CHAPITRE XXII
Au nord-est de la ville, à plusieurs li, est le Champ royal. Là est le lieu où le prince, placé sous un arhre, considéra des laboureurs (17). A l’est de la ville, à cinquante li, est le Jardin royal; ce jardin porte le nom de Lun ming (18). La dame (19) étant entrée dans l'étang pour se baigner, en sortit par le côté septentrional ; elle lit vingt pas, prit à la main une branche d’arbre, et s’étant tournée du côté de l’orient, elle donna naissance au prince. Tombé à terre, le prince fit sept pas. Deux rois des dragons lavèrent son corps (30) . A l’endroit où cette ablution eut lieu, il se forma aussitôt un puits; et c’est à ce puits, aussi bien qu’à l'étang où avait eu lieu le bain, que les religieux ont coutume de puiser l’eau qu’ils boivent.
Il y a pour tous les Foc quatre lieux déterminés éternellement : le premier est celui où ils accomplissent la doctrine (ai); le second, celui où ils font tourner la roue de la loi (aa) ; le troisième, celui où ils prêchent la loi, où ils ont des conférences et où ils soumettent les hérétiques (a3) ; le quatrième, celui où ils redescendent après qu’ils sont montés au ciel de Tao li (a4), pour y prêcher la loi en faveur de leur mère (a5). Les autres lieux sont ceux des diverses manifestations suivant les circonstances. Le royaume de Kia ’weï lo ’weï est une grande solitude; le peuple y est rare et en petit nombre. Sur les routes on a à redouter les éléphants blancs et les lions, de sorte qu’on n’y peut voyager sans précaution.
Après le lieu où Foë est né, en faisant cinq yeou yan (a6) vers l’orient, on atteint le royaume de Lan mou.
(1) Unj'eon^an.] Une lieue et un tiers environ.
(a) Kia ’teet h ’ueï. ] C’est certainement par une faute d'impression qu’on a supprimé la troisième syllabe de ce nom dans le IVen hian thounq khao‘, où on lit Kia ’wei
' Wtn kian thnuny khan, 1 iv. CCXXVI, pag. ».
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wc ï; celte faute s’est reproduite ailleurs \ Les Mongols écrivent f* Kabilik, et Fauteur persan du Tarikhkhatayi, attribué à Abdallah Betdhawi. Kiâpilâvih.
Le plus grand nombre des auteurs bouddliistes qui ont écrit en chinois, rendent le même nom par ^ Kia pi b *; quelques-uns l’interprètent par bienfaisant, ce
c|ui est une méprise , car c’est ainsi qu'on traduit le nom de SJuikya ; d’autres plus exacts le rendent par jaune. La signification du nom de Kapilavastoa ne saurait être l’objet
d’aucun doute, puisque nous en possédons la traduction tubétaine qui est :
Ser s.kyai g,ji (le sol du Jaune foncé), ou
ghrong (la ville du Jaune foncé). Ser s.hya (en mongol j-k-m* signifie le jaune foncé, comme kapila en sanscrit. C’était aussi le nom du célèbre ermite cfifî|$ A apila, qui donna aux fondateurs du royaume de Kapila le sol où ils bâtirent leur ville, comme on le verra dans la note 10 de ce chapitre. Hiuan thsang est fauteur qui orthographie le mieux le nom de cette ville, en le rendaut par -f 3^
J-ÿ jfL Aiéf pi b fi soit tou *, ce qui exprime très-exactement le Kapibvasbu ou Kapilavattha des bvres pâli. Les Birmans écrivent ce nom Kapilavot; les Siamois, Ktibinlatcathou ou Kabilapat ; les Singhalais, Kimboabat ; et les Nepaliens, Kapila-pour.
Le royaume de Kapila est encore mentionné par Ma touan lin sous le nom de Kia pi li. Dans l’article Inde, il dit : « Dans la 5* des années Yuan kia , « du règne de l’empereur fVen ti des Soung (4*8 de J. C.), Vu ai, roi de Kia pi li. a dans le Thian tchù, envoya une ambassade à l’empereur. Elle apporta une lettre « et des présents consistant en bagues de diamant , en anneaux d’or pour freins , « et en animaux rares, parmi lesquels il y avait un perroquet rouge et un blanc. « — Sous l’empereur Ming ti, de la même dynastie, la deuxième des années Thaï « chi (466 de J. C.), le Kia pi li envoya encore en Chine une ambassade qui « apporta un tribut. L’ambassadeur reçut le titre de général élevé et grave \ »
Le Ly toi ki sza, qui mentionne aussi l’ambassade du roi de Kia pi Ii, en 4a 8 de notre ère, ajoute que la lettre adressée 4 l’empereur était rédigée tout h fait dans le style des prédications de Bouddha r.
Les rédacteurs de la grande collection géographique intitulée Pian i tian , disent , en pariant de ce Kiépi b fi soi I tou , qu’anciennemcnt on écrivait mal ce nom ,
^8 Kia pi b tpei, et que ce pays était situé â la frontière de ['Inde du Milieu ;
* Yaan kian hmi han. liv. CCCXVII, pag. 3, 3 v. — Tchttm chou i hi. cité lA-même. — £uo« «r les sectet de Skdkya el de Lan tse a. aiine&é 4 l'Histoire des *W«à, cité dans le Cüin i liait, liv. LIX, pag. i .
k llistor. Sinrnsis. ftl.A. Mûller, Jeux, 1689, in-4*, jjog. ag du teste persan. Le traducteurs nul lu ce nom, Dakja PUav*. pag. 4i c .San tainy fâ sou. liv. XIII, pag. 17; liv. XXX,
pag. «8 9.; liv. XXXIII, pag. *4. — San tksal tkon koet, Jin wc, liv. IX, pag. 19*.
* Pian i liai*, liv. LXXV, art. 6.
' Voycx IVe i» /uun ihouwj khao. liv. CCCXXXVIII , pag. 1 5; et le Pian i tian. liv LXVII, art. 5- — jVolier Ja royaume de Kia pi ti. pag. 1 , tirée de l’Ilistoirc des / el des Man , du temps de la dynastie «le» T sang ' l.ÿ fa l ki ua , liv. XLVI, pag. 35 r.
mais il parait qu ils sont restés dans le doute sur l'identité du kia ’tccï lo 'im de Chÿ fa hian et du kië pi lofâ sou tou de Iliuan thsang, de sorte qu après avoir inséré, à la place convenable, l’extrait du Foë k'ouë ki qui se rapporte au premier de ces noms*, ils ont renvoyé ailleurs le chapitre du Si yu tchi qui devait s’appliquer au second; puis ils ont oublié de transcrire ce chapitre, et c’est une omission qui nous est trèspréjudiciable , parce qu'elle nous prive de points de comparaison très-nécessaires pour l' éclaircissement de la partie du récit de Fà hian que nous avons maintenant sous les yeux.
Je crois être le premier qui sc soit écarté de l'opinion vulgairement reçue, que le Bouddha Shâkya mouni a vu le jour dans le Magadha ou Bahar méridional. Dans une note que j'ai ajoutée à la traduction française de la Notice sur trois ouvrages bouddhiques, par M. II. II. Wilson, insérée dans le cahier de février i83i du Nouveau Journal asiatique (pag. io3), j’ai dit : « Il n’est pas facile d'indiquer avec quelque « certitude l'emplacement de kapilapour ou kapilaivastou. D’après les relations chi- <■ noises, il paraît que cette ville était située dans le nord de l'Inde, dans le pays « d'slyodhya ou Oude. ... Toutes les notions que nous avons sur la patrie de Shâkya o sinha nous obligent de la chercher plus au nord, dans le pays nommé à présent Oude, et qui est l'ancien slyodhya. »
Selon le Kah ghyour ou la grande collection de livres bouddhiques traduits en tibétain , la ville de kapila ou kapilavastou était située dans le kôs’ala ou l’Aoude de nos jours. A l’époque de la naissance de Shâkya mouni, la plus grande partie de l'Inde centrale était sujette aux rois de Magadha; c’est pour celte raison que le pays de Kôsata, dans lequel kapila était située, fut considéré comme appartenant au Magadha, dont il était vraisemblablement tributaire. En tout cas, Magadha est la contrée dans laquelle eurent lieu les premiers travaux de Shâkya mouni; il n’est donc pas étonnant que plusieurs auteurs bouddhistes aient placé la naissance de ce législateur dans le Magadha même h.
Les auteurs tibétains disent que kapila était près du mont Kailas (dénomination sous laquelle il faut entendit? ici la chaîne du Himalaya) et sur la rivière l Ihdgirathi , qui est le Gange supérieur, ou sur le Rohini, qu’il ne faut pas confondre avec la rivière connue à présent sous le nom de Rohini, laquelle est un des allluents du Gandak. Kapila devait d’ailleurs se trouver près de la frontière du Népal, puisque les légendes bouddhiques disent que la famille des Shâkvas, ayant été chassée de sa patrie, s'était retirée dans ce pays. La chronologie chinoise des patriarches bouddhiques le place effectivement au sud ouest du Népal et, d’après une autre relation bouddhique, le pays de Bénarès était au sud de celui de kia *wéi lo ’wcï*.
* Encyclopédie japonaise, li». LXIV, pag. 37, 4 V«an fcnUt hotû tan, liv. OCXVi , pag. 6,
* Pian i tian, liv. LXIV, art. 6.
* Yoyei A sia pofyyhtta, pag. u3- — Journal oj fta /fjtttfit Society in Bengat. tom. I, pag. 7.
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Le Kia pi lo est placé, dans la carte chinoise de l'IIindonstan , insérée dans l’Encyclopédie japonaise * , au nord de Bénarès et du royaume d’Aya tho, de Kiao chang mi et de Kiao sa lo. Aya tho est la ville d’Ayodhya ; Kiao sa lo est le Kôs’âla ou kochalà et Kiao chang mi le Kausâmbî des auteurs hindous. Ainsi, autant qu’on en peut juger d’après une carte où des notions recueillies par des voyageurs chinois sont entassées un peu confusément, Kapila serait au nord de Bénarès et au nord-est de cette partie de la province d’Aoude qui constituait le royaume de Rània; c’est ce que vient confirmer pleinement l’itinéraire de Fa hian. De Kanoudje, il s’était dirigé au sud-est pour atteindre Kôs’ala : il a suivi la même direction, puis celle de l’est pour arriver à Kapila. D’après cette indication et celle du Kah ghyoar citée plus haut, cette ville devait donc être située sur les bords de la rivière de Rohini ou Rohein, qui vient des montagnes du Népal, se réunit au Mahânada et se jette dans le Kapty, par la gauche , au-dessus de la ville actuelle de Ciorak’hpour. De cette manière on peut donc regarder comme un point assuré la situation du lieu de la naissance du Bouddha.
Dans son Essai sur le Bouddhisme, M. Hodgson * dit que Kapâkasloû était situé près de Ganga sagâr. Voici ce qu’on trouve sur ce dernier nom dans le Dictionnaire sanscrit de M. IL H. Wilson : « Sâgar désigne l’Océan. Sagara était un roi d’Ayodhya, « qui avait de Kes'ini un fils nommé Asamandja et soixante mille autres fils de Soamati. « Ces derniers ayant, été changés en un tas de cendres par le sage Kapila, Garouda « enseigna au roi le moyen d’accomplir les rites funéraires avec l’eau du Gange, u que daus ce but on devait faire venir du ciel. Ce grand ouvrage ne fut accompli « que parla dévotion de Bhagirat’ha, petit-fils d’ Asamandja, lequel ayant conduit « le fleuve vers la mer, lui donna le nom de Sagara, et c’est pour la même raison «t que l'embouchure du Gange est appelée Gangâ Sâgar. »
M. J. J. Schmidt s’est trompé en confondant la ville de Kapila avec celle de /ùîdjagriha, située à une distance considérable au sud-est de la première. Cette erreur vient de ce quil a cru que les mots mongols Khaghanoa abkhoï balghad (ville de la résidence royale) étaient la traduction du terme sanscrit Râdjagriha d, qui en effet signifie résidence du roi, mais qui est aussi le nom d’une ville située, comme nous le verrons plus bas, au sud du Gange. — Kl.
(3) Le roi Pt * tsing.] C’est le nom du roi qui fut père de Shâkya mouni. Pé tsing signifie en chinois blanc et pur; on le nomme également dans cette langue Tsing Jan i rang, ou le roi qui mange des mets pars. C’est la traduction du sanscrit Souddhâdana.
* Voyc* U carte jointe A ce volume, pl. I.
KAs'ala , u namn nf tho ci ly Ayodhya (Aoude), or tho neighhouring district. —
Kôchalà . tho counlrv suuth of Ayodhya, or Ayodhya îtsclf. (WiIson's5flfl«'nl/^ic-fionary, a'cd.psg. i5j )
' ÏVuruatlionj of ihe Royal aswU< Society, tom, Il , pag. 24o.
4 Fortchanyen tm ticbictc Jer lldduwjstjetcku-kt* Jer Farlker MUtelatreas, etc. pag. 171. — (ittckichte Jer Ost-MongoUn , pag 3ia.
Je fais suivre ici la généalogie de la maison de Shâkya mouni. On a imprimé eu italique les noms chinois, ainsi que les uoms pâli ; ceux-ci sont précédés d’un p. Les tibétains sont en romain, et les mongols sont précédés d'une m.
Ta chen scng uang
1 t:a mo wang.
> tou h (ko 'rang
Hhiu lo wang
Ai Jroa lo tcang.
Axa Isa kit Wang.
[p. Sittkokina habàtui.
Seogghc b.gbram, m. Oghadjitou arsalan )
Tsing fan xoang,
(p. SoaddhfaUuM.
las d.izang ma , m, Arigbon idrghetou.)
Si t'kû to. .Von (ho
Pi fan wang Hou Jan wang. Kan Ion fan wang.
(p. SouUtk/ana. (p. AnulSdana , ( p . DhMôdana .
Za* d.kur, Ure’woias, b.Doadb r,tw ua,
m. T&agha ideglictou. ) m. Tangsouk idcghetou.) ni Railiiyan idcghetou )
A na lia. Pko in
Pa (ki
Si thâ to, en sanscrit Siddhârta (selon la traduction chinoise ). est le
prince qui. ayant obtenu la dignité de Bouddha, fut appelé Shâkya mouni \ — Kl.
(A) Une représentation du prince . ] Shâkya mouni, avant de quitter la maison paternelle, est toujours nommé fils du roi ou prince, en chinois 7aî tsa, en
sanscrit Râdjapouttra, en tibétain r.Ghial s ris, et en mongol j-w Khan
kuhakhoun { Khan kôbôhn). — Kl.
(5) Dans le sein de sa mère. ] Au moment oit Shâkya mouni, étant encore hodhisattwa dans le ciel Touchita , devait s’incarner dans le sein de sa mère Mahâ mâyâ, épouse du roi Sïouddhôdana, il monta sur un éléphant blanc k six défenses et entra dans le corps de sa mère sous la forme d'un rayon de lumière de
* La partir chinoiae de ce tableau généalogique est principalement extraite du Loui chou tan (/uni (hou koei. aect. Ji" W. lir. IX, ptig. a.
FOË KOUË Kl.
cinq couleurs. Cet éléphant blanc porte en sanscrit le nom de Aradjavartan , c’està-dire le chemin sans tache. Voyez la planche II. — Kl.
(6) A la rue d'un malade.] D’après la grande Encyclopédie japonaise * et selon les autres légendes que j’ai pu consulter, ce fut en sortant, non de la porte orientale, mais de la porte méridionale que Sy thà, en sanscrit Siddha ou Sanârtha siddha (celui qui produit tout le salut) rencontra un malade. La légende de la vie de Shâkya mouni, quand il était encore bodhisattwa c, dit la même chose.
Siddha, étant dans la maison paternelle, était toujours triste et rêveur; pour le distraire, son père lui avait fait épouser la princesse Kieo a i (Katchânâ) fille de Chan kiô (Souva bouddha ) , roi de Sia pho foë (Souprabouddha ). Cette alliance ne fit pour- „ tant pas renaître la tranquillité dans l’âme de son fils. On lui fit donc prendre de nouvelles femmes d’une beauté admirable; l’une appelée Toute louange (Sarvastouli), l’autre nommée Toujours joyeuse (Sadânandà). Ces trois épouses de Siddha avaient chacune vingt mille filles à leur service, toutes bien faites, d’une exquise beauté et pareilles aux nymphes du ciel. Le roi son père s’adressant à Kieou i et aux autres, leur dit : « Le prince a maintenant soixante mille femmes pour ramuser par leurs h concerts et pour le soigner : est-il content et joyeux? Elles lui répondirent : Le « prince est du matin au soir occupé de ses pensées subtiles et de la doctrine; il ne « songe ni aux désirs ni à la joie. Le roi, fort attristé en entendant ces paroles,
« appela scs ministres pour délibérer de nouveau. Il leur dit que les soins qu'ou « avait pris pour le prince étaient épuisés; que ni les trésors, ni les beautés du « monde, ne pouvaient l’arracher à ses projets, et qu’il ne goûtait aucune joie. Est-ce •i donc ce qu’a dit A i? ajouta-t il. Les ministres répondirent : Puisque soixante mille « femmes et tous les plaisirs du siècle ne le réjouissent pas, il faut le faire sortir et « qu’il voyage pour observer le gouvernement, afin de dissiper ses pensées sur la * doctrine. Là-dessus, le roi manda au prince qu'il fallait qu’il voyageât pour faire des « observations. Le prince se dit à lui-même : 11 y a longtemps que je suis enfermé « dans le fond de mon palais , et j'avais le désir de sortir pour voyager et pour m’in- << former de ce qui est l'objet de mes pensées. Le roi fit publier une ordonnance dans « son royaume pour que tous les lieux par où le prince devait passer fussent ornés,
« les rues et les chemins arrosés et balayés, que l’on brûlât des parfums, que l’on « suspendit des tapisseries, des banderoles et des dais. On exécuta cet ordre, et tout « fut orné et purifié. Le prince, accompagné de mille chars et de dix mille cavaliers,
“ commença à sortir de la ville par la porte orientale. Alors un dieu de la classe des u Soutras ) n°mmé A Jan thi ho lo, pour presser le prince de se décider
« à embrasser la vie religieuse, et pour le secourir en le délivrant de scs désirs
Tom XIX, p. 7. Xauxrau Journal asiatique, t. XII, p. 408. — k (Test l«* nom que Shàlya inouni portait dans sa jeunesse. — * Foi prn hing ttÿ, cité dan* le Han tsaug Ji i son. liv. XIII, pag. a 1 .
« enflammés comme trois feux empoisonnés dans les dix parties , voulut faire « pleuvoir l'eau de la loi afm d’éteindre ces feux empoisonnés. Il se changea donc « en vieillard , et s'assit sur le bord du chemin : la tête blanche , les dents tombées , « la peau flasque et le visage ridé; la chair fondue, l’échine courbée et les articula- « tions des membres contournées; les yeux larmoyants, le nex coulant, la respira- « tion haletante et embarrassée ; la peau noircie, la tête et les mains tremblantes, « le corps et les membres exténués et branlants, laid et nu, il se montra assis sur « son séant dans cet endroit. Le prince demanda : Qu’est-ce que cet homme ? a C’est uu homme vieux, répondirent les serviteurs. Qu’est-ce que c’est que vieux? c demanda-t-il encore. C’est, répondit on, un homme qui a vécu beaucoup d’années, « dont les organes sont usés, dont la forme est changée, qui a le teint flétri, la res- « piration laihlc, et dont les forces sont épuisées. Il ne digère plus ce qu’il mange. « Ses articulations se disloquent. S’il se couche ou s’il s’assied , il a besoin du secours « des autres. Ses yeux sont obscurcis, son oreille n’entend plus. En se retournant, il « oublie tout. S’il parle , c’est pour regretter et pour se plaindre. Le reste de sa vie »• n’est propre à rien : voilà ce qu’on appelle un vieillard. Le prince tourmenté « dit: Si les hommes, en naissant dans le monde, sont exposés au malheur de vieillir « ainsi, il n’y a que des insensés qui puissent le désirer et l’aimer. Quelle douceur y « trouve-t-on? Les êtres qui naissent dans le printemps se dessèchent et se flétrissent « en automne et en hiver. La vieillesse arrive comme un éclair : comment le corps « mériterait-il de nous attacher? — Et il débita le cjâthd suivant : « Par la vieillesse, le « teint se flétrit et perd tout son éclat, la peau se relâche et les côtes se soulèvent; la « mort approche et presse. Dans la vieillesse, le corps change et peut se comparer « à un vieux char. La loi peut éloigner cette amertume. Il faut employer ses forces « pour étudier le moyen de commander à ses désirs. Quand les jours et les nuits « sont finis, il faut être diligent et fort. C’est une réalité du monde que l'instabilité. 4i Si l’on n’applique toutes ses facultés, on tombe dans l'obscurité. Il faut que l’étude « allume la lampe de l’esprit; que de soi-même on choisisse et qu'on cherche la u science , et qu’on évite les souillures. Ne contractez aucune souillure : prenez le « flambeau pour coutempler la terre de la doctrine. » Ensuite le prince fit retourner 4i son char et s’en revint. Sa tristesse s’accrut encore, et la douleur qu’il avait en « pensant que tous sans exception étaient soumis à cette grave infortune, ne lui per- 44 mit dégoûter aucune joie. Le roi demanda à ses serviteurs pourquoi le prince,
« qui était sorti pour une promenade, était rentré si promptement. Les serviteurs « répondirent : Sur la route il a rencontré un vieillard dont la vue l’a attristé, et ne ci pouvant goûter aucun plaisir, il est revenu à son palais, où il s'afflige en pensant « à la longévité.
u Peu de temps après, il voulut sortir et se promener de nouveau. Le roi fit pu- « blicr dans le royaume que le prince allait sortir, et défendit que rien de fétide,
« qu’aucune immondicc se trouvât sur le bord des routes. Le prince monta donc
u dans son char et sortit par ia porte méridionale de la ville. Le dieu se changea en « malade et se tint sur le bord de la route. Son corps était amaigri et son ventre » gonflé. Sa peau était jaune et brûlante. Il toussait et sanglotait. Il avait des dou- » leurs dans toutes les articulations. De ses neuf ouvertures s’écoulait un liquide •« sanieux. Ses yeux ne voyaient pas les couleurs. Ses oreilles n'entendaient pas les u sons. Sa respiration était haletante. Ses mains et ses pieds cherchaient le vide; il « appelait son père et sa mère, et s'attachait douloureusement à sa femme et à son ii fils. Le prince demanda : Qu'est-ce que ceci? Scs serviteurs lui répondirent : C’est « un malade. Ou'est-ce qu’un malade? reprit le prince. Ils répondirent : L’homme « est formé de quatre éléments : la terre, l'eau, le feu et le vent. Chaque clément « a cent et une maladies qui se succèdent alternativement. Quand les quatre •< cent quatre maladies naissent ensemble, on sent un froid extrême, une chaleur ex- « trème, une faim extrême, une plénitude extrême, une soif extrême, une altéra «< tion extrême; toutes les époques étant troublées, il a perdu l'instabilité de se couu cher et de se lever: c’est ainsi qu’il a gagné cette maladie. Le prince soupira et dit : « Je suis dans l’état le plus riche et le plus prospère, celui que le monde honore. Le « boire et le manger abondent pour ma bouche. Je puis m’abandonner à mes capri- « ces , donner dans les excès des cinq désirs , et ne pouvant plus exercer mon inlclli- «i genee sur moi-même, je deviendrais malade aussi. Quelle différence y aurait-il u de moi à celui-ci ? — Alors il prononça ce gâthâ : « Que ce corps est une chose fra- « gile! Il est formé de quatre éléments, il a neuf ouvertures impures et dégoûtantes, u II est soumis aux tourments de la vieillesse et de la maladie. Même en naissant « parmi les dieux, il est soumis h l’instabilité. En naissant parmi les hommes, il est « affligé par les maladies. Je regarde le corps comme une goutte de pluie. Quel plaiii sir peut-on goûter daus le monde? •» Alors le prince fit retourner son char, et s’en u revint à son palais, pensant que tous sans exception étaient soumis à cette grave « infortune. Le roi demanda à ses serviteurs comment se trouvait le prince de la « course qu’il avait faite. Ses serviteurs répondirent : Il a rencontré un malade, et « cette vue ne lui permettra de longtemps aucun plaisir.
« Peu de temps après, il voulut sortir encore. Le roi fit publier un édit dans son « royaume pour que , dans le momeut où le prince sortirait , on aplanît ta terre « et qu’on ne laissât rien d’impur approcher de la route. Il sortit par la porte occi- « dentale de la ville. Le dieu se changea en un homme mort qu'on portait hors de la u ville. Les gens de la maison suivaient le char en sanglotant et en pleurant, adresû sant au ciel des plaintes sur un abandon et une séparation étemelle. Le prince « demanda : Qu’est-cc que cela? Les serviteurs lui répondirent : C’est un mort, a Qu’est-ce que cela? demanda-t-il. La mort, répondit-on , c’est la fin. Lame s’en « est allée. Les quatre éléments veulent se dissiper. L'àme sensitive et l’esprit n'étant u point en repos, le vent s’en va et cesse absolument, le feu s’éteint et le corps se u refroidit. Le vent étant parti le premier et le feu ensuite, lame et l’intelligence dis-
« paraissent. Les membres s'allongent et sc redressent. Il n’y a plus rien à recon- « naître. Au bout de dix jours, la chair se détruit» le sang coule, le ventre se gon- « Ile, se putréfie et devient fétide ; il n‘y a rien à y prendre. Le corps est rempli de i* vers qui le rongent. Les nerfs, les veines sont détruits par la putréfaction. Les » articulations des os se disjoignent et se dispersent. Le crâne va d’un côté; l’échine, u les côtes, les bras, les jambes, les pieds et les mains vont chacun d’un autre côté. « Les oiseaux qui volent, les bêtes qui marchent, accourent pour les dévorer. Les « dieux, les dragons, les démons, les génies, les empereurs et les rois, le peuple, « les pauvres, les riches, le» nobles, le vulgaire, personne n’est exempt de cette « calamité. — Le prince fit un long soupir et dit en vers : « Quand je contemple la u vieillesse, la maladie et la mort , je gémis sur la vie humaine et sur son instabilité. « Il en est ainsi de ma personne. Ce corps est une chose périssable; mais l’âme n'a « pas de forme. Sous la fausse apparence de la mort, elle renaît. Scs faute» et sou « bonheur ne se dispersent pas. Ce n’est pas une seule génération qui comprend son « commencement et sa lin. Sa durée sc prolonge par l’ignorance et l'amour. C'est « par là quelle reçoit la douleur ou la joie. Quand le corps est mort, l’âme ne périt u pas. Elle n’est point éther, elle n’est pas dans la mer, elle n’entre pas dans les « montagnes et les rochers. Il n’y a pas de lieu dans ce monde, ni de terre oit l’on « soit exempt de mourir. ■> Là-dessus, le prince fit retourner son char et s’en revint à « son palais, considérant tristement que tous les êtres vivants étaient soumis aux « tourments et aux douleurs de la vieillesse , de la maladie et de la mort. Il en était « tellement attristé qu’il ne mangeait plus. Le roi demanda à ses serviteurs si le prince « était plus gai depuis qu’il était allé se promener. On répondit au roi : Il a rencon- » tré un mort, et il est devenu d’une tristesse extrême pour plusieurs années.
« Peu de temps après, il voulut aller encore une fois à la promenade, et son « beau char sortit par la porte septentrionale de la ville. Le dieu se changea de « nouveau en Samanéen. Il avait le costume de la loi, il tenait le pot et marchait « à pied, examinant tranquillement et n'écartant pas ses yeux de devant lui. Le « prince demanda: Quel est cet homme? Ses serviteurs lui répondirent: C’est un « Samanéen. Qu’est-ce qu'un Samanéen? On lui répondit : Les Samanéens sont b ceux qui pratiquent la doctrine. Ils abandonnent leurs maisons, leurs femmes et u leurs enfants. Ils renoncent aux désirs tendres, ils suppriment les six affections, u Ils observent les préceptes, et, par la quiétude, ayant atteint la simplicité du « cœur, toutes les impuretés s’éteignent. Celui qui pratique la simplicité du cœur se «i nomme Arhan. L’Arhan est le véritable homme. Les sons et les couleurs ne peu- « vent le souiller. Les dignités ne peuvent le fléchir. Il est immobile comme la « terre. Il est délivré de l'affliction et de la douleur. Vivant ou mort, il est maître « de lui-même. Le prince s’écria : Chose excellente! Il n’y a de joie que ceci. — Et il « dit un gâthâ qui signifiait : « O douleur! celui qui possède cette vie d'afflictions est « soumis aux tourments de la vieillesse, de la maladie et de la mort. Lame retourne
FOË KOUË Kl.
« dans la route du péché, parcourt toutes sortes d’agitations douloureuses. Main- « tenant, elle doit éteindre tous les maux; la naissance, la vieillesse, la maladie et « la mort sont écartées. On ne rentrera plus dans la réunion des affections, et on « obtiendra pour toujours le salut, par l'extinction. ■> Là-dessus, le prince lit retour- « ncr son char et s'en revint si triste, qu’il ne put manger. Le roi demanda à ses « serviteurs : Le prince est encore sorti : son esprit est-il égayé P Les serviteurs ré- <i pondirent : Dans son chemin, il a vu un Saniauéen qui a redoublé sa tristesse et u ses réllexions. Il ne songe ni à boire, ni à manger. A cette nouvelle, le roi entra « dans une grande colère, et levant les mains, il se frappa lui-même. Il renouvela « la défense de s'occuper de la doctrine, et prescrivit que si le prince sortait encore. « tout ce qui serait de mauvais augure ou fautif encourrait un châtiment ou la <• peine de mort. Ensuite il convoqua ses ministres, et leur ordonna de délibérer « et de proposer chacun le meilleur moyen pour empêcher que le prince ne sortit « pour étudier la doctrine *. »
Voilà ce que les Bouddhistes appellent les quatre réalités reconnues par Shâk\a mouiii quand il voulut sortir des portes de la ville royale. Ce sont la vieillesse, la maladie, la mort, et la dissolution finale des atomes du corps. — Kl.
(7) Dans les endroits où A i. ] Le Tao szu, appelé par les auteurs chinois A i, est nommé en sanscrit ci ri 1 tapasvî, ou 1 ascète qui mène une vie austère. C’est sous ce nom qu’il est question de sa visite à Bouddha enfant, dans une inscrip tion fort curieuse en langue mâgah, qui fut trouvée dans un caveau auprès d' Islamabad ou Tcliittagong. On y lit : « Le lendemain matin (après la naissance de Shàkya «1 inouni) , le bruit se répandit qu’il était né un enfant dans la famille du roi. Tapasvî <1 mouni qui, demeurant dans les bois, consacrait tout son temps à l’adoration de la « divinité , apprit par inspiration que le Bouddha était venu au jour dans le palais u du roi. Il s’y rendit à travers les airs, et là, s’asseyant sur un trône, il dit : Je suis » venu pour visiter l’enfant. On apporta aussitôt le Bouddha en sa présence. Le «1 inouni remarqua deux pieds fixés sur sa tête, et devinant quelque chose de bon « et de mauvais augure, il se mit à pleurer et à rire alternativement. Le roi le « questionna sur ce qui se passait en lui. Je ne dois pas, répondit-il, résider au « même Heu que le Botiddha , lorsqu’il parviendra au rang d’avatar : c’est là le sujet « de mon affliction ; mais je suis maintenant rempli de joie par sa présence, attendu n qu elle m’absout de toutes mes fautes. Le inouni se retira alors; et cinq jours n s’étant écoulés, il assembla quatre pandits, pour calculer la destinée de l’enfant.
« Trois d’entre eux prédirent que , comme il avait sur les mains des marques qui res- «< semblaient à une roue, il finirait par devenir un roi Tchakravarti ; un autre prédit « qu’il parviendrait à la dignité d’avatàr fc. »
‘ Chiai liait, l»v. LXXV1I, pag. a4o8. — * Recherches a.uatufua . Irad. franç. ton»- II. pag
A i ou Tapasvi mouni est, selon le P. Georgi, appelé dans les livres tubétains Trang srong bien pù (ou le grand homme qui agit selon la doctrine). Ce vieil ermite ayant connu , dans sa solitude éloignée, la venue de l’enfant, arriva en volant vers lui, l'embrassa, le serra tendrement dans ses bras, et prédit au père, en versant des larmes, le genre de vie religieuse et contemplative qu’il devait mener dans le désert après avoir quitté son épouse. « A l'époque de la naissance du Bouddha , dit la lé- « gende de sa vie, il n’y eut pas un seul des seize grands royaumes qui ne fut épou- « vanté par des prodiges ou frappé d'étonnantes merveilles. 11 y avait un Tao sza, « ou docteur de la Raison , des montagnes des Parfums, nommé A i, qui, au milieu « de la nuit, s'aperçut de l’ébranlement du ciel et de la terre. Il vit un grand feu « dont les flammes et l’éclat s’étendaient sur les montagnes des Parfums, et dans le « milieu de ce feu était une fleur nommée Y cou than po. Cette fleur produisit d’elle- « même le seigneur des Lions. Il tomba à terre, lit sept pas la tête élevée, et se « mit à rugir de telle sorte, qu’à 4o H, parmi les oiseaux, qui volent et les bêtes qui «i marchent, les vers, les insectes ailés ou les animaux qui rampent, il n'y en eut <■ pas un qui ne sc cachât. A i sc dit intérieurement : Il y a dans le monde un Boud- « dha dont l’apparition est marquée par ce prodige. Les cinq souillures ont rempli u le monde de maux : comment un augure si formidable y pourrait-il avoir lieu ?
Guidé par cette lumière céleste, il vint au travers des airs jusqu’au royaume de « Kia i W; mais avant d’y arriver, à la distance de 4o /i de la ville, il descendit « à terre, et frappé de crainte et de joie à la fois : H y a certainement un Bouddha « ici, s’écria-t-il, je n’en doute plus. H vint à pied jusqu’il la porte du palais. Ceux « qui la gardaient vinrent dire au roi que A i s’y trouvait. Le roi , surpris , dit : A i « vient toujours en volant : pourquoi donc aujourd'hui reste-t-il à la porte et de- « mande-t-il à être introduit P II sortit et vint à sa rencontre en lui rendant hom- « mage. Il le fit baigner et lui donna des vêtements neufs, après quoi il lui adressa « cette question : Quel motif, 6 saint respectable, vous a fait prendre la peine de * venir aujourd’hui près de nous? J'ai appris, répondit A i, que l’épouse de votre w majesté avait mis au monde un prince, et je suis venu pour le voit*. Le roi u envoya des gens du palais pour prendre l’enfant et l’apporter dehors; mais une « des femmes qui le gardaient revint dire que le prince était fatigué et commen- « çait à s'assoupir. A i, tout joyeux, prononça un gâtJui dont le sens était : « Le « héros d’entre les hommes, l’intelligence qui s’exerce sur elle-même et sur tous « les êtres non intelligents, a traversé les siècles sans soucis et sans repos : qu’a-t-il « besoin de s'assoupir? » Ensuite les femmes qui gardaient le prince, l'apportèrent « dans leurs bras et voulurent lui faire adorer A i ; mais celui-ci, tout troublé, « s’empressa de les prévenir et d’adorer les pieds de feulant. Le roi et ses sujets, « frappés de voir que le maître du royaume A i rendait de tels hommages au n prince, connurent que cclui-ci avait droit à leurs respects, et tous, la tête inclinée, « adorèrent ses pieds. A i était d’une vigueur à pouvoir subjuguer cent athlèles;
210 FOË KOUË Kl.
« cependant, quand il eut pris le prince dans ses bras, ses os et ses nerfs furent « embarrassés et ébranlés. En voyant les trente-deux la kï a n as (ressemblances) et « les quatre-vingts naïrakas (beautés) , ce corps brillant comme le diamant, ces per- « fections infinies qui étaient comme autant de témoignages surnaturels et qui lui « prouvaient, sans aucun doute, que cet enfant ne pouvait manquer de devenir •< Bouddha , il laissa couler des larmes et poussa des sanglots , touché d'une si pro- « fonde douleur qu'il ne put parler. Le roi, tout affligé, lui demanda si le prince « portait quelque signe de mauvais augure, le priant de lui faire connaître, sans m restriction , ce qu'on pouvait attendre d’heureux ou de malheureux. A i réprima « sa douleur et prononça le gâthâ suivant : « Aujourd’hui est né le grand et saint « homme, qui éloignera tous les maux et toutes les afflictions. Je pleure sur mon » infortune personnelle. Je dois mourir dans sept jours. Je ne verrai pas cette di- « vine conversion, cette prédication de la loi dans l’univers. C’est aujourd'hui que « je me séparerai du prince voilà ce qui cause ma douleur et mes larmes. » Le « prince leva alors la main et dit : Les hommes des cinq conditions et des dix par- « lies du monde, seront tous instruits et convertis par moi. Je remplirai, pour eux, « mon premier vœu, qui est de les sauver. Si un seul homme du «Sa ho si ( Sahasra , u des mille mondes ) pouvait ne pas obtenir la doctrine , je ne voudrais pas en- « trer dans le Nirvàn’a. Alors A i satisfait recommença d’adorer les pieds du prince. « Le roi Pi tsing, dont la joie était troublée par l’inquiétude, prononça le gâthâ « suivant : « Quelles sont les perfections extérieures du prince ? Quel en sera l’effet « dans le monde? Je voudrais que vous m’en fissiez l’énumération une à une, en « me disant quelle heureuse influence elles auront. » A i répondit au roi par ce u gâthâ : a Si je contemple le corps du prince, je le vois de couleur d’or, ce qui in- « dique la fermeté de ses entreprises, et annonce ce pilon de diamant qui doit « briser les montagnes des désirs impudiques. L’embonpoint de ce grand person- « nage et la régularité de ses formes extérieures montrent que s'il est roi, il main- « tiendra la paix, et qu’en embrassant la vie religieuse, il atteindra au rang de « l'Intelligence parfaite ( Bouddha). Les roues empreintes sur ses pieds et sur ses « mains font voir qu’il possédera les mille rayons, c'est-à-dire qu’il fera tourner u la roue de la loi, et qu'il arrivera au rang de Bouddha, Yhonorable dans les trois « mondes. Ses chevilles de cerf, ses hanches de dragon, ses formes de cheval « qu’on ne se lasse pas d’admirer, montrent que sa loi sera pure. Scs mains lon- « gués et effilées, ses bras et ses doigts délicats, la paume de ses mains traversée u par des filets, présagent la durée de sa loi, qui se prolongera mille ans pour l'en* « seignement du monde. Scs poils déliés, doux et tournés vers la droite montrent « qu’il ne recevra aucune souillure. Ses articulations serrées comme une chaîne et « de couleur d’or, annoncent qu’il soumettra les hérétiques. Son corps carré , sa « poitrine de lion, ses formes arrondies sans irrégularité, ses mains qui dépassent « ses genoux, marquent l’accomplissement de tous les rites. Les sept parties de
» son corps qui sont pleines , indiquent la résistance que mille fils opposeront au « Bodhisattwa , et montrent qu’en s'abstenant de toute action, il se garantira de « toute colère et du mal. Sa bouche contient quarante dents carrées, blanches et « bien régulières , qui annoncent la douce rosée que la loi répandra sur la multitude . « et en vertu de laquelle il sera possesseur des sept choses précieuses. Ses joues sem- « blabies à celles d’un lion, ses quatre dents, sont le signe de la vertu de Bouddha « apparaissant dans l’univers sous les dix mille dénominations différentes dont il « enrichira les trois mondes. Son goût saisit toutes les saveurs, parce que le goût « consiste à reconnaître la saveur de ce qu'on mange. Aussi, quand il aura reconnu «* la saveur de la loi, il en fera Jon à tous les êtres. Sa langue, large comme la « fleur du lotus, peut, en sortant de sa bouche, couvrir tout son visage, et lui « donner toutes les voix; celui qui les entendra , les trouvera douces comme la rosée. « Le son de sa voix efface celle du buan en récitant les textes sacrés il surpas- « sera Brahma; et quand il prêchera la loi, son corps sera tranquille et son esprit « fixe (dans la contemplation). Ses yeux, d'un bleu tirant sur le brun, sont la « maque d’une bonté qui s’est exercée de génération en génération; c’est pourquoi « les hommes, les dieux et les autres ctres ne se lassent jamais de contempler le « Bouddha. Les tubercules qu’il a sur le front, et ses cheveux bruns avec une teinte « azurée, annoncent qu’il désire être le sauveur universel. C’est pourquoi sa loi rem- « plira les mondes et les protégera. Sa face lumineuse comme la pleine lune repré- « sente une fleur qui vient d'éclore. Le duvet d’entre ses sourcils est blanc et pur « comme les perles brillantes. » Alors le roi ayant connu à fond tout ce que présa- « geaient ses traits, fit bâtir, pour lui , des palais pour les quatre saisons h. » — Kl.
(8) On tira de fore.] La chronologie japonaise place ce fait dans l'année ^ Kouei haï, qui est la 6o* du xxkv* cycle, ou 1018 ans avant J. C.
A l’occasion du mariage de Siddhâria avec la princesse Kieou i, le roi Pt tsing dit à Yeou tho d’avertir le prince son fils qu’il faudrait qu’il montrât ses rares talents. « Yeou tho ayant reçu cet ordre, alla avertir le prince que le roi, voulant à « l’instant faire épreuve de la connaissance qu’il possédait des rites et de la musique, « il convenait qu’il se rendît au théâtre. Le prince sortit donc avec Tcoa tho (Ou- « dâ). Non tho (Nanda) , Thiao thâ (Dévadatta), A nan (Ananda) et autres, au nom- « bre de cinq cents , tenant à la main les objets nécessaires pour les arts qui se « rapportent aux rites , des instruments de musique et tout ce qu’il fallait pour tirer « de l’arc. Comme ils allaient sortir de la porte de la ville, ils trouvèrent un éléphant n devant cette porte. Justement ce fut le robuste Thiao thà qui sortit le premier, et « voyant l’éléphant qui barrait le chemin, il lui assena un coup de poing, et l’élé-
* Oiseau qui tient le milieu entre le paon et le faisan et qui parait être un animal fabuleux. Voyei Encyclopédie joponaite. lit. XLIV, pag. 9. — ‘ Ckin i lion. lit. LXXVI1I, pag. 17-19 ».
FOË KOUË Kl.
« phant tomba roide mort à l’instant même. Nan tho qui arriva immédiatement, le « traîna 4ur le côté de la route. Le prince , qui venait ensuite , demanda à ce serviteur : « Qui a tué sans motif cet éléphant.1 On lui répondit : C’est Tliiao thà qui l’a tué. « — Qui la transporté là? — C’est Nan tho. — Le Bodhisattwa doué d’un cœur com- 4i patissant tira l'éléphant, le dressa et le plaça hors de la ville. L'éléphant ressuscita « et fut rendu à la vie comme auparavant. Thiao thà étant arrivé sur le théâtre , «• attaqua tous les athlètes; il n'y en eut aucun qui put lui résister. Tous les lutteurs 4( les plus célèbres furent renversés et confus. Le roi demanda à ses serviteurs : Qui 4i est-ce qui a été vainqueur? On lui répondit : C’est Thiao thà. Le roi dit à Nan (4 tho : Il faut que toi cl Tliiao thà vous combattiez ensemble. Nan tho ayant reçu cet « ordre, attaqua Thiao thà, et le mit dans un tel état qu’il perdit entièrement con* « naissance. On le fit revenir à lui par degrés en lui jetant de l’eau. Le roi demanda 4i de nouveau qui avait été vainqueur. On lui répondit que c’était Nan tho qui avait 4i remporté la victoire. Le roi dit à Nan tho de lutter avec le prince; mais Nan tho « dit au roi : Mon frère aîné est comme le mont Sou merou , et moi Nan tho je suis « comme un grain de moutarde, je ne suis pas sou égal. 11 se retira en s’exèusanL On « en vint à tirer de l’arc. On plaça d'abord un tambour de fer à dix li, et on mit « ainsi jusqu’à sept tambours. Les flèches des archers les plus renommés n’eurent 4i pas la force d'aller jusqu’au premier tambour. Thiao thà ayant tiré, tra versa celui- « ci et atteignit le second; Nan tho en traversa deux et perça le troisième. Les autres « archers n’ayant pu arriver jusque-là, le prince rompit tous les arcs de ceux qui 4i avaient tiré avant lui ; il n’y en eut point qui allât à sa main. Le roi dit à ses servi- 4i teurs : Mes ancêtres avaient un arc qui est maintenant dans le temple des dieux : 4i allez le prendre et apportcz-le. On alla donc chercher l'arc, et il fallut deux hommes « pour le porter. Il n’y eut dans l’assemblée personne qui pût le soulever. Quand K le prince le tendit, l’arc fit un bruit pareil à celui du tonnerre. H le remit à l’as- « semblée, mais il n’y eut personne qui pût le tendre. Le prince le fit fléchir, et le « bruit de la corde s'entendit à quarante li. L’arc courbé lança la flèche de manière « qu’elle traversa les sept tambours. Il tira un second coup, et après avoir traversé 4i les tambours , la flèche perça la terre et lit jaillir une source d’eau. Au troisième 44 coup il perça les tambours et atteignit les montagnes de l’enceinte de fer. Toute 4* l’assemblée admira ce prodige inouï. Tous ceux qui étaient venus prendre part i4 à ces jeux, furent vaincus et s’en retournèrent pleins de confusion. Il y avait encore « le Roi des Hommes forts, qui vint le dernier de tous. Sa vigueur était extrême, et « dans le monde entier, rien ne surpassait son courage et sa férocité. Il prétendit que m Thiao thà et Nan tho ne suffisaient pas pour combattre avec lui, et qu’il ne pouvait 44 mesurer ses forces qu’avec le prince. Tous ceux qui avaient été vaincus cherchaient 4i quelqu’un qui pût les venger. Us sautèrent de joie , et dirent au Roi des Hommes 4i forts : Prince, puisque votre vigueur est incomparable dans le monde , venez éprou- « ver vos forces et remporter la victoire. Eux-mêmes, fort satisfaits, le suivirent et
« revinrent avec lui assister à son combat avec le prince. Thiao thà ctNan tho ani- « nièrent le courage de celui-ci, et ils auraient voulu les premiers combattre le Roi (i des Hommes forts; mais ils dirent : Ce n'est pas une force humaine, c'est celle « du démon de la mort. Si vous ne pouviez en triompher, ô prince, quel déshonneur « pour vous l Mais vous êtes bien celui qu'il faut pour le combattre. Le roi apprenant u ceci, pensa que le prince était trop jeune et trop affecté par la tristesse. Tous ceux « qui vinrent pour assister au combat, parlaient du moment ou le prince allait être « vaincu. Le Roi des Hommes forts frappait la terre du pied , et courageusement il « relevait scs bras et tenait ses mains en l’air; il les avança pour saisir le prince ; en « ce moment , celui-ci le saisit et le jeta par terre. La terre trembla. Toute l’assem- « blée se dispersa, encore plus confuse qu auparavant, et disparut tout à coup. Le « prince ayant ainsi remporté une victoire complète, on sonna les cloches, on battit « le tambour, on fit entendre des instruments et des chants. Il monta à cheval et s’en u revint au palais \ »
(9) Oà Foé, ayant obtenu la doctrine . ] La chronologie japonaise intitulée fi a kan
kwô tâ fen nen gakf oan-nç tsoa place cet événement dans l’année koaeï wei,
qui est la ao'du xxvm* cycle , et qui correspond à la 4* du règne de Moü wang de la dynastie Tcheou, et à l'an 998 avant J. C. Le Bouddha avait alors vingt-neuf ans11. L'histoire mongole de Sanang Setsen dit : Dans l’année Ping du Singe, il
u (Bouddha) était âgé de vingt-neuf ans, et se trouvant devant la tour véritable- « ment sainte, il embrassa de sa propre volonté l’état ecclésiastique \ »
Le Fâ yuan tcha lin dit : « Le lieu où le Tathâgatha (Jou laï) obtint la doctrine, « est dans le royaume de Mo kiê tho (Magadha), sous un arbre P'hoa thi (bhodhi, u Banhinia scandens), On y a élevé une tour d. » — Kl.
(10) Cing cents fils des Shâkyas.) ail«w Sâkya est le nom de la tribu ou de la famille de Shâtya mouni ; elle appartenait à la caste des Kshatrias. Selon les traditions bouddhiques, elle descend de Iks'wakoa, prince de la ligne solaire, et fondateur de la race royale d 'Ayod’hya ou Aoudc. Cependant ce nom ne figure , dans les listes généalogiques des Hindous, ni connue nom de tribu, ni comme nom de peuple. Voici ce que M. Csoma de Kôrôs a extrait sur ce sujet du a 6* volume de la division du Kàh ghyour appelée ml)o: « Les S’âkyas, qui habitaient la ville de » Kapilavâstou, s'adressèrent au Bouddha pour être instruits par lui sur l’origine « de leur race; celui-ci chargea son disciple Môngalyana (ou /iyousmân Môngafyana) « de leur expliquer ce fait. Il le fit de la manière suivante.
« Après que la terre eut été repeuplée par des hommes , et que ceux-ci eurent
* Chût i tûiA , liv. LXXVI1, pag. ai-33 v. 4 Fi yuan (chu lin (U Fort't de perles du jar-
fc Nouveau Journal asiatique . tom. XII , pag. hn. din de la loi) , ouvrage cilé dans le San tuxnyjà tou,
* Gackukte der (fst-Mongolcn, pag. i3. liv. XIII , pag. a5.
•i peu à peu perdu les facultés supérieures dont ils étaient d'abord doués , des u disputes s’élevèrent fréquemment entre eux. Ils choisirent donc parmi eux un « chef ou roi, qui hit appelé Mahti sammanta , c'est-à-dire, honoré par la makiiade a (en tubétain, Mang-pos bkour va; en mongol, Olana ergadeksen khagan). Un de o ses descendants fut Karna (en tubétain, rNa bha tsian), qui résida à Potala (en h tubétain, Ghroa h.dzin), ou le port*. 11 avait deux fils, Golama et Bharâd'hwadja « (en tubétain, riYa ta tchan ). Le premier se fit religieux; mais ayant été injuste- « ment accusé d’avoir tué une femme publique, il fut empalé à Potala, et son frère o succéda à Karna. Bharàd’hwadja étant mort sans enfants, les deux fils de Go- « tama, qui étaient nés d'une manière surnaturelle, héritèrent du trône. C’est des « circonstances de leur naissance qu’eux et leurs descendants sont appelés de di- « vers noms, comme Angirasa (en tubétain , Yan lagh s,kycs), Soûrya vânsa (en tubé- « tain, Gni maki g,ngcn) , Gâutama et Iks’wakou (en tubétain, Bhoa ram ching pa). Un « de ces deux frères mourut sans postérité; alors l’autre régna sous le nom d'IWitakoa. « Il eut pour successeur son fils, dont les descendants, au nombre de cent, occu- « pèrent le trône de Potala. Le dernier fut Iks'wakoa Viroud'haka (en tubétain, Boa m ram ching pa hp’hgs s,fyes po). Il avait quatre fils, nommés en tubétain Kar madh « tong, Lagh r,na, Lang po tsie dhoul et Kang dhoub djian. Après la mort de sa prea mière femme, il se remaria avec la fille d’un roi, dont il obtint la main sous la condi- « tion de transmettre le trône au fils qu’il aurait d’elle. Pressé par les grands officiers U de la cour, il exila ses quatre premiers fils, pour assurer 1a succession à leur jeune « frère puîné. Les quatre princes emmenèrent leurs propres sœurs avec eux , et aca compagnes d'une grande multitude, ils quittèrent Potala, se dirigèrentvers le Himâ- « laya et arrivèrent sur les bords de la rivière Bhagirathi (en tubétain, Kal dzian ching « r,fa), où ils s’établirent dans le voisinage de l’ermitage du richi Kapila, vivant « dans des huttes faites de branches d’arbres. Ils se nourrissaient de leur chasse et « visitaient quelquefois l'ermitage du richi Kapila. Celui-ci voyant qu’ils avaient « très-mauvaise raine, leur demanda pourquoi ils étaient si pèles : ils lui exposèrent « alors combien ils souffraient de la continence forcée dans laquelle ils vivaient. Le « richi leur conseilla de prendre pour femmes celles de leurs sœurs qui n’étaient « pas nées de la même mère qu’eux. O grand richi, dirent-ils alors, cela nous « serait-il permis? Oui, seigneurs, leur répondit le richi; des princes bannis peu- « vent agir de cette manière. Ainsi, se réglant d’après cette décision du richi, ils « cohabitèrent avec leurs sœurs qui n'étaient pas de la môme mère qu'eux , et « en eurent beaucoup d’enfants. Le bruit que faisaient ces enfants interrompait h le richi dans ses méditations, et il désira d'aller habiter autre part. Cependant ils a le prièrent de rester où il était, et de leur indiquer un autre emplacement pour y « vivre. Le richi leur montra alors l’endroit où ils devaient bâtir une ville; et comme
1 L'ancien Potala est le Tatla de nos jours, i l'embouchure de l'Iodus.
u le sol leur avait été donné par Kapila, ils appelèrent celte ville Kapilavastou (c’est- « à-dirc le sol de Kapila ou le sol da Jaune, ce qui est la signification du nom du richi). « Leur nombre ayant augmenté considérablement, les dieux leur indiquèrent une « autre place où ils bâtirent une ville, qu'ils appelèrent ITlas b,stan (montrée par « un dieu).
« Se rappelant la cause de leur bannissement, ils firent une loi d'après laquelle « aucun d’eux ne devait épouser une seconde femme de la même tribu , et devait se « contenter d'une seule épouse.
* A Polala, le roi Iks'wakou Viroud’haka se ressouvenant un jour qu’il avait quatre « fils, demanda à ses officiers ce qu’ils étaient devenus : ils lui répondirent que pour «i quelque faute sa majesté les avait expulsés du pays, qu’ils s’étaient établis dans « le voisinage de l'Himâlaya, qu’ils avaient pris leurs propres sœurs pour épouses, « et qu’ils s’étaient considérablement multipliés. Le roi, très-surpris de ce récit, s’é- « cria plusieurs fois Sâkya! S’dhya! « est-il possible! est-il possible! » (en tubétain, « phodhpa). Après la mort d'Ifo'waJton Viroudhaka de Potala , son fils cadet (nommé « en tubétain r,Ghyal srid d,ghah, celui qui désire de régner) lui succéda. Etant « mort sans enîants, les princes bannis héritèrent successivement de lui. Les trois « premiers n’avaient pas de descendants. Le fils du quatrième, Kong dhoub djian, fut « g,Nagh hjdzogh, et le fils de celui-ci Sa ghüm. Les descendants de celui-ci, au « nombre de 55,ooo, ont régné à Kapilavastoa \ » C’est deux que descendent les Shâkyas du temps du Bouddha Shâkya mouni.
Nous devons à M. E. Burnouf l’extrait du passage suivant du Mahâvamsa, ou {'Histoire de la grande famille, ouvrage en langue pâli et en plus de douze mille slohas, qui renferme Yhistoire de la famille royale dans laquelle naquit Shâkya mouni , l’exposition de sa doctrine et du culte qu’on doit lui rendre , la liste des rois hindous et singalais qui ont le plus efficacement contribué à la propagation de la religion qui le reconnaît pour chef. Ce passage est tout à fait conforme à l’extrait du K’ha ghyoar que nous venons de donner et à la généalogie de Shâkya mouni , extraite des livres chinois, que nous avons rapportée dans la note 3 de ce chapitre.
Duo et octoginta millia Sihauarœ regis
fila et filiorutn filii reges fuerunt; Djayauna (exercitus victori*) ultimus fuit.
fili in Kapilavattha Sdkya- reges fuerunt;
Sihahdnu ‘ aiitçut magnus rex Djayatent t filius (fuit).
D/ayai*nffque*filia nomine erat Yat'odharâ ;
in Devaddha (divine stagno) rex Devadâha Sakka (S'Akya) nomine fuît.
Andjana et .... nasdna fuerunt duo cjus filii;
Aaxdndque uxor fuit regis Sihakâna.
* Jvamtdof the Asiatic Society of Dengal. i833, tom. Il, pag. 385 et soiv.
k Sikak&nou signifie mâchoire de lion, comme S: a Ou kil en chinois, Scnyghr g mm ta tubétain, AruUn
oyhodjitoa antUan en mongol. Voyez 5<ui tfuui thou hoei; Jin t ci, liv. IX . pag. a. — Alphubeiwn TibeUuwm . pag. >9 et aan. — Getchichte der Osi-Mongolen, par M. 1. J. Schmidt, pag. ta.
Haec Yas'odkarâ uxor fait Andjantt ( filii ) Sakkæ;
Andjantt filia» fuerunt Mâyd et Padjâpati.
Filii duo sceptrigeri Suppabuddha et Sâkiya; quoique lilii et duo fdûe fuerunt régi SihahAnu:
SiuhDioihna , Dhotodana . Sukkodana . Amttodan »,
Amita et Pramitâ : illi quoique (ÿuu/uor?), illæ duo.
Suppabuddkm e Sakka oriundi Atnitâ uxor fuit, ejusque duo filii fuerunt BaddhakatchAna et Devadatta.
MayA et PadjApati Sacldhodanai uxores fuerunt.
F magno rege Suddhodana et Mayâ natus illc Djina.
Sic ex MaliâsaminaU* familia continua sérié mahasiüm * natus est omnium kchatriyorum princepi *-
Voici la filiation de la famille des Shâhyas et celle des rois de Devaddha mises en tahleau, selon les données du passage précédent.
Djayasena. Dcvadiha Sakka
Sihahànu (kabana), Ytu'odhard.
épouse Ktudnd-
Souddhodana, Dhotodana. S'ukkodana. Amilodaria épouse
Maya et Padjâpati.
Djina (S’àkya mouni).
Le texte du AfoAdMunia donne encore la liste suivante des rois des deux dynasties des Shâkyas. Il en compte \ inyt-deiu dans la première dynastie, mais il donne ri/ijt-trou noms.
l" DYNASTIE-