‹ Foe koue ki ou relation des royaumes bouddhiquesChapitre 58 sur 112 · CHAPITRE XXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVII

portance. Ce jour-là toutes les rues de la ville sont couvertes d'hommes qui s’y rassemblent. On donne des représentations théâtrales, on fait des tours de force, on joue de la musique. On embellit la fête avec des fleurs et des parfums. Les Bralimes viennent visiter Foë; les Douddhas arrivent selon leur ordre dans la ville et s’arrêtent aux reposoirs. A la nuit tombante, on allume partout des lanternes dans les lieux où on fait des tours de force et où on donne des concerts pour célébrer la fête. On s’y rend de toutes les provinces; et les délégués que les chefs des royaumes entretiennent dans la ville, y ont établi chacun une Maison Je médicaments du bonheur et de la vertu. Les pauvres, les orphelins, les boiteux, enfin tous les malades des provinces vont dans ces maisons, où on leur donne tout ce dont ils ont besoin. Les médecins y examinent leurs maladies ; on leur sert à boire et à manger selon les convenances, et on leur administre des médicaments. Tout contribue à les tranquilliser; ceux qui sont guéris s'en vont d'eux-mêmes. Le roi A yü ayant détruit sept tours, en éleva quatre-vingt-quatre mille autres. La grande tour qui fut faite la première, est à plus de trois li au sud de la ville. Devant cette tour] est l’empreinte des pieds de Foë ( ■ a) ; on y a bâti un temple dont la porte est au nord et tournée vers la tour. Au sud de la tour, il y a une colonne de pierre qui a quatre à cinq tchang de circuit et trois tchantj au moins de hauteur; sur cette colonne est une inscription qui porte : « Le roi A yü avait donné le Tan « feoa thi aux religieux des quatre côtés; il l’a racheté d’eux pour de « l’argent, et ainsi trois fois (i3) . » A trois ou quatre cents pas au nord de cette tour, le roi A yü bâtit autrefois la ville de Ni li 04). Au centre, il y a une colonne de pierre également haute de plus de trois tchang, et sur laquelle est placé un lion. Sur cette eolonne il y a une inscription qui rappelle la fondation de la ville de Ni U, la raison qui la fit construire, ainsi que l’année, le jour et le mois.

FOË KOUË Kl.

( i ) L'espace d’an yeou yan. ] C’est-à-dirc d'une lieue et demie.

(a) On arrive an royaume de Mo kië thi.J Le nom de ce royaume est transcrit, par d’autres auteurs chinois, Mo kia tho et Mo kië tho, c'est-à-dire Magadha. C’est le nom du Hahar méridional, ou de la partie du Bahar située au sud du Gange. Fâ hian est le premier auteur chinois qui ait fait mention de ce royaume, lequel envoya, l’an 667 de J. C. , une ambassade à l’empereur Toi tsoung de la dynastie des Thang. Suivant la description des pays occidentaux, annexée à l’histoire de cette dynastie, il appartient à l’Inde du milieu et a cinq mille U de circonférence. Le sol y est fertile; on y sème et on y récolte différentes espèces de grains , entre autres une espèce de rix qu’on appelle riz des grands hommes. Le roi réside dans la ville de Kiu tche kië b pou lo, qu’on appelle aussi Kiu sou mo phoa lo et ville de Po to li tsu, qui s’étend au nord jusqu’au hord du fleuve King kia (Gange).

Ce mémoire sur les pays occidentaux sous la grande dynastie des Thang appelle ce royaume Mo kië tho, et lui donne également cinq mille li de circuit. Il ajoute qu’il avait peu de villes, mais beaucoup de bourgs et de hameaux. L’empereur Kao tsoung de la même dynastie, lequel régna entre 65o et 683, envoya Wang yaan ihsë comme ambassadeur au royaume de Mo kië tho; celui-ci y éleva, dans le temple Mo ho phoa thi, un monument avec une inscription. Plus tard, l’empereur Tê tsoung (780-806) fit faire une inscription pour une cloche, et la présenta au temple Na b n tho. C’est la dernière mention du Magadha qu’on trouve dans l’histoire chinoise \

Selon la dernière section du Ni phan king, le nom de Mo kia tho ou Magadha signifie en sanscrit excès de bonté b. — Kl.

(3) A la ville de Pa lian fou.] fie. Pa lian fou est l’ancienne transcription chinoise du nom de la ville de Palibothra, si célèbre clicx les anciens. Hiuan thsang l’appelle ^ 0 ^ tchhing, c’est-à-dire ville (tchhing) du fils de

(l’arbre) Pho ta li. Nous verrons plus bas l’origine de ce nom, qui en sanscrit est Pâl'alipoatra, avec la même signification. Les Chinois ont traduit la dernière moitié de ce nom ( poalra , fils) par le caractère (su, qui signifie la même chose. Ils ont agi de même dans d’autres transcriptions sanscrites; c’est ainsi qu’ils expriment lç nom de S’âripoutra (en pâli , N âriputtô) , fils du S’âras ou S’ârî , par Oie li

* Pian i tian. liv. LXV. p*g. 8 u. et 67 — k Si fikan king, Ileou Jtn. cité dans le San üanÿ fa tou. li». XXXI, pag 4 *.

tsu, qu’ils écrivent aussi Oie li fou; et alors le dernier caractère, repré-

sente le mot sanscrit poutra et le pâli poattA, de même que dans le Pa lion fou de Fâ hian; car, eu dialecte vulgaire, la syllabe foü se prononce foÛt ou foûts.

Quant à la transcription Pa lian foù ou plutôt Pa liait foui, Pa lion poüt, elle sc rapporte singulièrement au ri d'Arrien et d'Etienne de Byzance; tandis que la véritable orthographe sanscrite Pât’aUpoûtra , qui oa pas de nasale après la syllabe li, se rapproche plus du nom de que Ptolémée et Sfrabon donnent à cette

capitale. L’illustre Rennell* a déjà suffisamment démontré que cette ville. qu’Àrrien appelle la plus grande de l’Inde, et qu’il place dans le pays des Prasiens, à l’embouchure de i'Erannoboas dans le Gange, était située dans le voisinage de Palnu , et au-dessous du confluent de la rivière Son a avec le Gange. La rivière Son a porte en effet les noms de Hiranyabdhoa (bras d’or) et de HiranyuH'àha

(qui roule de for). Une do ces deux dénominations a été changée par les Grecs en Erannoboas. De plus, Strabon rapporte que Palibolhra était éloignée de six mille stades de l’embouchure du Gange , et qu’on comptait cette distance d'après la navigation en remontant ce fleuve. C’est pour cette raison que déjà Patroclus n'admet que cinq mille stades en ligne directe pour cette distance. Pline la suppose de six cent vingt-huit milles , qui équivalent à cinq mille stades. L’ancien emplacement de Patna est à un peu plus de deux cent huit lieues, de vingt-cinq au degré, de l'embouchure du Gange , en naviguant sur ce fleuve; mais en ligne droite, et en négligeant les nombreuses courbes que le cours du Gange décrit, il n’y a que cent soixante-sept lieues.

Les recherches du savant H. H. Wilson ont appuyé sur tous les points celles de Hennell. Il est donc inutile de réfuter ici l’hypothèse du colonel Wilford , qui croyait que Palibothra était le Hddjamahal de nos jours, ou d’avoir égard à l’opinion de M. W. Franklin, selon lequel cette ancienne capitale de l’Inde se trouvait près de Bhàgalpour. D’ailleurs, le premier a lui-même reconnu l’erreur de son hypothèse. Il avait composé sur ce sujet un mémoire dont sa mort a empêché la publication; il y prouve que Pàf ulipoutra a dû exister dans le voisinage de Patna

Le nom de Pàtalipoulra donné à cette ville, signifie fils de l’arbre Pâtali (Bignonia

suave olens), en tubétain gv g- 3' Skya nar ghiï boa, fils de (la fleur)

Skya nar. Le morceau suivant (de 64o de J. C.), que j’extrais des Mémoires sur les pays occidentaux sous les Thang, raconte ainsi l’origine de cette dénomination :

« Au sud du fleuve Khing kia (Gange) est l’ancienne ville; elle a soixante et dix li de o circuit ; son emplacement est vide et couvert d’herbes ; on n’y voit que des fonda- « tions et des ruines. Anciennement, quand l’âge des hommes se composait encore

* Memcir of a Map t>f Uindoostan . pag. 4g et soiv. pag 5aa. — Select spe cimtm oj tke Theatrt of fie Hin-

* Sanskrit Dictionary. by H. H. Wilaon, a* édition, dus London, 1 835, vol. II, pag. i36-

258 FOË KOIJË KI.

« d'années innombrables, elle portait le nom de Kia sou mo phou b, c'est-à-dire, ville du « palais des fleurs odoriférantes (c'est le sanscrit Kousoumapoura, ville fleu-

« rie*). Le palais royal était rempli de fleurs, et c’est pour cela que la ville reçut ce h nom. Quand fàgc des hommes ne fut plus que de raille ans, elle fut appelée Pho « lo li ha, ville du fils de Photoli, et non pas, comme on écrivait autrefois, Pa lian « foi. Il y avait alors un Rrahman doué de hautes facultés et d’un savoir immense. Le « nombre de ses disciples montait à mille , et il les instruisait dans tout ce qui a rapu port aux sciences. Ses disciples , allant un jour sc promener, avaient un de leurs « compagnons distrait et triste ; les autres lui demandèrent pourquoi il était si affligé. « Il leur dit : La plus parfaite beauté et la force qu’on admire sont empêchées dans a leur marche; les arts acquis pendant des années et des mois ne sont pas parfaits : « c’est ce qui attriste mon cœur. Les autres disciples répondirent en plaisantant : « Allons, il s'agit d’avoir bientôt un fils; il faut donc tacher de te marier. Ainsi nom- •r nions deux d’entre nous qui feront le père et la mère du garçon, et deux qui feront « le père et la mère de la fille. Ils allèrent plus loin , s’assirent sous un arbre Pho to U « P fi? al*), et l’appelèrent Carbrc dti mari de la fiUe. Ils cueillirent des fruits

« mûrs, puisèrent de l’eau limpide, et disposèrent tout pour commencer le ritnup- «• liai. Celui qui représentait le père de la fille s’étant assuré: que le temps était favo- « rable pour l’union, éleva une branche fleurie, la présenta à l’élève, et lui dit : Le » moment est propice pour le mariage; soyez heureux et ne vous quittez plus. Ces « paroles remplirent le cœur de l’élève de joie, et il accepta. Vers le soir, comme « il s’agissait de retourner, tout absorbé dans ses pensées amoureuses il voulut « rester. Les autres disciples lui dirent ; Ce que nous avons fait n’était qu'une simple a plaisanterie; tu feras mieux de revenir avec nous; la forêt est remplie de bêles « féroces qu’il faut craindre, et qui te déchireront. Mais-félèvc les quitta et sc pro- « mena près de l’arbre. Quand la nuit eut répandu ses ombres , un éclat étrange « éclaira la plaine; on tendit des cordes pour dresser un beau pavillon avec des u rideaux, et tout fut convenablement disposé. Tout à coup il vit un vieillard véné- « rable qui, appuyé sur un bâton, vint à sa rencontre, ainsi qu’une vieille condui- « sant une jeune fille. Ces deux personnages vinrent en cérémonie le recevoir; le « chemin était rempli de monde; tous avaient de beaux habits, on chantait et ou « faisait de la musique. Le vieillard lui montra la jeune fille et lui dit : C’est la « nouvelle mariée de monsieur. Le banquet, les chants, la musique et les fêtes « joyeuses durèrent pendant sept jours. Les autres disciples qui craignaient que « leur camarade ne fût déchiré par les bêtes féroces, allèrent à sa recherche. Ils le «1 trouvèrent seul, assis à l’ombre de l’arbre. Quand ils furent parvenus jusqu'à « lui, ils l’invitèrent à revenir avec eux; mais il refusa et ne les suivit pas. Plus tard « il vint lui même à la ville pour visiter ses parents, et leur raconta ce qui lui était

* H. H. Wilion'i ^HiJihl fhrtionary. a* édition, |iâg. a37-

« arrivé. Tous ceux qui entendirent son histoire en furent étonnés. Ii conduisit « ses amis dans la forêt. Ils y virent l'arbre en fleurs cl un grand train d'esclaves,

« de domestiques et de chevaux qui allaient et venaient. Le vieillard vint les re- « cevoir, et leur lit servir un diner accompagné de musique. Enfui, après que le « maître de la maison leur eut fait toutes les politesses requises , les amis retour- » nèrent à la ville, et racontèrent partout ce qu’ils avaient vu. Après un an , il naquit « (à l’élève) un fils. Il dit alors à son épouse : Je désire maintenant retourner chez « moi; ne soyez pas fâchée de mon départ, et ne m’empêchez pas de in’en aller; je « reviendrai rester avec vous. Sa femme fit part de ce qu’elle venait d’entendre au 4» e vieillard à cheveux blancs , auquel l ‘élève dit alors : Pour que l’homme puisse « vivre heureux , il est nécessaire qu’il soit dans un lieu habité ; il faut donc à l'instant « construire des maisons et ne pas penser à autre chose. Tous les domestiques se « mirent sur-le-champ à travailler, et achevèrent l'ouvrage en peu de jours: ce fut ** l'ancienne ville des Jlears odoriférantes, qui reçut de ce fils, et parce quelle avait été « construite par les génies, le nom de t ille du fils da Pho to li. Cette dénomination « devint plus tard celle du royaume*. »

Quoique les notions que le colonel F. Wilford a fait extraire des livres sanscrits par ses pandits, ne soient pas à l'abri du soupçon de falsification, je ne veux pourtant pas omettre de rapporter ici ce qu'il dit sur Pâtali poutra et la signification de ce nom. Kousouma poura fut, d’après le Bramân'da, bâtie par le roi Oadasi, grandpère de Mûha Ibili {nommé aussi Manda et Mâkapadma). Kousouma poura signifie la ville fleurie, et elle fut encore appelée Padmavati, la ville du lotus. Selon la tradition, son ancien emplacement était à Phnulmiri, dont le nom a, dans les dialectes parlés, la même signification que Kousouma poura. Cependant leCange ayant changé de lit, cette ville fut peu à peu transportée de Phoulwêri au Patna actuel, appelé aussi Pâlali poutra, d'après le fils d’une forme de Dévi, dont elle a pris le nom de Putali dévi (ou la déesse* mince). Son fils est ordinairement nommé Pâtali poutra, et la ville Pâtali poutra poura. — Cette étymologie de M. Wilford est cependant insoutenable, parce que le nom de la ville de Pât'ali poutra s'écrit tnTfeipr et non pas Pâtali poutra.

Dans un autre mémoire, le même capitaine Wilford place Pât ali poutra ou Âousouma poura à dix lieues à fouesl-sud-ouest de Patna11; en quoi il peut parfaitement avoir raison. — Kl.

(6) Le frère cadet du roi A yd.] iliuan thsang dit qu'il s'appelait Mo hiyan tho lo, c'est-à-dire, le grand empereur, et qu’il était de la même mère que .4/iï ou As’oka. Mo hi y an tho lo est le terme sanscrit Mahendra, qui signifie à peu près la même chose, c'est-à-dire, le grand puissant ou souverain. — Kl.

• Pian i liait , I. LXV, p. 9 r. et *ui» — * 4#i«l. Restarch. éd Cale- I IX. p. 36 et 37, cl L V, p j>8-

260 FOË KOUË Kl.

(5) Dans le mont Khi tche kiü.] Cette montagne, située dans le royaume de Ma-

gadha, et -faisant partie de la chaîne qui traverse le Bahar méridional, depuis l’endroit où le S’on’n tourne au nord-est, jusqu’à Ràdjamahal sur les bords du Gange, sera plus amplement décrite dans le chapitre XXIX, Elle est nommée Ky 1y tholo kia ta dans la relation de lliuan thsang. C’est la transcription du terme sanscrit Grïdhrakoût’a (pic du Vautour). Les Chinois traduisent ce nom par Tsieoa

Jung; ils l’appellent aussi tsieoa Jung, ou pic du Vautour surnaturel.

Cette montagne est un des lieux où Shàkya mouni a séjourné et prêché le plus longtemps. Elle porte actuellement, dans les cartes, le nom de Giddore. Voyez sa position dans l' Esquisse des environs de Goya, pl. III. — Kl.

(6) Haute d'un tchang.] Le tchang ou la toise chinoise est d’environ 3* 6o. — Kl.

(7) II manquait ici le feuillet a5, dans l’exemplaire du Foi koui Ici de la Bibliothèque du Roi, dont feu M. Rémusat s’est servi pour faire sa traduction; j’ai rempli cette lacune en traduisant le contenu de ce feuillet sur une autre édition du même ouvrage q\ie M. le professeur Fr. Neumann, à Munich, a eu la bonté de me communiquer. Ce morceau du texte est renfermé entre deux crochets. — Kl.

(8) Des Ma ho y an Seng kia lan.] Ce sont des monastères dont les religieux suivaient les préceptes du Mâhayâna ou de la grande translation. — Kl.

(9) Sont aussi appelés Wen tchu stu li.] JVen tchu szu li est une des transcriptions chinoises du nom de Mahdjous'ri, divinité bouddhique dont il a déjà été question dans la note 36 du chapitre XVI. C’est un titre honorifique qu’on donnait aux Brahmans les plus savants — Kl.

(10) Sont tous du royaume du Milieu ,] c’est-à-dire de Mad'hyadés’a (en pâli,

Madjdjadésa) , ou de la région centrale de l’Inde. C’est sous cette dénomination qu’était compris tout le pays situé entre Kouroukchétra au nord, AUahahâd au sud, les monts Uimâlayn à l’est, et les monts Findhya à l’ouest. Il renfermait donc les provinces actuelles d’ Allahabdd, d'Agra, de Dchli, YOude et le Bahar, etc. — Kl.

(11) Le huitième jour de la lune Mao,] c’est-à-dire du quatrième mois, car le caractère ^fp mao est le quatrième de» dix signes du cycle de douze. C’est le jour de la naissance du Bouddha Shâltya mouni. Cet anniversaire est célébré encore aujourd’hui par tous les Bouddhistes avec la plus grande solennité; il est marqué dans

‘ Foa f& thantf ytm yuan ting. cilé dans le San imngfdsou. liv. XI, pag. 7.

l'Almanach de la cour de Peking comme saint jour de naissance de Chy kia tren foé. Les Mongols rappellent -h, i lrrns snrd (la lune de

la grâce). Les Kalmuks célèbrent cette fête depuis le huitième jusqu'au quinzième du premier mois de l'été, qui est par conséquent le quatrième de l'année ( Too lai, du lièvre), c'est-à-dire avant le milieu du mois de mai. — Kl.

(ia) Est F empreinte des pieds de Foé.] Hiuan thsang vit aussi et décrivit ces empreintes. Elles avaient un pied huit pouces de long et six pouces de large; les empreintes des deux pieds montraient la figure d'une roue et de dix doigts. On les avait entourées de guirlandes de fleurs et de poissons tachetés, qui jetaient beaucoup d’éclat quand le temps était serein et clair. Autrefois, ajoute-t-il, quand le Jou lai résolut d’entrer dans le Nirvana, et fut sur le point de marcher vers le nord pour se rendre à la ville de Kiu chi na, il regarda encore le royaume de Mo hié tko, ayant les pieds sur cette pierre; puis il dit à A non : «Je laisse pour très-longtemps l'em- « preinle de ces pieds dans le royaume de Mo kië tho, car je veux m'en aller dans a r anéantissement. » Cent ans après, le roi sans tristesse (As’oka) gouverna le monde et fit construire un palais dans ce lieu. Il fut converti alors par l'assistance des trois précieux, et devint un serviteur des divinités, ainsi que le furent les rois ses successeurs. Il y établit sa résidence, y fit bâtir une ville, et construisit un édifice au-dessus de la pierre de l’empreinte qui était près des murs du palais, et qu’il vénérait toujours avec zèle. Après lui, les rois des autres royaumes voulurent absolument enlever cette pierre; mais une multitude d’ouvriers qu’ils y employèrent, ne purent parvenir à la remuer. Il n'y a pas longtemps * que le roi Châ chang kia, qui persécuta et voulut extirper la loi de Bouddha, voulut aussi détruire cette pierre et son empreinte sacrée; mais après qu’il en eut fait effacer les traits, ils reparurent tels qu'ils étaient auparavant. 11 Ht alors jeter la pierre dans le Khing kia (Gange), mais le courant de ce fleuve la rapporta à l’ancien endroit k. — Kl.

(i 3} Et ainsi trois fois.] Iliuan thsang, qui visita ces lieux environ deux cent vingt ans plus tard, trouva les caractères de cette inscription presque effacés. Il dit que son contenu était à peu près : uLe roi sans tristesse , ferme dans sa croyance, a « trois fois fait don du Djamboa dwîpa (de l’Inde) aux prêtres de la loi de Bouddha; « trois fois il l’a racheté d’eux contre toutes ses perles et tous ses trésors*.» — Kl.

(i 4) La ville de Ni li.] Je n’ai trouvé nulle autre mention de cette ville, qui doit être la résidence mentionnée dans la note iq. — Kl.

* Ceci a été écrit dans la première moitié du m* siècle.

Pian i iian, lir. I.XV, pag. i3.

Ibid. loc. cit.

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