JOIE
« Soyez joyeux dans Tespérance, patients dans la tribulation, persévérants dans la prière. »
(Romains, xii, 12.)
De ces trois exhortations que l'apôtre adresse à tous les chrétiens et pour tous les temps, il en est une qui vous étonne, qui vous froisse peut-être par son amer contraste avec les tristesses de l'heure présente. Avons-nous le droit, même en vous apportant des textes inspirés, de vous parler de joie, lorsque la patrie est en deuil, lorsque l'inquiétude règne à tous nos foyers et qu'un danger croissant nous presse de toutes parts ?
Mes frères, vos pasteurs, hommes conàme vous, citoyens comme vous, engagés comme vous dans les liens et les responsabilités de la famille, partagent toutes vos émotions, vivent de votre vie, et ne viennent pas vous prêcher je ne sais quelle sérénité
triomphante qu*ils ne possèdent pas eux-mêmes. L'Évangile, dont ils ne veulent être que l'écho; n'est pas indifférent à nos souffrance», et s'il nous ouvre la source d'une joie supérieure, ce n'est pas qu'il ignore ou méprise nos douleurs terrestres, c'est qu'il veut les adoucir et les consoler !
Soyez joyeux dans Vespêrance. Il s'agit ici d'une joie spirituelle fondée sur une espérance spirituelle. Nous nous réjouissons^ dit saint Paul, dans l'espérance de la gloire de Dieu^ et saint Pierre s'écrie : Béni soit DieUj qui nous a donné par la résurrection de Christ d'entre les morts une espérance vivante de posséder le royaume qui ne se peut corrompre, ni souiller ^ ni flétrir et qui est réservé dans les deux pour nous. Remarquez, mes frères, que môme pour la vie d'ici-bas, l'espérance est l'aliment le plus actif du bonheur. Le cœur de l'homme est si ardent et si vaste que la satisfaction présente ne lui suffit jamais. Il faut à la possession toujours pauvre, cet agrandissement, cet embellissement toujours renaissant qu'on appelle l'espérance. — II espère, le jeune homme qui s'élance dans la vie, plein de désirs, plein d'illusions, prêtant à l'avenir toute la poésie de ses rêves.
— Il espère, celui qui se livre aux laborieuses recherches de la science ; il compte sur des découvertes, sur de riches conquêtes et il entend un murmure de gloire se faire autour de son nom. — Il espère, ce citoyen généreux qui met la main aux affaires publiques : le présent e&t imparfait, mais quelle ère nouvelle va se lever sur la patrie I Quels beaux plans, quelles utiles réformes à poursuivre I Que d'abus vont tomber, que de progrès vont s'accomplir I
— Il espère, cet homme parvenu au midi de la vie, qui forme sous le regard de Dieu une chaste union. De combien de joies conjugales et de joies paternelles n'embellit-il pas son foyer? — Oui, rêves de tendresse, de repos, de succès, de gloire, d'activité féconde, d'ambition généreuse, innocentes chimères ou nobles aspirations, vous êtes la meilleure part de notre félicité terrestre. Et cette môme espérance qui est la flamme de nos travaux et de nos joies, est aussi le pâle rayon qui console nos douleurs. Elle reste, comme une ressource inépuisable, au malade, au pauvre, à l'affligé, à l'opprimé. Qu'elle lui soit ôtée, et la vie n'est pour lui qu'un désert. Or, mes frères, ce désert, ou tout au moins -ce commencement de désert, n'altend-il pas, après les premiers espaces riants trop rapidement parcourus, toute
destinée humaine? L*espérance ne s'affaiblit-elle pas par le seul cours de la vie? Que de déceptions, que de mécomptes, que d'illusions perdues, que de promesses non réalisées, combien de sources de joie changées en sources d'amertume I C'est le lieu commun de la morale comme de la poésie.
« L'homme, dit un prédicateur (1), est semblable au coureur antique qui s'élance dans la carrière couronnée de fleurs*. •• mais avant le terme du stade, ces fleurs sont tombées l'une après l'autre de son front couvert de sueur et de poussière. » Et vous connaissez ces vers célèbres d'un enfant du siècle :
Oui, Tespérance hamaine est lasse d'être mère, Et, le sein tout meurtri d'avoir tant allaité, Elle fait son repos de sa' stérilité I...
Quel ne serait donc pas le priï d'une espérance toujours ferme et toujours féconde, que rien ne saurait abattre, que rien ne saurait flétrir, et qui déploierait son infatigable essor au sein de toutes les vissicitudes d'ici-bas I
Telle est l'espérance dont jouit l'apôtre. Elle appartient à la région supérieure que les fragilités
(1) Vinet
terrestres n'atteignent pas. Elle est fondée sur un fait, conçu de toute éternité dans le ciely accompli il y a dix-huit siècles sur la terre, et incessamment réalisé dans le cœur humain, la rédemption de Jésus-Christ. Saint Paul croit, et le plus simple chrétien croit avec lui, que, perdu par lui-même mais réconcilié avec Dieu par Jésus-Christ, le ciel lui est ouvert, et qu'au terme de sa course la vie étemelle lui est assurée. En deçà de la tombe, toutes les douleurs, tous les opprobres, toutes les injustices toutes les persécutions peuvent fondre sur lui. Au delà de la tombe, rien ne pourra lui. nuire, car il sera entré dans le monde de l'harmonie et de la perfection. Voilà Vhéritage incorruptible qui lui est réserve dans les cieux^ et il est lui-môme gardé pour cet héritage^ par la puissance de Dieu^ par la foi. Aussi, les yeux fixés sur cette gloire, il peut dire à tous les chrétiens : Soyes joyeux dans V espérance»
Précieuse lumière qui, en faisant briller le ciel, illumine la terre et, en éclairant le terme de la route, éclaire la route elle-môme. Il n'est donc pas abandonné au hasard le chemin de noire vie. Qu'il soit uni ou raboteux, qu'il traverse xme région sereine ou qu'il semble se perdre dans d'inexplicables détours, il n'en est pas moins le chemin tracé par
Dieu même pour nous conduire à sa communion ici-bas, à sa gloire là-haut. Et ce qui est vrai des destinées individuelles, est vrai des destinées nationales. IJ n'y a pas plus de hasard dans celles-ci que dans celles-là. Dieu a donné à son Fils les na-tions pour héritage et pour possession les bouts de la terre. A travers la marche obscure des peuples, à travers leurs phases successives de prospérité ou d'épreuve, de calme ou d'agitation, de paix ou de guerre. Dieu poursuit son plan immuable qui est d'établir en chacun d'eux son règne de justice et d'amour. Voilà la radieuse clarté qui brille au-dessus des annales humaines. Ah ! que nous avons besoin de la contempler, mes frères i Si nous ne regardons qu'à l'horizon immédiat et qu'à l'heure présente, quelle confusion et quelle douleur! — Notre nation engagée dans une lutte gigantesque où jusqu'ici tout est désastre pour nous ; nos armées habituées à la victoire, maintenant vouées à la défaite ; nos provinces envahies et ravagées, notre capitale entourée d'un cercle de fer et de feu qu'un premier et sanglant eflFort n'a pu rompre (1) ; — l'Europe, témoin impassible de ce duel formidable de deux
(1) Allusion au combat de Ghâtillon, livré le 19 septembre.
peuples, indifférente aux propositions de paix qui sauvegarderaient l'honneur de l'un et de l'autre (1) — notre ennemi poursuivant ses triomphes par les moyens Jes plus barbares ; le pays le plus jaloux de la culture de l'esprit ne proclamant que le droit de la force ; la nation des philosophes et des po6tes incendiant les bibliothèques et pointant ses canons sur la flèche d'une sublime cathédrale, — devant un tel spectacle, toutes nos pensées sont confondues et notre foi elle-même se voile. •• Mais tu règnes. Seigneur, et tes promesses ne peuvent ôtre anéanties. Â travers tant d'iniquités et de souffrances^ tes plans s'accomplissent et il n'est pas au pouvoir des hommes de les renverser. Au delà de ce chaos sanglant, tu nous prépares des bénédictions proportionnées à nos douleurs, et tu nous cries au plus fort de l'obscurité et de la tempête : Sayex joyeux dans V espérance, patients dans la iribulation, persévérants dans la prière I •
La patience, voilà le premier fruit de l'espérance des chrétiens. La patience, c'est la souffrance, mais la souffrance accompagnée de deux dispositions qui
(1) Allusion à Tentrevue de Ferrières.
la sanclifient et la consolent, la soumission et la confiance. Ces dispositions qui découlent de Tespérance, distinguent profondément la patience chrétienne de ce qu'on pourrait appeler la patience païenne. Ils avaient cette dernière vertu, les Stoïciens antiques qui opposaient à la mauvaise fortune un front d'airain et adoptaient cette devise : supporte^ abstiens-toi. Certes nous ne méconnaissons pas ce qu'il y avait là de grandeur morale, et nous n'hésitons pas à dire que cette impassibilité virile valait mieux que la recherche du repos et du bien-être à laquelle s'abandonnaient tant d'âmes abaissées- Mais dans cette fière attitude de quelques hommes en face du malheur, point de résignation réelle, point de soumission volontaire à une volonté souveraine et miséricordieuse. Cicéron s'excuse presque d'avoir écrit son livre de la consolation et de n'ôtre pas demeuré impassible quand sa fille Tulia lui avait été ravie par la mort. « Il est vrai, dit-il, que je n'étais pas un sage. » Inhumaine vertu ! Patience factice, qui aboutissait dans les grandes douleurs à l'impatience de la vie et menait droit au suicide ! — Ils avaient aussi une impassibilité qui n'était pas sans grandeur, ces Arabes, victimes d'une horrible ^ famine, qui se couchaient sur le sable du désert, fière-
ment enveloppés de leur manteau et mouraient sans murmure, sous l'arrêt d'une fatalité inexorable. — Telle n'est pas la patience chrétienne. Elle enseigne à souffrir, mais en adorant et en espérant, et elle inspire à des cœurs brisés ces accents inconnus à la sagesse humaine :
Heureux, quand bous les coups de la verge fidèle, 'Avec amour battu, je soaffre avec amour I Pleurant, mais sans douter de ta main paternelle, Pleurant, mais sous la croix I pleurant, mais pour un jour I
Voilà la patience des enfants de Dieu ! c'est celle qu'il nonsfaut, dans lescirconstances présentes, mes frères. Or elle est difficile aux hommes, et surtout aux hommes de notre nation. Nous avons l'élan, l'ardeur, la force expansive : nous n'avons pas la force qui se recueille, qui se concentre, qui sait attendre, tenir, persévérer. Mais plus elle nous est malaisée, plus elle nous est nécessaire. Nous en avons besoin, car l'épreuve s'annonce comme devant être longue, monotone, persistante. Nous en avons besoin, car ce siège nous isole, nous enferme en nousmêmes, nous, habitués à être en communication avec le monde entier. Nous en avons besoin, car une barrière de plus en plus rigoureuse et infranchissable nous sépare de ceux qui nous sont chers. Gom-
ment supporter cette longue interruption des échanges de nos tendresses? Quelle foi ne faut-il pas pour se dtre à toute heure: Dieu les garde aussi bien, loin de nous que près de nous? Nous en avons hesoin, car la vie monotone des assiégés peut être troublée par des péripéties inattendues, et nous sommes constamment sous le coup d'un imprévu formidable. Ah! c'est bien & nous que s'adresse cette exhortation du Maître : Possédez vos âmes par la patience^ et ce mot du disciple bien-aimé : Ici est la patience des saints.
Mais les saints l'ont déployée dans tous les temps et dans des circonstances bien plus critiques, cette vertu merveilleuse.
Ecoutez le témoignage que leur rend non pas un prédicateur dans sa chaire, mais un professeur dans Tamphithéâtre de la Sorbonne (1). Au milieu d'un cours de littérature où il étudiait chez les anciens et chez le^ modernes le beau spectacle de la lutte de l'homme contre le danger, M. Saint- Marc Girardin ouvre tout d'un coup devant ses auditeurs étonnés, la Bible, au livre des Actes des Apôtres, à la page sublime du naufrage de St.-Paul. Il montre en lisant le récit de l'historien sacré, le
(i) Saint Marc Girardin : Cours de litléralure, l, p. 71-77.
grand serviteur de Dieu, seul calme au milieu des matelots en proie à l'épouvante, prenant du pain et en offrant à tous les passagers que le désespoir empêche de prendre aucune nourriture. « Saint-Paul n'a pas l'air de s'occuper de l'orage, sinon pour consoler ses compagnons et leur dit d'un ton assuré qu'ils ne perdront pas un cheveu de leurtôte : l'ange de Dieu le lui a dit et son Dieu ne trompe pas..; La tempête cesse presque d'être un- danger; elle n'est plus qu'une occasion de faire éclater la grandeur du Dieu qu'il sert, du Dieu auquel il est : car il est à Dieu et non pas & ces vagues courroucées qui le croient leur proie, non pas à ce vaisseau à demi brisé et destiné à périr; il est à Dieu, lui et ses compagnons, dont Dieu lui a accordé la vie. »
Le professeur ouvre ensuite un autre livre, le plus humble de tous, un de nos traités religieux : Récit de la perte du Kent^ bdliment de la compagnie des Indes, En 1825 un incendie éclate au milieu de la mer, à bord de ce navire. Le capitaine, voyant qu'il n'y a aucune espérance de maîtriser le feu, ordonne d'ouvrir de larges voies d'eau dans le premier et dans le second pont. L'eau entre de toutes parts et parvient à arrêter la fureur des Ûammes; mais c'est un autre danger, et le vaisseau semble devoir bientôt s'ense-
velir dana la mer. Alors, tandis que 700 créatures humaines sont entassées sur le pont, les unes attendant leur sort avec une résignation silencieuse ou une insensibilité stupide, les autres se livrant à toute la frénésie du désespoir, deux sœurs, deux jeunes femmes, se mettent à lire à haute voix, alternativement ces versets d'un psaume:
Dieu est notre retraite^ notre force^ notre secours dans la détresse^ et fort aisé à trouver.
C'est pourquoi nous ne craindrons points quand même la terre se bouleverserait et que les montagnes se renverseraient dans la mer;
Quand ses eaux viendraient à bruire et à se troubler et que les montagnes seraient ébranlées par la force de ses vagues ;
Car V Étemel des armées est avec nous; le Dieu de Jacob nous est une haute retraite, (Ps. XL VI.)
« Répondez maintenant, vous tous qui m'écoutez, s'écrie l'éloquent professeur, oîi donc est la tempête? Où donc le bruit des Qammes et des vagues? Vox domini super aquas^ dit ailleurs le psalmiste. Oui, il n'y a plus à ce moment sur les eaux que la voix du Seigneur et celle de l'homme que la foi unit à Dieu. Cette voix de Dieu domine pour nous les sifflements des vents, les mugissements de l'orage et les cris
des passagers désespérés à côté de la piété de ces deux jeunes sœurs ; elle domine dans notre esprit ridée de la tempête, comme elle dominait alors la tempête elle-même dans les âmes que ranimait ce cantique, qui ne sera jamais chanté par des voix plus pures, dût-il même dans les cieux être chanté parles anges I >
D'où nous viendra, mes frères, dans la tempête plus terrible que nous traversons, cette patience vraiment héroïque dont nous avons tant besoin? De Dieu^ par la prière. La prière qui découle aussi de Pespérance et qui la ravive & son tour, fera sans cesse descendre la patience dans nos cœurs agités. Et voilà pourquoi l'apôtre nous donne ce troisième conseil ; Soyez persévérants dans la prière!
Âh ! si en d'autres temps nous avons pu méconnaître l'importance et la douceur de ce devoir, il n'en saurait être de même aujourd'hui. Quel prix n'acquièrent pas à nos yeux ces divines promesses : Demandez et il vous sera donnée cherchez et vous trouverez^ heurtez et Von vous ouvrira. Invoque-moi au jour de ta détresses et je V en délivrerai^ et tu me glorifierasl Ne nous semble-t-il pas que nous les lisons dans notre vieille bible, pour la première fois? Ne nous
semble-t-il pas que c'est pour nous-mêmes et pour nos malheurs présents que le Saint-Esprit les a dictées? Nous sommes séparés de la France et du monde, mais nous ne sommes pas séparés de Dieu • Du côté de la terre toutes nos communications sont interceptées, mais du côté du ciel nul ne peut les interrompre. De nous à Dieu, de Dieu à nous, la voie est ouverte, Taccès est libre, les anges montent et descendent comme dans la vision de Jacob/ Aussi nous prions, mes frères, depuis nos grands revers; nous prions comme jamais nous n'avons prié; nous prions au foyer oîi tant de places sont vides; nous prions dans nos Églises ob, sont convoquées des assemblées spéciales de prière, et nous sommes assurés que de tous les points de notre patrie un long cri s'élève vers le ciel. Grande bénédiction de notre épreuve, que cette prière générale et fervente !
Mais, si nous prions, prions-nous avec persévérance? C'est ici que nous avons besoin d'écouter le conseil de l'apôtre ; ici, en effet, reparaissent notre mobilité, notre impatience, notre faiblesse de foi. Nous voudrions être exaucés sur l'heure, nous voudrions que la réponse de Dieu suivît notre demande, comme l'écho suit la voix. Aussi lorsque le secours
tarde à- venir, lorsque les événements paraissent contredire nos espérances, lorsque Dieu nous semble comme à l'un de ses prophètes, se couvrir d'une nuée efin que noire requête ne passe points hélas, le trouble nous saisit, le découragement nous gagne, et la prière est comme refoulée en nos cœurs. Qu'elle redouble au contraire et qu^elle monte vers Dieu, plus ferme et plus ardente, comme un flambeau que le souffle de l'orage ranime au lieu de l'éteindre!
Rappelons-nous les grands exemples bibliques* Ce qui caractérise la prière des hommes de Dieu, ce n'est pas la ferveur seulement, c'est la persévérance. Il persévère ce Moïse qui prie sur la montagne, tandis que Josué combat dans la plaine; soutenu par Âaron et Hur, il tient ferme ses mains jusqu^au soleil couchant. Il persévère, le mystérieux lutteur du torrent de Jabbok; entendez son cri à travers les longues heures d'une nuit sombre : je ne ie laisserai point aller que tu ne m'aie béni ! Il persévère le prophète Elie qui prie sur le Carmel pour que la pluie du ciel tombe sur sa patrie désolée, et ce n'est qu'après avoir envoyé par sept fois son serviteur regarder en vain à l'horizon brûlant, qu'il le voit revenir pour lui dire : Voici un nuage ^ comme la paume de la
main ! Elle persévère l'église de Jérusalem qui voit
4Ô JOIB, PATIENCE ET PRIÈEIE.
Saint-Jacques décapité, et Saint-Pierre dans les fers, et elle était encore en prière, lorsque son apôtre lui fut rendu!
Allez, chrétiens, et faites de môme. A vous la prière, à Dieu Texaucement. A vous la supplication ardente, infatigable, à Dieu le choix de l'heure et le choix du moyen de la délivrance I
Qui ne voudrait joindre sa voix à ce concert d'intercession duquel dépend, aprèr tout, le salut de la patrie?... Toi-môme, qui n'a jamais prié peut-être, et qui dis tristement en ton cœur : c Gomment prierais-je?... je ne crois pas!» Essaie de prier, essaie de croire ! Que cette grande épreuve nationale ait pour premier fruit Ja conversion de ton âme, comme un tremblement de terre, dans une nuit tragique, amena la conversion du geôlier ! Crie à Dieu, du fond de Tablme, pour ton peuple et pour toi !...
Et toi. Seigneur, entends ce soupir de plus d'un cœur, jusqu'ici fermé, maintenant ouvert à ta grâce. Entends la prière, gémissante mais confiante de ton église ! Sauve-nous pour le ciel, en attendant de nous sauver pour la terre ! Amen !