‹ Foe koue ki ou relation des royaumes bouddhiquesChapitre 42 sur 112 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

d’une vive douleur. Les autres religieux adressèrent une question à Fâ hian et à Tao tcliing : De quel pays êtes-vous venus? leur demandèrent-ils. Nous sommes venus de la terre de Han, répondirent ceux-ci. Les religieux reprirent et dirent en soupirant : L’admirable chose! ces hommes de l’extrémité de la terre sont capables de venir chercher la loi jusqu'en ce lieu ! Puis ils se parlèrent entre eux : Nous autres maîtres et Ho chang (19), depuis le temps que nous nous succédons les uns aux autres, dirent-ils, nous n’avions pas encore vu venir ici des prêtres de Han (ao).

Au nord-ouest du temple, à quatre li, il y a un bocage qu’on nomme Bois des yeux recouvrés. Il y eut jadis cinq cents aveugles qui, se rendant au temple, séjournèrent en cet endroit. Foë prêcha la loi en leur faveur, et ils recouvrèrent tous la vue. Ces aveugles, transportés de joie, plantèrent leurs hâtons dans la terre et firent un acte d’adoration, le visage tourné de ce côté. Les bâtons prirent racine et grandirent. Les gens du siècle, par respect, n’osèrent les couper, et ils formèrent un bocage : c’est pour cette raison qu’on le nomme Bois des yeux recouvrés. Les religieux du temple de Tchi houan vont souvent, après leur dîner, s’asseoir dans ce bocage pour s’y livrer à la méditation.

Au nord-est du temple de Tchi houan, à la distance de six ou sept li, la mère de Pi che khiu (ai) fit bâtir un temple, et y invita Foë ainsi que les religieux. Cet endroit est dans une étroite dépendance du temple de Tchi houan. Le bourg a deux portes, tournées l’une du côté de l’orient, et l’autre du côté du nord. C’est là le jardin que le patriarche Siu thâ fit faire après avoir donné l'argent pour l’acheter (ia). Le temple est situé au centre, dans l'endroit où Foë s’était arrêté et avait très-longtemps prêché la loi pour le salut des hommes. Aux lieux où il a passé ou s’est assis, on a partout élevé des tours, et ces lieux ont tous des noms particuliers : tel est celui où Sun lo li accusa Foë de meurtre (a3).

Quand on sort du temple de Tchi houan par la porte orientale, et

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qu'on marche au nord, à la distance de soixante et dix pas à l'ouest de la route, on trouve le lieu où Foë disputa jadis avec les partisans de quatre-vingt-seize sectes hérétiques («4). Les rois du pays, les grands, les magistrats et le peuple étaient tous amoncelés comme des nuages et occupés à écouter. En ce moment, une fille hérétique, nommée Tchen telle mo na, poussée par un sentiment de jalousie , rattacha ses vêtements sur son ventre de manière à faire croire qu’elle était grosse, et, en présence de toute rassemblée, elle vint reprocher à Foë d’avoir enfreint la loi (35). Alors le roi des dieux, Chÿ, se changea en un rat blanc et vint ronger la ceinture quelle avait attachée sur ses reins, de sorte que ses vêtements tombèrent à terre; la terre s’entrouvrit, et cette femme tomba vivante dans l’enfer. Thiao tlm (j6), qui de ses ongles venimeux avait voulu déchirer Foë, tomba pareillement vivant dans l’enfer. Ces lieux ont été reconnus et marqués par les hommes qui sont venus après. Dans l’endroit où eut lieu la dispute (avec les hérétiques), on a aussi élevé un temple; ce temple est haut de six toises (>7) environ. Dans l’intérieur est une statue de Foë assis.

A l’orient de la route, il y a une chapelle (38) des dieux appartenant aux hérétiques et qu’on nomme Couverte par l'ombre. Elle est en face du temple bâti sur le lieu de la dispute, et les deux temples sont ainsi à l’opposé l’un de l’autre des lieux côtés de la route. Ce dernier est aussi haut de six toises environ. Voici pourquoi on l’appelle Couveit par l'ombre. Quand le soleil est à l’occident, le temple de X honorable du siècle (39) couvre de son ombre la chapelle des dieux appartenant aux hérétiques; mais quand le soleil est à l'orient, l’ombre de la chapelle se dirige au nord et ne recouvre jamais le temple de Foë. Les hérétiques avaient coutume d’envoyer des gens pour garder la chapelle de leurs dieux , la balayer, l’arroser, y brûler des parfums et y allumer des lanternes pour célébrer leur culte; mais le lendemain matin toutes les lanternes se trouvaient transportées dans le temple de Foë. Les Brahmanes (3o), pleins de

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