CHAPITRE XXXIX
Chapelle Mo ho pi ho lo. — Brûlement du corps d'un Samanéen. Destinée du pot de Foë.
Au midi de la ville, à sept li, il y a une chapelle nommée Mo ho pi ho lo (i), où demeurent trois mille religieux. 11 y avait un Samanéen d’une haute vertu, qui pratiquait exactement les préceptes et vivait dans la plus grande pureté. Les gens du pays croyaient tous que c’était un drAan. Lorsqu’il approcha de sa fin, le roi vint lui rendre visite, et conformément à la loi, il assembla des religieux, et leur demanda si le mendiant avait obtenu la doctrine. Ils répondirent qu’effectivement c’était un Arhan. Quand il fut mort, le roi ayant consulté les rituels et les livres sacrés, lui fit les funérailles qui conviennent à un Arhan. A l'orient de la chapelle, à quatre ou cinq h, on entassa du bon bois sur une largeur de trois tcltany environ et à la même hauteur; audessus on mit du santal, de l’essence de bois d’aloès et toutes sortes de bois odoriférants. Des quatre côtés on fit des gradins, et on couvrit le tout avec un beau tissu de laine blanc bien pur. Sur ce bûcher on éleva un grand lit semblable à un char funéraire, mais sans loung iù (»). Au moment du che weï (3), le roi et les quatre castes des habitants du pays se réunirent et offrirent des fleurs et des parfums. Quand le char fut parvenu au lieu de la sépulture, le roi lui-même offrit des fleurs et des parfums. Cette offrande terminée, on plaça le char sur le bûcher qu'on arrosa partout de storax, puis on y mit le feu. Tandis qu’il brûlait, tout le monde avait le cœur plein de recueillement; chacun avait ôté son habit de dessus, et agitait de loin une espèce d’ombrelle de plumes pour aider le che weï. Quand le che weï fut achevé, on rechercha et on recueillit les os, au-dessus desquels on éleva une tour.