XII
INTRODUCTION
l’expression d'une pensée théologique encore trop peu connue pour qu'on puisse se croire en droit de les négliger, quelque absurdes qu'ils paraissent. Si, au lieu de les considérer en euxinêmes, on veut ne faire attention qu'aux usages qu’ils rappellent, qu’aux habitudes qu’ils font revivre, qu’au genre d’intelligence et au degré d'imagination qu’ils supposent, on y démêlera sans peine des enseignements utiles qui pourront donner lieu à des remarques intéressantes. 11 faut en dire autant de quelques-unes de ces conceptions étranges qui servent de base à ta mythologie et ii la cosmogonie bouddhiques. En ne nous arrêtant pas à l’aspect quelles présentent en apparence, nous en pourrons tirer une instruction bien différente de celle qu’on a eu dessein d’offrir. Presque toujours M. Rémusat s'est contenté de les exposer sans prétendre leur trouver un sens, laissant à chacun la liberté des conjectures, le vague des hypothèses et une latitude immense pour les applications. Dans l’impossibilité de tout éclaircir, et obligé de faire un choix, on le voit moins occupé de combiner des termes équivalents ou opposés, que de rassembler les traits, quels qu’ils soient, sévères ou grotesques, mais tous caractéristiques, qui concourent à former le tableau de la philosophie religieuse du Bouddhisme. Ce qu’il a observé avec le plus d’attention, discuté avec le plus de soin et de profondeur, c’est comment les idées théoriques sur lesquelles se fonde cette philosophie, conçues à des époques diverses et soumises à des influences différentes, ont fini néanmoins par ne composer qu’une doctrine identique. Mais en examinant les rapports de tous les points doctrinaux entre eux, il s’est bien gardé d'ériger ces rapprochements en systèmes et leurs conséquences en principes. Avant de juger, il compare, et il n’appuie ses remarques que sur des preuves évidentes, authentiques, incontestables; séparant" scrupuleusement
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ce qu'il sait avec certitude de ce qu'il ne fait que supposer. Cette distinction rigoureuse de la science positive d’avec l’opiuion le conduit toujours à exposer avec netteté ce qu'il conçoit clairement, à faire avec candeur l’aveu de ce qu’il ignore, à proposer ses doutes sur ce qu’il soupçonne. On ne veut pas diie que ce travail, qu’il n'a eu le temps ni d’achever, ni de revoir, ne laisse rien à corriger, rien à désirer. Dans ces questions d’une discussion si épineuse, d’une solution si difficile, il ne saurait avoir tout vu, tout approfondi; parmi les tentatives qu’il a faites poulies résoudre, il y en aura de plus ou moins heureuses, il ne s’en trouvera pas d’inutiles. Toutes contribueront à aplanir la route qu'il a la gloire d’avoir ouverte, et son travail, sa méthode serviront longtemps de guides à ceux qui voudront, par de nouvelles réflexions dont les siennes auront été le germe et comme le texte, continuer et compléter ses essais.
La narration de Fl Ht an sc suit sans aucune division, mais il a paru convenable de la distribuer en chapitres. Cette forme, dont il ne peut résulter aucun inconvénient quant à l'original, a, pour la traduction, l’avantage d'une classification que les développements du Commentaire rendaient indispensable pour favoriser les citations et faciliter les renvois. La traduction du Foê kouÈ Kl appartient en entier à M. Rémusat, sauf quelques lacunes qu'il avait laissées dans les derniers chapitres et qui témoignent assez du soin minutieux qu'il apportait à revoir chaque passage avant de le commenter. Il a conduit son travail jusqu au vingtet-unième chapitre; c’est un peu plus de la moitié du livre. Dix chapitres ensuite, M. kiaproth était, à son tour, forcé de s’arrêter. Il s’élail chargé de compléter ce qui restait inachevé, de revoir ce qui n’avait pu être qu’ébauché, d’ajouter aux éclaircissements qui existaient déjà, tous ceux qui pouvaient être néces-