‹ Foe koue ki ou relation des royaumes bouddhiquesChapitre 62 sur 112 · CHAPITRE XXXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXI

Ville de Kia ye. — Lieu où Foé vécut pendant six ans dans les macérations. — Lieu où il accomplit la loi. — Il est exposé aux attaques du démon. — Autres lieux saints. — Quatre grandes tours en l’honneur de Foé.

De là, en allant à l'ouest pendant quatre ycou yan (i), on arrive à la ville de Kiaye (j). Cette ville est aussi complètement déserte. En continuant au midi, et en faisant vingt /i, on vient à l’endroit où le Phou sa vécut pendant six ans dans les macérations (3) : ce lieu est boisé. De là en allant trois li à l’ouest, on vient au lieu où Foë se mit dans l’eau pour se baigner; les dieux tinrent alors des branches d'arbres et l’en couvrirent à sa sortie de l’étang (A). Deux li plus loin au nord, on vient au lieu où les filles des familles retirées offrirent à Foë du riz au lait (5). De là au nord, à deux li, Foë , assis sur une pierre sous un grand arbre, et tourné vers l’orient, mangea ce riz : l’arbre et la pierre existent encore ; la pierre peut avoir six pieds de largeur et de longueur, et deux pieds de hauteur. Dans le royaume du Milieu, le froid et le chaud étant égaux et tempérés, il y a des arbres qui durent plusieurs milliers d’années et même jusqu’à dix mille ans.

De là en faisant un demi ycou yan (6) vers le nord-est, on arrive à une grotte de pierre. Le Phou sa y. étant entré, et se tournant vers l’occident, s’assit les jambes croisées et pensa dans son cœur : Pour que j’accomplisse la loi, il faut que j’aie un témoignage divin. Aussitôt sur la paroi de la pierre se dessina l’ombre de Foë; elle parut haute de trois pieds, et le temps était clair et brillant. Le ciel et la terre furent très-émus, et tous les dieux qui étaient dans l’espace dirent : Ce n'est pas ici le lieu où les Foë passés et à venir accomplissent la loi. Au sud-ouest, à la distance d'un peu plus d’un demi yeou yan, sous un arbre Peî to (7), est le lieu où les Foë passés et à venir

FOÈ KOUË Kl.

accomplissent la loi. Les dieux ayant ainsi parlé, sc tinrent devant lui, chantèrent et lui montrèrent le chemin en se retirant. Le Phou sa se leva; et quand il fut à trente pas de l’arbre, un dieu lui donna l'Iicrbe d’heureux augure (8) ; le Phou sa la prit et marcha quinze pas encore. Cinq cents oiseaux bleus (9) vinrent voltiger trois fois autour de lui et s’envolèrent. Le Phou sa s'avança vers l'arbre Pcï to, étendit l’herbe d’heureux augure à l’orient et s’assit. Alors le roi des démons envoya trois belles filles qui vinrent du nord pour l’éprouver, et il vint lui-même dans ce dessein. Le Phou sa frappa alors la terre avec les doigts de ses pieds, et les troupes du démon reculèrent et se dispersèrent : les trois filles furent changées en vieilles (10). 11 s'était imposé pendant six ans les plus grandes macérations. Dans tous ces lieux, les hommes des temps postérieurs ont bâti des tours et dressé des images qui subsistent encore à présent.

Dans le lieu où Foè, ayant accompli la loi, resta sept jours à contempler l’arbre et obtint la joie de l’extrême béatitude éternelle; dans celui où il passa sept jours sous l’arbre Peï to à se promener d’occident en orient; dans celui où les dieux, ayant créé l’édifice des sept maisons précieuses, servirent Foè pondant sept jours; dans celui où un dragon aveugle à écailles brillantes !>0 entoura Foë pendant sept jours; dans celui où Foè, étant assis sous un arbre Ni kiu liü, et sur une pierre carrée, tourné du côté de l’orient, le dieu Brahma vint le prier (1*); dans celui où les quatre rois des dieux lui offrirent un bassin ; dans celui où les chefs de cinq cents marchands lui offrirent du riz grillé et du miel (i3); dans celui où il convertit Kia së et ses frères (ut), le maître et les disciples au nombre de mille; dans tous ces lieux on a aussi élevé des tours. Au lieu où Foë obtint la loi, il y a trois seng kia lan; près de chacun sont des établissements pour les religieux, qui y sont très-nombreux. Le peuple les nourrit avec abondance sans qu’il leur manque rien. Les préceptes sont sévèrement gardés; on observe la plus grande gravité dans toutes les démarches, en s’asseyant, en se levant, et en entrant dans le monde.

Les quatre grandes tours qu’on a élevées en commémoration de toutes les saintes actions que Foc pratiqua pendant qu’il était dans le monde, se sont conservées jusqu’à présent sans interruption depuis le Ni houan de Foé. Ces quatre grandes tours sont au lieu où Foé est né, au lieu où il obtint la loi, à celui où il a tourné la roue de la loi, et au lieu où il est entré dans le Ni houan.

(i) Quatre y eou y an.] Environ cinq lieues et un tiers.

(a) La ville de Kia ye.] Dans l’original, Ces deux caractères se pro-

noncent actuellement en effet Kiaye, cependant le dernier se prononçait autrefois plutôt ya. Kia ye est donc la transcription du nom sanscrit Tm Goya. Il ne faut pas confondre cette ville avec celle qui porte à présent ce nom , et qui est située par 87* 20' i5" long. E. et 49' lat. N., sur la rive gauche de la rivière Phalgoa ou Falgo. Les ruines de l’ancienne Gaya , appelées encore aujourd'hui Bouddha Gaya , sont situées dans une vaste plaine et à peu de distance à l'ouest de la rivière Niladjan ou Amânal, qui est la partie supérieure du Falgo. Ces ruines ne présentent plus que des monceaux irréguliers de briques et de pierres; dans quelques endroits on reconnaît encore les fondations régulières d’anciens édifices, line immense quantité de matériaux de construction a déjà été extraite de ces ruines, qui par là sont devenues de plus en plus informes. La quantité d’images de pierre qu’on trouve dispersées à une distance de quinze à vingt milles anglais autour de la place , est vraiment étonnante; toutes paraissent cependant avoir appartenu à un grand temple et à ses alentours , et avoir été transportées de là à différents autres endroits. Actuellement il n'y a plus de Bouddhistes dans tout le voisinage de Bouddha Gaya \

Hiuan thsang rapporte que cette ville était dans une position très-forte; il y trouva peu d’habitants et seulement un millier de familles de Brahmans qui descendaient d'anciens saints

Les ruines de Bouddha Gaya ont été visitées tout récemment {en février i833) par l'ambassadeur birman Mengy maha tchesou et sa suite, pendant son voyage dans les provinces supérieures de l’IIindoustan, où il se rendait pour trouver le gouverneur général. Cet ambassadeur était accompagné du capitaine Bumcy. En parcourant les ruines et en les examinant avec soin, les voyageurs découvrirent une ins-

* Description of Hiiuloortan. by WnJter Hamiltoo, lom, 1, pag. 167. — k Pian i liai». Irv. LXV, png. j5 r.

FOË KOUË Kl.

cription ancienne en caractères paii, laquelle était à moitié sous terre, près du \Jaha bodhi gatch, ou figuier sacré, sur la terrasse du temple. M. Burney en prit avec soin et avec beaucoup de peine trois copies, dont deux, avec la traduction, furent remises au gouverneur général et k l'ambassadeur birman ; la troisième était destinée à la Société asiatique de Calcutta. Cette inscription en langue birmane est d'une haute importance, comme un des monuments les plus curieux du bouddhisme et comme servant k constater la vérité des récits de Fd hian et de Hiuan thsang. En voici le contenu “ : « Ceci est une des quatre-vingt mille chapelles h éle- « vées par Sri Dharm As’oka, souverain du Djambodmp, k la fin de la a i8* année*, <i après l'annihilation du Bouddha, sur la sainte place où Dhugawan (Bouddha) goûta «< le lait et Iç miel [madhapyasa)*. Étant, par le laps du temps, tombée en ruine, •< elle fut reconstruite par le prêtre Naik mahanta. Ayant derechef été ruinée, elle « fut restaurée par le radja Sado-mang Après un loüg intervalle , elle fut encore « démolie; le radja Scmpyou sakhen lara mengi chargea son maître spirituel, Sri « dhamma Radja gouna , de diriger la bâtisse : celui-ci s’y rendit avec son disciple » Sri Kâs’yapa; mais ils ne purent l'achever, quoiqu'ils fussent aidés de toutes « manières par le radja. Plus tard, Varadasi naik thera demanda au radja la périr mission de l’entreprendre. Le radja y consentit en effet, et chargea de cette en- « treprise le prince Pyoutasing , qui envoya le jeune fyousakheng et son ministre « Ratha traverser la mer et réparer l'édifice sacré. De cette manière la chapelle h fut reconstruite pour la quatrième fois, et terminée le vendredi 10* jour de « fSadota, dans l’année de Sakkaradj 667 f. Le dimanche 8 du Tatchhaon maan- « gla 668 *, elle fut consacrée avec des cérémonies brillantes où l’on offrit des « comestibles , avec des parfums , des bannières et des lampions , ainsi qu’avec des «» guirlandes ( poûdja ?) du fameux arbre Kalpa irriks’a ** ; et les pauvres furent traités « charitablement, comme les propres enfants du radja. Ainsi fut achevée cette œuu vre méritoire, qui produira des récompenses éternelles et des fruits vertueux. « Que les fondateurs soient pour toujours renommés! puissent -ils jouir de la « tranquillité du Nirbhan 1 et devenir Arahanta à la venue d 'Arya Mmtri k ! » — Kl.

‘ Journal oj ike. Atialic Society oj Calcutta, i&34, 4 Voyez U note 1 3 «le ce chapitre, pag. 3&&.

vol. III, pag. 3 >4 et 3oi. * Le roi Stulo- ma ng ne peut être le même prince

b II y a dans la traduction anglaise i Krmei, mais que celui que M. Crawfurd , dans la Table chrono-

je crois qu'il s'agit ici de sthoûpas ou tours boud- logique insérée dans son Amhauadt à A v-a . appelle

dkiques-, car cc fut bien 8A,ooo tours que le roi Sato - mang - bya . et qui fonda, selon lui, la ville

AVoka fit construire dans tout son empire. d'Angwa ou Ava , seulement en l'an 716 de l'rrc de

• H doit y avoir ici une erreur dans l'original ou Sakkaradj (1 36 i de J. C.). — Kx

dans la traduction; car As'oka ne vivait que 1 10 ou * i3oô de J. C.

11B an» après le N'irvàu'a de Sbàkya, et non pas * 1 3 06 de J. C.

a iS ans. Dan» la traduction, la 318* année après la h Un des arbres fabuleux du ciel d'Indra, au

mort du Bouddha est indiquée comme la 336' avant moyen duquel on obtient tout ce qu'on désire. — Kl.

J. C., selon le calcul actuel des Birmans, qui pla- 1 Ninàn'a.

cent le Nirvana de Sbàkya en S33 avant J. C. — Kl. 1 C'est-à-dire Maîlrrya, ou le Bouddha à venir

(3) Vécat pendant six ans dans les macérations. ] La première des neuf tribulations que le Bouddha Shàkya mouni eut à souffrir, fut d’être obligé de vivre pendant six années entières dans les macérations et les privations, avant d'obtenir le plus haut degré de sainteté. Voici comment il expliqua lui-même la cause de cette tribu * lation : « Il y avait anciennement, dans le territoire de la ville de Pko lo nai (Béna- « rès), lo fils d’un Brahman nommé Ho man et celui d’un potier nommé Hoa hi; « ces deux enfants étaient jeunes et se portaient réciproquement beaucoup d’af- « fection. Hou hi dit à Uo man : Allons voir Kia sê Joa lai (le Bouddha Tathâgata u Kâs'yapa). Ho man répondit : A quoi bon aller voir ce religieux à tête rasée ? u II en Rit ainsi jusqu’au troisième jour. Alors Hou hi dit encore : Nous pourrions u aller un instant le voir. L'autre répondit : Pourquoi aller visiter cc religieux tonu du? Comment aurait-il la doctrine de Bouddha? Là-dessus, Hou hi prit Ho man a par la tête et dit ; Je veux que tu viennes voir le Jou lai avec moi. Ho man, u tout effrayé, dit en lui-même : Ceci n’est pas une petite affaire; il faut qu’il y ait u quelque chose de bon là-dessous; il dit donc : Lâche ma tête, je veux aller avec « toi. Parvenu au lieu oii était le Bouddha, ils firent le salut aux pieds de Kia së. Hou « hi dit au Bouddha que Ho man ne connaissait pas les trois Précieux; il le pria de « les lui ouvrir et de le convertir. Ho man en voyant le Bouddha l'aima et conçut m beaucoup de joie : il embrassa la vie religieuse et étudia la doctrine. Ho man , « c’était inoi-méine; cc Hou hi est celui qui, quand j’étais encore prince, me fit « sortir de la ville pour embrasser la vie religieuse , et ce fut le fils d’un faiseur de « vases à fleurs qui me guida. Cependant, parce que j’avais autrefois mal parlé du « Bouddha Kia së, j’ai dû souffrir une rétribution en peines; le reste de ces peines, u je dois le subir à présent que je suis sur le point de devenir Bouddha , par six u années de macérations. »

Comme tout ce chapitre est rempli du récit des aventures arrivées au Bouddha , quand il était encore Bodhisattwa , et pendant les mx années de macérations qu’il devait subir, je fais suivre ici la fin de U légende qui a déjà fourni beaucoup d'éclaircissements. Cette fin se joint à la partie de la légende insérée dans la note 8 du chapitre XXIII, pag. a 3 â. I*

A. « Le prince, quand il fut parvenu à quitter la vie vulgaire, sauta de joie et se « mit à marcher paisiblement. Il entra dans la ville; les gens du pays le contem- « pièrent avec plaisir et sans éprouver aucun ennui. Le prince , en se séparant de « tous les objets de son attachemeut et de son affection , avait éloigné la racine des u douleurs et des passions.

B. « Il voulut se faire raser les cheveux; mais dans son empressement il n’avait « pas pris d’instrument. Indra vint, un sabre à la main; les dieux et les génies « reçurent les cheveux. Ensuite il se remit en route et avança dans le pays. Les « habitants le suivaient et le considéraient. Alors il sortit du royaume, et s’étant en- « core avancé un peu, il parvint au royaume de Mo hié (Magadha). Il entra par la

FOË KOUÈ KF-

« porto de droite et sortit par la porte de gauche. Les gens du pays , hommes et « femmes, grands et petits, voyant le prince, se dirent que ce devait être Indra,

«i Brahma, ou un génie du ciel, ou un roi des dragons, et ils se livrèrent à des transports « de joie, sans savoir quel génie ce pouvait être. Le prince, qui connaissait leur pcn- « sée , quitta la route et s’assit sous un arbre. Le peuple l'entoura et le considéra avec « joie. Alors le roi du pays Phing cha (Bimbâsâra) demanda à ses officiers : D’où vient « que dans le royaume tout est si tranquille et qu'on n'entend pas le moindre son, ni la « moindre voix? On lui répondit : Il y a un docteur de la raison qui traverse le royaume « et qui vient à la cour. Partout où il passe, il laisse une trace de lumière, et il inspire « le respect par sa majesté. C’est une chose qu’on ne voit pas dans le siècle. Les gens « du pays, grands et petits, sont sortis pour le voir et le contempler, et jusqu’à pré- « sent ils ne sont pas encore revenus. Le roi sortit alors avec tous ses officiers; et « s’étant approché du docteur de la raison , il vit le prince qui répandait un éclat « merveilleux. Il lui demanda donc : Quel génie êtes-vous? Je ne suis point un «génie, répondit le prince. Si vous n êtes point un génie, reprit le roi, de quel « royaume venez-vous et quel est votre nom de famille? Le prince répondit : Je « sors de l’orient des Monts parfumés , du nord des Montagnes de neige ; mon <• royaume se nomme Kia ’wei; mon père se nomme Pi thsing; ma mère se nomme •i More. Le roi Bimbâsâra reprit : N' êtes-vous donc pas Si thà (Siddàrtha) ? Je le suis, ré- « pondit le prince. Frappé d’admiration, le roi se leva et adora ses pieds. Prince, dont « la naissance a été signalée par tant de merveilles (lui dit-il ) , dont l'extérieur annonce « par son éclat un prince éternel , qui doit être le saint roi faisant tourner la roue « dans les quatre continents, le trésor des génies qu’on attendait en élevant la tète « au milieu des quatre mers, pourquoi avez-vous quitté la dignité céleste (royale) u pour aller vous cacher au milieu des montagnes? Saus doute vous avez quelque ad- « mirable vue. Je désirerais apprendre vos projets. Le prince répondit : A ce que « j'ai vu , les hommes et les choses, dans le ciel et sur la terre , naissent pour mourir, u Les souflrane.es qui s'ajoutent à cela sont au nombre de quatre : la vieillesse , la u maladie , la mort et la douleur. Il est impossible de les éviter. Le corps est un vase « de douleurs. L’aflliction et la crainte sont immenses. Si l’on est dans une situation « glorieuse, on tombe dans l’excès de l'orgueil. Au lieu des joies que l'on souhaite n et que l'on cherche, le monde est rempli de chagrins. C’est ce qui a causé mon » ennui, et c’est pour cela que je souhaite d’entrer dans les montagnes. Les grands «« et les anciens reprirent : Cette vieillesse, cette maladie, cette mort, sont de tout « temps dans le inonde. Pourquoi vous en affliger seul par avance? Rn rejetant « d'ailleurs un titre glorieux, et en allant vous retirer et vous cacher dans une prou fonde retraite pour tourmenter votre corps , n’est-ce pas aussi vous exposer à un « mal? Alors le prince dit les vers suivants: « D’après ce cpie vous dites, seigneurs, je a ne devrais pas prévoirie mal et m’en attrister; mais si j'étais roi, en vieillissant, la « maladie arriverait, et, parvenu au moment de la mort, il faudrait que j’eusse un

<■ successeur. Rn recevant cette calamité, c'est comme si je n’avais pas de succèsà seur. Comment pourrait-on m’interdire l'affliction ? Il y a dans le monde un père « tendre , un (Us pieux dont la tendresse pénètre jusqu’à la moelle des os : au moment «de mourir, ils ne peuvent succéder l’un à l’autre. Quant à ce corps illusoire,

« le jour où , quoique placé dans une haute dignité , la douleur l’atteint, les six parents » sont à ses côtés , comme si pour un aveugle on préparait des flambeaux. A quoi » servent-ils à ceux qui sont privés de leurs yeux ? J’ai considéré que toutes les actions « sans exception sont soumises à l’instabilité, que tout revient à l’erreur. Il y a peu « de joie et beaucoup de douleurs. Le corps n’existe point de lui-même-, et le monde,

« qui est tout vide, ne peut être habité longtemps. Les êtres qui sont nés, meurent.

« Les choses qui sont achevées, se détruisent. Dans le repos vient le danger; dans la « possession vient la perte. Tous les êtres sont en confusion et en tumulte, tous doi- « vent retourner au vide. L’âme n’a pas de forme , elle se promène dans l’obscurité ,

« et en marchant . elle arrive à la calamité de la mort et de la naissance ; elle ne la « reçoit pas une fois pour toutes, mais ses désirs et ses affections la cachent dans le « filet de l’ignorance. Elle se plonge dans le fleuve de la naissance et de la mort, et « nul ne peut en avoir l’intelligence. Voilà pourquoi j’ai voulu entrer dans les mon- « tagnes : toute ma pensée est dirigée vers les quatre vides , vers le salut de pureté , « les voluptés réprimées et la colère éteinte; je chercherai à porter mes réflexions « sur ce qu'atteint le vide et le rien , et non-seulement cela , mais je remonterai à sa 44 source et je retournerai à son principe. Je commencerai à sortir de la racine, et <i c’est ainsi que je souhaite d'obtenir le grand repos. »

# Le roi liimbûsdra et les anciens , joyeux de l’explication que leur donnait le « prince, jugèrent par là qu’il était un de ces prodiges du monde destinés à obtenir o la doctrine de Bouddha, et souhaitèrent qu’il les sauvât les premiers.

C. « Le prince garda le silence et poursuivit son chemin; en continuant ses K réflexions , il dit : Maintenant que je vais entrer dans les montagnes , à quoi me « servent des vêtements précieux ? Ce sont là les trésors pour lesquels les hommes « ignorants et stupides du monde s’exposent au danger. Il vit alors passer un chas- « seur revêtu d’un habit conforme à la loi. Le prince joyeux , se dit : Voilà le véri- 44 table vêtement d’un homme, l'habit de celui qui, par sa commisération, veut « sauver le monde. O chasseur, pourquoi l’ as-tu revêtu ? Si tu veux l'échanger, tu « combleras mes vœux. Il donna donc son vêtement orné d’or, et reçut en échange 44 l’habit conforme à la loi, Tchinyai; puis il passa rapidement. Le chasseur fut 44 très-joyeux, et le Bodhisattwa pareillement. Le prince revêtit le Tchin y uë au lieu 4« de ses habits moelleux et magnifiques; et regardant d’un œil pur le Scng kia li 44 (son manteau de religieux ), il entra dans les montagnes. Le Bodhisattwa, charmé u d'avoir trouvé le vêtement conforme à la loi, répandit un éclat qui illumina les » montagnes et les forêts. Parmi les Tao szu, l’un nommé A lan , l’autre nommé 4i Kia lan, qui avaient passé des aunées dans l'étude, et qui avaient suffi aux quatre

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« contemplations et atteint cinq facultés surnaturelles, voyant cette lumière, en h furent frappés et se demandèrent : Que signifie ce prodige? Ils sortirent pour rem garder ce que c'était; et apercevant le prince, ils dirent : C’est Siddhàrta qui a « maintenant réellement quitté sa maison; Siddhàrta est le bien venu. Qu'il s’asseye m sur ce lit; il aura une source fraîche et de bons fruits. Qu'il mange maintenant! « Puis ils ajoutèrent en vers : « Le roi soleil a commencé à se lever; il est mainteu liant sur le sommet de la montagne; c'est pourquoi sa lumière intelligente u éclaire tous les êtres vivants. Si quelqu'un a vu sa face ou son image, son esprit u ne connaîtra plus l'ennui; c’est pourquoi sa raison et sa vertu n'ont pas de pair, « n’ont pas d'égal qu’on puisse lui comparer. » Alors le Bodhisattwa reprit en vers : «• Quoique vous ayez cultivé les quatre idées fixes , votre esprit ne connaît pa6 la u raison intelligente ( Pradjna bodhi ) sans supérieure. La rectitude du cœur en est <* la racine; elle ne consiste pas à honorer les génies pervers, à pratiquer des eho- « ses vulgaires, ce qu’on peut véritablement appeler, chercher Brahma dans une « longue nuit. C’est pourquoi celui qui ne connaît pas la raison, tombera parle « tour de la roue dans la vie et la mort. » Ensuite le Bodhisattwa conçut une pensée « de bonté, et songeant que tous les êtres étaient soumis à la vieillesse et à l’igno- « rance, qu’ils ne pouvaient se garantir des infirmités el des douleurs de la mort, <t il voulut opérer leur délivrance pour rendre unique leur pensée; et souffrant « de ce que tous, sans exception, supportaient la faim et la soif, le froid et le U chaud, le gain et la perte, les douleurs du péché et d’autres aflliclions, il souhaita •i de calmer et d’adoucir (ces maux) : afin d'unifier leur pensée, il fit naître un sen~ u timent de joie. Il songea que dans tous les mondes, il y avait des douleurs et de u la tristesse , des craintes et de la terreur, les chagrins de la société ; il souhaita « de les calmer et de conduire les hommes à l’abstraction : afin d 'unifier leurs pen- « sées, il fit naître un sentimcul de protection. Il souhaita de sauver des cinq eon- « ditions et des huit malheurs les êtres qui, offusqués par l’ignorance et obscurcis « par la stupidité, ne voyaient pas la droite raison. Il voulut opérer leur salut et u faire en sorte qu’ils n’éprouvassent pas de contradiction pour unifier leur pen- « sée, qu’ils trouvassent le bien, ne se plussent pas dans le mal et n’eussent pas «de tristesse en abandonnant les huit actions du siècle, le profit, la ruine, la ¥ destruction, l’exaltation, la louange, les injures, la douleur et la joie, de manière « à n'en être ni dérangés ni émus. C’est ce qui produisit la deuxième contemplation.

D. « Il sc remit ensuite en route et vint à la vallée* de m Sse na. Cette vallée « était unie et droite; il y avait beaucoup d’arbres à fruits de différentes sortes; par- « tout il y avait des sources vives, des lacs pour se baigner. Tout y était pur et clair. « Il n’y avait pas d’araignées, de mouches, de taons, de guêpes ni de puces. Dans

* Il y a dans loriginal le caractère J] j tckhoium. qui désigne non-seulement un torrent des montagnes, ou m géoéral aie nia coulante . mais aussi uni- vallée arrosée par un ruisseau. — Kl.

« celte vallée était un Tao szu nommé Ste na. Il instruisait des disciples au nombre u de cinq cents, et dirigeait leurs opérations. Le Bodhisattwa s'assit sous un arbre n So et en faveur de ses intentions, il demanda le suprême bodhi de la vérité « sans supérieure. Les dieux lui présentèrent une douce rosée, mais le Bodhisattwa b n*en voulut pas accepter, et il se soumit à ne prendre, par jour, qu’un grain de « chanvre et un grain de riz pour soutenir ses forces vitales. 11 demeura assis, de « cette manière, durant six années. Son corps devint excessivement maigre. Sa u peau était collée sur ses os. Sa pureté origiuellc, son repos, son calme profond, b son silence, occupèrent toute son âme; mais sa pensée se portait avec tranquil- «• lité sur : i* le nombre, a0 la suite, 3# Y arrêt, 6* la vue, 5* le retour, 6° la pureté. Il « exprima sa pensée trois ou quatre fois. Il sortit par les douze portes, mais sans se «• disséminer et sans partager sa pensée. Ses facultés divines devinrent excellentes. Il «■ pénétra et rejeta les désirs et le mal. Il ne rentra plus dans les cinq couvertures, « il ne reçut plus les cinq désirs. Tous les maux s’éteignirent d'eux-mèmes. Ses « réflexions considéraient, distinguaient et éclairaient. Ses pensées voyaient sans « agir. Il était comme un héros qui a vaincu. C’est ainsi qu'à force de pureté, il parb vint à la troisième contemplation.

E. b En parcourant le ciel, Indra réfléchit et dit : Voilà six ans entiers que le m Bodhisattwa est assis sous un arbre; son corps est excessivement amaigri. Il faut b maintenant qu’on présente au roi qui fait tourner la roue de quoi manger pour « suppléer à cette abstinence de six années. Alors il toucha les deux fdlcs de Sse « na, et lit en sorte quelles curent un songe : le monde était complètement achevé, « et il y avait dans l'eau une fleur qui avait l'éclat des sept choses précieuses. Tout u à coup elle se dessécha et perdit sa première couleur; mais un homme étant « venu l’arroser, elle renaquit aussitôt telle quelle était auparavant. Alors toutes « les fleurs qui étaient dans l’eau commencèrent à pousser et à germer, et leurs « tiges recouvrirent l'eau comme si elles en sortaient. Les deux filles ayant ainsi « rêvé, se réveillèrent, et, tout étonnées de ce prodige, elles allèrent le raconter « à leur père. \jc père ne put l’expliquer. 11 consulta tous les vieillards, et aucun » ne put dire ce qu'il signifiait. Indra descendit de nouveau, et se changea en « Brahmatchari pour expliquer le rêve des jeunes filles. Cette fleur que vous avez « vue naître dans le monde, sur l’eau, c'est le fils aîné du roi Pi thsing qui est « né. Voilà maintenant six années qu’il est sous un arbre, son corps est extrème- « ment amaigri. La fleur qui s'est flétrie et i'homgie qui la faisait revivre en l’ar- *• rosant. signifient qu’il faut lui offrir à manger. Les petites fleurs dont les tiges •« voulaient sortir, ce sont les hommes qui vivent ou meurent dans les cinq con- «< dirions. Ensuite Indra prononça un gâtha dans ces termes : « Depuis six ans, il « ne s'est point incliné ni baissé. Il n’a pas même pensé à la faim et au froid. Ses

MW S4la ou 3M|r<$ Séb ( Show robuste 'i , arbre qui B’ajipf Ile encore Sôl dans l'Inde.

FOË KOUË Kl.

« efforts n’ont encore rien atteint. Son corps est amaigri, sa peau et ses os se h touchent. Armez-vous d'un esprit respectueux, et présentez à manger au Bodhi- U sattwa. Il y aura un grand bonheur dans le siècle présent, et le fruit et la récom- « pense seront dans les siècles suivants. » Les filles reprirent : Que faut-il faire pour u lui présenter de la nourriture? Le Brahmatchari répondit : Il faut prendre le .« lait de cinq cents vaches et le lui présenter à boire alternativement. A chaque fois « qu’on aura trait une vache, on prendra le lait de cette vache et on s’en serti vira pour faire du riz bouilli. Quand en bouillant le riz au lait sortira du vase, tt il s’élèvera à cinquante-six pieds, en haut à gauche, en bas à droite, à droite « en haut, et à gauche en bas. On remplira la marmite de ce riz avec une cuiller, « pour quelle ne soit pas souillée.

F. « Les deux filles présentèrent (le riz bouilli) au Bodhisattwa. Celui-ci voulut « d’abord sc baigner avant de prendre le riz. Il se rendit auprès de l’eau courante « et se lava le corps. Quand il eut fini de se baigner, il sortit de l'eau, et les u dieux et les génies rapprochèrent des branches d’arbres. Les deux filles lui préu sentèrent le riz au lait*. Quand il eut mangé, ses forces revinrent; et, par une .< formule, il voua (les jeunes filles) à un bonheur sans lin en disant : Puissiez-vous K retourner aux trois honorables! Ayant fini de manger, il se lava les mains, se rinça « la bouche et lava sa marmite. En s’en allant, il la jeta dans la rivière, où elle « remonta contre le courant. Elle n’était pas encore à sept li, que les dieux for- « mèrent un Garouda qui vint en volant, et saisissant la marmite, l'emporta ainsi « que les cheveux dans ce même lieu où, pour les honorer, on a bâti une tour.

G. « Le Bodhisattwa se remit ensuite en route; et quand il fut sur le point de u passer la rivière Ni lian tekhen, il fil un tjâlha qui signifiait : 41 En passant le Ni - lian tchhenh, je suis ému de compassion pour tous les hommes. Les cinq conditions 41 et les trois taches envenimées, je les enlèverai comme si' elles étaient purifiées u avec de l’eau. » Le Bodhisattwa fit ensuite cette réflexion : Tous les êtres ignorants « tombent dans l’obscurité. Il faut que je prenne les huit choses droites, et par la « lotion de l’eau , j’effacerai les trois taches envenimées. Alors il commença à mon* u ter sur la rive. Des oiseaux bleus, au nombre de cinq cents, volèrent autour du « Bodhisattwa en faisant trois tours; et après avoir chanté douloureusement, ils « s’éloignèrent.

H. « Il se remit ensuite en route; et comme il allait passer par le lac du dragon

* Dans un des traités bouddhiques que sir Alexandre Johnston a fait traduire du ainghalais, un trouve le passage suivant . qui est trés-curieui, parce qu'il donne une date aesex ancienne à l’époque du Bouddha Shàkya mouni. Le voici : « Depuis l'acceptation t du rit bouilli jusqu'au samedi xo novembre de ■ l’année (chrétienne) »8i3, il j a eu deux mille « quatre cents ans et vingt jours.* Gomme Sbâlyu

mouni accepta le ris au lail eu question peu de temps avant de devenir Bouddha accompli, et que cet événement eut lieu quand il eut atteint sa vingt-neuvième année, ce calcul fixe sa naissance à l'an 998 avant J. C. Voy. Sacred and hûtoricai lioait oj Ctylon. published hy E Upham. London, i833, vol lit, pag, 56.— Kl.

* Voy. le chapitre XXII, note as, pag asf

« aveugle, ce dragon sortit très-joyeux en manifestant ses transports à la vue du « Bodhisattwa, et il prononça le gâthu suivant : « Quel bonheur 1 Je vois Siddhârta « qui vient nous délivrer. Comment pourrions-nous tarder à lui offrir les sucs de la « plus douce rosée, au-dessus de laquelle il n'y a rien? Quand il marche, la terre « tremble sous ses pas. Tous les instruments rendent des sons d’eux-mémes. C’est u justement comme les Bouddhas du temps passé. Je n’ai en moi aucun doute « à ce sujet. Maintenant, il a pris le pradjfui suprême, et il va soumettre tous les » génies de la mort et tous les maux. 11 doit maintenant, comme le soleil de Boud- « dha, éclairer tous les êtres et les réveiller de leur sommeil.

1. « Ensuite il avança encore et aperçut le mont Sou Un. Le pays y était

» plat et régulier. De tous côtés il était pur et agréable. 11 produisait des plantes « délicates et pleines d’agréments. De douces sources coulaient eu abondance. Le « parfum des fleurs était suave et pur. Au milieu il y avait un arbre haut et ad- » mirable, dont toutes les branches étaient régulièrement les. unes au-dessus des « autres; toutes ses feuilles s’ajoutaient les unes aux autres, et les fleurs en étaient « touffues et serrées comme le fard des dieux. Une banderole était au sommet de « l’arbre. C’était le roi de toutes les forêts et de la félicité originelle. Alors avanv çant un peu, il vit un homme qui fauchait de l’herbe. Le Bodhisattwa lui de- « manda : Quel est h présent ton nom ? Mon nom est Heureux augure , et main- « tenant je coupe l'herbe d’heureux augure. — Si tu me donnes de cette herbe, les u dix parties du monde auront un heureux augure. Alors Heureux augure prononça « le gâthu suivant : « Il a rejeté la dignité de saint roi, les sept trésors, la fille « de jaspe son épouse, les lits d’or et d’argent, les tapis, les étoffes brodées et « bariolées, la voix plaintive de l’oiseau Kan than, l’harmonie des huit accords, et « sa supériorité sur le dieu Brahma, et il se sert maintenant d’herbe, n Le Rodhi- « sattwa répondit par ce gâthu : a J’ai formé un vœu pendant un asankya; c’est de « sauver les hommes des cinq conditions. Je vais maintenant remplir ce vœu. « C'est pourquoi je désirais obtenir que l’homme à l'herbe me donnât une poignée « de son herbe, et que la tenant vers le roi des arbres, les pensées du monde fusil sent toutes confondues. Je dois redresser ces projets. ■> Le faucheur lui présenta « alors de l’herbe et l'étendit par terre, comme il lui avait été dit : le Bodhisattwa « s’y assit, et reçut son présent. Le Bodhisattwa fit les trois choses nécessaires pour « s’asseoir; et arrivé devant l’arbre, il dit : Si je ne pouvais obtenir la doctrine, je « ne m'éloignerais pas des trois serments , mes côtes se dessécheraient et seraient u immobiles. S’il faut que je complète la qualité de Bouddha et que j’obtienne la u doctrine, chaque heure produira une pensée. Là-dessus, le Bodhisattwa s'étant u assis, entra en extase*. Il rejeta la douleur et les idées de joie; sans tristesse ni

* Voici de quelle manière les livres pâli ( l’pkam . vol. I. pag. i*5) racontent cet épisode de la vie

de Bouddha . • Après (avoir passé la rivière A irai» - « djarm ) , il vint dans une forêt dartres ut l, où

286 FOË KOUË Kl.

« pensées de plaisir, son coeur ne s'appuya pas sur le bien et ne s'appliqua point « au mal. 11 était justement dans le milieu. Comme un homme qui se baigne, puce rifié, se recouvre d'un feutre blanc, au dehors, ü était toute pureté; au dedans, « il était un augure sans tache. Anéanti dans le repos, il compléta, sans change- «■ ment, les quatre contemplations; après qu'il eut fini, il obtint la pensée déter- <• mince sans perdre sa grande compassion; par sa science et ses procédés, il péu nétra les principales merveilles; il comprit les actions des trente-sept classes de •* doctrine. Qu'est-ce qu'on appelle les trente-sept classes?Ce sont, premièrement, « les quatre stases d'idées du mens; secondement, les quatre interruptions du mens; « troisièmement, les quatre suffisances spirituelles; quatrièmement, les cinq ra- " cines; cinquièmement, les cinq forces; sixièmement, les sept mens intelligents; u septièmement, les huit actions droites. Après les avoir parcourues, il recommença w le vide de la douleur, Jhxtraordinairement sans forme, sans souhait ni moi, il « pensa au monde qui, par l'avidité, l'amour, la gourmandise, les désirs, tombe u dans les douleurs de la vie et de la mort. Combien peu savent se connaître •• eux-mêmes, tous tirant leur origine des doaie IS'idâna * ! Quels sont ces douze?

• il resta pendant quatre jour*. Dans la nuit, il alla « en avant, sur une roule qui avait été rendue

• praticable par les dieux, et il arma à un arbre

• bayas. En chemin il avait rencontré un Bralimin , « qui lui avait donné huit poignées de groins de « komatani. Après qu'il les eut répandus autour de « l’arbre, la terre s« fendit, et une estrade, haute de « quatone coudée», sortit du sol. Il s’y assit aussitôt ■ en appuyant son do» contre l’arbre, qui alors devint « comme une colonne d’argent. Il y fut visité par «rassemblée de tous les dieu», qui lui rendirent

• hommage et exaltèrent scs actions vertueuses. •

Celte estrade est appelée par les Bouddhistes chinois PA oa tki tkang, ou l’estrade du

fiodhi : c'est lé que le Bodliîsattwa parvint a la dignité do Bouddha. (Voy. .San Uangfa mu. I. XXVIII, psg- >8, et liv. XXX IV, pag. i.) Elle était dans le royaume de Magliada. Bouddha , pour être resté longtemps dan» la forêt, est aussi nommé en sanscrit JTWISR .fmn'raAa, ou l'habitant du désert Voy. f ocabulairt peutaglotte . tom. II, fol. ig r.

* Le* douze Nülàna ou conséquences de

causes antérieures, en chinois JM 1« >nan . sont les différentes phases que l'âme parcourt dans une génération, avant et pendant laquelle elle sc trouve emprisonnée dans le corps. Le système de cette doctrine est assez obscur. Je le doane ici tel qu'il se trouve exposé dans le Tkian thaï tt a ko* i

(cité dans le San Long ji s ou. liv. XUV, pag. 8), en ajoutant aux noms chinois des douic Nidâna les termes sanscrits, qui peuvent servir à leur explication.

Pour ce qui regarde le Wou mi mg et les autres (En yuan ) , dit l'ouvrage que je viens de citer, ce qui sc développe et se suit dans nne succession régulière produit des effets qu'on nomme En (causes) , qui, par leur enchaînement mutuel, deviennent Emu (conséquences). Cela a lieu dans les trois temps (le passe, le futur et le présent), successivement et sons interruption.

[.Vola. «Dans les trois temps, successivement et • sans interruption : • cela veut dire que le Bob ming (ou l'état d'ignorance, de l'ame d'clle-mème ) , et le Iling (ou sa marche] , dans la génération actuelle, ont leurs in (ou causes) dans la génération passée - ils produisent le Cky (ou la connaissance), et les autre* des cinq conséquences jusqu'au Ckrau (la perception], qui en sont les efTeis. Drs effets de la génération actuelle naissent le Jfatt { le désir amoureux) , le Thsia (l'obtention de ce qu'on cherche), et le Yeou (la possession). O sont les trois En de la génération actuelle; et les En de cette génération produiront les En de la génération à venir, savoir : le Seng ( Il procréation ) , le Lao ( la vieillesse), et le Szm (la mort).]

i” fVou ming (sans clarté, en sanscrit

wk& * ttidya, ignorance; c'eM-à-dirc , l'âme dans l'état d'ignorance d’elle-méme). Les déceptions des

« Leur origine est l'ignorance; l'ignorance agissant, produit la connaissance; la « connaissance agissant, produit le nom et le titre; le titre agissant, produit les six u entrées; les six entrées agissant, produisent le plaisir renouvelé; le plaisir re* « nouvelé agissant, produit le désir; le désir agissant, produit l'amour; l’amour » agissant, produit la caption; la capdon agissant, produit la possession; la posses- •> sion agissant, produit la naissance; la naissance agissant, produit la vieillesse u et la mort, la douleur et la compassion, le chagrin et la souffrance, qui sont les a peines du cœur et l'instrument de grandes calamités. Quand lame est une fois 44 tombée dans cette alternative de la vie et de la mort, si elle veut obtenir la doc- « trine, elle doit interrompre l'amour et éteindre et supprimer les passions et les « désirs. Quand la quiétude est venue, alors l'ignorance s’éteint; l’ignorance étant 4i éteinte, alors faction s’éteint; l’action s’éteignant, alors la connaissance s’éteint; 4t la connaissance s'éteignant, alors le nom et le titra s’éteignent; le nom et le « titre étant éteints, alors les six entrées s’éteignent; les six entrées s’éteignant, <1 alors le plaisir renouvelé s’éteint; le plaisir renouvelé étant éteint, alors le dé- « sir s’éteint; la douleur éteinte, alors l’amour s'éteint; l’amour étant éteint, alors

vice# de* génération* passée* étant couvertes par le M. Pt* tùuf (U nature primitive], il n'y a

rien qu’on voie clairement ; c’est pourquoi on appelle cet état tant clarif.

a° (la marche, le progrès, en «inscrit

-Sunièdra . marche en avant vers l'accomplissement). C'est ainai qu'on appelle tous les actes bons on mauvais que le carpe ou 1a bouche ont exécutés dans les générations passées.

3* (connaissance, en sanscrit fcJYtlH

indjudua). Tous les actca erronés des générations précédentes entraînent celle connaissance , et la précipitent dans l’otérus de la mère, où dans l’espace «l’un moment elle souille l'araonr et forme la semence, qui, recevant en elle la pensée, forme le fœtus.

te (forme du nom , en sanscrit *1 1 H ri U Nimaroépa; dans le texte de la légende.

JJ- jg^Mi**} tm, dénomination J. C’est l'àmc incarnée-, car l’àme incarnée n’a rien que le nom, et n'a point de corps ni de substance. La couleur (roopa), c’est la substance colorée, ou le corps, parce que depuis le moment où il a été confié à l'utérus jusqu'au septième jour du cinquième ( mois de la grossesse?) , le siège du corps se forme, les racines (organes) paraissent, et les quatre membres se séparent.

5" Lou jÿ (les six entré**, en sanscrit

MÜ<lrlH CA*<f«y<itajna). Depuis l’état de la forme du nom ( ftàmarvipa ) jusqu'au septième jour du sixième (mois?), les cheveux, les poils, les ongles, s« placent. Le septième jour du septième (mois?), le nom se pourvoit de racine*. Quand les tix neimet ( les yeux, les oreilles, le ncx , la langue, le corps et la pensée] sont ouvertes et déployées, il y a six entrées pour les jü poussières ( la vue, le son, l'odorat , le goût , le tact et la conception ) .

6* ^Jp7càAn {le tact, le toucher, en sanscrit 4-M1M S/Hirj'n ; dans le texte de la légende,

Kmg lo. joie changée). Depuis 1a sortie de l'utérus jusqu'à l'âge de trois ou quatre ans, quoique les six racines correspondent par le tact aux six poussières, on ne peut encore réfléchir, ni comprendre la joie et les peines de 1a vie.

7* ^*Cheo« (perception par les sens, en xauscrit SfJrTT Vèiiand; dans le texte de ta légende,

Thoung. désir). De six ou sept ans jusqu'à doute ou treixe.les six poussières sont en contact avec les six racines, et on peut recevoir les bonne* ou 1rs mauvaises choses qui se présentent; mais quoiqu'on puisa* les discerner, oo ne peut encore produire les pensées de désir et d'avidité.

S° ^ S fai (désir amoureux, en sanscrit r|Vrfï

Tticknà)- Depuis quatorxe ou quinte ans jusqu'à

FOË KOUË KL

•r la caption s'éteint; la caption étant éteinte, alors la possession s'éteint; la pos- « session s'éteignant, alors la naissance s’éteint; la naissance s'éteignant, alors la «i vieillesse et la mort, la tristesse, la compassion, la douleur et la soulîrance, les u peines du cœur et les grandes calamités ont pris fin : c’est ce qu'on appelle avoir « trouvé la doctrine.

K. k Le Bodhisattwa se dit alors en lui-même : Je dois maintenant soumettre les « officiers et les descendants du Mara. Il fit donc sortir de l'espace qui séparait « ses sourcils un rayon de lumière qui alla frapper le palais du Mâra. Le Mara, très- « épouvanté , ne put avoir le cœur tranquille , et voyant que le Bodhisattwa était « déjà sous l’arbre, pur, sans désir, occupé sans relâche de pensées subtiles, et « que, dans son cœur, les venins des passions, le boire et le manger n'avaient pas « de douceur; qu’il ne songeait plus au plaisir des femmes; il pensa : Ceci est l'ac- « complissemcnt de la doctrine, certainement il aura une grande victoire sur moi. « Tandis qu'il n'est pas encore devenu Bouddha, je veux ruiner sa doctrine. Le « fils du Mâra, Siu ma thi, interrompit son père en lui disant : Le Bodhisattwa pra- « tique la pureté. Dans les trois mondes il n’a pas de pareil; il est parvenu par luin même à la puissance surnaturelle. Les Brahmas et tous les dieux, par centaines a de millions, vont tous lui rendre hommage et le garder; ce n’est pas lui que les « dieux et les hommes peuvent attaquer. En troublant sa quiétude et en faisant naître « le mal, qu’il détruise lui-même son bonheur. O roi des Mara! si vous n'écoutez « pas ces raisons, appelez les trois filles de jaspe, la première nommée dmour jra- « deux, la seconde Toujours joyeuse, la troisième Grande joie. Ne vous tourmentez

dix-huit ou dix -neuf, les désirs eo chaque chose l'eiuporicnl sur les meilleures dispositions, et parviennent jusqu'à l'état de désir* lascif*; mais on ne peut pas encore se les procurer largement.

9* [1a prise, obtenir ce qu'on cherche,

en sanscrit On/ult/dua). A vingt ans les dé-

sir* reviennent rt abondent à l’égard des cinq poussière* (la couleur et la forme, le sou, l’odorat . le goût, le tact], et se précipitent de toutes part» pour s« contenter. Cela s'appelle la prise.

to" (avoir, posséder, en sanscrit

Bkawa). Par U recherche précipitée au delà de toutes les bornes, naissent tous le» actes bons et mauvais qui s'amassent et s'assemblent dans le» pro-

lait» (fruits) de» trois IVoa de la vie. (Comme produits ne sont pas vains, il faut qu'il y ail trois ^ Yeem, qui sont le lVw du désir, le Prou Jri rorme* et le Yeon tans forints, c’est-à-dire le» trois

monder. '

• i* ^ Vnj (la procréation, en sanscrit ürfrl Djâù ) . D'après les actes bons ou mauvais de la génération présente, il se forme pour les générations suivantes un cercle dans les lùr voies et les qmatrt naissances. dans lesquelles on est reproduit. [Le* tu i mie* «ont celle* des hommes, des Asouras, des génies faméliques , des brutes et des enfers. Les ifiiatrr naissances se font par la matrice, par un œuf, par l'humidité et par la transformation. ]

Lan sra | vieillesse et mort , en sanscrit îTT^TR^T l>jàrâtnanma. affaiblissement et mort). Quand on est destiné à la naissance dans une génération à venir, le corps composé de* cinq P* (imperfections) étant mûr, retourne à sa destination par la vieillesse et la mort. [Les riny Tu sont ceux de la forme, du recevoir, de la pensée, de l'action et de la connaissance. ]

Cette explication des don:e W.î/ju servira à éclaircir la traduction littérale donnée par M. Abel Rémusat du passage ci-dessus. — Kl.

« pas. ô roi mon père. Nous irons troubler la pénitence du Bodhisattwa; cela n'est « pas assez important pour vous déranger. O roi! ne vous attristes plus. Alors les « trois filles, dont les charmes étaient relevés par un vêtement céleste, arrivèrent « près du Bodhisattwa, suivies de cinq cents filles de jaspe. Les instruments de mu- « sique dont elles jouaient, leurs chants, leur langage lascif avaient pour but de le « troubler dans l’étude de la doctrine. Toutes trois prenant la parole : Votre vertu « et votre bonté sont si grandes, dirent-elles, que les dieux vous respectent et « veulent vous rendre un culte : c'est pour cela qu’ils nous présentent à vous. Nous « sommes belles et pures; nos années sont dans leur (leur; nous désirons obtenir «la faveur de vous servir et de vous tenir compagnie à droite et à gauche, en « nous levant le matin et la nuit en dormant. »

Los attraits et les excitations de ces trois beautés ne produisirent aucun effet sur famé du Bodhisattwa; d'un seul mot il les changea en vieilles femmes à tête blanche, dont les dents étaient tombées, et qui avaient les yeux éteints et le dos bossu , de sorte quelles furent obligées de se servir de bâtons pour retourner d’où elles étaient venues. Le Mâra les voyant arriver dans cet état, entra dans une violente colère et vint, avec ses 1,800,000 démons, l’entourer dans un espace de trente-six yodjanas. Ces dénions prirent la forme de lions, d’ours, de rhinocéros, de tigres, d’éléphants, de bœufs, de chevaux, de chiens, de porcs et de singes. On en voyait qui* avaient des têtes d'animaux sur dos corps humains, d’autres qui avaient des corps de serpents venimeux et des tètes de tortue à six yeux. 11 y en avait à plusieurs têtes, avec des dents et des griffes crochues; ils portaient des montagnes sur le dos, faisaient sortir de leur bouche du feu, du tonnerre et des éclairs. Ils vinrent des quatre côtés attaquer le Bodhisattwa , avec des armes de toute espèce; mais rien ne put ébranler le courage de celui-ci, et il sortit victorieux de toutes les attaques de ses ennemis. Enfin le Bodhisattwa ayant, par sa force surnaturelle, vaincu et soumis le Mâra, tous les dieux, remplis de joie, descendirent des cieux et répandirent des (leurs. Le Bodhisattwa obtint alors la dignité de Bouddha, sous le nom de Ckÿ kia u<en jon lai ( Shâkya mouni Tathàgata), et les litres honorifiques de ^^Instituteur des hommes et des dieux, et de Boud-

dha vénérable du siècle \ — Kl.

{h) L'en couvrirent à sa sortie de tétang.] Voyez la note 3, lettre F. Selon Iliuan thsang, Shâkya mouni prit ce bain dans la rivière Ni lian chen; en mémoire de quoi on éleva dans ce lieu une tour, qui existait encore de son temps b. — Kl.

(ô) Offrirent à Foi du riz au lait.] Voyez la note 3, lettre E. Les deux filles qui nourrirent le Bouddha de lait et de riz, après ses sue années de macération, sont qua-

* J'ai abrégé la Gu de celte légende, qui esl d'une longueur démesurée.— »fc Pian i liai i, liv LXV, pag. 3ü.

FOË KOUË Kl.

lifiées dans le texte de ■ ce (lu'' je crois, ne peut signifier autre cliose que

filles des familles retirées (ou qui se sont éloignées du monde). M. Réniusat, prenant Mi kia pour un norn propre, avait traduit : « Deux li plus loin on vient au lieu où « Mi kia, femme, offrit du riz au lait. >j lliuan t h sang appelle ces deux filles bergères \ Leurs noms étaient An to (joie, y4nanda) et Pho lo (force, ^

Bala)\

Dans les livres singlialais , il n est question que d’une seule femme appelée Soudjatamm (Soudjâtà?). Pendant un million de kalpas, elle avait fait un grand nombre de bonnes œuvres, dans l’espoir de pouvoir un jour offrir du riz et du lait à un Bouddha , le jour même où il obtiendrait le plus haut degré de perfection. Son désir fut exaucé. Elle était fille d’un Sitawno (homme riche) du pays de Senananam niangami, et devint épouse du principal tSi/airno de Barenessi (Bénarès). Elle offrit une marmite d’or d’un million de masses d’or, et remplie de riz au lait, au Bouddha, le jour même de son accomplissement; après cet accomplissement, et ayant entendu sa prédication, elle entra dans la béatitude éternelle*. — Kl.

(6) En faisant un demi reou y an . ] C’est deux tiers de lieue.

(7) Sous un arbre Peî fo.] C’est le borassus flabelliformis ou le palmier à vin, appelé en sanscrit cTT$ ùî/a, et par les Anglais dans l’Inde palmyra. D’après le récit de la légende, donné dans la note 3, lettre D, ce ne fut pas sous un Peï to, mais sous un So lo (ou Sâla) que le Bouddha resta assis pendant six années. La légende mongole, extraite par M. I. J. Schmidt, en fait un figuier d’Inde (Jieas religiosa ), en disant : « Près du roi des arbres, d’un Bôdhi élevé, il était assis les jambes « croisées, et dans une position immobile; il y vainquit et soumit les chimnous (déu mous) , et devint le lendemain Bouddha, pour ouvrir à tous la source inépuisable ■< de la vie4. » Dans la relation de Hiuan thsang, c’est également sous un arbre Bôdhi que Shékya mouni resta pendant six années, — Kl.

(8) Lui donna l’herbe d'heureux augure.] Voyez la note 3, lettre I.

(9) Cinq cents oiseaux bleus.] Voyez la note 3, lettre G.

(10) Les trois filles furent changées en vieilles.] Voyez pour le combat avec le roi des démons et pour cette métamorphose, la note 3, lettre K.

(11) Un dragon aveugle à écailles brillantes.] Voyez la note 3, lettre 11. Hiuan thsang nomme le lac dans lequel ce dragon habitait, Moi I tchi lin tho. — Kl.

* Pian i lion. li». LXV, pag. 34 ».

Voyez le San Uan/j fd jou, li». XIII, png. i4 ».

' Voyez l’pham, »ol. III, pag. 36.

* Gctchichtc drr Osi-Monyalen. pag. 3i 3.

(i-a) Le dieu Brahma vint le prier.] Voyez le chapitre XXXIV, not. 1 a.

( 1 3) Lui offrirent du riz grillé et du miel. ] Bouddha , dit Hiuan thsang , étant assis , les jambes croisées, sous l'arbre Bodhi, et avant obtenu la joie de la béatitude étemelle, sortit après sept jours de ses profondes méditations. Deux marchands passant alors par la lorét, en furent avertis par le génie qui l'habitait, et qui leur dit :

« Le prince de la race des Shukyas est ici; il a obtenu le degré de Bouddha, son ü esprit est absorbé par la méditation, et pendant quarante-neuf jours il n’a rien « mangé. » Alors les deux marchands se rendirent auprès du Bouddha et lui offrirent du riz grillé et du miel. Le Bouddha accepta leur offrande ; mais comme il n'avait pas de vases où il pût mettre leurs présents, les quatre rois du ciel vinrent des quatre points cardinaux, et lui apportèrent chacun une marmite d'or. Le Bouddha refusa de les accepler, parce que des vases aussi précieux n'étaient pas convenables à l’état ecclésiastique qu'il avait embrassé ; il refusa encore plusieurs autres marmites de matière précieuse, et en accepta enfin une tout à fait ordinaire, etc. *

Voici comment cette histoire est racontée dans les livres palis : » Deux mar- « chands, nommés Tdpâsdjuye et Ballakedje, qui étaient frères et natifs de la ville de « Puskereweti nnwârâ dans le royaume de Raamani mandeledjc , allaient trafiquer dans «i le pays de Maddemeprcderedje. Ils étaient accompagnés de beaucoup de monde u et de cinq cents charrettes chargées. Arrivés près du lieu où le Bouddha séjournait a alors, une déesse de la terre, qui, dans une vie précédente, avait été la mère défi ces deux frères, fit en sorte que leurs charrettes s'arrêtassent. Les marchands pro- « mirent aussitôt de faire un sacrifice, et la déesse leur dit : O hommes fortunés,

« notre Bouddha est assis sous l’arbre Kiripâlaruke; vous qui allez trafiquer, faites- « lui une offrande de beurre frais et de miel , et vous obtiendrez du bonheur pour « un long espace de temps. Les marchands ayant fait cette offrande. Bouddha « l’accepta, et en mangea dans le vase de rubis qui lui avait été donné par le dieu o Sien uraran deuù radjan. Puis il leur prêcha la doctrine, et quand ils furent con- « vertis, ils devinrent Vipasikis. Les marchands voulant se remettre en chemin, o Bouddha prit, avec sa main droite, huit cheveux bleus de sa tête, et les leur « donna comme un gage qu'ils devaient dans la suite propager sa doctrine. Les « marchands, très-contents de cette marque de bienveillance, portèrent ces che- « veux dans une boîte d'or à la ville de Puskereweti nmoArà; ils la déposèrent à la « porte orientale, et construisirent une tour au-dessus. De cette tour sortent, dans a certaines saisons, des rayons bleus; ainsi elle contribue, comme le Bouddha « lui-même, à la joie des dieux et des hommes. (Test la première tour qu’on ait « élevée à Anurahdc-poura. Quelque temps après, ces marchands revinrent dans « leur pays, et prêchèrent au monde la doctrine de Bouddha. C’est par leurs pré-

* Pian i tiu, liv. LXV, pu g. 36-

292 I*'OÈ KOUË Kl.

ü dica lions qu'elle fut introduite À Ànurahde-poura , dans le royaume du roi Mâhâ- « dliarma » — Kl.

(i 4) Où il convertit Kia chë et ses frères.] Ce sont les trois frères Kia ckë (ou Kàs’yapa) qui y furent convertis par Shâkya mouni; savoir : Onronu ilua Kâs'yapa (Kâs'yapa du cognassier), Madi Kâs'yapa (de la rivière), et Gayâ Kâs'yapa (de la ville de Gayâ). Il ne faut pas confondre ces trois personnages avec le grand Kia chë ( Mâhâ Kâs’yapa), ni avec un autre nommé en chinois Chy ty Kia chë (en sanscrit Das'awalu, le dix fois fort), qui fut un des cinq premiers personnages convertis par Shâkya Bouddha. Selon le Fan y ming i, le nom de Kâs'yapa signifie en sanscrit famille de la grande tortue (selon d’autres auteurs, splendeur bue). Les ancêtres du grand Kâs'yapa s’étant, de génération en génération, appliqués à l’étude de la raison, une tortue miraculeuse, portant une table divine sur le dos, répondit aux questions de se» ancêtres vertueux : de lâ l’origine de son nom de famille. Il était capable de pratiquer les actes supérieurs de la propre excitation . C’est pourquoi on lui a donné le nom de premier de la Haute action h. Conférez ce qui en a été dit plus haut, ch. XX , not. 3g, pag. 189. — Kl.

I ph am , doit être , en sanscrit , PoueUumntti nagarnj le royaume de bou/iuuu m andeledje est probablement llâmama'iuTala; enfin li/Huiàt n’est peut-être qu'une altération du sanscrit Vipaj'jrx.

* Fan i ming y, cité daus le San tuuig fi ton, liv, XLi. pag. ta tr.

* The taerrd and hisln rival boohi of Ccj-lon, pu* bliabed by E. Lpham. vol III, pag 110 et suiv. Dans cet ouvrage les noms propres sont écrits d'une manière si irrégulière, qu'il est impossible de fixer leur véritable orthographe sans avoir les originaux palis et singhalais devant les yeux. On peut déjà établir que le Puiheirwctt nuu'dnt des texte* publiés par

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