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vastes états dont les limites sont bien fixées et peuvent être régulièrement tracées sur nos cartes. Il existait alors beaucoup de petits royaumes dont la circonscription, mal déterminée, était encore sujette à varier à chaque instant. 11 y avait des principautés en des lieux auxquels nos géographes n’ont pas donné de noms, et des villes là où ils ont marqué des déserts..... Le voyageur chinois ne donne que des indications générales et quelquefois très-vagues, sur l'étendue et la position des lieux qu’il a parcourus. Il se borne à marquer le rhomb, et cette méthode dépourvue de précision est tout à fait insuffisante quand on n’en corrige pas les résultats à charpie instant. Si l’on devait tracer une pareille route au milieu d’un pays absolument inconnu, il serait impossible d’en déduire aucune position certaine. Des chaînes de montagnes, des fleuves célèbres, des villes dont j’ai réussi à retrouver le véritable nom, m’ont fourni quelques points fixes entre lesquels l’itinéraire des pèlerins ne saurait s’être écarté beaucoup de la ligne tracée sur la carte. L’histoire, en plus dune occasion, est venue au secours des combinaisons géographiques. Quant aux distances. Fi Ht an a trois manières de les indiquer. Il les évalue par journées de inarche en Tartarie, dans les déserts, et dans les parties de la roule qu’il a faites par eau, soit sur le Gange, soit dans les mers des Indes et de la Chine. Ce mode est très-imparfait, mais l’incertitude qui en est inséparable ne laisse de regrets qu’en deux ou trois endroits de l’itinéraire. Quand les distances sont très-petites, le voyageur les exprime en /£ de la Chine, mesure variable, surtout quand il est question des contrées étrangères, » et qui peut être estimée la a5oc partie d’un degré, peut-être » même une fraction plus petite. Au reste, comme l’auteur ne « s’en sert que pour énoncer l'éloignement de certains monu-
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« menls entre eux, et qu’en ces occasions même, il fait souvent « usage des pas, il n’y a lieu d’entrer ici dans aucune discussion • à ce sujet. » Enfin la mesure qu’il emploie dans la portion la plus intéressante de son voyage, est le yeoa yan, ou yodjâna de l'Inde, dont la longueur sera évaluée dans les notes.
Quelques-unes des particularités historiques rapportées par FX hian ou auxquelles il fait allusion, des événements ignorés jusqu’ici ou dont la scène avait été déplacée, ont nécessité des explications dont l'étendue varie en raison de l’intérêt que présentent les points à discuter. Les notes relatives à la fixation de 1ère bouddhique et à la distinction du Bouddha mythologique d’avec le Bouddha historique (Shâkya); celles dans lesquelles on prouve, contre les hypothèses de Bentley, l’antiquité de l'origine de la civilisation indienne; celles encore où l’on rectifie les erreurs commises au sujet du lieu de la naissance de Shâkya, sont de véritables dissertations dans lesquelles la probabilité des faits est établie, tantôt d’après leurs causes et leurs circonstances, tantôt d’après leurs conséquences et la valeur des témoignages qui en ont conservé le souvenir.
Mais la partie la plus considérable du Commentaire est destinée à l'exposition des rites et de la morale du Bouddhisme, ainsi qu’à l’interprétation des termes que l’usage religieux a consacrés. Ces sortes d’expressions, en partie détournées de leur acception ordinaire, en partie forgées arbitrairement, que la nature du sujet ramène souvent et dont aucun secours européen ne pouvait faciliter l’intelligence, étaient, pour le traducteur, une des plus grandes difficultés qu’il eût à vaincre, et on pourrait ajouter, une de celles qu’il avait le plus d’intérêt à surmonter. Dans l’appréciation d’une doctrine où les syllabes ont des propriétés merveilleuses, un mot négligé, mal reconnu ou
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mal traduit peut entraîner dans les conséquences les plus erronées. Les Bouddhistes répandus dans l'Asie orientale ont un dialecte à part, une sorte de langue d’association, qui n’appartient à aucune nation en particulier, et qui est commune à tous les peuples de la même croyance : c’est celle que les Chinois appellent Fan et que l’on croit être le pâli. Comme elle n’était pas moins familière à FX hia.n qu’aux Samanéens pour lesquels il écrivait, il ne s'est pas fait scrupule d’en tirer toutes les dénominations mystiques qui lui convenaient et pour lesquelles il ne trouvait pas d’équivalents en chinois. Il a ainsi rempli sa narration de mots dune signification souvent embarrassante et quelquefois douteuse, moitié chinois, moitié indiens, et qui ne sont plus ni indiens, ni chinois, grâce à l’altération qu'ils ont subie en passant d’une langue où les éléments orthographiques suffisent à toutes les intonations, dans une autre langue presque entièrement dépourvue de moyens pour les exprimer. On sait que, dans ces transcriptions, le caractère symbolique de l’écriture chinoise disparait totalement, et que les signes, au lieu d’être des images destinées à éveiller la pensée , ne sont plus que des articulations qui doivent frapper l’oreille. Même quand l’analogie du son est évidente, le mot indien ainsi représenté ou défiguré ne peut être restitué avec certitude qu’autant que l'on connaît le sens qui lui est affecté, et l'on ne doit pas se dissimuler que les secours propres à faciliter ces rapprocliemenls ne soient encore trèsinsuffisants. 11 ne manque pas de nomenclatures théologiques où la valeur des mots Fan est indiquée, mais elles sont loin d’ofTrir une synonymie complète pour le nombre, satisfaisante pour les explications : non que les écrivains à qui on les doit ne paraissent très-versés dans la connaissance de l'idiome sacré; mais parce qu’ils semblent avoir souvent consulté, dans leurs interprétations,
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moins l’analyse exacte des termes de la langue, que l'application qui en a été faite dans leur secte; donnant ainsi, comme primitifs, des sens dérivés et métaphoriques, et des allusions ou même de véritables jeux de mots, comme des formes usuelles. La comparaison d’un très-grand nombre de mots de cette espèce a permis à M. Rémusat d’en reconnaître le mode d’altération le plus habituel, et, à quelques exceptions près, les résultats qu’il a obtenus sont dus à une méthode régulière et d’une application générale, plutôt qu’à des combinaisons différentes et partielles. La restitution de quelques termes dans leur véritable orthographe, et la détermination précise du sens dans lequel on doit les entendre, ont nécessité des recherches considérables et donné lieu à des développements étendus. Dans toute cette partie de son travail qui exigeait une connaissance approfondie des langues de l’Inde, M. Rémusat s'est aidé des lumières de celui de tous nos savants qui s’est avancé le plus loin dans cette carrière. L'autorité de M. Eug. Burnouf était du très-petit nombre de celles dont il reconnût la compétence; il aimait à l'invoquer, et il aurait parlé ici de l’appui quelle lui a prêté, daDS des termes que ma pensée conçoit et qui seraient l’expression de mes sentiments personnels, s’il pouvait m’être permis de les manifester. Juge naturel de tout mérite supérieur, la louange dans sa bouche eut été d’un prix inestimable, elle serait déplacée dans la mienne.
Les légendes et les prodiges auxquels notre voyageur fait allusion ont été l'occasion de plusieurs notes assez étendues, dans lesquelles on s’est borné à raconter les principales circonstances de ces événements, sans chercher à les expliquer, et encore moins à en tirer aucune conséquence. Les explications historiques des fables sont rarement heureuses; mais ces récits, qui se rapportent aux premières prédications du Bouddhisme, sont