine de l'assemblée. « Exposez vous-même votre pensée, répondit le Bouddha, et on satisfera à vos a questions. » Alors le fils des dieux s’engagea dans une série de questions auxquelles Mandjousri satisfit pleinement, sur les perfections du Bouddha que celui-ci venait de quitter, sur le principe de la vérité, sur les progrès des religieux mendiants, sur la nature de l’àme, etc. Celte conférence théologique est infiniment curieuse, en ce quelle touche aux dogmes les plus relevés du bouddhisme, dont l’exposition se rapporte à un Bouddha exalté, et est placée dans la bouche de la sagesse divine elle-même. Mais elle embrasse des sujets très-obscurs , et comme elle occupe vingthuit pages, je dois la renvoyer à une autre occasion.

(Sy) Kouan chi in.] Autre personnage de la mythologie bouddhique, non moins célèbre, mais mieux connu que Mandjousri. Sous la forme qu'on lui voit ici, son nom signifierait en chinois vox contemplons sœculam; mais c’est une traduction du terme original sanscrit jfvalokites’wara, qui, bien que généralement admise à la Chine, repose sur une méprise signalée par M. Kiaproth*. Les premiers auteurs qui ont voulu faire passer ce nom dans leur langue, ont pris la finale iswara, seigneur, pour su-ara, son, voix k. La véritable interprétation chinoise est Kouan tseu tsaï, le seigneur contemplant. On donne à ce personnage mythologique Une foule de noms divers. On l’appelle en sanscrit Padma puni (porteur de nymphéa), en tibétain sDjan ras gZigs àV ang tchhoug, en mongol Ergetoa khomsim bodisatou *. Dans le système bouddhique dont nous devons l’exposition à M. Hodgson, Padma pâni est le Bodhisattwa ou la production active du quatrième Bouddha céleste Amitahh'a, et on lui doit la création du monde actuel d, ou du moins la formation des êtres animés; car la partie matérielle de l’univers passe pour l'ouvrage de Mari-

* Nom- Journal asiatiqmt , loin. VII, pag. 190. — • KJjproth , Fragments bouJJkiqae.t . pag. 3a.

k Voyrx la relation de Hiuan tb.iang sur le pays d'Oudyana.

1 Voyei une figure de ce personnage dans les

5aaunfajijf h Ut or Nachrict. tom. II, pi. I, fi g 3, et une description détaillée de sa Ggure mythologique , dans VA/phab. Tibet, pag. 17G sqq.

4 Transactions of Ou royal asiatic Society, tom. Il , pag. a 38-

FOË KOUË Kl.

djousri (ci-dessus, note 35). Dans un autre système, Padma pâni, fils céleste du Bouddha divin du monde actuel, est, dans cette qualité, entré en fonction depuis la mort du Bouddha terrestre Shàkya niouni. comme son remplaçant, chargé d’être après lui le protecteur constant, le gardien et le propagateur de la foi bouddhique renouvelée par Shàkya. C’est pour cette raison qu'il ne se borne pas à une apparition unique comme les Bouddhas, mais qu'il se soumet presque sans interruption à une série de naissances qui dureront jusqu'à l'avéuement de Maîtreya, le futur Bouddha. On croit aussi qu’il est incarné dans la personne du Da la'i-lama , et qu’il paraîtra en qualité de Bouddha, le millième de la période actuelle du monde. Le Tibet est sa terre de prédilection; il est le père de ses habitants', et la formule célèbre Om mani padmè hom est un de ses bienfaits K. Le système auquel appartient cette seconde explication du rôle d’Avalokitcs'wara aurait besoin d'être fortifié dans quelques-unes de scs bases ; et . par exemple , on ne sait si c’est dans l’ordre des idées philosophiques ou dans la classe des mythes, qu'on doit placer cette supposition, qu'en parvenant à la perfection. bouddhique, un Tathàgata se crée à l’instant, dans le monde des manifestations, une sorte de reflet ( Abglanz ) , qui est un Bouddha de contemplation [Bouddha dhyani), et que de celui-ci nait un Bodhisattwa tel qu’est Avalokites'* a ra . Je ne puis risquer de m’égarer en ce moment dans ce dédale théologique, et suivant ma marche ordinaire, je me borne à transcrire quelques fragments des légendes chinoises au sujet du personnage dont parle ici Chy fa Inan.

» Autrefois, il y a dix quadrillions de fois cent quadrillions de kalpas (le plus petit u kalpa, comme on sait, est de seixe millions huit cent mille ans, et le grand kalpa, « dont il doit être question ici, est d’un milliard- trois cent quarante-quatre millions « d’années1), dans un monde appelé ('Juin Où lan, le kalpa étant nommé bien tenu « (les préceptes bien observés), il y avait un saint roi Tchakravarti nommé fi'ou •> tseng nian, qui régnait sur les quatre parties du monde. Ce fut alors que le Tathàgata .« Pan tsang ( Ratnagarbka ) parut dans le monde. Le roi avait mille fds dont l'ainé se « nommait Poahinan (non ocutos mnvens; Animisha?) et le second Ni mo. Il avait un « ministre nommé Pochai [Hatnâkan «), qui était le père du Tathàgata Pao tsang. Ce u ministre exhortait le roi, ses fils, leurs parents et alliés, ainsi qu’un nombre infini « d'hommes et de dieux, à livrer leurs pensées au Bodhi (la perfection bouddhique), « de manière à pouvoir tous obtenir, dans les dix parties de l’univers, le rang de « pure intelligence. Ce ministre Pan haï est le Shàkya Tathàgata d’à présent. Alors » le roi et ses mille fds rendirent hommage au Tathàgata, et, s’attachant à ce • Bouddha, embrassèrent la vie religieuse et cultivèrent la doctrine. Bouddha cban- « gea le nom du roi en celui de fi ou liang thsing tsing ( immensa puritas ; /Imitas’ oud-

Alphalrluiu hbftanum. pag, a8o. — tebereiniÿe CrandlfArrrutn Haii>lhaiimus . Ahkanit-

* Ijtà heu chia Ichktou iing (Livre d« la divine for- liinj, 1, p<g ai, aï

mut* de» sis syllabes] et autres outrages du même * Compare! Etsai mr la catmoympAir et la casmageore, cité» dans le Chtn i fiait, liv XCVlII.pag. *4, game des Bouddhistes, S a

« dhi?), puis ii lui assigna dans In monde occidental de ’An lo (le séjour de la joie « tranquille, ordinairement Ki lo, la joie suprême, en sanscrit Soak'hâvati) le rang « et la dignité de Bouddha sous le titre de // ou liang cheou (Amilabha). Alors son «i fils ainé Pou hiaan, s’adressant au. Bouddha : Honorable du siècle, lui dit-il, mes « bonnes dispositions, mes réflexions et mes vœux tendent tous à la pratique de la « doctrine du suprême Bodhi . Les maux qui affligent tous les êtres, les terreurs « auxquelles iis sont en proie et qui les écartent de la droite voie, leur chute dans le u séjour des grandes ténèbres, les douleurs sans fin qui les tourmentent sans qu’ils « aient uu libérateur ou un protecteur, leur font invoquer ma puissance et mon « nom. Mais leurs souffrances que mon œil céleste me fait voir, que mon oreille céu leste me fait entendre, et auxquelles je ne puis porter remède, me troublent au « point de m’empêcher d’atteindre à l’état de pure intelligence. Honorable du siècle, « souffrez que je renouvelle un vœu que j’ai déjà exprimé en faveur de tous ces « êtres. Le saint roi Tchakravarti est maintenant devenu Bouddha dans le monde « de la joie tranquille, sous le titre de /fou liang cheou (Amitabha). Quand, après « un nombre infini de kalpas (le nombre est déterminé, // ou liang, c’est-à-dire cent « quintiliions, ou selon un autre calcul, un asankltya élevé à la troisième puissance. « Vasanlihya est de cent quadrillions), il aura accompli son œuvre de Bouddha, il « entrera dans le pan ni.houan (chap. XII, note 3; cliap. XV, note i5), et la loi sera u invariablement observée. Moi, pendant ce temps, je dois exercer la condition de « Bodhisattwa ; si je pouvais accomplir l'œuvre de Bouddha, dès la première nuit « oit sa loi directe ( Tching fâ) serait éteinte, la nuit suivaute j’atteindrais au rang de u Bouddha. Alors le Bouddha Pao tsang, lui assignant la fonction qu'il sollicitait, lui « répondit : Excellent jeune homme, tu as contemplé les dieux, les hommes et les « trois conditions mauvaises (celles des brutes, des démons et des damnés), et « touché d’une compassion parfaite, tu as désiré détruire les souffrances et les im- « perfections de tous les êtres; tu souhaites qu’ils soient tous admis dans le séjour u de la joie tranquille; c’est pourquoi je dois t’accorder le titre de Kouan ehi in ( Ava- « lokites’wara , Seigneur qui contemple). Tandis que tu exerceras la condition de « Bodhisattwa, il y aura des centaines de milliers de H ou liang (cent quintiliions) «• de millions de Na yeou tha (billion) d’êtres qui le devront d’être garantis de la « douleur. Tu pourras opérer la grande œuvre de Bouddha et succéderai! Bouddha « IVoa liang cheou (Amilabha) sous le litre duTathàgata roi des montagnes, a tir mé- « rites éclatants de lumières ( } thsr kouang ming koung té chan uang Jou (aï). — Le se- « coud des princes vint devant le Bouddha et exprima le désir de pouvoir succéder « à Kouan in, et d’avoir le même royaume et les mêmes avantages de beauté, sans « aucune différence avec Kouan in. Le Bouddha lui assigna la qualité de Bouddha u avec le titre de Talhâgata roi des montagnes précieuses, où l’on excelle dans 1‘obscnation « (de la loi ) ( Chen tchu tchin pao chan wang Jou laï). Il lui dit ensuite : Excellent jeune « homme, comme tu as désiré de prendre le grand univers (sous ta protection), je

FOË KOUË Kl.

« f accorde ce titre, et tu seras Ta tchi chi (en sanscrit Mahâsthânaprâpta , celui qui <■ a acquis une grande puissance; cest le titre d’un Bodhlsattwa ‘). — Les mille fils u du roi vinrent également faire des voeux devant le Bouddha , qui leur accorda à « tofUs le rang de Bouddha. ■»

Cette légende est, comme on voit, opposée à la notion qui fait d’Amithabha un Dhyâni Bouddha, et d’Avalokites’wara un Dhyéni Bodhisatlwa; elle semble être contraire aussi à l’opinion qui lie ces deux personnages au Bouddha humain Shâkya, le premier en qualité de reflet céleste ( Abglanz ), et le second comme émanation de celui-ci. On reconnaît, par cet exemple , combien il serait difficile de se former une idée juste des abstractions théologiques du bouddhisme, si l’on était réduit, poulies apprécier, à percer le voile des allégories et des légendes qui les enveloppent.

Par des raisons qu’il serait trop long de transcrire ici, on donne ordinairement aux statues d’Avalokites'wara onze têtes et huit brask; quelquefois on le figure avec mille bras et mille yeux, et on le désigne eu conséquence par le nom de Kouan chi in, aux mille yeux el aux mille mains'. Comme représentant, dans l’ordre mythologique, la force productive de l’Intelligence suprême, Avalokitcs’wara est figuré avec quelques-uns des attributs d’une divinité femelle d. La douceur et la beauté de ses traits , quand on supprime les onze têtes et les huit bras, permettraient de le prendre pour une déesse. Aussi, beaucoup d’auteurs s’y sont trompés, et ils ont regardé Poussa (Phou s5, Bodhisatlwa) comme une divinité femelle , une Cybèle *, ajoutant à cette première méprise des explications tout â fait absurdes f. Ce qui est plus singulier, c’est que les Chinois eux-mêmes n’ont pas su s1 en garantir. Le nom de Phou sa est féminin dans la religion populaire et dans la langue commune. On compare la parure des femmes des Francs à celle des Phou sa; et des idoles peintes ou sculptées, de métal et de porcelaine, qu’on nomme Phou sâ, sont pourvues de signes très-caractéristiques du sexe auquel le vulgaire les a fait passer. Quelques mythologues, qui ont puisé à des sources corrompues, n’ont pas craint de répéter à ce sujet des fables tout à fait ridicules et complètement étrangères à l’esprit de la religion bouddhique. C’est une notice de ce genre qu'on lit sur Kouan chi in, dans un petit ouvrage de mythologie informe et sans autorité, dont le titre semble annoncer un traité sur les trois doctrines, et qui ne renferme en réalité, sous la forme que les éditeurs récents Ipi ont donnée, qu’un amas de notions décousues, prises çà el là dans des écrits sans autorité, et réunies sous l'influence du syncrétisme ignorant el de l'évhémérisme étroit qui doiniuent dans le bas peuple de la Chine. Pour cet auteur, Kouan in Phou sâ n’est que la troisième fille du roi

* Vocab. prnlacfl. secL IX , n* 3.

* Alphab. Tibet. pag. 166, 176, pl. IV. — P*! las, Samml. u. s. f. tom. I , pag. 87, pl. 1, fig. 3. — Ka-tnpf. Rcichrutni)\<j ton .Jupon . pl. XXXVII.

* Klaprolli, Journal asiat. tom VII, pag. 191.

4 Alpluib. Tibet, pag, 178. — Kscmpf pl, XXXVII,

* Kircher, China illustrata. |»g. 1.J0, i4t 1 Burrow. Voyage en Clair, lom. II, pag. 117, tom. III, pag. 3o8 de la traduction française — Voyei aussi Al. llamilton, A ne» aceount of Ihe Etui Imites . tom. Il, la planche qui w troune à la page s 67

NOTES Sl'R LE CHAPITRE XVI.

Tchoaang de Thsou ( qui régnait au commencement du sixième siècle avant J. C., dans la province actuelle de Hou kouang). Cette princesse, nommée Miao chen (admirablement bonne) , mérita les honneurs divins pour sa vertu, sa piété filiale et sa dévotion à Y honorable du siècle, cinq ou six cents ans avant que cc nom ne fût connu dans le pays quelle habitait*. Son père, suivant cette tradition absurde, lui fit ériger une statue sous le nom de la très-compatissanle liodhisathra ( Ta pci Phou sa). Cette statue se trouva avoir mille mains et mille yeux ; mais ce fut par l'effet d’un singulier malentendu. Le roi avait ordonué que l’on moulât les mains et les yeux en entier Thsiouan cheou thsiouan yan) ; et l'eunuque chargé de trans-

mettre ses ordres , crut entendre qu'il fallait lui donner mille mains et mille yeux Ths,an c^colt Ihsian yan), On voit que ceci n’est qu’une interprétation entièrement controuvée, de l’idée théologique qu’on a voulu exprimer en donnant à Avalokites'wara mille yeux et mille mains; mais ce qu'il y a de plus contraire à la vraisemblance dans cette tradition , c’est de faire remonter le nom de Bodhisattwa et l’érection d’une statue monstrueuse, à une époque où la Chine ignorait encore complètement et l’existence de ce personnage mythologique et ces représentations indiennes allégoriques. La salue de la très-compatisseuite Phou sii fut, dit-on, honorée sous les dynasties Han, Thang, Soung et Yuan. Elle fut ensuite détruite par les Bonnets rouges, sous la dynastie des Ming, de manière qu’il n'en restait pas de vestige. Elle fut rétablie par autorité publique dans les années Sionan të ( i âaG-i 435). Un auteur plus instruit que celui qu'on vient de citer, dit au contraire, qu’on n’a jamais entendu parler de femme appelée Kouan in ; qu’en examinant avec attention le Fan yuan tchti lin, le Siuan nian mina thsiang, et tous les livres ou sont relatées les manifestations de Kouan in, même sous les dynasties récentes, soit parmi les Bodhisattwas , soit parmi les Cha men ou les Tao sse, il n’y en a absolument aucun qui en ait fait une femme; que tous les contes relatif» à un Phou sâ femelle ont pris naissance sous les Soung, et que ce sont les religieux de la dynastie des Yuan qui ont inventé le conte ridicule ) de la fille du roi de

Tbsouh. Un autre écrivain fait remarquer que, comme on voit en certains lieux des images, avec des ornements de femme et des pendants d’oreilles, tout à fait étrangères au Bodhisattwa des Samanéens, on ne peut attribuer l’idée d’une divinité femelle aux religieux des dynasties Soung et Yuan *.

Il y a une légende fort curieuse, en ce quelle fait mention d’un très-ancien Bouddha du nom A'Avalokites’ivara. Jadis, dit-on, il y a un asankhya (cent quadrillions) de dizaines de quadrillions de kalpas, existait un Bouddha nommé Kouan chi in ( /Iralokites’tcara). Le Bodhisattwa du même nom reçut de ce Tathâgata la faculté d'exercer son application et de pratiquer les enseignements, de manière à mettre en

* S*'ou ckinki, liv. IV, pag. io. — Jou Ukeoutcki. cite dans le Ckin i ûan. liv. LXXIX, pag 3o

* .San Ihsai tk ou koei, J in Hé, liv. X, pag. \ v

• /lui/.

FOË KOUË Kl.

action une contemplalion pénétrante comme le diamant, une bonté et une miséricorde semblables à celles d'un Bouddha , la puissance de secourir tous les maux, et le pouvoir de pénétrer en tous lieux, sous trente-deux formes, et de sauver généralement tous les êtres. C’est ce qu'on nomme les trente-deux relations ou correspondances d’Avalokites’wara ( Rouan chi in, san chy eut ing). Ainsi : i° Quand les Bodhisattwas entrent dans le Samâdi, et qu'ils s'exercent à compléter la suprême délivrance. Avalokitcs’wara leur apparaît sous la forme de Bouddha et leur prêche la loi qui les aide à accomplir cette délivrance, a® Il apparait comme Tu kiô (Pratycka-Bouddha) aux hommes parvenus à ce rang, c’est à-dire à ceux qui sont nés dans les temps où il n’y a pas de Bouddha, qui n’ont point eu de maître et ont appris par eux-mêmes ou tout seuls Tü kiô). 3° Il se montre dans le même

but aux luiin kiô, sous la forme d’un Yuan kiô , c’est-à-dire d’une Intelligence qui, par la contemplation des douze nidânas, a compris la véritable nature des choses [nidâna IîoiuLlha?), supprimé ces nidânas, et triomphé de la nature (mortelle). On continue la même explication à l’égard des autres conditions auxquelles le Bodhisattwa, complet dans la manifestation de sa nature triomphante ( |HJ 3 i s’ac-

commode pour opérer leur délivrance. Ce sont : à* les Srârakas, ou ceux qui ont entendu la voix de Bouddha, obtenu par l’étude la connaissance du vide des quatre vérités, et pénétré dans le niivâna par la pratique de la loi. 5" Brahma, ou le seigneur du ciel de la première contemplation du monde des désirs*, dont le Bodhisattwa prend la forme en faveur de ceux des êtres qui souhaitent se maintenir dans une pureté parfaite, en écartant d’eux les désirs et leurs souillures. 6° Indra, dont le Bodhisattwa prend la forme pour délivrer ceux qui veulent devenir rois des dieux. -ja Iswnra . le cinquième dieu du monde des désirs, dans la personne duquel le Bodhisattwa se transforme en faveur de ceux qui désirent parcourir les dix parties du monde en qualité de seigneurs. 8® Mahà-Iswara, ou le sixième dieu du monde des désirs, auquel le Bodhisattwa s’identifie pour le salut de ceux qui veulent traverser l’espace en volant. 9" Le grand général des dieux, ou le général d’Indra, au poste duquel on aspire quand on veut commander aux génies et prendre les royaumes sous sa protection. 10“ I-es quatre rois des dieux; savoir : celui de la partie orientale , ou le protecteur des royaumes: celui du midi, ou gui accroît la grandeur; celui de l’ouest, ou le dieu aux larges yeux; celui du nord, ou le savant, dont la fonction est de gouverner le siècle et de protéger les êtres vivants. 1 1® Les fils des quatre rois des dieux, qui naissent dans les palais célestes et se font obéir des génies. ia® Les rois des hommes. i3® Les chefs de tribu. 1 4° Les lettrés ou philosophes qui se plaisent à débiter de belles maximes et à pratiquer des principes de pureté. i5° Les magistrats ou chefs qui administrent des portions de territoire. 16° Les Brahmanes (ou hommes qui marchent dans la pureté), lesquels cultivent l’arithmétique et les

• Compnrex ci-apre», d»ap. XVII, note 3i.

sciences occultes, comme l'astrologie, l’art divinatoire, etc., en gardant (leur cœur) et concertant (leur personne et leur bouche), c’est-à-dire en se soumettant à des observances morales et physiques. 17° Les mendiants (chap. Vil I , note 5). 180 Les mendiantes. 19° Les Y cou pho sé ( Oupâsika ) ou hommes purs, qui se plaisent dans l’observation des cinq préceptes et mènent une vie laïque. iou Les Y cou pho i ou femmes pieuses laïques, a 1® Les reines ou femmes des empereurs, dont le Bodhi~ sattwa prend la forme pour gouverner la foule des femmes et prêcher celles d'entre elles qui exercent des fonctions dans les palais et sont au service des rois. Les hommes qui veulent garder la continence, a 3" Les filles qui gardent leur virginité, a 4° Les dieux. 1 5* Les dragons. -16" Les Yô cha ou Yë cha ( Yaksha ), ou braves. 17® Les khan thà pho ( Candhanas , obscurité odoriférante) ou génies de la suite d’Indra. 28° Les j sicou h ( Asouras , irréguliers, imparfaits), ainsi nommés à c ause de la difformité de leur figure. 29* Les Ain na lo ( kinnara), esprits douteux, c’est-à-dire monstres, qui ont la figure d’hommes et ne sont point des hommes, qui ont des cornes sur la tête, etc. 3o® Ma Iwu lo kia (Mahoraga) , les hydres ou grands serpents. 3i®Les hommes. 3a° Les non-hommes, c’est-à-dire les démons ou les brutes, êtres corporels ou incorporels, doués ou privés de la faculté de penser \ Par la puissance qui lui est accordée, le Bodhisattwa s’accommode aux trente-deux conditions qu’on vient d’énumérer et qui embrassent tous les êtres; il en revêt la forme; il prêche ceux qui aspirent à un état meilleur et ceux qui, placés dans un état désavantageux, s’efforcent de s’en délivrer, et il leur fournit les moyens d'y parvenir.

(38) Présents ... . à la fin de tannée»] Ce sont apparemment des étrennes que l’on

donne aux religieux mendiants. Le mot chinois signifie proprement la fin

d'une année et le renouvellement de l'autre.

(39) La sainte troupe ] ou la sainte multitude, l’assemblée des fidèles, le Sangu, l’église.

(40) Le Ni houan de Frtf.] Quelque opinion qu’on adopte sur l’époque de la mort de Siiàkya, il est toujours extrêmement remarquable qu’un Bouddhiste du v* siècle de notre ère fasse remonter la prééminence de sa religion dans l’Inde centrale à huit ou neuf siècles avant J. C., et qu'il assure qu’on n'avait encore, de son temps, apporté aucune interruption aux avantages que les rois du pays accordaient aux Samanéens. La suprématie des Brahmanes doit donc être reportée en d’autres lieux. C'est là une question historique de la plus haute importance.

(41) Quarante ou cinquante mille fi.] Le U employé à la vague énonciation de ces longues distances était fort petit. La longueur de la côte de Malabar, depuis les bouches do l’Indus, n’est donc pas ici très-exagérée.

* y«u 1 king. cilé dans le Son tsang fl jou. lit. XLYIII, pag. 5. *

Page 1