CHAPITRE XXXVI
Livre» et piéceples recueilli» par Fi hian. — Précepte» de» Mo ho sang tchhi. — Précepte» des Si pho to. — Le» A pi tan.
Du royaume de Pho lo naï, en allant à l'orient, on revient jusqu'à la ville de Pa liait foi (1). Fa hian avait d’abord demandé les préceptes, mais tous les maîtres des royaumes de l'Inde du nord les avaient transmis de bouche, sans un volume qui pùt être écrit (a) ; c’est pourquoi il s’avança plus loin et parvint dans l'Inde du milieu. Là, dans un monastère du Mo ho yan (3), il obtint une collection de préceptes. C’était la collection des préceptes des Mo ho seng tchhi (4), qui, du temps que Foë était dans le siècle, furent suivis par le plus grand nombre. Ce livre fut communiqué (à Fa hian) dans le temple Tchhi houan (5). Pour les dix-huit autres collections (6), chacune a des maîtres qui s’y appuient. Le grand Koueï (7) ne diffère pas du petit ; quand le petit n’est pas conforme, l’usage le fait connaître (8). Mais les plus vrais, les plus étendus, ceux qui renferment le plus complètement les traditions, Fa hian les obtint dans une collection où sont recueillis les préceptes, pouvant former sept mille kic (9); ce sont les préceptes réunis des Sâ pho to (10), ceux que les religieux de la terre de Tbsiu pratiquent. Mais tous ces préceptes ayant été transmis de maître en maître, par une tradition successive , n’avaient pas été consignés par écrit dans des livres (n). Il eut aussi dans cette collection divers extraits des A pi tan (1»), formant environ six mille kië. Il eut aussi un exemplaire des livres sacrés (i3) en deux mille cinq cents kië, ainsi qu’un volume du livre sacré sur les moyens d'atteindre le Pan ni houan (>4) d’environ cinq mille kië, et Y A pi tan des Mo ho seng tchhi.
C’est pourquoi Fâ hian séjourna ici trois années, étudiant les
livres et la Lingue Fan (»5}, et copiant les préceptes. Tao tchhing, lorsqu’il fut arrivé dans le royaume du Milieu, qu’il eut vu la loi des Cha men et tous les religieux graves, décents, sc conduisant de manière à être admirés, pensa, en soupirant, que les religieux des frontières du pays de Thsin manquaient aux préceptes et transgressaient leurs devoirs; il dit que dans l’avenir, s’il pouvait devenir Foe, il souhaitait de ne pas renaître dans le pays des frontières; c’est pourquoi il demeura et ne revint pas. Fâ hian, dont le premier désir était de faire que les préceptes se répandissent et pénétrassent dans la terre de Han, revint donc seul.
(i) La ville de Pa lian for.] Ccst-à-dire PAtalipoutra . Voyez sur la route suivie par FS hian de Pho lo nai h Pa lian fof, la note 1 du chapitre XXXIV, pag. 3oo.
(a) Sn/is nn volume qui pût être écrit.] Ceci démontre que dans la partie du nordouest de l’Inde, qui est celle que les Chinois appellent le Thian thsü septentrional, la civilisation et l’art d'écrire n’étaient pas aussi répandus que dans l’Inde du milieu, située sur le Gange et ses affluents. — Kl.
(3) Dans nn monastère da Mo ho y an.] Mâhaydna ou de la grande translation. Voyez chap. XVI, note 34, pag. 1 1 4.
(4) Préceptes des Mo ho seny tchhi.] Cest-à-dire, des religieux de la grande réunion, ou des Arhans qui ont recueilli les préceptes de Shâkya. Les traditions singhalaises contiennent à ce sujet des particularités intéressantes, et qu’il faut d’autant moins négliger quelles offrent quelques différences avec les légendes mongoles, et peuvent, en plusieurs points, servir à modifier et à compléter les extraits que nous en avons donnés \
Suivant ces traditions, la huitième année du règne d'Ajassat ( Adjâtas’atrou) \ trois semaines après lu mort de Bouddha, cinq cents religieux, partis de la ville de
* Voyei ci-dmus, ch»p. XXV, note il, p. 387. — fc Sou» te règne de Margasi'rj, d'après le* légende» mongoles.
FOft KOUË Kl.
Costnanatc, arrivèrent à celle de Rajagaha-nau'ara ( Râdjagriha). Le roi, informé de leur venue et de l'intention où Us étaient de prêcher la doctrine, leur fit disposer, sur le mont IVabahara-pa rkwateye , une demeure ornée avec magnificence. Les religieux, ayant kàs’yapa à leur tête, en prirent possession, et s'assirent suivant leur degré d’ancienneté, laissant vacant le siège que devait occuper Ananda. Celuici, qui venait d'obtenir la qualité d'Arban, le fit connaître à rassemblée d’une manière extraordinaire : la terre s’étant ouverte au milieu de la salle , Ananda vint, au-dessus de cette ouverture, s’asseoir à la place qui lui avait été réservée *.
Alors Malià kàs'yapa, s’ad ressaut à l’assemblée, demanda de quelle partie de la doctrine on s’occuperait d’abord. On décida que ce serait du \ irma pitlaka (Vinayapit’aka), et l pâlisthuvira fut chargé de l’expliquer. Le soin de commenter le Soutra pitlaka, qui contient les discours prèchés aux hommes, fut dévolu à Ananda, qui illustra tous les passages sur lesquels il fut interrogé par kàs'yapa , et composa de la sorte le Dierganikaya (Dirghanikàya), qui contient soixante-deux bana-wara (chaque bana-wara se compose de deux cent cinquante gothas ou vers). Le Maddimenikaya (Madhyamauikâya), qui est une partie du Sortira pitlaka, et qui contient quatre-vingt mille bana-wara , ayant été compilé et mis en ordre, le premier disciple de IMmseneuLserrint-maha-Teroonuahansey fut chargé de le transmettre au souvenir des hommes. Le Saninktcnikaya (Samyuktanikàya), qui est une autre partie du Soûlra piltaka, composée de cent bana-wara, fut compilé et divisé en deux parties, dont on confia la rédaction à Mâhâ kàs’yapa et à ses disciples. L 'AngotUrnikaya (Angottaranikâya), contenant deux mille bana-wara, et qui fait aussi partie des discours ou du Sortira piltaka, fut distribué en deux parties, et Anurudtla, aidé de son premier disciple, s’occupa de le rédiger.
Ensuite I* Abhidharma pittaJia, qui contient le» discours prêché» aux dieux, fut compilé et divisé en deux parties par les cinq cents religieux, qui recueillirent aussi en deux classes les livres inférieurs, tels que le Soatternipata ( Soùtranipâta) , 1 e Dharmapadeya, etc. Cette collection de préceptes, ainsi rassemblée par Mahâ kàs'yapa et cinq cents principaux prêtres avec lui, fut achevée en sept mois1.
Cent ans après la mort de Bouddha, le roi KaUtsoUa (As'oka) invita Sabbe kamv loja {Sarvakàmi vas’a) et d'autres Arhans, au nombre de sept cents, à se réunir à Visalah (Waîs’àli), dans le temple Walucaw. Là, il les questionna sur Yfsteuirrewade (Sthaviravàda) et le Vinaya, et les chargea de les mettre en ordre, Ce qui fut accompli en huit mois *.
En dernier lieu, le roi Dhamiùs'oca ayant demandé à Moggali-putte-Tirsemahastcuira et à mille autres Arhans , de faire une nouvelle collection des lois de Bouddha,
* Ce passage éclaircit un endroit un jieu obscur de U relation <le Fa hian, où il est fait mention de ce prodige, et qui n‘avail pas été commenté. Conf. cbap. XXX, p. >73.
k Sucre J an J hutoruul Booh oj Ceylo*. by Upham. vol. I, pag. 3a.
* IJ. ib. pag. 43.
ils se réunirent h PeUelup (Pàl'alipoutra), dans le temple Assocarahama (As’okâràma), et ils achevèrent celte troisième collection dans le cours de neuf mois, la a35* année de Bouddha, et la 17' du règne de Dharmasoca \ — C. L.
(5) Le temple Tchhi houan .] Au premier abord on pourrait induire de cc passage, que le temple dont il s'agit se trouve dans la ville de Pa lianfoé, tandis qu’il est situé dans le royaume de Kos'ala. (Tl en a déjà été question lors de la description de cc pays, chap. XX, pag. iji etsuiv.) 11 est lion de remarquer que, depuis un moment, notre voyageur a interrompu le récit de son itinéraire. Il n’est pas au terme de sa course; il a encore bien des fatigues à supporter, bien des dangers à courir; mais les vues religieuses qui l’ont porté à entreprendre un si long pèlerinage sont satisfaites. Le voici parvenu dans un pays où il peut étudier la langue sacrée, s’entretenir des préceptes avec des religieux éclairés, les méditer et les recueillir. Aucun ne lui offrira plus de ressources; il s’y arrête donc, il s'y installe en quelque sorte, commence par récapituler les résultats qu'il a obtenus jusqu a cc moment. L'Inde du nord, qu’il a d’abord visitée, ne lut a rien offert qui ait pu l’intéresser. C’est pour lui une contrée stérile et presque barbare qu’il a traversée rapidement pour atteindre le pays sacré, ta terre classique où les monuments et les traditions du culte auquel il est voué se conservent intacts , l’Inde du milieu. A peine y est-il entré, que partout il est accueilli avec égards, avec intérêt par ses coreligionnaires. On admire son courage et son aèle, et on s'empresse de satisfaire à scs demandes. Les temples et les lieux saints se succèdent dès lors à de courts intervalles, et c’est dans le plus magnifique de tous ceux qu’il a vils, dans le temple Tchhi houan, un des édifices les plus célèbres du culte de Bouddha, que pour la première fois il obtient la copie d’un recueil des Préceptes. — C. L.
(6) Les dix-huit collections.] Il y a deux manières de diviser les livres sacrés : ou en douze collections pou, classes), qui contiennent à la fois ceux de la grande et de la petite translation; ou en dix-huit classes, qui se partagent par moitié entre ces deux doctrines. Nous donnons ci-dessous les douze classes k. Les neuf
1 Sacra} and kistorical Bools ofCnlon. by Upbam , vol. I, p. 67.
k Selon le Ta Ichi ton fan ( cité dans le San ts a/y fu tau. liv. XLIV, pag. û et mit,), le» douze dattes Art tisrrt sacrés sont :
i* Sien ta lo. Ce mot sanscrit (Soû/rn) signifie doctrines attachées ou cousue*. I*e lien Supérieur est la nature de Bouddha, l'inférieur «si le mélanisme de tous les èlrcs vivants. On appelle fciuj ou doctrine, la loi qui est invariable-, tout ce à quoi les dix monde t sc conforment, s'appelle loi; tout ce qui ne change
pas dans les trois temps, s'appelle «waariaW». C’est le nom général de tous les enseignements saints. Ce que I on nomme Sieou h lo (Soùüra}, cc sont les longs testes des fîing où l'on traite simplement dé la loi, en discours suivis, longs ou courts, sans que le nombre des caractères soit limité. (Les dix mondes sont ccui de» Bouddhas, des Bodhisattvros, des Yuan kifi, des Ch in g vren, des dieux, de» hommes, des Sieou lo ' .lroaniij, de» démons de ta faim, des brûles et de» enfers. )
9* Khi je. Ce mot sanscrit (G<y«) signifie chant
322 FOË KOUË Kl.
clauses de livres appartenant spécialement à la grande translation, sont : les Soâtra, les Géra , les Gâthâ, les Itthâsa, les Djâtaka, 1 es Adbhoutadharma, les Üu^rîaa, les Vaïpoatya et les 1 vdAaran'a. Les Nidtum, les At adâna et les üupodes’a ri y sont pas compris, parce que, dit le Ta tchi tou lun, >°<lans la grande translation on énonce simplement la loi suprême, sans en déduire les motifs ( Ytn rouan) [Aîidcîna]; 2° on ne s'adresse qu'à la raison complète, c'est pourquoi on supprime comme inutiles les discours ou instructions ( leou pho ti cht) [Oapades'a] ; 3# enfin, on ma-
tariiïtfivntUnl . ou chant redoublé { en chinois hy saang), c'eat-à-dirr qu'il répond à un teste précèdent, ou qu'il le répète pour en manifester le sens Il est de sis, de quatre, de trois, ou de deux phrases
( ). Tout ceUsc nomme saang I chant).
3* Km tka. Ce mot sanscrit (Cdfhd ) tigniGe wn cAunlr . C'est un discours direct et de longue haleine en vers, comme le hhnang frhm dans le Ktn kouang ming king ( le Livre de U splendeur de l'éclat de l'or ) et autres.
4* J Vi tka la. Ce mot sanscrit ( Niddna } signifie cause, raison pour lagae/U [en chinois K* jr>um*). Comme quand , dan» les king, il y a quelqu'un qui «kinande b cuuse, et qu'on dit c'esl tell « chose. Comme pour les préceptes, quand il y a quelqu'un qui transgresse ce qu’ils prescrivent, on en tire une conséquent pour l'avenir. C'est ainsi que le Tnlhâgala doune U raison pourquoi telle ou telle chose arrive-, tout cela s'appelle ) n youu/i [cause, raison pour laquelle). Comme dans le livre sacré f/na tekhing yuphia. où ou espliquela cause d'un événement par ce qui a eu lieu dans des générations antérieures, etc.
5* I ti moi to. Ce mot sanscrit ( Ittkeiw ] signifia affaire primitive (en chinois Peu tse). Quand on raconte cc qui a rapport aux actes de» disciple* des Bodliisattvras pendant leur séjour sur la terre, comme dans le Prit ste pkin du Fd koa king. où il est question du Bodbiuttwa Ytiteang. qui se réjouissait dans la vertu brillante et pure comme le soleil et la lune, et dans la loi obtenue par Bouddha, et qui de son corps et de son bras pratiquait les cérémonie* et se livrait & toutes sortes d'austérités pour obtenir la suprême intelligence.
6* Tchetokia. Ce mot sanscrit [ Djàlaka ) signifie nsiiMuirej primitives on antérieures. C'est quand on raconte les aventures que les Bouddhas et les Bodhisattwa» ont éprouvées à l'époque de leur existence dans une autre terre (Kchnud). C'est ainsi qu'il est dit dans le Ni pan king ; « Les bikehous doivent sa- « voir que dans Ica siècles passés j'ai été cerf, ours ,
• daim, lièvre, dragon; que j'ai été l'oiseau aux ailes
• d'or, le roi dispensateur de millet, un samt roi qui
• faisait tourner la roue, etc. •
7* A feon thd mo. Ce mot sanscrit ( JJbhoata dharma) signifie er gai est mrrrrillenr . ce gtti na pas encore eu lieu. Comme quand Bouddha, su moment de sa naissance, eut fait sept pas, des nymptucas naquirent à tou» le* endroits où il avait pose le» pieds; il répandit une vive lumière qui éclaira le monde, et il prononça ces mots : * Je suis celui qui sauve tous
• les êtres vivant» de la naissance, de la vieillesse,
• de la maladie et de la mort. • Il y eut alors un grand tremblement de terre; le ciel fit pleuvoir toutes sortes de Qeurs; les arbre* rendirent des son» et Ihreul entendre une musique céleste. Comme tout cela est extrêmement rare, ou le nomme chose gui nu jamais iti. Ce que les quatre troupes (les Pi khieou, les Pi khieou ui, les Yeou pho se et le» Yeou phoyi) entendent et qui ni jamais été entendu, ce qu elles voient et qui ue s'cst jamais vu, s'appelle ainsi.
6* Pka tko au A pho tho na. O mot sanscrit (drddanaj signifie comparaison (en chinois Pki y a). C'est quand leTalhàguta, expliquant la loi, emprunte de» métaphores et des comparaison* pour l'eclaircir et faire qu'elle soit entendue plus aisément; comme dans le Fà hou king. la maison de feu, les plantes médicinales, etc.
9* J «ou pho ti che. Ce mot sanscrit ( Onpadeta) signifie a ris, iiutructioa- C'est, dans tous les livres sacré», les demandes et les réponses, les discours qui servent â discuter tous les points de la loi. Comme dans le bi koa king. le chapitre Ti pho thd to, où le Bodhisattwa Tchi tsf discourt avec tVen cha ue ti sur la loi excellente.
io* Yeou tho na. Ce mol sanscrit {(Wriita) signifie parler de soi-même. Cela s'entend quand, sans être interrogé par personne, le Tathàgala, par la prudence qui devine la pensée des autres, contemple le ressort de tous le» êtres vivants, et , de son propre mouvement, les instruit par de» prédications. Comme
nifeste uniquement la vérité étemelle, sans avoir besoin , pour ia démontrer, de métaphores ni de comparaisons ( Pko Ifco) [ Vâda] \
Ces trois dernières sortes de livres , au contraire , sont propres à la petite translation, qui, d’un autre côté, n’a ni les Yaïpoufya, ni les Vyâkaruna , ni les Oadâna. Dam la petite translation, on ne traite que de la loi de la vie et de l'extinction; c'est pourquoi il n'y a pas de Py foé lio (Yàtpoulya ). Comme les hommes de la petite translation n’ont pas encore pu devenir Bouddhas, il n’y a pas de Ho kia U> (Vyàkaran’a), et il n’y a pas de Yeo a tho na (Oudàna), parce qu’ils ont besoin, pour parler, d'emprunter des motifs b. Les neuf classes de livres de la petite translation sont donc les Soâtra, les Gcya, les GâtkA, les Itihâsa, les Djâtaka, les Adbhoutadharma, les Atadâna et les Oupades’a.
Suivant les Bouddhistes du Népal, le corps original des saintes écritures s'élève, quand il est complet, à quatre-vingt-quatre mille volumes, qui sont désignés, collectivement ou séparément, par les noms de Soûtra et de Dkarma, ou par celui de Bouddha vntchna (paroles de Bouddha). Shàkva sinha, le premier, recueillit par écrit les doctrines laissée* par ses prédécesseurs, auxquelles il joignit les siennes propres. Les mots Tantra et Poumna sont ordinairement consacrés, quoique d’une manière un peu vague , à la distinction des doctrines ésotérique et exotérique , et U semble qu’on pourrait leur appliquer plus particulièrement ceux d'Oopades’a et de Vyâkanui* : les Gâtha, les l)jâtuka et les Avadâna paraissent être plutôt, suivant M. Hodgson, des subdivisions du Vyâkanui*, que des classes distinctes*. - — C. L.
(7) Le grand Koueï ne diffère pas du petit.] Les trois Konei (appuis) correspondent aux trois précieux, et complètent en quelque sorte ce dogme de la triade, qui est la base de toute la théologie samanéenne. Joa lui, quand il commença à perfectionner la droite intelligence, s’adressant aux principaux d’entre ses disciples, leur ouvrit les préceptes des trois Koueï, pour quitter le mal, revenir au bien et former la racine de l’entrée dans la raison. Le commentaire sur le Iloa yan king dit : « Les trois précieux sont ce qu'il y a de meilleur augure et de plus excellent.
dans le Lemgjra*. où devant l'assemblée, il parle de ce qui • rapport aux cinquante sortes de démons, sans attendre qu'A n&n le prie fl l'interroge. De laitue dan» le Jfi tko king. où il parle de lui- même à Cke li Jor . aan* que rien en ait donne l'occasion.
n* Pi Joe Ut. Ce mot sanscrit [ K^wiùl) signifie en chinois grandeur de la loi. Fang est la loi , et koaung. grand. La véritable raison naturelle est aussi appelée fang. et envelopper des richesses c»t aussi nommé komng. Ce *ont les livres de la loi de la grande Imiwlaiinn. dont la doctrine et le sens est ample comme l'espace de la «acuité.
,1* Ho kia lo. Ce mot sanscrit { Fyâka/VDTa) «igni-
fie explication. C'est quand le Tatbégala, parlant «us Rwlknaltwii, aux Pratyekas, aux STavakas, leur raconte l'histoire des Bouddhas. Comme data le FA koa king. où il dit : « Toi A ftp ( surnom de A/dïterju ), • dans le siècle h venir, tu accomplira* l'Intelligence t de Bouddha, et tu t'appelleras Maîtrcyo. »
* Cité dnns le San ttang fi ton. liv XXXIII, pag. 16 «.
v Ta Icki tva lan. cité U même. liv. XXXIV,
pag. *0.
* Conf. Hodgson'» \oùcm of tkalnng unget. I titra lare and rtUgian oj the Bouddhas nf Srpal. dans le* Atvaûc Rttearchâi, t. XVI, p. j4i.
« Ce sont des appuis au moyen desquels on peut distinguer les grandes affaires, m produire toutes les racines des vertus, s’éloigner des malheurs de la vie et de *< la mort, obtenir les joies du Ni pan. C’est ce qu’on appelle les ttvis appuis.
i# « S’appuyer sur Bouddha. Kouei a le sens de revenir, cela signifie se révolter « contre le maître du mal et revenir au maître du bien. Quand on s appuie sur la « grande intelligence de Bouddha, on parvient à sortir des trois souillures (celles «i de l’épée, du sang et du feu) , à s’affranchir de la vie et de la mort dans les trois u mondes. C’est pourquoi le texte sacré dit : Quand on s’appuie sur Foé , on ne « revient plus jamais aux autres esprits qu'adorent les hérétiques.
a0 « S’appuyer sur la loi. Cela signifie que ce que Foé a dit, enseignement ou u raisonnement, qu'on peut mettre en action, tous les hommes doivent le pratiquer. « Telle est la doctrine des anciennes traditions. Retourner, c’est quitter les mau- *• v aises lois pour s’attacher à la loi véritable. Quand on s’appuie sur ce que Foe « a dit, on obtient de sortir des trois souillures et d’être affranchi du mal de ta u naissance et de la mort dans les trois mondes. C’est pourquoi le texte sacré dit : Celui qui s'appuie sur la loi est à jamais incapable de tuer ou de nuire.
3° « S’appuyer sur le Stng. Les hommes des trois révolutions qui sortent de leur « maison (qui embrassent la vie religieuse), sont unis de cœur dans la loi que Foe « a révélée; c'est pourquoi on les appelle Seng. Ceux qui se révoltent contre les u sectaires lesquels suivent la mauvaise pratique des hérésies, ceux dont le cœur se « livre aux religieux des trois révolutions, ceux qui croient aux hommes unis dans la « droite pratique et qui s’appuient sur eux, ceux-là obtiennent de sortir des trois « souillures et des peines de la vie et de la mort dans les trois mondes. C’est pouru quoi le texte sacré dit : Celui qui revient vers les religieux, et s’appuie sur eux, ¥ ne change plus jamais et ne saurait s’appuyer sur les hommes adonnés à « l’hérésie \ » — C. L.
(8) L'usage le fait connaître.] Il y a dans le texte : ^ ; ce qui pourrait
s’interpréter encore par on se sert d'une explication, ou d’un commentaire. Ces mots : ^ SSe> ^ans *eur acccPl*on littérale la plus stricte, signifient ouvrir et fermer ; ouvrir ce gui est fermé. Peut-être est-ce le titre d’un livre, qui serait une sorte de concordance entre les traités de la grande et de la petite translation; mais dans ce cas, le .Sa» tsang fâ sou, si complet dans ses indications bibliographiques, n’aurait pas manqué de mentionner souvent un ouvrage de cette importance. Quoi qu’il en soit, il y a dans ce chapitre plus d’un passage obscur, et celui-ci est du nombre. C’est un de ceux que M. Rémusat avait laissés en blanc dans l’ébauche de sa traduction, avec l'intention d’y revenir plus tard, et d’employer, pour les discuter et les éclaircir, toutes les ressources que lui fournissaient son immense
* Fa kitï tseu ti. cité dans le San Isang Jà ton, liv. IX, pog. iC ».
savoir et sa critique si judicieuse et si exercée. Qu’ajouterai-je de plus pour faire comprendre l’extrême défiance avec laquelle j’ai osé hasarder ici une interprétation?— C. L.
(9) Pouvant former environ sept mille Kiâ. ] Le mot kit est ]' abréviation chinoise du sanscrit JTTC7T ÿdtfef, vers. — Kl.
(10) Les préceptes réunis des Srï pho <o.] Il y a cinq classes de préceptes, qui forment le trésor des préceptes enseignés par le Tathàgata. Voici comment on a divisé les préceptes en cinq parties : Quand le Vénérable du siècle eut atteint l’âge de trente-huit ans et obtenu la loi, il se rendit à la ville. Le roi avant fini son repas de carême, ordonna à Raholo de laver le bassin. Celui-ci le fit tomber, par mégarde, de ses mains, de sorte qu’il se cassa en cinq pièces. Ce jour-là il y eut beaucoup de bikchous, qui dirent unanimement à Foë : «Le bassin s'est cassé en « cinq morceaux, n Foé répondit : « Dans les cinq cents premières années qui « suivront ma mort, de mauvais bikchous diviseront le trésor des Pi ni (Vinaya) « en cinq classes. » Postérieurement il y eut cinq disciples du rang de Yeoa pho khieou to \ qui, chacun selon leur manière de voir, partagèrent tout le grand tn*sor des préceptes du Tathâgata en cinq classes, qui sont :
i* Tan ico h të ou Tan mo khieou to. Ce mot signifie destruction de l’obscurité (c’est vraisemblablement ciniy Tamotjhna, destructeur de l’obscurité). Cette classe est aussi appelée trésor de ta loi et les préceptes dh'isés en quatre parties. Il est dit dans le Ta bÿ kinrj : « Après mon Ni phan , tous mes disciples recueilleront les douze « classes des livres sacrés; ils les copieront, les méditeront, les porteront à la plus ci haute perfection, et en publieront les paroles, qu’on appellera pour cette raison « la Destruction de C obscurité. Cette classe sera celle des Tan wou té. » Les quatre parties de ces préceptes sont : i* la loi des Pi khieou; a0 la loi des Pi khieou ni; 3® la loi de ceux qui ont reçu les défenses ; et 4* la loi des trépassés.
a” Sà pho to. Ce mot sanscrit signifie la somme ou les préceptes des lectures ( d‘Ou pasi). On appelle aussi cette classe la véritable loi des trois mondes. Il est dit dans le Ta bÿ king : «Après mon Ni phan, tous mes disciples recueilleront les douze « classes des livres sacrés; ils les méditeront sans cesse, et y ajouteront des cxpli- « cations et des commentaires, au moyen desquels toutes les questions difficiles « seront entièrement résolues. Cette classe sera celle des Sd pho to. ■>
3° Kia sé kouei. Ce mot sanscrit signifie contemplation dtr double vide ; c’est la régie de l’existence parfaite. Il est dit dans le 7a bÿ king ; u Après mon Ni phan, tous mes dis- « ciples recueilleront les douze classes des livres sacrés; ils diront qu’il n’y a pas de
* Selon les auteurs chinois, ce lerme signifie prvitrtion grande oo pnxht; c’est peut-être le sanscrit Oupajoapia.
FOË KOUË KL
« moi; et de celte manière ils rejetteront les erreurs comme des cadavres morts. »
4° Mi cha sè . Ce mot sanscrit signifie ce qui n'est pas manifesté et ne peut être aperça. On appelle aussi cette classe celle des préceptes divisés en cinq parties. Il est dit dans le Ta tsÿ king : «Après mon Ni phan, tous mes disciples recueilleront les douze « classes des livres sacrés. Les ressemblance* de la terre, de l'eau, du feu, de « l’air, n'existeront pas; il n’y aura que l’espace vide. Cette classe sera celle des u Mi cha si. » Les cinq parties de ces préceptes sont : i° les observances des Pi khieoa ; a* celles des Pi khieou ni; 3* la loi des défenses reçues; 4° la loi des trépassés; et 5e la loi des religieux.
â* Pho thso fou lo. Ce mot sanscrit signifie mm. On dit que dans la plus haute antiquité, il y eut un immortel qui s’accoupla avec un veau; ce veau mit un fil* au monde, et depuis, le nom de cran resta à la famille. Daus cette classe on considère la vanité du moi ainsi que les cinq amas (ce sont la forme, la perception parles sens, la réflexion, l’action et la science). Il est dit dans le Ta Isy king : « Après mon Ni « phan, tous mes disciples recueilleront les douze classes des livres sacrés. Tous « diront qu’il y a un moi, et ib n'expliqueront pas la ressemblance du vide. C’est ce « qu’on appellera la classe du Mu) thso fou fo \ » — Kl.
(m) N' avaient pas été consignés par écrit.] A Ceylan, depuis l’introduction de la loi de Bouddha dans cette île, sous le règne du roi Dcveny Bac tissa (a 36 ans après la mort de Shàkya), jusqu'au temps du roi Valagambou (643 an* 9 mois et »o jours après la même époque), les doctrines bouddhiques ne s’étaient transmises que par tradition et au moyen de prédications. Mais alors trente-six savants prêtres, pensant que, dans le* âges postérieurs, il pourrait y avoir des religieux de peu de capacité, réunirent cinq cents homme* d’une sainteté et d’un savoir reconnus, dans un lieu nommé Matoula, et commencèrent à recueillir les livres saints et à les transcrire b. — C. L.
(12) Divers extraits des A pi ton.] A pi tan, ou A pi tha mo, est un mot sanscrit (abhidharma) , qui signifie foi sans pair; c’est un des trois Tsang ou contenants. c’est-à-dire une des trois classes de livres où sont renfermé* le texte et le sens des lois. Voyez ce qui a été dit sur 1\4 pi tan et les trois contenants, chap. XVI, note 22, page 108.
D’après une autre classification des livres religieux, il y a huit contenants, qui comprennent les différentes sortes de king, les foi, les lan et les tcheoa. king signifie loi, chose constante et invariable. Tout ce que les saints ont réglé s'appelle loi ; ce que les hérétiques ne peuvent ni changer, ni détruire , s’appelle constant ou
* Fan j duiuj i. cité dans U Süa Uang fi mou, k Sacrtd uHJkiüorual lioukt oj (Ujlon . by Upbani, li». XX. pag. 17 et suiv. vol. U, pag. *3.
invariable. Lia j jî, c'est la règle; c’est ce qui distingue le léger et le lourd, ce qui prévient les péchés. Lan, ce sont les discours où l’on traite du sens le plus profond des lois diverses. Tcheoa signifie vœu; cela désigne les prières et les invocations. Parmi tous ces livres, il y en a de différents pour la grande et la petite translation, pour les Chin cj teen (Shrdwaka) et les Youan kio (Pratyeka Bouddha). Ceux des Ching ven sont : 1* Le contenant des King, qui comprend les quatre A han (Agama). A han signifie loi sans pair, parce que la loi du siècle ne peut être comparée à aucune autre. Les quatre A han sont : le long A han (dirghâgama), le moyen A han (madhyamàgama) , le A han mélangé (samyuktdgama) , et le .4 han sapplémen taire (angottaràgama) , que , par erreur sans doute , le glossateur du San tsangfâ sou cite le premier, a® Le contenant des préceptes, où sont renfermés ceux des quatre Fen (degrés), qui sont ceux des Pi khieoa, des Pi khieou ni, des Cheoukiai (défenses reçues) et des Miel tchang (disputes terminées); les dix Soung (lectures) que le disciple de Foc Yeou pko H a mises au jour, et autres. 3* Le contenant des discours, c’est i'A pi tan et autres. 4* Le contenant des prières; cet sont les Dharani , pour éloigner toutes les maladies et éviter tous les maux. Dharan i est un mot sanscrit qui signifie invocation , ou ce qui peut maintenir le bien et empêcher le mal. Les quatre autres Tsang sont particuliers aux Pratyeka-Bouddhas. 5° Le contenant des King, où sont compris le Miaofa yan hoa king, le Ta fang Foë hoa yen et autres King. 6* Le contenant des préceptes, tels que le Chen kiai king des Phousa, les défenses du Fan wang et autres, y* Le contenant des discours, tels que le Ta tchy tou lan, le Qiy ty king et autres. 8° Le contenant des prières, tels que 1 e Ling yen tcheoa, le .Ta peï et autres prières *. — G. L.
(i3) Un exemplaire des livres sacrés.] On a vu que ce mot devait particulièrement s’appliquer aux Soâtras (chap. XVI, note a4, page iio). L’énumération que FS hian vient de faire des traités qu’il avait recueillis, est un des points les plus intéressants de sa relation; et le nombre des gâtha ou vers qu’il assigne à chacun de ces livres, prouve que plusieurs d’entre eux étaient d’une très-grande étendue. Nous avons cru devoir entrer dans quelques détails spéciaux à ce sujet ; mais il faut les rapprocher de la classification plus générale donnée par \f. Rémusal dans ses notes sur le chapitre XVI. — C. L.
(î 4) Livre sacré sur t entrée dans le Ni èooan.] C’est le Ni phan king , qui se divise en deux volumes. — Kl.
( i 5) La langue Fan.] C’est le sanscrit.
* lloaytnliny, etc., citcdnns le ttang Ja tou. tiw. XXXI, p»g. 6 *.