‹ Foe koue ki ou relation des royaumes bouddhiquesChapitre 57 sur 112 · CHAPITRE XXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVII

Royaume de Mo kië thi. — Ville de Pa lian foü. — Mont Khi tche kiii. — Montagne élevée par les génies. — Fête pour l'anniversaire de la naissance de Foë. — Hospices. — Empreinte du pied de Foë. — Inscription. — Ville de Ni li.

En traversant le fleuve et en allant au midi l’espace d’un yeouyan (•), on arrive au royaume de Mo kiê thi (a) et à la ville de P a lian foü (3). Cette ville était la capitale du roi A yü. Les palais du roi qui sont dans la ville, ont des murailles dont les pierres ont été rassemblées par les génies. Les gravures et les sculptures qui ornent les fenêtres, sont ce que le siècle ne saurait faire : elles existent encore actuellement.

Le frère cadet du roi A yü (4) , ayant obtenu le degré de doctrine d'Arhan, vivait constamment dans les monts Khi tche kiü (5), où il se plaisait dans le loisir et dans le repos. Le roi, qui le vénérait, le pria de venir pratiquer le culte divin dans son palais; mais le prince, charmé du séjour tranquille des montagnes, refusa d'accepter celte invitation. Le roi dit alors à son frère cadet : Acceptez seulement mon invitation, et je ferai élever pour vous une montagne dans la ville. Le roi fit apporter à boire et à manger, appela les génies et leur dit : Acceptez tous mon invitation pour demain, mais vous ne vous asseoirez pas à table que vous ne m’ayez fait chacun un présent. Le lendemain, tous les génies apportèrent chacun une grosse pierre qui avait quatre ou cinq pas en carré. Quand l'assemblée fut finie, il chargea les génies de construire une grande montagne de pierre, et de bâtir au pied de la montagne, avec cinq grandes pierres carrées, une maison de pierre, longue de trois tchang, large de deux, et haute d’un tchang (6) environ. 11 y avait alors un Brahman de la grande translation, nommé Lo thaï szu pho mi, qui séjournait dans cette ville; il était éclairé et plein de prudence; il n'y avait rien qu’il

FOË KOUË KL ne sût à fond; il se tenait dans une pureté parfaite. Le roi lui témoignait toute sorte d’honneurs, le servait comme un maître, et quand il allait le consulter, n’osait s’asseoir auprès de lui. Le roi, en signe de respect et d’amitié, lui prit la main; mais après qu'il la lui eut prise, le Brahtnan aussitôt se lava. Durant plus de cinquante ans, le royaume eut les yeux levés et la confiance placée dans ce seul homme. Il accrut et répandit la loi de Foë, de sorte que les hérétiques ne purent réussir à se faire prévaloir (7).

[La réunion des religieux a fondé, à côté des tours du roi Ay&, des Ma ho yan Scng kia lan (8) très-élevés et très-beaux. H y a aussi des temples de la petite translation; il y habite en tout entre six et sept cents religieux. On y voit aussi des collèges admirablement bâtis dans un style majestueux et grave. Les Cha men d’une haute vertu des quatre parties du monde , et les étudiants qui désirent s’instruire dans la philosophie, se rendent tous à ces temples. Les maîtres des fils des Brahmans sont aussi appelés Wen tchu t:n li (9). Dans ce royaume, les Cha men d’une hauto vertu sont de la grande translation ; tous les Pi khieoa (mendiants) suivent leur exemple et leur obéissent; et ceux qui habiteut ces seng kia lan sont tous du royaume du Milieu (10).

Les villes et les bourgs de ce royaume sont grands; le peuple y est riche, il aime les discussions, mais il est compatissant et juste dans ses actions. Tous les ans, pour célébrer le huitième jour de la lune Mao (ii); on fait des chars à quatre roues sur lesquels on dresse cinq étages eu bambou soutenus par des lances, de manière qu’ils forment une colonne haute de plus de deux khang et qui a l’aspect d’une tour. On la couvre de tapis de feutre blanc, sur lesquels on peint ensuite les images de tontes les divinités célestes, qu'on décore avec de l’or, de l’argent et du verre de couleur. F,n haut, on attache un toit d'étoile brodée; aux quatre coins sont pratiquées de petites chapelles, dans chacune desquelles est un Bouddha assis, avec des Bodhisattwas debout à ses côtés. Il peut y avoir environ vingt de ces chars, qui diffèrent tous l’un de l’autre pour le faste et pour l’im-

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