‹ Foe koue ki ou relation des royaumes bouddhiquesChapitre 64 sur 112 · CHAPITRE XXXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXII

et de fruits, ainsi que de belles vallées, et des lacs qui soient agréables et beaux à voir, et qui invitent les hommes à les regarder avec avidité. Tu feras à cette prison une porte, et si quelqu’un vient à y entrer, tu le saisiras tout de suite et tu feras punir les criminels suivant leurs espèces, sans permettre à personne de sortir; et quand bien même j’y entrerais, ne te relâche pas de punir les criminels : je te fais prince de l’enfer. Un pi khieou (8), qui demandait sa nourriture, entra par cette porte. Le gardien de la porte le voyant, voulut le punir comme un criminel. Le Pi khieou, effrayé, demanda quelque répit jusqu’à ce qu’il eût dîné. Quelque temps après, il entra un homme. Le gardien de la prison le mit dans un mortier et le pila : il en sortit une écume rouge. Le Pi khieou l'ayant vu, se convainquit alors que ce corps était périssable et sujet à la souffrance, vide comme une bulle d'eau {9) ou une écume, et il devint Arhan. Quand cela fut fait, le geôlier mit l’écume dans une marmite; le Pi khieou en fut ravi. Le feu dessécha l’écume, et quand elle fut refroidie, il en sortit un nénuphar. Le Pi khieou s'assit dessus, et le geôlier s’en alla rendre compte au roi des merveilles qui s’opéraient dans la prison. Il voulut que le roi vînt pour les voir. Le roi dit : J’ai auparavant quelque chose d’important à faire, je n’y puis aller à présent. Le geôlier reprit ; Ce n’est pas une petite affaire; il faut, ô roi, que vous veniez en diligence et que vous remettiez les affaires que vous avez. Le roi le suivit doue et entra ; le Pi khieou lui prêcha la doctrine. Le roi obtint la foi, détruisit l'enfer, et se repentit de tout le mal qu’il avait fait antérieurement. Depuis ce temps, il crut et honora les trois précieux {10). Il allait habituellement sous l’arbre Peï to (11) pour se repentir de ses fautes, se châtier lui-même, et se soumettre aux huit purifications. L'épouse du roi demanda dans quel lieu le roi allait toujours se promener. Les grands lui répondirent qu’il allait toujours sous l’arbre Peï to. La reine attendit que le roi n’y fût pas, et envoya des gens pour couper l’arbre et le renverser. Quand le roi

revint et qu'il s'en aperçut, il fut si troublé et si affligé qu’il tomba par terre. Les grands lui arrosèrent le visage avec de l’eau ; enfin , au bout d’uu long temps, il revint à lui. Alors il fit élever un mur de briques tout autour et arroser les racines de l’arbre avec cent ■* cruches de lait de vache. Lui-mème se jeta par terre, et fit le serment de ne jamais se relever si l’arbre ne renaissait pas. A peine ce serment fut-il fini, que l’arbre commença à repousser des racines; et depuis ce temps jusqu’à présent, il est devenu haut d’au moins dix tchang (ia).

(i) Étant encore petit garçon.] H y a dans le texte

at z * % i t n

M. Abel Rémusat avait traduit cette phrase par : « Le roi Ayeoa (lisci Ayü, car le « caractère jq ne se prononce jamais yeou) autrefois fit un petit garçon. » Mais le verbe auxiliaire ^ thsb, qui signifie proprement faire, est aussi employé pour désigner être, à peu près de la même manière qu'on dit en français se faire vieux. D’ailleurs Hiuan thsang raconte aussi que ce fut le roi A choa kia (As’oka, le même que A yü) qui construisit la prison dont il est question dans ce chapitre. — Kl.

(a) Rencontra Chj kia foi.) Le Bouddha Shàkya.

(3) Fit [A yü) roi de la roue de fer.) Voyez chap. XVII, not. 12, pag. i3â. Il y est dit que le roi de la roue de fer paraît à l'époque où la vie de l’homme, après avoir touché au terme de sa plus grande brièveté (dix ans), est revenue, par une suite d'accroissements successifs, à vingt mille ans. Cependant le texte rapporté dans le San tsang fi sou, et que M. Rémusat avait sous les yeux, dit : « Selon le Ta u tchi tou lan, l’âge des hommes augmente et diminue dans les petits kalpas. La vie r des hommes est d'abord de quatre-vingt-quatre mille ans ; au bout de tous les « cent ans, cette durée est abrégée d’un an ; elle décroît ainsi jusqu'à dix ans. Il se « passe cent années encore, après quoi elle augmente de nouveau d’un an, jusqu’à « ce quelle revienne à vingt mille; dans ce laps de temps, parait le roi de la roue de u fer, etc. » Comme le Bouddha Shàkya mouni, dont le roi A yü ou Às’oka était

le contemporain, naquit dans le monde à l’époque où la vie humaine n’avait que cent ans de durée, on voit bien que le roi de la roue de fer n’attendait pas pour se montrer dans le monde, que cette durée fût remontée à vingt mille ans. — Kl.

(4) If régna sur le Yan feou thi.] C’est le Djambou dwipa. Voyez chap. XTI, not. 7, pag. 81.

(5) Il vit l’enfer.] Suivant les traités bouddhiques réunis dans le Son tsang jâ sou, précisément au-dessous de l’extrémité méridionale du Djambou dwîpa, à la profondeur de plus de 5oo yodjanas, est la demeure du roi Yan lo; ce sont les enfers. On les nomme Tiyo, parce qu’ils sont au-dessous de la terre. De ces enfers, il y en a de grands et de petits. Des grands, il y en a huit chauds et huit froids; des petits, il y en a seize qui sont placés aux portes de chacun des grands, et disposés de manière que les tourments soient successivement augmentés : c’est pourquoi on les nomme Yeoa thseng yo (enfers de la transmigration et du redoublement). Tous les êtres vivants condamnés à souffrir traversent ces enfers; cl quand ils ont subi leur peine à un étage , ils passent dans un autre.

Les seize étages d’enfer où l’on passe sont :

i° He cha tiyo (l’enfer du sable noir). U11 vent chaud souffle sur du sable noir; il le rend brûlant, le porte sur la peau et les os des coupables, qui sont brûlés en éprouvant des douleurs affreuses. Quand ils ont longtemps souffert de la sorte, ils passent dans l’enfer suivant.

a* Fcy chi ti yo. Des boules de fer qui se remplissent d’excréments brûlants s’élancent en avant et pressent les coupables, qui Sbnt forcés de les embrasser. Elles les brûlent au corps cl aux mains. Ils sont ensuite forcés de les mettre dans leur bouche cl de les avaler; et, depuis le gosier jusqu’au veutre, il n’y a rien quelles 11e brûlent en passant. Des insectes à bec de fer leur piquent la chair et pénètrent jusqu'aux os.

3° Thi ting ti yo. Les ministres de cet enfer étendent les coupables sur du fer chaud , et les y fixent avec des clous en leur clouant les mains , les pieds et tout le tour du corps avec cinq cents clous.

4* Ki’o tiyo (enfer de la faim). Les démons versent dans la bouche des coupables du cuivre fondu qui, du gosier, descend jusque dans le ventre, et cause partout où il passe des douleurs intolérables.

5° Ko ti yo (enfer de la soif). Les ministres de l’enfer prennent des boules de fer chaud, les mettent dans la bouche des coupables, et leur brûlent les lèvres et la langue.

6® Toung hô tiyo. Les coupables sont jetés dans des chaudières, où ils bouillent et où leurs corps montent, descendent et tournoient, jusqu’à ce qu’ils soient détruits.

70 To toung hô ti yo. Les ministres de l'enfer plongent les coupables dans des chaudières, les brûlent et les détruisent, puis les prennent avec des crocs de fer pour les jeter dans d'autres chaudières.

84 Chy ma ti yo. Les coupables sont placés sur une grosse pierre chaude ; d'autres pierres brûlantes leur tiennent les pieds et les mains étendus , leur écrasent le corps, réduisent leurs os et leur chair en bouillie.

9* Noung hiouei ti yo. On baigne les coupables dans le sang et le pus; on leur en inonde le corps, les membres, la tète, la face, qui sont ainsi tout consumés, et on leur en fait avaler.

io° Liang hô ti yo. Dans cet enfer, il y a de grands feux ; les coupables doivent prendre un boisseau de fer pour mesurer le feu, ce qui leur brûle le corps. La douleur de la brûlure leur arrache des soupirs et de grands cris.

1 1° Hoei hô ti yo. Un fleuve de cendres, qui a 5oo yeou siun de long et autant de large , exhale des vapeurs pestilentielles ; ses flots se choquent et se poussent avec un bruit effroyable. Du haut en bas, fl y a des pointes de fer; sur le rivage, il y a des forets d’épées; les branches, les feuilles, les fruits et les fleurs, sont autant d’épées. Les coupables sont entraînés par le courant ; soit qu’ils montent ou qu’ils descendent, qu’ils restent à la surface des flots ou qu’ils s’enfoncent, les pointes de fer leur piquent le corps et pénètrent au dedans comme au dehors, en leur causant dix mille douleurs. S’ils sortent du fleuve et viennent sur le bord, le tranchant des épées les blesse, puis des panthères et des loups mangent leur chair vivante. Iis courent pour monter sur les arbres h épées, mais les lames dirigées vers le bas tombent sur eux; celles qui sont vers le haut leur coupent les mains. S’ils s’appuient sur leurs pieds, ils ont la peau et la chair qui tombent par terre taillées eu pièces; leurs nerfs et leurs veines se tiennent. Il y a un oiseau à bec de fer qui leur pique la tète et leur mange la cervelle. Us rentrent alors dans le fleuve de cendres et suivent le courant; mais en descendant ou en plongeant, les pointes de fer leur piquent le corps, leur déchirent la peau et la chair. 11 en sort du pus et du sang, et il ne reste que les os tout blancs qui surnagent à la surlace. Alors il souffle un vent froid qui les ressuscite, et ils passent dans l'enfer des houles de fer.

ia° Thi mm liyo. Les coupables sont obligés de tenir des boules de fer ardent. Leurs pieds et leurs mains sont détruits; leur corps est debout comme enflammé.

1 3* Yn fou tiyo. Les ministres de l'enfer étendent les coupables sur du fer chaud, et, avec des haches de fer chaud, ils leur coupent les mains et les pieds, les oreilles, le nez, les membres, en leur faisant endurer des douleurs inouïes.

1 4° Tchay long ti yo. Des panthères et des loups effroyables mordent et déchirent les coupables. La chair tombe, les os sont entamés, le pus et le sang coulent en rivière.

i5° Khian tchou ti yo. Un vent violent agite les feuilles de l’arbre aux épées, qui

FOË KOUË KL

tombent sur le corps des coupables; leur tête, leur figure, tous leurs membres sont blessés et déchirés, lin oiseau à bec de fer leur crève les deux yeux.

i6° Han ping ti yo. lin grand vent froid souille sur le corps des coupables et roidit leur corps; la gelée attaque leur peau et leurs os, et les fait tomber. Lu douleur leur arrache des cris. Or, après que la vie est fiuie , tous les êtres vivants qui ont commis de mauvaises actions tombent dans ces diiTéreuts enfers \

Ce ne sont là encore que les seize petits enfers. Les noms des huit enfers brûlants et des huit enfers glacés, qui sont les grands enfers, expriment également le genre de supplice auquel les coupables sont condamnés. Les huit enfers chauds sont : i° Siang ti yo. Dans cet enfer, il vient aux vivants des ongles de fer longs et pointus. Les yeux irrités, le cœur plein de colère et de pensées de haine. Us s'arrachent les uns aux autres la chair qui tombe; ils la déchirent et la broient d’une manière cruelle. Ils pensent être déjà morts; mais un vent froid souffle sur eux, leur peau et leur chair renaissent, et ils sc relèvent ressuscités. Dans le Oie lun cet enfer est aussi nommé Tcng ho tiyo (des ressuscités).

He china ti yo. Les démons lient les coupables avec des chaînes de fer brûlantes, et ensuite ils leur coupent la tète ou les scient. Des chaînes ardentes serrent leur corps, brûlent leur peau, pénètrent leur chair, calcinent leurs os dont ils font couler la moelle en leur causant mille douleurs : c’est pourquoi on le nomme enfer des Chaînes noires h.

y Tony y a tiyo. Cet enfer sc nomme aussi Tchonng ho. Dans cet enfer, il y a de grandes montagnes de pierre; clics s'affaissent d'elles-mêmes sur les coupables, dont le corps, les os et la chair sont mis en morceaux et réduits en bouillie : c’est pourquoi on le nomme enfer des Montagnes comprimées.

h" Kiao iicn tiyo. On jette les coupables dans de grandes chaudières, où ils bouillent en souffrant horriblement et en poussant de grands cris.

5* Ta kiao iven li yo. Quand les démons ont ainsi fait bouillir les coupables, un vent souffle et ils sont ressuscités; on les met alors dans des fourneaux où ils rôtissent et souffrent des douleurs si cruelles, qu’ils poussent des cris effroyables : voilà pourquoi on l'appelle ainsi.

6° Tchao tchy ti yo. Les murs en sont de fer. Le feu qu’on y allume produit des tourbillons de flammes qui consument les coupables au dedans et au dehors, brûlent leur peau et leur chair, et en les rôtissant, leur causent dix mille douleurs : c’est pourquoi ou l’appelle ainsi.

7° Ta tchao tchy ti yo. Les murs de fer que la flamme a rougis en dedans et en dehors brûlent les coupables. 11 y a là des fosses qui sont remplies de feu et de flammes, et sur les deux bords de ces fosses sont des montagnes toutes de feu. On

* San IsanyjS ion. liv. XLV, pag 19-31. que qui est 'A peu près le nk-iue que celui de l’«d-

h IU. noir, est pris ici duos un Mot mftophori- jectif latin te ter.

saisit les coupables avec des fourches de fer, et on les présente à ce feu. Leur chair est rôtie, et ils souffrent dix mille douleurs : c’est pourquoi on le nomme ainsi.

8° fVou kian li yo. Les coupables , parvenus à cet enfer, souffrent sans cesse et sans aucun repos. C’est le plus terrible de tous les enfers. L’apparence (le corps) j est sans interruption; les coupables y naissent et meurent; quand ils sont morts , Us renaissent ; leur corps n’éprouve pas d’interruption : c’est pourquoi on le nomme ainsi \

Les huit enfers froids sont : i® L’enfer ’O feoa to ou ‘O pou to (en sanscrit Arbouda k). Ce mot sanscrit signifie rides, parce que les coupables, par le froid auquel leur peau et leur chair sont soumises, ont des rides et des gerçures.

i* L’enfer Ny lay feou to ou Ny tseu pou to (en sanscrit Simrboada r). Ce mot sanscrit signifie gerçure ou déchirure, parce que les coupables exposés au froid éprouvent des gerçures.

3° L’enfer 'O tcha tcha ou Ho ho. Ces mots ne sont pas traduits. Les coupables, à cause du froid extrême, ne peuvent remuer les lèvres; seulement avec leur langue ils font ce bruit.

h* L’enfer O po po ou Hiao hîao po. Les coupables, à cause de l’excès du froid, ne peuvent remuer la langue, et seulement ce son se produit entre leurs lèvres.

5" L'enfer ’Eoa heou. Les coupables, h cause de l’excès du froid, ue peuvent remuer ni les lèvres, ni la langue; mais l’air, en passant dans leur gosier, produit ce son d.

6* L’enfer Yo po lo (en sanscrit Utphala*) ou Ming po lo. Ce mot sanscrit signifie nénuphar bleu, parce que les coupables, à cause de l’excès du froid, ont la peau et la chair épanouies comme cette fleur.

7° L’enfer Po teo a mo ou Po Oie mo (eu sanscrit Padma, et en pâli Padouinuf). Ce mot sanscrit signifie nénuphar rouge, parce que les coupables, à cause de l’excès du froid , ont la chair plissée et de la couleur de cette fleur.

8® L’enfer Fen to fy (en sanscrit Pound’arika*). Ce mot sanscrit signifie nénuphar blanc, parce que les coupables, à cause de l’excès du froid, voient leur chair se détacher et tomber, et que leurs os, mis à nu, sont comme cette fleur. On le

en place deux antres nomma l‘uu Koamoada. ci l’autre Sàaÿandhika. L'enfer itphala vient ensuite. — E. Bchnoof.

* Cet enler ni mentionné dans le Dharmapmdiptliâ. fol. y ri e. fia.

' Dan» le Üharmapndipikd , cet enfer n'est placé qu’a près l'enfer PannJ arika. (Ibid fol. yti r.) Non» avons indiqué les orthographes sanscrite et pâlie d» mol padma, parer qu’il semble que les Chinois aient eu connaissance de l’une et de l'autre. — E. B.

9 Ibid fol. jn* r, iniL

* Hian tkumg fin, cité dans le San Itangfé tou. ltv. JLVXJ1I , pag. 5 v.

k Cet enfer est mentionné dans le Phurmapradioikd. fui. y ri r.

e Ilàd. fol. yrf r.

4 A ccs trois etifrrs correspondent, dans le Dhamapradipikà. les lieux de souffrance nommés Ahohanaraka. Atnlanamka et Ahahaïuiruka. O drmirr est l’enfer Koti keo* i; mais l'ordre des deux précédents est renversé, puisque Jhaba est exactement ’Opo po. et .Iteja. O Uka tcha. Voycx fol. jri ». fin. Immédiatement après l’enfer Ahuha. le DharmopraJipiké

500 FOË KOUË Kl.

nomme aussi Ma ha po the mo ( Mahàpadma '), le grand nénuphar rouge. La peau et la chair sont entrouvertes et semblables à cette fleur — C. L.

La division des enfers est présentée d'une manière un peu différente par les Bouddhistes de Ceylan. Ils admettent huit principaux enfers connus sous le nom de Naraka ou Niraya. (B. Clough’s Singh. Diction. v° Aïraya, tom. II, pag. 3a6.) Autour de chacun de ces huit enfers sont placés quatre autres enfers plus petits : la somme totale de ces lieux de châtiment s'élève ainsi à quarante. Dans le Dharmapradipikâ ou le Flambeau de la loi, ouvrage écrit en singhalais entremêlé de citations d’anciens textes sanscrits et palis, on trouve un distique sanscrit dans lequel sont résumés les noms des huit enfers principaux (fol. g a v°) : Stimdjivam, Kdlasùtramlcha, Samgluitô, Râurxnas lathâ, Mahârânravatâpâkhyâ, Pra tâpâvitchinâmakâli . Ces huit enfers (mentionnés dans Manou, IV, 88, 8q ) se nomment Acht’û mahânâra-

hâh. — E. B.

(6) Leroi des démons, Lan /o.] Yan loest le juge des enfers. Ce terme correspond à HT ïïl dma en sanscrit , h gChin rdje (prince de la mort) en tubétain.

à p-M :rv> ^Ij. Erlik khan en mongol, et à ^ Ilmoun khan eu mandchou. On dit aussi en chinois Yan mo lo ou Y«n ma lo; c’est sous ce dernier nom qu'il en a été question plus haut. Voyez chap. XVII, not. 17, pag. i44. — Kl.

(7) Il n’y a gu un trës-méchant homme gui puisse le faire.] Garder une prison est une des douze mauvaises actions que la loi réprouve et qu’on appelle ’O liuyi'. — C. L.

(8) Il y avait un Pi khieou.] Un bhikchou ou prêtre mendiant.

(cj) Vide comme une bulle d'eau.] Shâky a mouni dit dans le Leng yan king : « La mer o est originairement immobile et claire ; mais quand les vents et les tourbillons la « frappent, ils y produisent des bulles d’eau. On peut lui comparer la nature de la « plus haute intelligence, qui est aussi pure, éclatante et excellente, mais que les u vanités du cœur émeuvent, et qui rendent ainsi le monde vide et sans réalité. Ce h inonde vide et sans réalité est, dans la nature de la plus haute intelligence, abso- « lument ce que sont les bulles d’eau dans l’Océan 4. » — Kl.

(10) Les trois précieux.] Foi, Fa, Seng (Bouddha, Dharina, Sanga), ou la triade suprême. Le Hoa yan king dit : «Ce qu’on appelle Bouddha, Uhannu, Sanga, bien

* Cet enfer est mentionné «Ions le Dkamui-pruJCpikdj fol. grî r.

b Fang y ming i, cité <lans le San tsang fi son, Ut. XXXIII, pag. 7 v.

* Tta 0 py ton tin ton. cité dans le .Sun tutng Jü soa, liv. XLIV, pag. 11 9.

* Ltng yan king. dté dans le .Son tuing fi jmi. Ut. IY, pag. al.

que le nom soit en trois substances, sort d’une seule nature et est consubstantiel. Bouddha signifie intelligence, pour dire que sa nature et sa substance sont intelligentes et rationnelles, qu’il a éclairé les lois, qu’il n’est ni vide, ni être. Dharma , c’est la loi ou ce qui règle. Cela désigne la nature de la loi du silence et de l'extinction, qui doit servir de règle aux vertus naturelles. Sanga, cela signifie en chinois la foule unie, pour dire que les excellentes vertus ne se séparent pas en deux modes, mais restent unies *. »

Respectivement, les trois précieux sont distincts et différents. i* Bouddha : quand il commença à faire la loi sous l’arbre Po tki (hodhi) , il ne montrait qu’un corps de six tchang ; quand il en vint à discourir sur le livre Hoa y an, il parut être le corps de l’honorable Lou che na.

a" La loi : c’est la grande révolution, la petite révolution, les préceptes, les discours, les collections qui ont été révéles dans les cinq temps. (Les cinq temps sont, celui du Hoa y an, celui du Parc aux cerfs [voyez ci-après, chap. XXXIV], celui du Fang teng , celui du Pradjnà et celui du Nirvàn’a.)

3* Sanga : cela désigne ceux qui ont reçu la doctrine, qui règlent les causes, qui recueillent les fruits, ou les Ching went les Youan kio et les Bodhisattwas. (Les Ching wen sont ceux qui, par les discours de Foê, ont obtenu d’entendre la doctrine; les Youan kio ont obtenu l’intelligence de la doctrine en considérant les douze enchaînements; les Bodhisattwas sont l’intelligence avec affection1.) [Voy. pag, io.]

On peut voir beaucoup d’autres détails sur le dogme des trou précieux, et sur son importance chez les différents peuples bouddhistes , dans les Observations de M. Abel Rémusat sur la doctrine samanéenne \ et ci-dessus, p. 4a et i5g. — C. L.

(il) Sous l’arbre Pei lo.] Il s’agit ici du même arbre Pei to ( borassus Jlabelliformit) sous lequel Shâkya moulu obtint la perfection bouddhique. Hiuan thsang vit encore cet arbre plus de deux cents ans après Fit hian, ainsi que le mur dont le roi Às’oka l’avait fait entourer. — Kl.

(i a) Haut d’au moins dix tchang.] Environ 3oB 6oo.

* Hoa y an king, cité dans le San ttantjfi tou. liv. VIII, pag. ii ». — 4 Che ckiyao lait, cité dam le San Uang fi sou. lit. VIII, pag. s 4 t. — ' Nom au JoanuU asiatique, lom. VII, pag. a€5 cl sniv.

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