CHAPITRE XXXIV
Retour à Pa lian foë. — Temple de la Vaste solitude. — Ville de Pho lo naî, dans le royaume de Kia chi. — Parc des cerfs. — Les cinq premiers hommes convertis par Foë. — Royaume de Keou titan mi. — Temple Kiu sse lo.
Fa hian, en retournant à Pa lian Joe (1), descendit le fleuve Hcng (a) vers l’occident. Après dix ycouyan (3), il vint à un temple nommé de la Faste solitude (4) . C’est une des stations de Foë (5). Aujourd’hui il y a des religieux. En suivant encore le cours du fleuve lieng à l’occident, pendant douze ycou y an (6), il arriva à la ville de Pho lo naï (7), dans le royaume de Kia chi (8). Au nord-est de la ville,* à dix li, on vient au temple situé dans le Parc des cerfs de l’Immortel : ce parc était primitivement la station d'un Py tclii foc ; il y a habituellement des cerfs qui s’y reposent. Quand l’Honorablc du siècle fut sur le point d'accomplir la loi, les dieux chantèrent au milieu de l’espace : Le fds du roi Pc tsing a embrassé la vie religieuse, il a étudié la doctrine, et dans sept jours il va devenir Foë. Le Pÿ tchi foë ayant entendu cela, prit le Ni houan; c’est pourquoi on nomme ce lieu le Jardin de la plaine des cerfs de l’Immortel. Depuis que l’Honorable du siècle a accompli la loi, les hommes des âges postérieurs ont construit une chapelle dans ce lieu.
Foë désirant convertir Keou lin parmi les cinq hommes (9), ces cinq hommes se dirent entre eux : Depuis six ans, ce Cha men Kiu tan (10) pratique des austérités, ne mangeant par jour qu’un grain de chanvre et un grain de riz, et il n’a pas encore pu obtenir la loi: à plus forte raison quand on vit dans le commerce des hommes, qu’on se livre à son corps, à sa bouche, à ses pensées, comment pourrait-on accomplir la doctrine? Aujourd’hui qu'il arrive, veillons bien à ne pas lui parler. Foë s’étant approché, les cinq hommes se levèrent et le vénérèrent.
Au nord de ce lieu, à soixante pas, Foë, regardant vers l'orient, s’assit et commença à tourner la roue de la loi (■*). Il convertit Keou lin parmi les cinq hommes (i>). Au nord, à vingt pas, est le lieu où Foë raconta son histoire à Mi lé (i3). Au sud de là, à cinquante pas, est l'endroit où le dragon I lo po demanda à Foë : Dans combien de temps pourrai-je être délivré de ce corps de dragon? Dans tous ces lieux on a élevé des tours, parmi lesquelles il y a deux semj kia lan où sont des religieux.
Au nord-ouest du temple du Parc des cerfs, à treize yeouyan, il y a un royaume nommé Keou than mi (i4). Son temple porte le nom de Jardin de Kiu sse lo (i5). Foë s’est arrêté autrefois dans ce lieu , et c’est pour cela qu’il y a encore aujourd'hui beaucoup de religieux, la plupart de la petite translation. De là à l’orient, à huit yeou yun , est le lieu où autrefois Foë a converti les mauvais génies. Là encore, il a fait des stations, il a marché et s’est assis. Dans tous ces lieux on a élevé des tours, et il y a des seng kia lan dans lesquels il peut y avoir une centaine de religieux.
(i) En retournant à Pa iian foc.] F à liian, en quittant l’a lion foi ( Pât’ali poulni) . s’était dirigé d'abord au sud-est pour visiter la nouvelle et l'ancienne Râdjagrïha , ou capitale des rois de Magadha, ainsi que la montagne du Vautour. De cette montagne, située au sud de la ville actuelle de Itahar, et faisant partie de celles qui se trouvent entre les rivières Dahiler et Banonra, il alla à l’ouest, traversa la rivière Ai Iian ( Niladjan ou Aimnànat ) . et arriva à Kia ye { Bouddha Gayâ). Ayant visité les merveilles et tous les lieux sacrés qui rendaient célèbre cette contrée, principal théâtre des austérités pratiquées par Sliâkya mouni pendant six années consécutives, il désira retourner à Pél'alipoutra pour poursuivre le but de son voyage, qui était de s'embarquer aux bouches du Gange pour l’ile de Ceylau, et de retourner de là en Chine. Ce'pendant il n'avait pas encore vu la sainte ville de Bénarès et ses alentours , également célèbres dans l'histoire de Sliâkya mouni , comme étant le pays où l'IIonorablc du siècle avait commencé ses prédications. Fâ hiati, pour s’y rendre, longea donc le Gange à l’ouest, et revint après vers l’orient à Pâl’alipoutra.
FOË KOCË Kl.
trente-troisième feuille de cet ouvrage, qui contient la légende bouddhique sur l’origine de la ville de Pâfalipoatra (pag. 357-259), était déjà imprimée, quand j’ai eu connaissance d’une brochure intéressante que M. Hermann Brockbaus a publiée à Leipzig en i835, sous le titre de Fondation de la ville de Pat’alipontra et histoire d'Oupasoka, en sanscrit et en allemand. M. Brockbaus a tiré ces deux morceaux d’une collection d’historiettes de Soma dira, dont plusieurs manuscrits se trouvent à Londres, dans la bibliothèque de la compagnie des Indes. Ce récit de la fondation de Pât'alipoutra , donné, non par un Bouddhiste , mais par un sectateur de la religion brahmanique, différé entièrement de celui que j'ai extrait du voyage de Hiuan thsang. Ici, un nommé Poatraka trouve dans les monts Vindhya deux fils qui se disputent l'héritage de leur père, consistant en un vase, un bâton et des pantoufles, objets qui tous ont des vertus miraculeuses. Par un stratagème, Poutraka s’empare de ces trois objets, et s’envole par les airs. Ils lui donnent la facilité de se faire aimer de la belle Pât’ali, et de l’enlever du palais de son père. Arrivé avec elle sur les bords du Gange, il y établit, à la prière de son amante, et par la vertu miraculeuse de son bâton, une ville qu'il appelle, d’après cette princesse, Pât'alipoutra. Il devient un roi puissant, se réconcilie avec son beau-père , et gouverne toute la terre jusqu'au bord de la mer. Je n'ai pas voulu omettre ce récit, quoiqu’il n'égale pas en intérêt la légende bouddhique rapportée par Hiuan thsang. — Kl.
(2) Le Jleare Hong.] C’est le Gange.
(3) Après dix yeou y an. ] C’est-à-dire enviroo treize lieues et demie.
(A) Au temple nommé la Vaste solitude .] Dans l'original, fj* c’est la traduction d’un mot sanscrit que je ne peux restituer, peut-être de Prantara, d'Aranya ou de Maron, désert, plaine vaste et déserte. En tout cas, il s’agit ici du temple appelé dans les livres pâli fsit'cre palne rànàyé, fssa patana ramaia ou Issi pattene. Ce temple était situé dans le pays de Bénarès, dans un canton très-agréable, à dix-huit yodouns (yodjanas) au sud du Figuier d'Inde du continent du Djarnbou dwipa. Tous les Bouddhas sont censés y avoir tenu leurs premières prédications. Il était autrefois fréquenté par un grand nombre de mages ou sages qui avaient le pouvoir de voler dans les airs. C’est pour cette raison, ajoutent les livres pâli, que ce temple a été nommé Issa patana ramaia par ceux qui ont vu cela \ — Kl.
(5) Une des stations de Foë.) Ce sont les lieux oii le Bouddha a prêché la doctrine. — Kl.
* Tht saertd ami kisioricui Looks of Ctjrlon. publishetl bjr E. UptiJiin . ton». III , pag. 5g, 91 et » 1 1.
(6) Douze yeouyan.] Environ quatorze iicucs.
(7) La ville de Plto lo naï.) C’est la célèbre ville de Bénarès, appelée en sanscrit
/ drdnasi, \ arânasi, ou q^u«i) Varan asi. Les deux premières dé-
nominations sont dérivées, suivant les lexicographes indiens, de tara, la meilleure, et anas, eau, c’est-à-dire le Gange, sur les bords duquel la ville est située. Il paraît cependant que le dernier nom (f aran’asi) est le primitif, quoique sa dérivation soit irrégulière, de laran'd, nom d’une rivière qui coule au nord-est de Bénarès et se jette dans le Gange, et de Mi, qui est celui d’une autre rivière au sud de la même ville. La faraud est actuellement nommée Bernd; son nom dérive de la racine r ri. choisir. Les Chinois, qui transcrivent I aranasi par ou YJ$t Ph°
10 nai, expliquent ce nom de deux manières : d'abord par Parc des cerfs, puis par Entouré par le fie are: ces deux étymologies paraissent être fautives. Hiuan thsang; qui a aussi visité celte ville, écrit sou nom $f Â. If $ n° lo nA sse. Il dit que c’est une vaste capitale, située à l'ouest et près du Gange, ayant dix-huit à dix-neuf
11 de longueur sur cinq à six de largeur. Les habitations du bas peuple y sont très-serrées; la population y est fort considérable, et le nombre des maisons monte à plus de dix mille. Il y a une foule de marchands. Les mœurs y sont douces et le peuple est poli. Tout le monde y étudie avec zèle. La plupart croient aux doctrines hétérodoxes, et il n’y a que peu de personnes qui honorent la loi do Bouddha. Le climat y est tempéré; le sol produit des grains et des fruits; les arbres y ont une croissance extraordinaire, ainsi que les herbes et les plantes. On y compte plus de trente kia lan cl environ trois mille prêtres et disciples , qui suivent tous les doctrines de la petite translation . Il y a environ cent temples dans lesquels dix mille hérétiques honorent le Grand Dieu existant par lui-même (/srara). Ils se coupent les cheveux ou les portent en nœud sur la tête. Ils vont tout nus et se couvrent le corps de cendres. Les plus pieux vivent dans des austérités continuelles et cherchent à quitter la vie pour la mort. Au nord de la ville coule la rivière Pho lo nà ( Varan’à); sur son bord, à dix H de la ville, est le kia lan de la Plaine des cerfs : il y a environ quinze cents prêtres et disciples, qui suivent tous la doctrine de la petite translation. Au milieu de la grande enceinte est un temple haut de plus de deux cents pieds; il est couronné par une flèche dorée. Les fondations sont construites avec une pierre appelée ‘An mou lo ko. et les murs des étages sont de briques. Ce temple est entouré d’une centaine de chapelles; toutes ont des flèches, et on y voit des images divines dorées. Au milieu du temple sont des statues de Bouddha et d'un grand nombre d'autres Tathagatas, sculptées en pierre ffo Iheou chy \ Ces images sont toutes dans la posture de tourner la roue de la loi (de prêcher)1. — Ki..
* Suivant te* dictionnaire* chinois, celle pierre sc trouve en Perse ; elle ressemble à Tor cl ne noircit fias — *■ Pian « timi, sect. uxv, art. 8.
308 FOË KOUË Kl.
(8) Le royaume de Kia chi. ] C’est le nom sanscrit c^ifsij Kds'i, dont on se sert encore aujourd'hui pour désigner la ville et le pays de Bénarès; il signifie resplendissant. — Kl.
(9) Parmi les cinq hommes.] Voyez la note 12.
(10) Ce Cha men Kiu tan.] Kiu tan est la transcription chinoise du sanscrit Gâutama, l'un des nombreux surnoms de Bouddha, et celui qui est plus particulièrement en usage dans l'Inde au delà du Cangc, où il a servi à former le nom de la principale divinité des Siamois, Somonakodom , par l'addition de l'épithète Somona {s'râmana), Sarnanéen. Au reste, toutes les nations bouddhistes ont ce nom également en honneur : au Tibet, c’est Geoutam ; en mandchou et en mongol, Goodam. On est moins d'accord sur sa siguification, et chacun des peuples qui adore Bouddha a, sur ce point comme sur tant d'autres, des traditions obscures et parfois si différentes, qu’il est presque impossible de les concilier. Quoique les livres chinois ne contiennent rien de satisfaisant à cet égard , il peut cependant ne pas être tout à fait inutile d’indiquer brièvement ce qu'ils en disent. Suivant eux, Chy kia est le nom honorable de Kiu tan \ Tous les hommes savent, disent-ils, que Jou lai descend d’un prince Tcha ti li (Tchatrya), mais ils ne savent pas que Kiu tan était autrefois le nom de Chy kia. Dans le principe, il y avait cinq noms qu’on lui donnait indilféremment : Kia tan, Kan tche (canne à sucre), Jy tchoung (descendant du soleil), Cke y (séjour tranquille), et enfin celui de Chy kia, qui est aujourd'hui presque le seul qui soit resté.
Kiu tan est le nom de famille des rois Tcha ti li; il signifie en sanscrit parfaitement pur, ou grand vainqueur de la terre. Au commencement de l’àge actuel, il y avait un roi nommé Ta mao thsao. Ayant abandonné son royaume à un ministre, il vint auprès du sage kiu tan pour étudier la doctrine, et prenant le nom de son maître, il s’appela le petit Kiu tan h.
Le nom de Chy kia est interprété d’une manière moins confuse. En sanscrit il signifie capable de piété. Chen yen, première femme du roi Kan tche, eut un fils nommé Tchang chcou, et la seconde femme en eut quatre. Chen yen, pour favoriser son fils, excita le roi à bannir du royaume ses quatre autres enfants. Parvenus au nord des Montagnes de neige, Pel tching, qui était le quatrième de ces enfants, devint roi, éleva une ville, et fonda un royaume que l’on nomma Chey (Séjour tranquille). Son père s’étant repenti de l’avoir exilé, le rappela, mais il ne voulut pas revenir; alors le roi, soupirant, dit : u Mon fils chy kia!n et c’est de là qu'est venu ce nom \
* Tchiag Un toang, au mot 2E -* — * IJ. MJ. pag. a a *.
Chy chy yao lan. cité dan» le San isang JH sou. U» XIX , pag. a i r.
Il est intéressant de comparer ce récit avtfc la légende relative au même fait, extraite du Kdhghyoar par M. Csoma de Korôs, et rapportée ci-dessus, chap. XXII, not. 1 o , pag. a 1 3- — C. L.
[Les Singhalais possèdent, sur l'origine de la dénomination de Gâutama, deux traditions qui paraissent contradictoires. Suivant Clough ( Singhat . Diction, y* Gâutama), Shâkya mouni est nommé Gâatama, parce qu'en entrant dans la vie religieuse, il suivit les leçons du sage Gôtama, que Ion suppose être le même philosophe auquel on rapporte le système appelé nyâya. Suivant d’autres, Gâatama est le nom propre de la famille dans laquelle est né Shâkya. Cette dernière opinion est, comme on voit, identique à celle des Bouddhistes de la Chine. Or ces deux traditions donnent lieu aux difficultés suivantes. Les vies de Shâkya connues jusqu'à ce jour ne disent pas d'une manière expresse que Shâkya ait suivi les leçons du philosophe G&oma; et quand même il en aurait été ainsi, rien ne prouve que Shâkya eut dù, pour cette seule raison, prendre le titre de Gâutama, lequel signifie le Gantamide. Secondement , le nom de Gâutama est celui d’un descendant de la famille de Go tama, famille qui est un des Gôtras (ou souches) brahmaniques. D ne semble pus que ce puisse être celui d’un membre de la caste guerrière, car les jurisconsultes indiens affirment, d’une manière positive, que la caste des Kchatriyas n’a ni Gôtras, ni saints tutélaires. Il résulte de là qu'il n'est pas aisé de comprendre comment Shâkya a pu porter*à la fois ce nom , qui rappelle la tribu guerrière à laquelle il appartient, et celui de Gâutama, qui rappelle une famille brahmanique. La seule manière de résoudre cette iernière difficulté, c’est d’admettre que le nom de Gâatama a dù appartenir, non pas seulement à Shâkya moani seul , mais à toute la famille guerrière des Shàkyas, comme le pensent les Chinois. On sait en effet qu’il est permis aux Kchatriyas de prendre le nom de famille de leur prêtre domestique; d'où il suit que pour s'expliquer comment la race des Shàkyas s'est appelée Gaatamide, il suffit de supposer quelle avait un descendant de Gotama pour prêtre domestique ou pour directeur spirituel. Cette distinction, purement indienne, entre les Brahmanes qui possèdent par eux-mêmes le droit de désigner leur famille par le nom du saint qui en est le chef, et les Kchatriyas qui empruntent ce nom de leur patron religieux, a pu être oubliée des Bouddhistes, qui n'admettent pas la séparation des castes au même degré que les Brahmanes. L’ignorance de ces prescriptions, qui tiennent aux particularités les plus intimes de l’organisation brahmanique, a pu donner naissance aux deux traditions singhalaises. L'une aura cherché à concilier le titre de Gantamide avec l’existence du philosophe célèbre nommé Gôtama, l’autre aura conservé la véritable tradition, mais, à ce qu'il semble, sans la comprendre, ou du moins sans l'expliquer. — E. B.]
(il) Commença à tourner la roae de la loi.] C’est-à-dire où il tint ses premières prédications. Voyez chap. XX, not. aa , pag. aa5.
I'OË KOUË Kl.
(iq) Il convertit Keou lin parmi les ciiuj hommes. J keoa lin est ordinairement nommé Keoa li dans les ouvrages bouddhiques chinois. Voici les noms de ces cinq personnages célébrés, selon les livres chinois et selon les légendes mongoles, où ces noms sanscrits se trouvent traduits en tubétain.
i* A jô Kiao tchhin ju, en tubétain Yang chi Go di ni ya. A jo, dit le Fan ÿ ming i, est son surnom, et signifie sachant ; Kiao tchhin ju est son nom de famille; il siguific bassin à jeu. En pâli ce nom est transcrit par Adja kondandjan. Il était d'une famille de Brahmanes, et il avait, dans les mondes précédents, fait le service du feu : de là lui vint son nom de famille. Il appartenait à celle d’un oncle maternel du Bouddha.
2° O pi, ou plutôt As'vâdjit, comme nous l’avons vu chap. XXVIII, not. 11, pag. 267. Le Fan ÿ ming i traduit ce nom par gai monte à cheval ou par maître du cheval. Il est rendu en tubétain par rTa toi , ce qui signifie an cheval dressé. O pi était de la famille du Bouddha.
3° Pô thi, dont le nom est expliqué en chinois par petit sage, est en tubétain Mgang zen ou A/ing zan. Il était égalemeut de la famille du Bouddha.
4* Chy If Kia yë, c'est-à-dire Kdsyapa à force décuple (en sanscrit Ai s'abala Kâs'yapa) , est aussi nommé en chinois / %) foa, en tubétain Lang ba. 11 était de la famille des oncles maternels du Bouddha. Le Fan y ming i observe qu'il ne faut pas le confondre, ni avec le Mahâ Kâs’yapa, ni avec les trois kâs'yapas , 0«rouu'ihà Kâs’yapa, Madi Kdsyapa et Goya Kâs'yapa.
5" Kcou li thaï tscu ou le prince royal Keou li, appelé par Fâ hian Keou lin; en tubétain Zang den. Il était le fils aillé du roi lloû fan uvng, oncle maternel du Bouddha. Voyez chap. XXII, not. 3, pag. ao3\
Ces cinq personnages sont appelés dans les livres singhalais Pustcaga Mahanounansi, ou les cinq grands prêtres ; c’étaient des Brahmanes très- instruits et principalement habiles dans la prédication. Ayant reconnu les marques caractéristiques de la personne du dernier Bouddha, savoir, les trente-deux Assoulakoanou (Cf. pag. a 10) et les deux cent seize symptômes appelés Magoal-lakounoa, ils acquirent la certitude qu’il deviendrait Bouddha. Ils embrassèrent alors la vie religieuse, et le suivirent et le servirent pendant les six ans qui précédèrent le moment où il obtint la dignité de Bouddha. Après avoir entendu la première prédication qu'il lit en cette qualité, ils obtinrent la gloire éternelle b.
Un traité mongol intitulé : Histoire de l'origine des quatre vérités de toute la loi, raconte de la manière suivante la conversion des cinq personnages -en question :
u Le quinzième jour du dernier mois du printemps de l'année llrouh-ah, ou du bceuf « de fer femelle, pendant le crépuscule du soir, Bouddha termina ses occupations spi-
* y rûitij i. cité «lun* l<* San Itang fa sou. li*. k The sacrrJ anJ kùionral bookt of Ctyloit , publi-
XXI, pag. 16 V. «hed bjr £. tphini, t am. III, pag. 59.
« rituelle!» qui consistaient dans la soumission entière des esprits du Nisèma (Mllin u Michpanna, naissance) ou de la séduction de la naissance. A minuit il obtint le Dyan « I ^71*7 D'hyuna, la plus profonde méditation) ou le plus haut degré de la sainteté des « ermites, et au lever du soleil il avait atteint la nature d'un Bouddha véritablement « accompli existant par lui-méme dans la spiritualité suprême.
« Le Bouddha véritablement accompli commença alors à tourner la roue de la « doctrine spirituelle et à répandre partout la loi, en déclarant qu'il avait remporté « la victoire sur les abîmes de la misère innée, qu’il avait détruit toutes les imper- « fections qui oppriment lame, cl qu'il était devenu le Bouddha instituteur du « monde. Plusieurs personnes parmi le peuple en furent consternées et dirent : * Le fils du roi a perdu l’esprit et déraisonne. D’autres prétendirent qu’il avait quitté « le trône et le pays pour épouser une fille de Shâkya; d’autres, enfin, procla- « niaient que le fils du roi était en effet un Bouddha véritablement accompli.
«Le Bouddha prononça alors l'instruction suivante : «A quoi «bon offrir au « peuple le nectar de la doctrine spirituelle, puisque l’instruction lui manque? u Puisqu’il n’a pas d’oreilles |>our l’entendre, il est inutile de la lui développer. > « En conséquence, il se retira derechef dans la solitude, au pays d'Archi , où il resta « pendant quarante-neuf jours et autant de nuits pour obtenir un nouveau Dyan. « Dès qu’il l'eut obtenu, Esroun têgri (Brahma) se rendit auprès de lui, portant « dans la main une roue d’or à mille rayons, symbole de la domination spirituelle, « et dit au Bouddha : Tu n’es vraisemblablement pas devenu Bouddha pour ton « propre bonheur, mais pour celui de toutes les créatures du moude; daigne donc « poursuivre l’œuvre de répandre la doctrine. Mais le Bouddha ne se rendit pas « à cette invitation. Les Mahd rddja te g ri * tenant dans leurs mains les Naiman « takil \ vinrent alors et lui dirent : Maître de la décuple force, grand héros qui « as vaincu toutes les séductions innées dans la créature, ne jugeras-tu pas à propos u de te charger du salut des créatures? Leur demande fut également refusée. « Enfin, Khourmousda tegri (Indra) lui-même» accompagné des trente-deux autres « tegri, vint auprès du Bouddha pour l'adorer, et ils lui rendirent les honneurs u dus à un Bouddha, en faisant le tour du lieu où il séjournait. Khourmottsda, tenant
* Les quatre MahA rdtija tegri [ou grands rois des esprits) sont les gardiens des quatre régions du monde.
h Xatman takil (ou les huit sacrifice* ) ; c'cst la dénomination mongole des hait h'fônjo ou emblèmes des neuf Bodhisatwis, sur lesquels on peut consulter le Aostrrtia Journal asiatique, loin. VU, pag. 1 1 A , not. i . Leurs noms en mongol et leur ordre sont :
i . Lhighatoan ( DzAsftun ) , les poissons.
a. Lhun*/ ou Dçangetr. la conque marine,
3- (JElthaitou tsoun. «ne figure de lignes entrelacées A la grecque- 4. DaJma, le loin».
S Chikoar. le parasol.