‹ Foe koue ki ou relation des royaumes bouddhiquesChapitre 51 sur 112 · Pralipa · texte numérisé non relu

Pralipa

H y a ici interruption entre les deux dynasties.

(l l) A Yeon pho

li .] Yeoa pho li en chinois, et Oapuli en

sanscrit, signifie tête

* M a ha mouni (ou le grand pénitent) est Skâkyt i mouai ou Bouddha — * Mahâmnua. II, li

dvutd. Pmmità.

Andjana, . . . nasdna. Kasàni.

épouse Yas'odkarâ

Suppabuddha, May à. Padjâpati S'âkya.

épouse Amiti.

Baddhakalcbàna. Devadatta.

supérieure, et selon d’autres, celai qui est proche et conserve. C’est le nom du neuvième des dix grands disciples de Foë. Quand celui-ci était encore prince, Yeoa pho li était déjà entièrement dévoué à sa personne et spécialement chargé de ses affaires. Avant embrassé la vie monastique, ii garda les préceptes et fut le modèle de tous; c'est pourquoi on l'appela le premier observateur des préceptes *. — Kl.

(la) Trembla de six manières.] Il s’agit ici du grand tremblement de terre qui eut lieu à la naissance de Foc, et qui se fit sentir dans tous les Kchamas des trois mille grands chiliocosmes b. Les Bouddhistes admettent six moments dans un tremblement de terre : le commencement du mouvement, l'augmentation de son intensité, le débordement des eaux, le véritable tremblement, le bruit qu’il occasionne , et l’écroulement qui en est la suite \

Les Bouddhistes prétendent qu’il y a huit causes de tremblement de terre : i* Ils sont produits par l’eau , le feu et le vent. Selon les livres sacrés, le Djambon dvipa est, du sud au nord, large de a 1,000 yodjanas; de l'est à l’ouest, il en a 7,000 : son épaisseur est de 68,000 yodjanas. Au-dessous de la terre, il y a de l’eau qui a une profondeur de 60, 000 yodjanas. Au-dessous de l’eau, il y a du feu dont l’épaisseur est de 87,000 yodjanas. Au-dessous du feu, il y a une couche de vent ou d’air, épaisse de 68,000 yodjanas. Au-dessous de cet air, il y a une roue d’acier au milieu de laquelle sont les s'arira (reliques) de tous les Bouddhas passés. S’il y a un grand vent, il agite tout à coup le feu, le feu remue l’eau , l’eau agite la terre; et r'est ce qu’on appelle tremblement de terre produit par l’eau, le feu et le vent.

q" Tremblement deterre produit par l’entrée des Bodhisattwas dans le sein de leur mère. Quand les Bodhisattwas, qui doivent s’incarner pour devenir Bouddhas, descendent du ciel Touchita, et viennent surnaturcllement habiter le sein de leur mère , il y a alors de grands tremblements de terre.

3° Tremblement de terre quand les Bodhisattwas sortent du sein de leur mère. 4* Tremblement de terre quand les Bodhisattwas ont achevé la loi. Les Bodhisattwas ayant quitté leur maison pour embrasser la vie monastique, et ayant étudié la raison, deviennent intelligence pure sans supérieure, et c’est ce qu’on nomme être BoudtUia ; alors la terre tremble également avec beaucoup de force.

5° Quand les Bouddhas entrent dans le Nirvân’a, il y a aussi de grands tremblements de terre.

6“ Il y a des tremblements de terre quand les bhikchous ou religieux mendiants veulent se servir de leurs facultés surnaturelles. Les livres sacrés disent : Il y a des bhikchous doués d’une grande puissance surnaturelle, et qui souhaitent d’opérer diffé-

* Fan 1 mmcj y. cité dans le San Isa nj Ji sou. liv. XI.I, pag. 1 V

* Tenu unes tota contremucrt ri mitai. — Gcorgi, Alphubeium Ttbttanum, pag. 33

* Houayun king sot i, cité dans le San Isangja sou. liv. XX VU, pag- Si Les Bouddhistes croient aussi que les tremblements de terre indiquent sept choses différentes.

FOÈ KOUË Kl.

i-entes espèces de métamorphoses. Ils peuvent partager un seul corps en cent mille autres, et faire rentrer ensuite ceux-ci en un seul; voler dans l’espace sans que les montagnes et les rochers leur apportent aucun obstacle; plonger dans l’eau ; s’enfoncer dans la terre. Dans tous ccs cas, il y a aussi de grands tremblements de terre.

70 La terre tremble aussi quand les dieux quittent leur première forme et deviennent maîtres du ciel Thian tchu). Les livres sacrés disent : Il y a des

dieux qui ont de grandes facultés surnaturelles et une vertu infinie. Quand leur vie est terminée , ils renaissent dans un autre lieu , et par la vertu et la force de Bouddha . ils quittent leur première forme et deviennent Indra 7ï chÿ) ou Brahma

( Fan Icha ) .

8* Quand il doit y avoir une famine ou une grande guerre -, car alors la vie des êtres vivants ou leur bonheur doivent finir, parre qu'ils se battent et qu’ils sont exposés au glaive \ — Kl.

(i 3) Aumône d’un seng kia fc.] Seng kia li, en sanscrit sanghât'i , est le manteau des religieux bouddhistes. Voyez cbap. XIII, note îo, pag. 93. — Kl.

(1 A) Soeu un arbre Ni keou /ru.] Ni keou liü est la transcription chinoise de nyagrôdha ; c'est en sanscrit le nom du figuier d’Inde (ficus indica ). — Kl.

(15) Fit périr la famille des Shâkyas. ] Voyez chap. XX, note 36, pag. ai 3.

(16) Le rang de Sia tho won.] Sia tho wan, en sanscrit frîfrUHW Srùtâpanna, est le nom de la première classe des S’râvakas ou auditeurs de Bouddha. Il signifie, selon les auteurs bouddhistes chinoise ceux qui sont affermis contre le courant (de «l’écoulement des êtres du monde11).» Cependant il se traduit en tubétain par r.Ghioun dhou joughs bha (ceux qui entrent partout) e. Voyez le chap. XIII, note 1 3, pag. 96. — Ki..

(17) Considéra des laboareurs.] Quand le prince Siddhârta fut de retour de ses promenades vers les quatre portes de la ville royale, « un des ministres de son père « proposa de lui faire voir les travaux de l'agriculture, afin que ses réflexions ne se « portassent pas sur la doctrine. On se pourvut donc d'instruments aratoires, de « charrues et de tout ce qui était nécessaire ; et les serviteurs , accompagnés d’ofli- « ciers subalternes, vinrent dans un champ ou ils firent exécuter le travail. Le

Iktêiv} y A kan king. cité dans le San Uang Jà tou. li*. XXXIIÏ, pag. i5 et 16. — h Ta tcki tau lan. cité dans le San tiangft «ou , li». XLï. pag. i(. — * Focal, pont., noms des SYâvakas, tout. I, pag. f>8.

« prince s’assit sous un arbre djambou et considérait ceux qui labouraient. En creu- « sant la terre, on en lit sortir des vers. Le dieu [Non thi ho lo), par une nouvelle « métamorphose, fit que le boeuf qui marchait en soulevant la terre, les faisait re- <i tomber; un corbeau vint les becqueter et les mangea. Le dieu lit aussi paraître « un crapaud qui les poursuivit et les avala; puis, un serpent à replis tortueux « sortit d'un trou et dévora le crapaud. Un paon s'abattit en volant, et piqua le « serpent ; un faucon se saisit du paon et le dévora ; un vautour fondit sur le fau-

con, à son tour, et le mangea. Le Bodhisattwa , à la vue de tous ces êtres divers •i qui s’entre-dévoraient tour à tour, sentit émouvoir son cœur compatissant, et « sous l’arbre où il était placé, il atteignit le premier degré de la contemplation. « La lumière du soleil étant dans toute sa splendeur, l’arbre recourba ses bran- « cbes pour ombrager le corps du Bodhisattwa. Le roi, pensant que dans l’intérieur « de son palais le prince n’avait encore éprouvé aucune douleur, demanda à ses « serviteurs comment il se trouvait. 11 est actuellement, lui répondit-on, sous u un arbre djambou, le cœur entier fixé dans la contemplation. Je vais aller le voir « à l’instant, dit le roi, je vais troubler ses pensées; car s’il se livre à la contemu plation, quelle différence y a-t-il avec son séjour dans la maison? Le roi de* « manda son beau char et se rendit au-devant de lui. En approchant, il vit le « prince, qu’un divin éclat rendait extrêmement resplendissant, couvert par les « branches recourbées de l’arbre. Il descendit de cheval pour faire un salut, « et s’en retourna avec sa suite. Il n’avait pas encore atteint la porte de la « ville, que d’innombrables milliers d'hommes ayant offert des fleurs et des parti fuins, les astrologues firent entendre les louanges de l'être dont la vie devait u être immense. Le roi demanda la cause de ces acclamations; les Brahmatchâ- « ris lui répondirent ; Demain matin, au lever du soleil, les sept choses préu cieuses vous seront remises , ô grand roi. Le bonheur et la joie vous rendront a le saint seigneur. En ce moment, le prince revint au palais, toujours uniqueu ment occupé de réflexions sur la doctrine et sur sa pureté, qui exigeait que l'on a abandonnât la vie laïque pour se retirer dans les montagnes et les bois, « approfondissant les choses subtiles et pratiquant la contemplation \ n

(i 8) Porte le nom de Lun ming. ) Dans l’original , Lun ming. Dans les livres

chinois qui traitent du bouddhisme, le nom de ce jardin est transcrit par Loung mi ni et Lan pï ni. Il y est expliqué par Aun thô tchhu,

c’est-à-dire, u lieu de celui qui existe par lui-même, sans empêchement et sans « obstacle. * Je trouve aussi ce terme Kiaï thô expliqué par Pko lo thi mou tchha, qui est le sanscrit imfclHM Parûdhimôhcha, c’est-à-dire, « extrême béatitude éternelle k. »

* CA in i liait. Ht. LXXYII, pag. 28. — * San isangfà khi. iiv. IX, pug. 10.

220 FOË KOUË Kl.

Kiaï thô signifie proprement : aider quelqu'un à éviter l’infortune. Ce jardin est aussi appelé ^ ^ H ei ni *. Voyez pag. i 79. — Kl.

(19) La dame.] Dans l'original chinois, Fou jin ; c'est le titre qu'on

donne ordinairement à la mère de Bouddha. — Kl.

(qo) Deux rois des dragons lavèrent son corps.] Voici comment la légende raconte la délivrance de Mahâ m&yâ et la naissance du Bouddha Shâkya moani:

« Mahâ mâyâ alla se promener; elle passa à travers des flots de peuple, et se •> plaça sous un arbre h. Alors les fleurs s'épanouirent et une brillante étoile parut « dans le monde. La dame s’appuyant sur une branche d'arbre, enfanta par le « flanc droit. En naissant , l'enfant tomba à terre et fit sept pas ; il s’arrêta ensuite « et levant la main :

« Dans le ciel et sous le ciel, dit-il , ü ny a que moi d'honorable. Tout est amertume dans u les trois mondes, et c'est moi qui adoucirai cette amertume.

a En ce moment , le ciel et la terre tremblèrent fortement , et tous les Kchmas , u dans les trois grands chiliocosmes, furent éclairés par une grande lumière. Indra, « Brahma, les quatre rois du ciel avec toute leur suite et les dieux qui leur sont •< soumis, les dragons, les démons, les génies, les Yakchas, les Gandharvas, les h Asouras, vinrent tous entourer et garder le nouveau-né. Deux rois des dragons, « frères, l’un nommé Kia lo, et l’autre Yi# kia lo, firent pleuvoir sur lui une eau « tiède à gauche, et fraîche à droite. Indra et Brahma tinrent une robe céleste » et l'y enveloppèrent. Le ciel fit tomber une pluie de fleurs odoriférantes; on en- « tendit le son des instruments; des parfums de toute espèce, répandus avec pru- « fusion, remplirent l’espace.

« La dame, tenant le prince dans ses bras, monta sur un char attelé de drau gons et orné de banderoles et de draperies; et accompagnée par des musiciens, « elle s’en revint au palais. En apprenant la naissance du prince, le roi donna de « grands signes de satisfaction ( littéralement : sauta de joie ) , et il sortit avec une « grande suite composée de tous les magistrats, de ses sujets, de Brahmatchâris , « d'ofliciers, de grands, de ministres et de soldats, pour aller à sa rencontre. Dès que «t les chevaux du roi touchèrent la terre de leurs pieds, cinq cents trésors se mon*

Pi (a Ung tki king. cité dans le San Isang fi mu, liv. XXXI, pag. 5 ». — fit pkan king, cité clans le même ouvrage, lîv. XXVIII, pag 16 ».

k C'était un arbre at'oka [Jonesta Olivia). Voyec le Ckr kia pkoa. cité dans le San Uang fil sou, liv. XXX , PS >9-

« tuèrent à découvert, un océan de bonnes actions se produisit, au grand avantage « du siècle. L'assemblée étant arrivée, les Brahmatchâris et les astrologues firent « entendre des acclamations, et tous ensemble donnèrent au prince le nom de « Si tha ( Siddha , bienheureux). Quand le roi aperçut Indra, Brahma, les quatre rois « du ciel et tous les dieux, les dragons et les génies qui remplissaient entièrement « l’espace, son cœur fut saisi de respect, et, sans s’en apercevoir, il descendit de « cheval et rendit hommage au prince. On n'était pas encore parvenu k la porte u de la ville; il y avait, à coté de la route, le temple d’un génie que tout le inonde « adorait : les Brahmatchâris et les astrologues dirent, d’une commune voix, qu’il « fallait mener le prince rendre hommage à la statue du génie. On le prit donc dans « les bras et on le porta dans le temple ; mais aussitôt tous les génies se prostei u nèrent devant lui. Alors les Brahmatchâris, les astrologues et toute la foule dirent « que le prince était un génie, un être véritablement excellent, puisque sa majesté « exerçait tant d’empire sur les dieux et les génies. Tout le monde donna au u prince le titre de dieu des dieux ( Dévâtidéva ) . Ensuite on retourna au palais.

« Les. dieux firent paraître trente-deux signes ou présages relatifs à cet événe- « ment. i° La terre fut agitée par un grand tremblement. Les monticules et les u collines s’aplanirent. a“ Les rues et les chemins se trouvèrent nettoyés d’eux- « mêmes, et les endroits fétides exhalèrent des parfums. 3* Les arbres secs qui « étaient sur les limites du royaume , se couvrirent de fleurs et de feuilles. 4° Les « jardins donnèrent d'eux-mêmes naissance à des fleurs rares et â des fruits savou- « reux. 5° Les terrains sans eau produisirent des lotus grands comme les roues d’un u char. 6* Les trésors cachés dans la terre se montrèrent spontanément. 7* Les « pierres précieuses et les autres raretés de ces trésors laissèrent briller un éclat « extraordinaire. 8“ Les vêtements et les garnitures de lit enfermés dans les coffres « en furent tirés et placés en évidence. 9* Les ruisseaux et tous les cours d’eau h acquirent un plus haut degré de limpidité et de transparence. 1 o° Le vent « cessa, les nuages et les brouillards se dissipèrent, le ciel devint pur et serein. « 1 1* Le ciel fit tomber de quatre côtés une rosée odoriférante. 1 a0 La perle divine u de la pleine lune fut suspendue sur la salle du palais. 1 3° Les cierges du palais « ne servirent plus. i4* Le soleil, la lune, les étoiles et les planètes s’arrêtèrent. u 1 5* Des étoiles filantes parurent et assistèrent à la nativité du prince. 1 6* Les u dieux et Brahma étendirent un dais précieux au-dessus du palais. 1 70 Les génies u des huit parties du monde vinrent offrir des choses précieuses. 18* Cent sortes « d’aliments célestes et savoureux vinrent sc présenter d’eux-métnes ( devant le « prince). 190 Dix mille vases précieux se trouvèrent suspendus et remplis d’une a douce rosée. 20' Les dieux et les génies amenèrent le char de la rosée avec les sept a choses précieuses, a 1 9 Cinq cents éléphants blancs , qui s’étaient pris deux-mêmes « dans les filets, sc trouvèrent devant le palais, a a* Cinq cents lions blancs sortirent « des Montagnes de neige et se trouvèrent liés à la porte de la ville, a 3° Les nvm-

FOË KOUË Kl.

w plies du ciel parurent au-dessus des épaules des musiciennes. 26* Les filles des h rois des dragons se tinrent en cercle autour du palais, a 5° Dix mille vierges cé- « lestes parurent sur les murailles du palais, tenant à la main des chasse-mouches « de queue de paon. 26* I*es vierges célestes, tenant des urnes remplies d'eaux « de senteur, se tinrent rangées dans l’espace. 27° Les musiciens célestes descente dirent et commencèrent ensemble un harmonieux concert. 28° Les tourments « des enfers furent interrompus. 29e Les insectes venimeux se cachèrent, et les « oiseaux de bon augure chantèrent en agitant leurs ailes. 3oû La douceur et la « boulé remplacèrent en un instant les sentiments durs et féroces des pêcheurs « et des chasseurs. 3i* Toutes les femmes enceintes du royaume donnèrent le «jour à des garçons. Les sourds, les aveugles, les muets, les paralytiques, les <• lépreux et les hommes affectés de toutes sortes de maladies furent guéris radica- « lement. 3a0 Les ermites des bois se montrèrent, et, la tête inclinée, présen « tèrent leurs adorations \ »

Une inscription k en langue mâgah, gravée sur une plaque d argent et trouvée dans un caveau près d 'Islâm-âbàd ou Tchâtgâng ( Tchittagong ), publiée dans le second volume des Recherches asiatiques, raconte la naissance de Bouddha à peu près dans les mêmes termes. On y lit : « Quand Bouddha-avatar descendit de la région des « âmes, au mois de mâgah, et entra dans le corps de Mahâ mâyâ , épouse de Soutah « donna, roi de Kailàs, le sein de Mahâ mâyâ offrit tout à coup l'apparence d’un cris- «■ tal diaphane, et Ton y voyait Bouddha beau comme une fleur, à genoux et appuyé k sur ses mains. Lorsque dix mois et dix jours de sa grossesse furent écoulés, Mahâ « mâyà demanda au roi la permission de faire une visite à son père. En conséquence , il fut donné l’ordre de réparer et de nettoyer les chemins pour son voyage. On « planta des arbres à fruit, on plaça sur les côtés du chemin des vases d'eau, et on « prépara de grandes illuminations. Mahâ mâyà se mit ensuite en route, et arriva « dans un jardin contigu au chemin, où son penchant l'engagea à se promener et à « cueillit' des fleurs. En ce moment, assaillie tout à coup des douleurs de l’enfante- « ment, elle s’appuya contre les arbres pour se soutenir ; Us baissèrent aussitôt leurs « branches afin de la cacher pendant qu'elle mettait l’enfant au monde. Brâlima lui- « même fut présent, tenant à la main un vase d’or. Il plaça l’enfant sur ce vase et « le remit à Indra, qui en chargea une femme de sa suite. L’enfant, descendant 41 de ses bras, fit sept pas, après quoi Mahâ mâyâ le prit et le porta chez elle*. »

Voyez la copie d’une image chinoise représentant la naissance de Bouddha, sur la planche II qui accompagne ce volume.

Dans les divers ouvrages bouddhiques écrits en chinois que j’ai sous les yeux, et

* Ckin i liai», liv. I.XXVII, psg. i5-i7- — Comparai aussi ers trrnte-deus présages selon les livre* pal», dans The sacrai and historical Boohs of Ceyfon . publislted b y E. U pliant, tom- ITI, pag. 4ti

* Cette inscription, gravée par ordre de Tthan/h Idh rdJja, date du i4 du mois de mâguh. l'an qoi. qui correspoiwl à 1 497 de notre ère.

* Recherches asiatiques, trad. fr. tom. Il, pag.

qui parlent de la naissance de Koè, ses premières paroles sont diversement rapportées. Selon le Ni pan king * , il dit :

a Parmi les dieux, les hommes et les Asouras, moi je suis le plus vénérable. «

line grande collection bouddhique, imprimée à la Chine sous la dynastie des Ming, et dont je ne possède que quelques fragments, donne la représentation de sa naissance et de son baptême , et lui fait dire ;

« Au ciel et sous le ciel, moi je suis le seul vénérable. »

Le Chy kia pou rapporte ces paroles encore autrement, savoir .

« Parmi tous les dieux et tous les hommes, moi je suis le plus vénérable et le plus élevé b. »

Enfin , dans le Foi siang tlum ireî, dont la dernière édition a été imprimée au Japon, en 1796, on lit ces paroles :

U Entre les quatre points cardinaux, le ünith et le nadir, moi seul je sais le plus t'énéu râble, n

Le pseudo- Abdallah Beidhaui lui fait dire : j • t • ■ • b aabuyi \y.

ui )■>•►**; .r*sta ié*j b « Pieu m'a envoyé comme prophète , jusqu'au temps oit d'aa- « 1res prophètes viendront \ »

L'auteur du Ayin Akbari fait dire à Bouddha : < •««■«« •Xojsi uyJyw > ; ce qui doit signifier, à ce que je crois, « la dernière incarnation est la mienne J. a

Dans une légende mongole, extraite par M. I. J. Schmidt, il est dit : « Chagkia « moani quitta, le a a du mois a» 'mini d’une année du tigre mâle de jeu, la haute « région divine Damba tagar, sous la forme d’Arâdjavardan, roi des éléphants, et « descendit dans le Djamboudwip, dans le royaume de Magadha, de l'Inde moyenne. « L'année suivante, qui fut celle d'un lièvre femelle de feu, le 1 5 du mois pounasatl • {poanas'adha), dans la résidence royale, il entra, sous la forme d'un rayon “ de lumière de cinq couleurs, dans le sein de la reine Mahâ mriyâ, épouse de

* Cité dans le ■San ttantj Jà tou, 1. XXVIII, p. »6r.

k Cité dans le .San tsaruj fâ tou , lir. XXX, pag. 29. Abdailc Bcidavsri Huloria Sine mit, Jeiur, 1 669 , |«g. 3o

* Ayfn Akbari. citf par M. Langlès dans son Mémoire jb rlr rituel mandchou, inséré dans les Notices et extraits des manuscrits de la Biblioth^pie royale, tom. VII, pag, *46.

224 FOË KOUË KL

« Sodadani, roi de Maghada. L'année suivante, qui fut celle du dragon mâle ter u restre, le i5 du mois outtara p'halgouni, à midi, dans le jardin Lompa, il vint au « inonde, par métamorphose, par la cavité du bras droit de sa mère. Le chef des «i Esnm (Brahma) le reçut sur un byssus [bus) précieux, et Khormousda kouchika «(Indra) lui administra le bain sacré. Le jeune enfant fit sept pas, et sous « chaque pas s'épanouit aussitôt une ficur de lotus. Il récita alors le passage suite vaut d’une ancienne hymne : « Si toi, ôle premier des hommes, renaissant par « métamorphose et en faisant sept pas dans ce monde , tu dis ; Je suis le maître de « l’univers; alors, ô très-illustre , je t'adorerai". » — Ki..

(ai) Où ils accomplissent la doctrine.] C’est-à-dire, où, étant Bodhisattwa, ils deviennent Bouddha Tathàgata ou accomplis. Quant au Bouddha Shâkya mou ni, il obtint cette dignité dans un jardin du royaume Ma kia (ho (Maghada), sur les bords de la rivière Ni lian (les auteurs chinois avouent ignorer la signification sanscrite de ce nom). Le saint était alors assis entre deux arbres Po thi (ficus religiosa) , et y devint Intelligence absolue. On a élevé, à cette place, la seconde des huit tours saintes fc.

La rivière Aï lian , dont les bords furent pendant six ans le théâtre des

macérations auxquelles Shâkya mouni, étant encore Bodhisattwa, se soumit pour atteindre la dignité de Bouddha, est appelée, dans la relation de Hiuan thsang, fâ-AJL Ni lian chen et ^ Ni lian chen n a*; et dans les livres

mongols, l’S * f i * v.i Nirandjara, Nirandzara* et Naran dzara \ Toutes ces transcriptions représentent le terme sanscrit Hlr-ii Nîlâhtchana (en pâli, Nirandjanam) , qui signifie sulfate de caivre et aussi éclair. C’est le nom d'un torrent considérable qui est encore à présent appelé Niladjan, et qui, avec un autre nommé Mohane, qui vient du sud-est, forme la rivière Falgo (P’halgou). Cependant comme le Niladjan, nommé sur nos cartes Ammânai , a un cours beaucoup plus long que le Mohane, on peut le regarder avec raison comme la partie supérieure du Falgo . Il a ses sources dans les montagnes boisées du district de Tori, de la province de Ramghar, environ par a 3° ho‘ latitude nord; il coule en général au nord-nord -est, reçoit dans le Bahar les noms de Falgo et de Mohany, et se réunit au Gange au-dessous du village de Roui nallân. Hiuan thsang, en se rendant du monastère Che lo pô tho lo (ou de l'abstinente sagesse) 1 à la ville de Kia ye (Bouddha Gaya), faisait quarante à cin quante li au sud-ouest et passait la rivière Ni lian chen. Tous ces détails déterminent avec précision la contrée où Shâkya mouni vécut pendant six ans dans la solitude, et où il obtint la dignité de Bouddha. — Ki .

* I J. Scliimdt'î Forsck. im (îebiete . etc- pag. 171.

k Pà (a lintj thà king. cité dans le San üuna fà Jeu. li». XXXIII, |Ug- 5 verso

' hait i fiait, liv. LXV, pag *5 «■ et 36

4 (iachichte der (M-Monjolen , pag. 3i3 et 333 * Forukunjtn tm (irkiete . p«g. 173 1 5ft?5frr S'ilavrilla signifie en sanscrit uneron daite ta je et morale

(a 2) Tourner la roue de la foi.] Ces! une expression allégorique employée pour indiquer qu’un Bouddha a commencé à prêcher la doctrine. Le Fà yuan tchu Un dit : « Le lieu où le Tathâgata (Shâkya mouni] a fait tourner la roue de la loi n'est « pas bien déterminé. Selon les uns, ccst à l’estrade du silence *®l°n

« les autres, dans le Parr aux cerfs (près de Bénarès et au nord-est de cette ville) , « ou dans les deux et d’autres lieux *. » — Kl.

(a 3) Où ils soumettent les hérétiques.] On a vu, à la note ai du chapitre XVII. l’exposition des doctrines des philosophes hétérodoxes du temps de Shâkya mouni. C’est à V ârânast ou Bénarès que Shâkya mouni soutint le plus de discussion*avec les docteurs hétérodoxes. Ces derniers, qui sont appelés Ters dans les livres bouddhiques des Mongols, étaient ennemis jurés de la doctrine de Bouddha. A l’époque de la réformation de Shâkya mouni , les sectateurs de S’iwa se sentirent trop faibles pour le combattre; alors son oncle Deuadatta se mit â la tète de ses antago nistes et adopta la croyance des Ters, qu'il tâcha aussi d'introduire à la cour de plusieurs petits princes de l’Inde. Croyant renverser Shâkya mouni, il fit venir les six principaux docteurs des Ters (compare/, chap. XVII, note ai, pag. 1^9) pour les opposer à son neveu, à une grande fête où tous les princes étaient assemblés , mais ils échouèrent contre son intelligence suprême. Les quinze rois présents à' cette fête se réunirent tous les jours, depuis le premier jusqu’au quinze du premier mois; et les six docteurs des Ters essayèrent, dans ces assemblées, d’attaquer et de vaincre le Bouddha par des moyens magiques. Sans les craindre, il triompha d’eux de la manière la plus glorieuse, par la force de ses raisonnements et par sa puissance divine et surnaturelle; de sorte qu après quinze jours de discussions, le chef de ses adversaires fut contraint de se prosterner devant lui et de l’adorer. Tous ceux qui étaient présents se levèrent et suivirent son exemple. Par cette dernière victoire, sa gloire et sa doctrine se répandirent dans toute l'Inde -, et en mémoire de cet événement, ses sectateurs célèbrent encore tous les ans les quinze premiers jours de l’année — Kl.

(îâ) Monter au ciel Tao li.] Voyez chap. XVII, note a.

(2 5) Pour y prêcher la loi en faveur de leur mère.) Voyez chap. XVII, note 3, et chap. XX , pag. 171.

Voici de quelle manière l’Histoire mongole de Sanang Sctscn raconte que le Bouddha Shâkya prêcha la loi à sa mère : «Six jours après la naissance du prince u royal Kkamouk tousayi bataghektchi ( en sanscrit Sarvârtha siddha , qui produit le salut

* Ijfluj fà w«, liv. XIII, p*g. i5. — k Mémoires relatifs à l'Asie . Vie de Bouddha, dans le tonie II,

FOË KOUË Kl.

« de tous), sa mère Mahâ maya entra dans le Nirvàn’a. H obtint, dans l'année Ting « du tigre, la dignité de Bouddha; et six ans après, dans l'année Ting du bélier, re- <• gardant un jour avec les yeux de l’inspiration divine, il découvrit sa mère Mahâ <1 mâyà , sous une nouvelle incarnation , dans la région des trente-deux tégri. Aussi- « tôt il s’y éleva pour la conduire sur le chemin de la sainteté divine, et il y resta « pendant quatre-vingt-dix jours pour lui prêcher la loi \ »

(a 6) En faisant cinq yeou yan. ] Environ six lieues et demie.

' (îrschirhtc dfr Osl- Mongole n. von I. J. Schmidt, |Ug. i5.

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