‹ Foe koue ki ou relation des royaumes bouddhiquesChapitre 76 sur 112 · CHAPITRE XL ET DERNIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL ET DERNIER

Départ du royaume des Lions. — Royaume de Yc pho li. — Montagne de Lao. — Ville do Thsing tcheou. — Retour à Tcbhang’an. — Conclusion.

Fa hian demeura deux ans dans ce royaume. 11 y demanda et obtint le volume qui contient les préceptes de Mi cha si. 11 obtint le long /I han et le A han mélangé; enfin il eut une collection des différents Tsang (i), tous livres qui manquaient dans la terre de Han. Quand il fut en possession de ces volumes en langue fan, il les chargea sur un grand vaisseau marchand, qui pouvait contenir plus de deux cents hommes. Derrière était attaché un petit navire, pour pourvoir aux dangers d’un voyage par mer et aux dommages du grand vaisseau. Ayant trouvé un bon vent, ou alla à l'orient pendant deux jours; après quoi on fut surpris par un ouragan. Le bâtiment faisant eau, les marchands voulurent passer sur le petit navire; mais les hommes de celui-ci , craignant qu'il ne leur vînt trop de monde, coupèrent le câble. Les marchands furent très-effrayés pour lour vie, et redoutant que d’un moment à l’autre le vaisseau ne coulât â fond , ils prirent les objets les plus gros et les jetèrent à l’eau. Fâ hian, avec l’équipage, travailla aussi à épuiser l’eau; et tout ce qu’il avait de superflu, il le jeta dans la mer. Mais il craignait que les marchands ne jetassent ses livres et ses images. Son unique pensée était donc de prier Konan chi in (») de faire revenir vivants, dans la terre de Han, tous les religieux. Moi, disait-il, j’ai entrepris ce voyage lointain pour chercher la loi; j’espère que les dieux protégeront la navigation et que je pourrai atteindre le port.

L’ouragan ayant duré ainsi pendant treize jours et treize nuits, on parvint au rivage d’une île; et quand le flux se fut retiré, ayant

FOË KOUË Kl.

découvert l’endroit par où le vaisseau prenait eau, on y remédia en le bouchant ; ensuite on se remit en nier. 11 y a beaucoup de pirates, et quand on les rencontre, personne ne peut leur échapper. La mer était vaste, immense et sans rivages; on ne connaissait ni l'orient, ni l’occident ; on ne se dirigeait que par le soleil , la lune et les étoiles. Quand le temps était couvert ou pluvieux, il fallait suivre le vent sans avoir de règle. Pendant la nuit, lorsque le temps était sombre, on ne voyait que de grandes vagues qui s’entre-choquaicnt , des éclairs couleur de feu, des tortues, des crocodiles, des monstres marins et d’autres prodiges. Les marchands étaient dans un trouble profond, ignorant où ils allaient. La mer était sans fond, et il n’y avait pas un rocher où l’on pût s’arrêter. Lorsque le ciel fut redevenu serein, on sut alors comment s'orienter, et l'on se dirigea de nouveau en avant; mais si l'on eût rencontré quelque rocher caché, il n’v aurait pas eu moyen de sauver sa vie. On fut ainsi pendant quatrevingt-dix jours ; alors on arriva à un royaume nommé Ye pho thi{3). Les hérétiques et les Brahmanes y sout en grand nombre; il n’y est pas question de la loi de Foë.

Après avoir séjourné cinq mois dans ce royaume, Fa hian suivit de nouveau des marchands dans un grand vaisseau, qui pouvait contenir aussi deux cents hommes environ. On avait des provisions pour cinquante jours. On partit le seizième jour de la quatrième lune. Fa hian était très-tranquille sur ce vaisseau. On faisait route au nord-est vers Kouanij tcheou (i). Au bout d'un mois environ , à la seconde veille de la nuit, ou rencontra un vent affreux et une pluie violente. Les marchands et les passagers furent tous également effrayés. Fa hian, à cet instant, pria de tout son cœur Koaan chi in, avec tous les religieux de la terre de Han, demandant aux dieux de les secourir et de lêur rendre le ciel calme. Quand le calme fut rétabli, les Brahmanes tinrent conseil entre eux et dirent : Le séjour de ce Samanéen sur notre bord est ce qui nous a attiré ce malheur; il faut débarquer ce mendiant sur le rivage d’une île de la

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