‹ Foe koue ki ou relation des royaumes bouddhiquesChapitre 56 sur 112 · CHAPITRE XXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVI

Réunion des cinq rivières. — Nirvana d‘A nan. — Sa mort au milieu du fleuve.

A quatre yeouyan de là (i), on vient à la Réunion des cint/ rivières (a). A nan se rendant du royaume de Mo kii vers Phi che li (J), dans l’intention d'entrer dans le Ni phan , les dieux en avertirent le roi .4 tchc chi (4). Celui-ci, plein de diligence, marclia à la tête de toutes scs troupes sur ses traces, et arriva sur les bords du fleuve (5). Tous les Li tchhe de Phi cite li (6), ayant appris la venue d’A nan, vinrent aussi à sa rencontre. Tous étant arrivés au fleuve, A nan réfléchit et pensa que s'il allait en avant, A tebe chi l'atteindrait; que s’il retournait sur scs pas, il aurait encore les Li tchhe sur ses traces. Dans son indignation, il se brûla au milieu du fleuve. La flamme du sun meï (7) consuma son corps, et il entra dans le Ni houan. Son corps fut partagé en deux parties; chaque partie fut portée sur l’une des rives, et de cette manière les deux rois (8) eurent chacun la moitié des che li du corps. Ils s’en retournèrent et élevèrent des tours (9).

(ij Quatre yeou y a a.] Environ cinq lieues et demie.

(a) La réanion des cinq rivières.] Fâ hian avait passé le Hi liait ou Gandiki avant d'arriver à Phi che li ou Vcûs’âli, car cette ville était située à quelques li à l'est de la rivière. De Vaïs'âli il suivit la gauche du Gandâltî jusqu'à son embouchure dans le Gange. Cette embouchure est à l’ouest de la ville actuelle de dladjipour, et au nord de celle de Patna. Depuis l’entrée du Sone dans la droite du Gange jusqu'audessous de Patna, plusieurs autres rivières se jettent du meme côté dans ce fleuve, de sorte qu'il est vraisemblable que tout le pays dans ce voisinage a porté autrefois le nom des Ciru/ embouchures. — Kl.

(3) De Mo kië vers Phi che Ii.) A nan venait du royaume de Mngadha, situé au sud du Gange ; il avait passé ce fleuve et allait se rendre a Vaïs’àli pour y entrer dans le Nirvana, vraisemblablement à la même place ou Bouddha avait quitté ce monde. — Kl. •

(4) Avertirent le roi A tctie càt.] -jrf» fj|j j ^ A tche chi, ou plutôt A tcha chi, est la

transcription d’un mot sanscrit qui, d'après la dernière section du Ni phan king, signifie celai qui n’engendre pas de haine ou ne se fait pas d’ennemis \ lliuan thsang écrit le nom de ce prince A toà to ché toû lou et dit que A tche chi en est l’ancienne prononciation corrompue et contractée*. C’est le sanscrit Adjâtas’alrou (qui

n'engendre pas de haine). C’était un roi de Magadha qui vivait vers l’an 868 avant notre ère, car c’est à cette année que la chronologie japonaise et chinoise fVa han ktcâ tô fen nen gakf oan-no tsoa rapporte la mort d’A nan ou Ananda, c’est-à-dire à l'année ^ Sfè. , qui est la 3o'du xxx* cycle sexagénaire, et la î i*du roi Li wang en Chine. Ananda aurait donc vécu cent trente ans, puisqu'il vint au monde dans l’année où Shàkya mouni obtint la dignité de Bouddha, c’est-à-dire l’an 998 avant notre ère. — Kl.

(5) Sar les bords du fleuve.] C’est le Gange qui est nommé ici le fleuve par excellence. — Kl.

(6) Tous les Li tchhe de Phi che li.) Voyez l'explication de ce terme dans la note 1 h du chapitre XXIV, pag. 2 ho.

(7) La flamme du san meî.] Les corps des Bouddhas, des Bodhisattwas et des autres

personnes qui, selon la croyance bouddhiste, ont joui d’un haut degré de sainteté, sont censés ne pas pouvoir être consumés par la flamme naturelle, mais seulement par celle du samâdhi (ou, transcrit à la chinoise, jan met), c'est-à-dire de la plus

profonde méditation religieuse, laquelle sort alors du corps du défunt et le consume pour le reproduire dans toute la beauté dont il était orné pendant sa vie. Voyez chap. XXIV, note 6, pag. a38. — Kl.

(8) Les deux rois. ] Il parait que quoique les habitants de Vaïs’ali eussent une forme de gouvernement républicaine, ils avaient pourtant aussi un roi. I«es deux

* Ni ptt‘n king . Htoa fen, cité (Uni le Son hanrjfà km, liv XXXI, pag. 4 v

* he second caractère de ce nom est «Ji^, sjoo-

oytue de ‘I sc prononce ordinairement foi en

chinois; mais dans la transcription de» mots sans-

crit», il est souvent employé pour exprimer la syllabe trie, prononciation primitive du groupe , qui entre dan» sa composition.

* Pian i liait, lîv. LXV, pag. 53.

FOË KOUË Kl.

rois de notre texte sont donc A tche chi de Magadha, et celui qui était le chef de l’état des Li tchhe ou Litchtchewi de Vaïs’àii. — Kl.

(9) Et élevèrent des four.».] U a déjà été question d’une de ces tours, qui contenait la moitié des reliques d'Ananda, appartenant à ta ville de Vaïs’âli. Voy. chap. XXV, note 3 , pag. 2 U 5. — Kl.

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